Famille Bagatti Valsecchi
La famille Bagatti Valsecchi est une famille d'aristocrates milanais depuis le début du XVIe siècle.
Table généalogique
modifierUne table généalogique de la famille Bagatti est reconstituée par Fausto Bagatti Valsecchi à la fin du XIXe siècle
Entre la seconde moitié du XVIe siècle et la peste de 1630, la famille réside dans le village de Varedo, à proximité de Milan, avant de s’installer ultérieurement dans la capitale lombarde[1].
À Milan, dans la seconde moitié du XVIIe et la première moitié du XVIIIe siècle, les Bagatti développent des activités de caractère bourgeois. Dans l’arbre généalogique, à côté des noms des différents membres de la famille, figurent — signe de leur ascension sociale — certains parrains de baptême des enfants qui naissent au fil du temps. Il vaut la peine, à ce propos, de s’arrêter sur la liste de nobles qui ont « prêté » leur nom à cette riche famille bourgeoise : on y trouve un marquis Tiberio Crivelli, une Margherita Alfieri, un Giovanni Aliprandi, une Crevenna, le noble Antonio Sola, une comtesse Trotti, le comte Carlo Simonetta, ainsi que le comte Giulio Antonio Biancani (décapité pour avoir trahi l’impératrice Marie-Thérèse au profit de Philippe V d’Espagne, lequel avait réoccupé le territoire milanais entre et )[1].
La famille fréquente le milieu aristocratique milanais, bien que certaines discordances apparaissent entre les dates indiquées pour le baptême des enfants de la famille Bagatti et l’existence effective des personnages mentionnés. On peut se demander s’il s’agit d’erreurs réelles dans la rédaction de l’arbre généalogique ou plutôt d’une stratégie habile visant à embellir la généalogie d’une famille en constante ascension au sein de la société lombarde[1].
En poursuivant cette exploration des branches de la généalogie des Bagatti, on rencontre quelques chanoines, mais surtout Pietro Bagatti (1694-1767), juriste et avocat, qui « acquiert en 1745 une maison située dans le Borgo del Gesù », à côté de l’église de Sant’Andrea alla Pusterla. Cet immeuble deviendra particulièrement célèbre à la fin du XIXe siècle en raison du palais dans lequel est célébrée la naissance de la Fondation Bagatti Valsecchi[1].
Cette achat a été conclu entre particuliers, très différente de ce qui s'est produit quarante ans plus tard : bien loin des formes d’enrichissement rendues possibles par la dilapidation napoléonienne des biens ecclésiastiques, qui permettra à de nombreuses familles bourgeoises d’acquérir des patrimoines d’une telle ampleur qu’ils égaleront, et souvent dépasseront, le vivre more nobilium des grandes familles aristocratiques milanaises traditionnelles[2]. C’est avec le fils de Pietro, acquéreur de la maison située dans la contrada del Gesù, que l’on entre véritablement dans l’histoire « moderne » de la famille Bagatti.
Né le , Giuseppe eut pour parrain de baptême le comte Giulio Antonio Biancani, qui sera ensuite exécuté. Après avoir entrepris une carrière juridique, il devient avocat puis jurisconsulte, et est nommé assesseur de la Congrégation municipale de Milan, une fonction nouvellement créée par Marie-Thérèse afin de renforcer la classe dirigeante chargée de l’administration de la ville. Il occupe cette charge de 1776 à 1786[2].
Avec la réforme Joséphine de 1786, l’avocat Giuseppe Bagatti devient l’un des deux assesseurs — celui issu de la bourgeoisie — en tant que « citoyen estimé », au sein des quatre délégations composant la nouvelle Congrégation municipale de Milan.
En 1801, à l’âge de soixante-deux ans, Giuseppe épouse la jeune noble Cristina Anelli, âgée de seulement vingt-cinq ans, fille de son ami Alessandro Anelli. Neuf mois exactement après le mariage naît Pietro, qui deviendra célèbre dans le domaine de l’art, et plus particulièrement de la peinture[2].
Avec la mort de Giuseppe Bagatti, en , et le remariage ultérieur de Cristina avec le baron Lattanzio Valsecchi, s’opère un tournant d’une importance capitale dans l’histoire de la famille Bagatti.
Lattanzio Valsecchi, né à Milan en 1755, était déjà, au moment de son mariage avec Cristina Anelli, une figure de tout premier plan dans la société lombarde. Professeur de droit au Regio Ginnasio de Mantoue en 1786, il est ensuite nommé conseiller-assesseur de première instance auprès du Tribunal civil de la ville — anciennement gouvernée par les Gonzague —, nouvel organisme judiciaire créé après l’abolition du Sénat. Sa carrière se poursuit alors sans interruption : en 1791, il devient conseiller du tribunal d’appel, toujours à Mantoue, puis en 1793 il est promu podestat de Pavie, représentant de premier rang, dans cette ville, de la plus haute instance judiciaire[2].
En 1799, en plein période napoléonienne on le retrouve conseiller du tribunal d’appel de Milan. Puis, en 1805, avant la paix de Presbourg, il se trouve à Venise, donc dans le camp adverse, en qualité de conseiller du Tribunal d’appel de la capitale vénitienne, où il se distingue notamment par un court traité de nature juridique, qui lui vaut l’estime et les éloges de l’empereur d’Autriche lui-même[3].
C’est ce Lattanzio Valsecchi que la jeune veuve de Giuseppe Bagatti, mère du petit Pietro âgé de seulement huit ans, épouse le dans la paroisse milanaise de San Francesco di Paola.
La carrière du nouveau chef de famille ne s’interrompt pas. En 1814, il est nommé membre de la Commission héraldique instituée après le retour des Autrichiens en Lombardie ; l’année suivante, il se rend à Vienne en qualité de conseiller aulique auprès du Tribunal suprême de justice ; en 1816, il devient membre du Sénat lombardo-vénitien siégeant à Vérone ; deux ans plus tard, il est de retour à Milan comme président du Tribunal de première instance[3].
Le , Lattanzio Valsecchi adopte le fils de Cristina, Pietro Bagatti, avec l’obligation d’unir au patronyme Bagatti celui de Valsecchi. Il convient toutefois de rappeler, pour conclure ce bref parcours à travers les premiers représentants de la famille Bagatti Valsecchi, que cette adoption n’entraîna nullement la transmission du titre baronnial, acquis par Lattanzio le , comme l’atteste le document de confirmation de l’acte d’adoption signé, pour le compte du gouvernement impérial et royal, par le gouverneur, le comte Strassoldo. Ce n’est qu’en 1842, comme d’autres le préciseront après moi, que Pietro Bagatti Valsecchi obtiendra de Ferdinand Iᵉʳ l’anoblissement[3].
Généalogie et classe sociale
modifierGiuseppe Bagatti (1739-1808) et Cristina Anelli (1777-1857)
modifierGiuseppe Bagatti et Cristina Anelli sont les grands-parents des frères Fausto et Giuseppe Bagatti Valsecchi. Originaire de Milan, Giuseppe Bagatti occupe une position importante dans la Congrégation Municipal de la ville sous le règne de l'impératrice d'Autriche Maria Teresa[4]. Avocat et juriste de formation il épouse en 1801 Cristina Anelli, une femme issue de la noblesse milanaise. La famille commence donc déjà à s'établir au sein de l'aristocratie locale, une position que Fausto et Giuseppe Bagatti Valsecchi n’auront de cesse de renforcer. De ce mariage, naît Pietro Bagatti le . Suite à la mort de Giuseppe en 1808, Cristina Anelli se remarie avec le baron Lattanzio Valsecchi (1755-1836). Ce personnage occupant une place importante dans la société Lombarde de l'époque adopte Pietro en 1824 permettant à ce dernier d'accoler au nom de Bagatti celui de Valsecchi[4].
Pietro Bagatti Vlasecchi (1802-1864) et Carolina Angiolini (1818-1880)
modifierPietro Bagatti Valsecchi (it) est le fils naturel de Giuseppe Bagatti et Cristina Anelli et le fils adoptif de Lattanzio Valsecchi.
Le Pietro Bagatti Valsecchi épouse Carolina Angiolini (1818-1880), fille de Domenico Angiolini et de Francesca Galbiati une femme issue de la noblesse milanaise. Ensemble ils ont deux fils, Fausto et Giuseppe Bagatti Valsecchi nés respectivement en 1843 et 1845.
Entre 1827 et 1839, Pietro Bagatti Valsecchi avait commencé à acquérir de nombreuses maisons autour de la demeure familiale Via del Gesù et via San Spirito. En 1840 il confie à l'architecte Carlo Mezzanotte le soin de réaliser un plan de rénovation ainsi que d'unifier les différents bâtiments afin de donner une façade plus cohérente à l'édifice[5]. A partir de 1864 c'est Carolina Bagatti Valsecchi, alors devenue veuve, qui poursuit activement les travaux d'aménagement, de décor et de rénovation du Palais dans un style XVIe siècle[6]. Elle est notamment à l'origine de la rénovation de la façade entre 1876 et 1877[5]. Les travaux prennent fin en 1880, années de la mort de Carolina, et ce sont ses fils qui inaugurent la façade restauré en 1883. Ils apportent également de nombreuses modifications aux choix de décor et d'ameublement en se tournant vers les XIV et XVème siècles[6].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 (it) Cesare Mozzarelli et Rosana Pavoni, Milano fin de siècle e il caso Bagatti Valsecchi : memoria e progetto per la metropoli italiana,, Milan, Guerini e associati, , 456 p., p. 23
- 1 2 3 4 (it) Cesare Mozzarelli et Rosana Pavoni,, Milano fin de siècle e il caso Bagatti Valsecchi : memoria e progetto per la metropoli italiana, Milan, Milan, Guerini e associati, , 456 p. (ISBN 88-7802-240-3), p. 24
- 1 2 3 (it) (it) Cesare Mozzarelli et Rosana Pavoni,, Milano fin de siècle e il caso Bagatti Valsecchi : memoria e progetto per la metropoli italiana,, Milan, Gurini e associati, , 456 p., p. 25
- 1 2 (it) Rosanna Pavonni (dir.), Pier Fausto Bagatti Valsecchi, Grazietta Butazzi et Stefano Della Torre, La Casa Bagatti Valsecchi : l'Ottocento, il Rinascimneto, il gusto dell'abitare, Florence, Scala, , 160 p.
- 1 2 (it) Cara Ronza, Il restauro di Palazzo Bagatti Valsecchi : storia di un cantiere, Azzano San Paolo, Bolio, , 179 p. (ISBN 9788878271678)
- 1 2 (it) Rosanna Pavoni (dir.), Museo Bagatti Valsecchi : tomo primo (catalogue), Milan, Electa, coll. « Musei e gallerie di Milano », , 440 p. (ISBN 88-435-6376-9)
