Fétichisme des couches

Le fétichisme de la couche (ou fétichisme des couches) est une paraphilie ou un intérêt fétichiste caractérisé par une attirance sexuelle, un confort psychologique ou une satisfaction sensorielle liée au port de couches pour adultes, à la vue de celles-ci, ou à leur manipulation[1].

Deux couches, des lingettes et du talc

Contrairement à l'infantilisme ou à la composante Adult Baby de l'ABDL, le fétichisme de la couche peut exister indépendamment de tout désir de régression infantile ou de jeu de rôle impliquant d'être traité comme un enfant. Il se concentre principalement sur l'objet (la couche) en tant que tel[2].

Définition et distinctions

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Le fétichisme de l'objet

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Pris au sens strict, le fétichisme de la couche désigne l'attirance pour la couche en tant qu'objet fétiche. Les personnes concernées, parfois appelées Diaper Lovers (DL), recherchent la sensation que procure le port : l'épaisseur du produit, le bruit qu'il fait, son contact avec la peau. L'aspect visuel compte aussi, que la couche soit portée ou non. Certaines recherchent également le fait de la remplir, par énurésie ou encoprésie fétichistes, pour la chaleur et la lourdeur que cela produit. Cette pratique n'implique pas forcément une identification à un enfant.

Ce fétichisme se distingue de l'infantilisme (ou Adult Baby) par l'absence de désir de régression psychologique. Un fétichiste de la couche peut assumer pleinement son statut d'adulte dans sa vie quotidienne et ne chercher aucune simulation de comportements infantiles (biberon, langage bébé, punitions infantiles), se focalisant uniquement sur l'usage de la couche[3].

Relation avec l'ABDL

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Le fétichisme de la couche et l'infantilisme sont deux choses distinctes sur le plan conceptuel, mais elles se recoupent chez certaines personnes de la communauté ABDL (Adult Baby Diaper Lover). Il y a celles qui se définissent uniquement comme Diaper Lovers (DL) : un intérêt fétichiste pour les couches, sans pratique de régression d'âge[4]. Il y a celles qui se définissent comme Adult Babies (AB) : des pratiques de régression, sans intérêt particulier pour la couche en tant qu'objet fétiche. Et il y a celles qui cumule les deux aspects, correspondant à l'usage du terme Adult Baby Diaper Lover (ABDL).

La confusion fréquente entre ces termes dans la littérature populaire tend à amalgamer le port de couches et la régression infantile, alors qu'ils constituent des motivations psychologiques et fétichistes séparées[5].

Aspects psychologiques et comportementaux

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Motivation et vécu

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Les motivations liées au fétichisme de la couche varient beaucoup d'une personne à l'autre. Chez certaines, il s'agit d'une recherche d'excitation sexuelle : la couche est alors un stimulus érotique direct[6]. Chez d'autres, les motivations n'ont rien de sexuel. Le port de la couche peut apporter du réconfort, un sentiment de sécurité, de protection ou de chaleur, et faire baisser l'anxiété, un peu comme un objet transitionnel, sans connotation sexuelle explicite. Pour d'autres encore, se soulager dans une couche représente une libération temporaire : celle des normes sociales d'hygiène et du contrôle sphinctérien qu'on attend d'un adulte.

La question de la régression

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Contrairement à certaines interprétations psychanalytiques anciennes décrivant l'usage de couches chez l'adulte systématiquement comme une « fuite devant les responsabilités » ou un refus de grandir, les approches contemporaines et les témoignages de la communauté mettent en avant une pratique souvent assumée et intégrée de manière saine. Lorsque la pratique reste confinée à la sphère privée ou consensuelle et ne génère pas de détresse clinique, elle n'est pas considérée comme un trouble mental par les classifications modernes (comme le DSM-5), sauf si elle cause une souffrance significative ou une altération du fonctionnement social et professionnel.

Pratiques

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Le fétichisme de la couche recouvre des pratiques très diverses, qui vont d'un simple port discret à des usages plus élaborés. Certains portent une couche sous leurs vêtements au quotidien, pour la sensation que cela procure. D'autres la portent de façon visible, chez eux ou dans un cadre communautaire. Il arrive aussi que l'on simule l'humidité, en versant de l'eau dans la couche, pour retrouver certaines sensations sans passer par un usage réel. À l'inverse, d'autres utilisent la couche pour ce à quoi elle sert : absorber et éliminer. Une sous-catégorie se distingue encore : celle où l'intérêt se porte sur des couches déjà utilisées, pour leur odeur, leur chaleur ou leur apparence.

Articles connexes

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Références

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  1. Sunil M. Doshi, Kalpesh Zanzrukiya et Lavlesh Kumar, « Paraphilic infantilism, diaperism and pedophilia: A review », Journal of Forensic and Legal Medicine, vol. 56, , p. 12–15 (ISSN 1878-7487, PMID 29525580, DOI 10.1016/j.jflm.2018.02.026, lire en ligne, consulté le )
  2. « Diaper Alliance Foundation » (consulté le )
  3. (en) Sunil M. Doshi, Kalpesh Zanzrukiya et Lavlesh Kumar, « Paraphilic infantilism, diaperism and pedophilia: A review », Journal of Forensic and Legal Medicine, vol. 56, , p. 12–15 (ISSN 1752-928X, DOI 10.1016/j.jflm.2018.02.026, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. « « Je m’y sens bien »… Il porte des couches plusieurs fois par semaine », sur 20 Minutes, (consulté le )
  5. Antonietta Lasala, Francesco Paparo, Vincenzo Paolo Senese et Raffaella Perrella, « An Exploratory Study of Adult Baby-Diaper Lovers' Characteristics in an Italian Online Sample », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 17, no 4, , p. 1371 (ISSN 1660-4601, PMID 32093315, PMCID 7068517, DOI 10.3390/ijerph17041371, lire en ligne, consulté le )
  6. Zack Cernovsky et Yves Bureau, « Lady with Erotic Preference for Diapers », Mental Illness, vol. 8, no 2, , p. 6687 (ISSN 2036-7457, PMID 27994834, PMCID 5136749, DOI 10.4081/mi.2016.6687, lire en ligne, consulté le )