Exploitation de la mendicité

L'exploitation de la mendicité désigne l'action de tirer profit de la mendicité d'autrui, ou de contraindre quelqu'un à la mendicité pour en tirer profit. Constatée dans de nombreux pays, les victimes de cette grave atteinte aux personnes peuvent être des adultes[1], des enfants[2],[3], voire des animaux[4].

L'exploitation de la mendicité est sanctionnée par la justice en France[5],[6], en Belgique[7]. Ces mesures et ces lois sont parfois critiquées, car elles ne s'accompagnent pas de mesures sociales qui permettraient aux mendiants de sortir de la misère[8].

Réseau de mendicité

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Carte utilisée par beaucoup de mendiants dans les transports en commun en France

Un réseau de mendicité est une organisation de mendiants travaillant généralement dans le centre de grandes villes ou près de voies à grand passage ; ces mendiants peuvent devoir reverser une partie plus ou moins importante de leurs gains à des souteneurs, organisés ou non en mafias[1]. Ce type de mendicité existait déjà au XIXe siècle, telle que décrite dans l’œuvre d'Hector Malot.

En Afrique du Nord, le problème est pris au sérieux et des politiques de lutte commencent à être mises en place.

Selon les observations d’une enquête réalisée à Lausanne (Suisse) entre 2011 et 2013, la mendicité n’est pas organisée de manière criminelle, contrairement à ce qu’affirme le discours dominant (médias et politiciens). En revanche, certaines organisations font du bénéfice de manière indirecte à partir de la mendicité, comme les établissements bancaires (et leurs actionnaires) qui s’occupent des transferts d’argent ou les entreprises de transport entre les pays d'Europe de l'Est et le reste de l’Europe[9].

Dérives de la lutte contre la mendicité organisée

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Les États ont essayé de lutter contre la mendicité sans grand succès depuis l'Ancien Régime[10].

En France, le gang le plus actif est le réseau Hamidovic regroupant des malfaiteurs, dont la spécialité est de contraindre des enfants mineurs (majoritairement des filles) à mendier ou à voler. Dans les années 2010, le gang constitué de membres d'un clan rom de Bosnie est considéré comme responsable de près de « 75 % des vols à la tire dans le métro parisien »[11],[12],[13],[14],[15].

Notes et références

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  1. 1 2 Roumanie: les réseaux exploitent la misère rom, sur le site de Terre des Hommes (article originel : Thierry Jacolet pour La Liberté).
  2. Etude sur l'exploitation des enfants mendiants au Mali dans le District de Bamako, la Région de Ségou et la Région de Mopti (TdR), sur le site de l'Organisation internationale du travail
  3. Des enfants sont exploités dans la mendicité et la petite criminalité en Belgique sur Le Vif/L'Express
  4. Exploitation des animaux pour la mendicité : le trafic s’organise ! sur le site de la fondation Brigitte-Bardot
  5. Code pénal français, « De l'exploitation de la mendicité », articles 225-12-5 sur Légifrance
  6. Code pénal français, « De l'exploitation de la mendicité », articles 225-12-5, 225-12-6 et 225-12-7 sur Lexinter.net
  7. Code pénal belge, « De l'exploitation de la mendicité », livre II, titre VIII, chapitre IIIbis, articles 433ter et 433quater
  8. Les acteurs de défense des droits de l’enfant défavorables à l’adoption de la proposition de loi du 10 février 2012 relative à l’exploitation de la mendicité sur le site de la Ligue des droits de l'homme (Belgique francophone)
  9. Jean-Pierre Tabin, René Knüsel et Claire Ansermet, Lutter contre les pauvres. Les politiques face à la mendicité dans le canton de Vaud, Lausanne, Éditions d'en bas, 2014.)
  10. Christian Romon, Mendiants et policiers à Paris au XVIIIe siècle, Persée
  11. Un réseau parisien de voleurs à la tire démantelé, lepoint.fr, 1er décembre 2010
  12. Le réseau « Hamidovic », un gang familial exploitant des adolescentes, lepoint.fr, 1er décembre 2010
  13. « Des pickpockets bosniens volent le portefeuille d’un commandant de police dans le métro parisien », sur leparisien.fr, (consulté le )
  14. Rozenn Morgat, Procès d’un réseau de pickpockets bosniens : les prévenus condamnés à des peines de 3 à 8 ans de prison, lefigaro.fr, 10 octobre 2025
  15. Olivier Faye, A Paris, le clan Hamidovic règne par la terreur sur une armée de jeunes voleuses du métro, lemonde.fr, 12 septembre 2026

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Émilie Rive, « Réfugiés et handicapés, des victimes désignées », L'Humanité, (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Tabin, René Knüsel et Claire Ansermet, Lutter contre les pauvres. Les politiques face à la mendicité dans le canton de Vaud, Lausanne, Éditions d'en bas, 2014.

Articles connexes

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Liens externes

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