Exposition internationale de Bruxelles de 1897

douzième exposition universelle, qui fut organisée à Bruxelles (Belgique)

L'Exposition internationale de Bruxelles de 1897 est une exposition universelle organisée à Bruxelles et à Tervuren, en Belgique, du au . Elle accueille 27 pays et environ 7 800 000 visiteurs. Une partie importante de la manifestation est consacrée à l'État indépendant du Congo, alors possession personnelle du roi Léopold II.

Exposition internationale de Bruxelles
Exposition internationale de Bruxelles
Affiche de l'exposition réalisée par l'artiste Art nouveau Henri Privat-Livemont.
Général
Type-BIE Universelle
Catégorie Expo de seconde catégorie
Fréquentation 7 800 000
Participants
Nombre de pays 27
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Ville Bruxelles
Site Parc du Cinquantenaire et Tervuren
Coordonnées 50° 50′ 30″ nord, 4° 23′ 19″ est
Chronologie
Date d'ouverture
Date de clôture
Éditions Universelles
Précédente Exposition universelle de 1893, Chicago
Suivante Exposition universelle de 1900, Paris
Géolocalisation sur la carte : Bruxelles
(Voir situation sur carte : Bruxelles)
Exposition internationale de Bruxelles
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Exposition internationale de Bruxelles

Contexte

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Dans les années 1890, la Belgique accueille deux grandes expositions internationales : l'Exposition universelle de 1894 à Anvers et celle de 1897 à Bruxelles[1].

Un projet d'exposition à Bruxelles est défendu par les autorités communales, mais il est refusé par le gouvernement en 1892. Anvers organise ensuite son exposition en 1894. Dans un contexte de concurrence entre les deux villes, les Bruxellois poursuivent alors la préparation d'une manifestation internationale dans la capitale[1].

Objectifs

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L'exposition vise à promouvoir les produits belges tout en accueillant les productions étrangères. Elle sert aussi à renforcer le soutien de l'opinion publique belge à l'entreprise coloniale menée en Afrique centrale[2].

Une campagne d'affichage, dont une affiche réalisée par Henri Privat-Livemont, présente aux visiteurs les différents domaines représentés : arts décoratifs, économie, hygiène, industrie, chauffage, électricité, motorisation, ventilation, biens de consommation, sport, loisirs, agriculture, commerce, monde colonial, fêtes, attractions et concerts. La kermesse de Bruxelles fait également partie des attractions proposées.

Organisation

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L'exposition comprend deux reconstitutions urbaines, Bruxelles-Kermesse et le Quartier nigérien[1].

Son financement n'est pas assuré directement par l'État belge. Il repose principalement sur une entreprise privée, la société « Bruxelles-Exposition », qui conclut plusieurs accords avec l'État. Vingt-sept pays sont invités à participer à la manifestation[1].

Sites de l'exposition

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L'exposition est répartie entre deux sites principaux, reliés par une nouvelle ligne de tramway et par l'avenue de Tervueren, aménagée à cette occasion[1].

Parc du Cinquantenaire

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Affiche de l'Exposition internationale de Bruxelles par Henri Privat-Livemont.

Le principal site bruxellois est installé dans le Parc du Cinquantenaire. Il comprend plusieurs palais et pavillons ainsi que le Salon des beaux-arts.

L'aménagement des bâtiments, dont le Palais Mondial, est supervisé par l'architecte Gédéon Bordiau.

Tervuren

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Le second site est aménagé dans le domaine de Tervuren. Il accueille la section coloniale consacrée à l'État indépendant du Congo, possession personnelle du roi Léopold II.

Cette partie de l'exposition constitue l'une des principales réalisations de la manifestation et joue un rôle dans la création du futur Musée royal de l'Afrique centrale.

Pays participants

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Vingt-sept pays participent à l'exposition, qui accueille environ 7,8 millions de visiteurs[1].

Afrique

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Amériques

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Section coloniale

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Affiche de l'exposition coloniale de Tervuren.

La section coloniale de Tervuren présente des collections d'échantillons, de spécimens et de produits provenant de l'État indépendant du Congo. Ces objets ont une fonction commerciale et économique : leur présentation vise à faire connaître les ressources de la colonie aux industriels et aux artisans belges[4].

La scénographie associe ces produits à une représentation du Congo construite selon les conceptions coloniales européennes de la fin du XIXe siècle. Les formes issues des productions africaines sont réinterprétées par des artistes européens et intégrées à l'Art nouveau[4].

L'exposition sert également à attirer des Belges susceptibles de participer au développement économique et administratif de l'État indépendant du Congo. Léopold II utilise la manifestation pour promouvoir les relations commerciales entre la Belgique et le territoire congolais[5].

Pour accueillir cette section, le roi fait aménager le domaine de Tervuren. L'ancien pavillon du prince d'Orange est démoli et remplacé par le Palais des Colonies, dont la conception est confiée à l'architecte Albert-Philippe Aldophe avec la participation d'Ernest Acker.

Dans le hall principal, Georges Hobé réalise une structure en bois de style Art nouveau évoquant une forêt. Il utilise entre autres du bilinga, une essence provenant d'Afrique centrale. Les salles présentent des objets ethnographiques, des animaux naturalisés et des productions agricoles. Le « Hall des grandes cultures » expose des produits provenant du Congo tels que le café, le cacao et le tabac[5].

Villages congolais

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Village de Gyseghem ou village civilisé durant l'exposition coloniale de Tervuren.

Dans le parc de Tervuren, trois villages congolais clôturés sont reconstitués près des étangs[5],[6]. Deux villages bangala et un village mayombe[6]. Deux cent soixante sept Congolais sont emmenés de force à Tervuren et exposés au public dans ce dispositif aujourd'hui qualifié de zoo humain[6],[7]. Parmi eux figurent quatre vingt dix soldats de la Force publique astreints à des défilés et des concerts[6]. Un quatrième espace, le village de Gijzegem, expose des enfants congolais pris en charge par l'abbé Van Impe pour faire la démonstration de l'œuvre dite civilisatrice des missions catholiques[6].

Mortalité

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Durant la traversée qui emmènes les Congolais en Belgique deux personnes périssent[6]. A Tervuren, soumis à un climat froid et humide et maintenus dans des conditions sanitaires dégradées, de nombreux Congolais tombent malades. Sept d'entre eux meurent durant l'exposition : Sambo, Mpemba, Ngemba, Ekia, Nzau, Kitukwa et Mibange[6],[7],[8]. Dans un premier temps, une sépulture dans le cimetière local leur est refusé, et ils sont enterrés dans une parcelle non consacrée, réservée aux suicidés et aux personnes condamnées[6]. Leurs corps sont transférées en 1953 dans la cour de l'église Saint-Jean-l'Évangéliste de Tervuren, site où se déroulent désormais des commémorations annuelles[6].

Après l'exposition, Léopold II décide de maintenir à Tervuren une exposition permanente consacrée au Congo. Cette initiative mène au développement du musée colonial qui devient par la suite le Musée royal de l'Afrique centrale[5].

Art nouveau

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Gustave Flasschoen, affiche pour Bruxelles-Kermesse, 1897.

Plusieurs artistes et architectes liés à l'Art nouveau participent à l'exposition, parmi lesquels Henry Van de Velde, Paul Hankar, Gédéon Bordiau, Gustave Serrurier-Bovy, Henri Van Dievoet, Gabriel Van Dievoet et Georges Hobé.

Le bois et l'ivoire provenant du Congo sont employés dans les décors et les œuvres présentés à Tervuren. Des artistes belges réutilisent ces matériaux dans des sculptures chryséléphantines et des meubles de style Art nouveau. Certains associent également des motifs inspirés de productions congolaises aux formes caractéristiques de ce mouvement artistique[4].

Parmi les créateurs travaillant le bois figurent Paul Hankar (1859-1901), Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910), Henry Van de Velde (1863-1957) et Georges Hobé (1854-1936)[4].

Serrurier-Bovy réalise des meubles destinés aux salles de la section coloniale. Hankar conçoit des boiseries pour la salle d'ethnographie. Hobé réalise une grande structure en bois provenant du Mayombe, utilisée comme élément architectural du hall principal[4].

Henri Privat-Livemont réalise une des principales affiches de l'exposition.

Le Temple des Passions humaines, conçu par Victor Horta pour abriter le haut-relief Les Passions humaines de Jef Lambeaux, devait également s'inscrire dans les aménagements du Cinquantenaire. Des désaccords retardent toutefois son ouverture au public.

Attractions et manifestations

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Bruxelles-Kermesse

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Bruxelles-Kermesse constitue l'une des principales attractions de l'exposition. Le site propose une reconstitution pittoresque de quartiers de Bruxelles et accueille des établissements de restauration, des commerces et des spectacles[1].

Le Vieux Bruxelles

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Une partie de l'exposition propose une reconstitution de l'ancien Bruxelles inspirée de l'architecture urbaine des siècles précédents.

Des compétitions de lutte et d'athlétisme sont organisées pendant l'exposition. Le lutteur français Noël Rouveyrolis, dit « Noël le Gaulois », remporte un titre de champion du monde de lutte[9].

Beaux-arts

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Le Salon de Bruxelles de 1897 est organisé par la Commission de la première section des beaux-arts de l'Exposition internationale de Bruxelles[10].

Postérité

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La section coloniale de Tervuren est à l'origine d'une exposition permanente consacrée au Congo. Celle-ci se développe après 1897 et conduit à la création du musée colonial de Tervuren, devenu le Musée royal de l'Afrique centrale[5].

Plusieurs constructions et aménagements liés à l'exposition ont également marqué durablement le Parc du Cinquantenaire et l'axe reliant Bruxelles à Tervuren.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Brigitte Schroeder-Gudehus et Anne Rasmussen, Les fastes du progrès : Le guide des expositions universelles : 1851-1992, Paris, Flammarion, , p. 128-131
  2. Florence Pinot de Villechenon, Les expositions universelles, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 265), , p. 30
  3. Exposition Internationale de Bruxelles : 1897, Anzin, Imprimerie Ricouart-Dugour, , 12 p. (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 Dominique Jarrassé, Art nouveau ou art congolais à Tervuren ? Musée colonial comme synthèse des arts, Paris, Musée du quai Branly, , chap. 23, p. 130-131
  5. 1 2 3 4 5 Dirk F. E. Thys van den Audenaerde, Musée royal de l'Afrique centrale, Bruxelles, Crédit communal, coll. « Musea Nostra » (no 32), , p. 8-9
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Le zoo humain de Tervuren (1897) » Accès libre, sur Musée royal de l'Afrique centrale (consulté le )
  7. 1 2 (en) Daniel Boffey, « New find reveals grim truth of colonial Belgium’s ‘human zoos’ », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  8. Adam Hochschild, King Leopold's Ghost
  9. Le Petit Parisien, no 7602, , lire en ligne sur Gallica.
  10. Catalogue, Exposition internationale de Bruxelles, Beaux-Arts, catalogue général, Bruxelles, E. Lyon-Claesen, , 206 p. (lire en ligne), p. 8-10.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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