Fabien Claude (artiste)
Fabien Claude est un artiste et écrivain né à Pont-à-Mousson en 1960. Il vit et travaille à Metz.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité |
française |
| Activité |
Peintre, écrivain |
| Mouvement |
Peinture contemporaine |
| Site web |
Biographie
modifierFabien Claude vit et travaille à Metz[1]. Son œuvre picturale, généralement rattachée à l'expressionnisme contemporain[2], se concentre sur la figure humaine, en particulier le visage et le corps, soumis à des processus de transformation, d'effacement ou d'altération[3].
Dans son essai Les Peintres de l'agonie, l'historien et critique d'art Guy Denis situe Fabien Claude parmi un ensemble d'artistes héritiers de certaines traditions expressionnistes et de la peinture figurative d'après-guerre, dont les œuvres interrogent les limites du corps et de la représentation[4],[5].
Le travail de Fabien Claude a également été associé aux réflexions contemporaines sur la défiguration dans l’art, notion désignant les pratiques d’un groupe d’artistes[6] qui remettent en cause l'intégrité du visage comme signe stable de l'identité[7]. Dans ses peintures, la figure apparaît fréquemment comme un lieu de tension entre apparition et effacement, présence et dissolution[8].
Parallèlement à son activité de peintre, il développe une œuvre littéraire composée de fragments et d'aphorismes[9]. Il réalise également des livres d'artiste[10] conservés dans plusieurs collections publiques et privées [11],[12],[13].
Travail artistique
modifierPeinture
modifierLa peinture de Fabien Claude apparaît comme une recherche autour de la présence, de l’absence et de la mémoire des formes[14]. Son travail explore les limites entre figuration et abstraction, privilégiant des images épurées où émergent des traces corporelles, des silhouettes fragmentaires et des apparitions fantomatiques. Dominée par des contrastes entre lumière et obscurité, son œuvre développe une atmosphère méditative et silencieuse, souvent associée à des thèmes tels que la disparition, la fragilité de l’existence et la persistance du vivant. Refusant la narration et les effets descriptifs, Fabien Claude conçoit la peinture comme un espace d’interrogation où le visible demeure partiellement énigmatique. Les critiques ont rapproché sa démarche de l’univers de Samuel Beckett[15], en soulignant son intérêt pour le dépouillement, l’inachèvement et l’exploration des zones liminaires de l’expérience humaine[16].
Écriture
modifierLe travail de Fabien Claude se caractérise par une recherche de densité et de tension, tant dans son œuvre picturale que dans son écriture. Son style, souvent rapproché de la tradition de l’aphorisme, privilégie les formes brèves, elliptiques et fortement imagées. À travers une langue volontairement déstabilisante, il explore les zones d’ombre de la pensée et remet en question les évidences du langage. Son écriture, marquée par une grande économie de moyens, procède par fulgurances et associations inattendues, créant des espaces de réflexion ouverts plutôt qu’un discours explicatif. Certains commentateurs ont souligné la proximité de cette démarche avec celle de poètes tels que René Char ou Henri Michaux[17], notamment dans son usage de l’ellipse, de l’intensité poétique et de la suggestion[18].
Expositions
modifier- 2006 : Galerie Hustinx, Liège.
- 2006 : Chapelle Sainte-Anne, Tours, avec la Galerie Idées d'Artistes/Polad Hardouin.
- 2006 : Art Capital - Salon comparaisons - groupe des expressionnistes.
- 2006 : Mac 2000, Paris[19].
- 2007 : Musée d'Art moderne et d'Art contemporain (Liège).
- 2007 : La part d'ombre, Galerie Idées d'Artistes/Polad Hardouin, Paris.
- 2007 : Les tressaillement du huis clos, Galerie Idées d'Artistes/Polad Hardouin, Paris[20].
- 2007 : Galerie Ardital – Aix-en-Provence.
- 2007 : Galerie Grand Rue – Poitiers.
- 2007 : Galerie la Louve – Louftémont.
- 2007 : Galerie Chantal Melanson – Annecy[21].
- 2008 : Start avec la galerie Ardital - Strasbourg.
- 2008 : Les peintres de l'agonie, Galerie Pré aux Sources, Bruxelles.
- 2008 : Galerie rouge - Bordeaux.
- 2009 : Galerie Australe – Saint Denis.
- 2009 : La défiguration - Le Pouliguen.
- 2010 : ESAA de Troyes[22].
- 2010 : Crue Fiction, Galerie Grand Rue – Poitiers[23][24].
- 2010 : Galerie Alain Rouzé – Nantes[25].
- 2012 : L’humanité - Beaulieu Lausanne (Suisse)[26].
- 2012 : Focus Painting - Michaelis School of Fine Art, North-West University, University of Johannesburg, Oliewenhuis Art Museum – Afrique du sud[27].
- 2012 : Traits Portraits, Musée de Tessé, Le Mans.
- 2016 : North-West University Gallery, Afrique du Sud[28].
- 2018 : Galerie Lillebonne, Nancy[29][30].
- 2019 : Galerie Space Place – Nijni Taguil.
- 2023 : Galerie Lillebonne - Nancy.
- 2025 : Vivre avec une œuvre d'art, Musée de la Grande Ardenne, Bastogne, Belgique.
Collections
modifier- North-West University de Potchefstroom, Afrique du Sud[31].
- Musée de la Grande Ardenne, Belgique[32].
- Ville du Mans (Musée Tessé), France.
Distinction
modifierPrix Azart 2006.
Publications
modifier- Rose et Rapine, Jacques Flament Éditions.
- Les Deux Noms d'une frontière, Jacques Flament Éditions.
- Pain sec, Jacques Flament Éditions.
- Les Années grises, Jacques Flament Éditions.
Notes et références
modifier- ↑ « CLAUDE, Fabien - Le Delarge -Le dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains », sur www.ledelarge.fr (consulté le )
- ↑ « Artension hors série, l'expressionnisme contemporain », sur Internet Archive (consulté le )
- ↑ Françoise Monnin, « Visage(s), Plissements », Azart hors série, no 11, (lire en ligne)
- ↑ Les peintres de l’agonie, texte de Guy Denis, Bernard Gilson Éditions
- ↑ Texte de Guy Denis sur la peinture de Fabien Claude: "Peinture du singulier, de l’identité qui contredit l’art en vogue dans les cercles officiels, centré avant tout sur une thématique circonstancielle dictée par le commissaire d’exposition, sur les formes et le ludisme. Ici, point de jeu, sinon le jeu dangereux de la plongée aux tréfonds du corps, de l’esprit de l’homme, vers les abysses noires de l’inconnu. Cette quête de l’ultime refuge personnel non investigué par l’espace public des médias et de la publicité, donne la force de cette peinture brute, qui nie les artifices, les ornements, les facilités de la mode. Pas de « faire comme », mais peindre simplement, dessiner, écrire, en se servant des moyens les plus archaïques, les plus élémentaires, sans crainte d’être comparés aux Maîtres d’autrefois, tel est l’objectif de cette nouvelle tendance illustrée avec maestria par Fabien CLAUDE".
- ↑ Christian Noorbergen, Quand le visage perd sa face, Artension, (lire en ligne)
- ↑ Extrait de Portraire, défaire de Ronan Calan dans "Quand le visage perd sa face", éditions LNG: "La défiguration est d’abord méditation de la mort, qui est toujours méditation de la vie : coulure du visage sur le plastron des classiques dans la peinture de Fabien Claude"
- ↑ Quand le visage perd la face, texte de Laurent Bendix , dans le magazine Vernissages numéro 5, 2009, pages 108 à 111.
- ↑ « critiquesLibres.com : critiques de livres », sur critiqueslibres.com (consulté le )
- ↑ Stéphanie Durant-Gallet, « L'un vers l'autre, Bibliophilie contemporaine – panorama des éditeurs », Art & Métiers du livre, no N° 258, , p. 29-30 (lire en ligne)
- ↑ (en) « https://www.a-z.lu/discovery/search?query=genre,exact,Livres%20d'artistes,AND&query=any,contains,fabien%20claude,AND&tab=DiscoveryNetwork&search_scope=DN_and_CI&sortby=author&vid=352LUX_BIBNET_NETWORK:BIBNET_UNION&mode=advanced&offset=0 », sur www.a-z.lu (consulté le )
- ↑ « Co-libris - Bibliothèques et médiathèques de l'Agglomération nancéienne », sur www.reseau-colibris.fr (consulté le )
- ↑ « Bibliothèques-Médiathèques de Metz », sur bm.metz.fr (consulté le )
- ↑ Anissa Senoussi-Nicastro, Expériences autour de l'informe et du défiguré, Paris, UFR Arts, philosophie et esthétique. Master Arts et Techniques de l’Image., , 35 et 36 p. (lire en ligne)
- ↑ La fable du lieu, texte de Jean-Paul Gavard-Perret, paru L'art helvétique contemporain: "Avec Fabien Claude la peinture est tout et aussi son absence. Sa surface – comme celle des mots – est toujours à creuser pour d’autres résonnances d’abîmes sans fond où masculin et féminin se confondent. Chaque œuvre est une porte sans ouverture en un mur invisible. Mais face à ce qui se dérobe reste la fable du lieu à construire puisque « rien ne sera donné que le lieu » (Mallarmé). Reste donc à la peinture la – et non sa – vanité par où tout passe et ne passe pas. Car il y a les trous dans « tout ce qui reste » cher à Beckett. ? De la ténèbre surgit ainsi la lumière. Tenèbre de l’Histoire et ce l’être sur laquelle la clarté se pose comme un espoir par effet de peau fuyante à mesure que la peinture avance dans l’obscur sans savoir où elle va et ce qu’elle peut retenir au milieu de la ruine. La peinture donc comme sinon le meilleur des biens en tout cas pas le pire puisqu’elle peut parler plus haut que ce que les mots peuvent dire. La peinture ou comme l’écrit Fabien Claude la « parole allusive » fidèle à la nuit de l’être. Mais refondant à travers elle une étrange clarté dans la profondeur du noir. Celle du désir sans doute. Donc celle du partage. Si proche, si loin que dévoilent les ombres fantomales « sur la trace d’autre chose », vivantes, fracturées mais vivantes au-delà des cadavres du corps et de l’esprit. Surgit un temps spasmodique dans l’émiettement qui devient la vocalise d’un espace soufflé où le langage se récrit à partir de son néant, rouvre la scène et fait parler les êtres. Voir ici tout en langage comme le boucher voit tout en viande par les coups adressés à l’espace contre le leitmotiv du retour de l’Histoire bégayante. Fabien Claude organise pour cela des phases mentales, des rapides, des gouffres contre la mort et ses forces : capture et ouverture pour que la vie se communique enfin."
- ↑ Christian Noorbergen, « Fabien Claude à L'horizon de peinture », Aralya, (lire en ligne)
- ↑ Christian Noorbergen, « Fabien Claude - ROSE ET RAPINE », sur Aralya, (consulté le )
- ↑ Jean-Paul Gavard-Perret, « FABIEN CLAUDE LE MAGE HORS D’HOMME, L’aphorisme selon Fabien Claude », Le Salon Littéraire, .
- ↑ Gerard Gamant, « Mac 2006 », Azart, (lire en ligne)
- ↑ Christian Noorbergen, « Les tressaillements du huis clos (article paru à l'occasion de l'exposition à la galerie Idées d'Artistes/Polad Hardouin) », Artension, (lire en ligne)
- ↑ Gerard Gamant, « L’insularité du noir (Article paru à l’occasion du prix Azart, décerné à Fabien Claude, et de trois expositions personnelles: Galerie la Louve, Galerie Chantal Melanson et galerie Idées d'Artistes/Polad Hardouin) », Azart, no 25, (lire en ligne)
- ↑ [vidéo] « Expo : Fabien Claude à l'ESAA de Troyes », Canal 32, , 1:10 min (consulté le )
- ↑ Galerie Grand'Rue Poitiers, « Crue fiction »
- ↑ Fabien Claude, Catalogue de l'exposition Crue Fiction, Poitiers, Galerie Grand'Rue, (lire en ligne)
- ↑ « Client Challenge », sur fr.scribd.com (consulté le )
- ↑ Fabien Claude, Exposition L' Humanité, (lire en ligne)
- ↑ Fabien Claude, Focus Painting, (lire en ligne)
- ↑ « Past exhibitions | services.nwu.ac.za », sur services.nwu.ac.za (consulté le )
- ↑ « NANCY - Exposition. L’intensité du peu de Fabien Claude », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
- ↑ Fabien Claude à l'horizon de la peinture, texte de Christian Noorbergen, paru dans Aralya.
- ↑ Christina Naurattel, Figuratively Speaking (catalogue de la collection de la NWU., Johannesburg, NWU, , 17-18 p. (lire en ligne)
- ↑ Vivre avec une œuvre d'art, livre de Guy Denis, Éditions Terre Noire.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Le miroir des princes (monographie), textes d’Yvon Canova et Christain Noorbergen, Jacques Flament Éditions.
- Éclipses, texte d'Yvon Canova, Jacques Flament Éditions.
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives aux beaux-arts :
