Issue d'une famille bourgeoise d'origine espagnole, Eva Gonzalès a vécu à Paris une enfance heureuse. Sa mère est Marie Céline Ragut, une musicienne fille d'un industriel lyonnais. Son père est le romancier Emmanuel Gonzalès, feuilletoniste au journal Le Siècle, né à Saintes d'un père monégasque. Il est président de la Société des Gens de Lettres, Éva grandit dans un univers d'artiste et de gens de lettres[1].
Elle réalise également des estampes (Henri Guérard détente sur la plage, estampe; Portrait, pointe sèche).
Probablement sur proposition de Manet[1], elle est admise au Salon de 1870 et présente L'Enfant de troupe, où se fait sentir l'influence du Joueur de fifre du maître[6]. Au même salon, Manet présente Eva Gonzalès, qu'il vient d'achever, et où elle est représentée assise peignant une nature morte[7]. Elle expose aux Salons de 1872, 1874, 1876, de 1878 à 1880 puis de 1882 à 1883[4].
Eva Gonzalès épouse Henri Guérard en 1879 après trois ans de fiançailles[9].
Elle meurt d'une embolie le dans le 9e arrondissement[10], peu de temps après avoir accouché d'un fils, Jean Raymond Guérard[4]et une semaine après Manet dont elle fut l'unique élève. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre à Paris.
Henri Guérard se remarie en 1888 avec sa sœur, Jeanne Gonzalès, également artiste peintre[4],[11].
1950, Paris, galerie Alfred Daber, rétrospective «Eva Gonzalès»
1952, Monaco, Sporting d'Hiver, «Eva Gonzalès»
1959, Paris, galerie Alfred Daber, «Eva Gonzalès»
1983, Nagoya, musée préfectoral d'Aichi; Tokyo, Tkashimaya Art Gallery; Osaka, Takashimaya Art Gallery; Utsunomiya, musée préfectoral des beaux-arts; Kumamoto, musée préfectoral de Kumamoto, «Six femmes peintres: Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon, Eva Gonzalès, Marie Laurencin, Nathalie Gontcharova»
1986, New York, Rizzoli, «Les Femmes impressionnistes»
1989, Londres, George Weidenfeld and Nicolson
1993 (octobre-décembre), Paris, musée Marmottan, «Eva Gonzalès, Mary Cassatt, Berthe Morisot, Marie Bracquemond, les femmes impressionnistes»
2026-27: Eva Gonzalès parcours d'une artiste libre, Petit Palais, Paris, du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027[17]
Une exposition rétrospective «Eva Gonzalès - Jeanne, Henri, Edouard - L'art ensemble», première faite par un musée au monde, était prévue en 2020[18], au musée de Dieppe, dans le cadre de la quatrième édition du festival Normandie impressionniste, mais a été reportée à une date ultérieure.
Œuvres d'Eva Gonzalès
Enfant de troupe (ou Le Clairon) (1870), musée de Gajac.
↑Blandine Bouret, «Mémoires des lieux. Les ateliers du bas-Montmartre. II: autour de la place Pigalle», La Gazette de l'Hôtel Drouot, no22, 1erjuin 2001, p.44-46.
↑Lot 286, catalogue général officiel: Beaux-arts: exposition centennale de l'art français (1789-1889) / Exposition universelle internationale de 1889 à Paris; préface d'Antonin Proust.
Collectif, Les Femmes impressionnistes: Mary Cassatt, Eva Gonzalès Berthe Morisot, musée Marmottan et la Bibliothèque des Arts, 1993, 188 p. (ISBN2-8504-7227-1)
Isabelle Compin, Anne Roquebert, Catalogue sommaire illustré des peintures du musée du Louvre et du musée d'Orsay, Paris, 1986 et 1990
Jules-Antoine Castagnary, «Salon de 1873. Troisième Article. Le salon des refusés. – Ce qu’il aurait dû être. Ce que l’administration a fait. Il n’en est pas moins la condamnation du jury. – MM. Frimin, Girard, Lançon, d’Alheim, Merino, Denneulin, Lépine, Rouard, Sebillot, Tixier, Joncking, Châtellier, Shoutteten, Jourdan, Feyen, Lecomte, Donzel, Arlin, Quost, Rozezenski, Eva Gonzalès, Charles Frère, Thompson, Burgat, Mossa, Renoir, Lintelo, Boetzel, Benassit», Le Siècle,
Philippe Burty, «Eva Gonzalès», in Paris Salon de la Vie moderne
R. Henard, «Les Expositions», La Renaissance, , p.25
L. Hautecoeur, «Exposition Eva Gonzalès», La Chronique des arts et de la curiosité, no15 du , p.115
F. Monod, «L'impressionnisme féminin», Art et Décoration, supplément de , p.3
Claude Roger-Marx, Eva Gonzalès, Saint-Germain-en-Laye, Éditions de Neuilly, 1950, p.25
Claude Roger-Marx, Eva Gonzalès, Paris, galerie Daber, 1959
Marie-Caroline Sainsaulieu, Jacques de Mons, Eva Gonzalès (1849-1883), étude critique et catalogue raisonné, La Bibliothèque des Arts, Paris, 1990, 360 p.