Famille Duprat

famille française d’origine marchande, passée dans les milieux de la robe, de l’administration royale et de l’Église au XVIe siècle

La famille Duprat, également écrite du Prat, est une famille française originaire d'Issoire, en Auvergne, issue des milieux marchands et de robe, connue pour son ascension dans les milieux judiciaires, administratifs et ecclésiastiques aux XVe et XVIe siècles.

Famille Duprat
Image illustrative de l’article Famille Duprat
Armes de la famille.
Blasonnement D'or, à la fasce de sable, accompagnée de trois trèfles de sinople.
Période XVe et XVIe siècles
Origine Issoire, Auvergne
Pays Royaume de France
Fiefs tenus Nantouillet
Demeures Château de Nantouillet
Charges Chancelier de France
Premier président du Parlement de Paris
Maître des requêtes
Fonctions ecclésiastiques Cardinal
Archevêque de Sens
Évêque de Clermont
Évêque de Mende

Elle a notamment donné Antoine Duprat, chancelier de France sous François Ier, cardinal et archevêque de Sens, ainsi que plusieurs prélats, dont Thomas Duprat, Claude Duprat et Guillaume Duprat.

Histoire

modifier

Origines et ascension sociale

modifier

La famille Duprat est associée à la ville d'Issoire, en Basse-Auvergne. Son ascension sociale aux XVe et XVIe siècles fait l'objet d'une étude publiée par Albert Buisson dans la Revue d'histoire économique et sociale[1].

Antoine Duprat est issu d'une famille de marchands établie près d'Issoire depuis au moins 1411[2]. Son parcours s'inscrit dans celui d'un homme de robe au service du roi, passé d'un milieu marchand et familial au plus haut niveau de l'administration monarchique[3].

La maison du Prat est également rattachée à l'Auvergne dans plusieurs recueils héraldiques et nobiliaires. Ces notices mentionnent notamment Antoine du Prat, dit Ricot, natif d'Issoire, seigneur de Veyrières, ainsi que plusieurs branches issues de cette famille[4],[5].

Antoine Duprat et le service de l'État royal

modifier

Antoine Duprat (1463-1535) est la principale figure historique de la famille. Il est nommé premier président du Parlement de Paris le , puis chancelier de France le [6].

Il est avocat du roi au parlement de Toulouse en 1495, conseiller au Parlement de Paris en 1505, président du Parlement de Paris en 1506, premier président en 1508, puis chancelier de France de 1515 à 1535. Après son entrée dans l'état ecclésiastique, il devient archevêque de Sens, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, cardinal et légat pontifical[7].

Son rôle auprès de François Ier s'inscrit dans la continuité des conseillers techniques de la monarchie, entre légistes et ministres[8].

Les Duprat dans l'Église et l'enseignement

modifier

Plusieurs membres de la famille occupent des fonctions ecclésiastiques au XVIe siècle. Thomas Duprat, frère du chancelier Antoine Duprat, est évêque de Clermont de 1517 à 1528[9]. Il obtient en 1518 du pape Léon X une bulle d'érection pour une université à Issoire, confirmée par lettres patentes de François Ier[10].

Guillaume Duprat, fils d'Antoine Duprat, est évêque de Clermont au XVIe siècle. Il fait venir les jésuites à Billom[9]. Le collège de Billom est le premier collège de jésuites construit en France ; un concordat est passé en janvier 1555 avec le chapitre de Saint-Cerneuf de Billom, les premières classes ouvrent en 1556 et la fondation officielle du collège a lieu le [11].

Guillaume Duprat achète des terrains avec la municipalité en 1556, la première pierre de l'église du collège est bénie en mai 1559 et il lègue en 1560 une somme de 5 000 livres pour l'achèvement de l'établissement[12].

L'enseignement du collège de Billom est assuré par les jésuites jusqu'en 1762, avec une interruption entre 1595 et 1605[13].

Guillaume Duprat participe aussi à l'essor des premières implantations jésuites en France. En octobre 1560, il lègue trois dotations destinées à la fondation de trois collèges, à Billom, Mauriac et Paris[14].

Claude Duprat, frère d'Antoine Duprat, est évêque de Mende de 1524 à 1532[15].

Nantouillet et le patrimoine familial

modifier

La famille est associée au château de Nantouillet, en Seine-et-Marne, acquis par Antoine Duprat au début du XVIe siècle. La seigneurie de Nantouillet est acquise entre 1516 et 1517 par Antoine Duprat, homme de confiance de Louise de Savoie et de François Ier, qui y entreprend rapidement des travaux d'aménagement[16].

Nantouillet est à la fois une résidence seigneuriale, un lieu de séjour politique et un témoignage de la commande architecturale du premier XVIe siècle. François Ier séjourne au château au début du mois de mars 1533 et y signe une ordonnance réglant le cours des monnaies dans le royaume[16].

Le château de Nantouillet est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862[17].

Liens de filiation entre les personnalités

modifier
  • Antoine du Prat, dit Ricot, seigneur de Veyrières, natif d'Issoire[4].

Les armes attribuées à la famille Duprat ou du Prat se blasonnent : d'or, à la fasce de sable, accompagnée de trois trèfles de sinople.[18]

Un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France, dédié à Antoine Duprat, porte également les armes de Duprat, décrites comme d'or, à la fasce de sable accompagnée de trois trèfles de sinople, deux en chef et un en pointe.[19]

Notes et références

modifier
  1. Albert Buisson, « L'Ascension d'une famille bourgeoise aux XVe et XVIe siècles : les Duprat », Revue d'histoire économique et sociale, vol. 22-23, nos 1-2, 1934-1935, p. 5-18 (JSTOR 24066972, lire en ligne).
  2. Cédric Michon, « Louise de Savoie, histoire d'une régente et de son chancelier », dans Dans la cour des lions : Hommes et femmes de pouvoir de la Renaissance, Passés Composés, , 27-52 p. (lire en ligne).
  3. Christophe Vellet, « De la marchandise à la prélature, carrière politique d’un homme de robe au service du roi : Antoine Duprat (1463-1535) », sur ThENC@, Bibliothèque numérique de l'École nationale des chartes, (consulté le ).
  4. 1 2 François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, t. 16, Paris, Schlesinger frères, (lire en ligne), p. 302-315.
  5. André Borel d’Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe, Paris, Bureau de la publication, (lire en ligne), p. 261-263.
  6. 1 2 « Antoine Duprat (1463-1535) », sur Reliures de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  7. 1 2 « Antoine Duprat (1463-1535) », sur Biblissima (consulté le ).
  8. Christophe Vellet, « Entre légistes et ministres : Antoine Duprat (1463-1535), conseiller technicien de François Ier », dans Les Conseillers de François Ier, Presses universitaires de Rennes, , 211-227 p. (lire en ligne).
  9. 1 2 3 4 « Les évêques de Clermont », sur Cathédrale catholique Notre-Dame de Clermont (consulté le ).
  10. Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, « 63 ISSOIRE, régence latine », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècles. Répertoire 1 - France du Midi, no 10, , p. 323 (lire en ligne).
  11. 1 2 « Collège de jésuites de Billom, puis école secondaire, petit séminaire, collège communal, école militaire », sur Inventaire général du patrimoine culturel, Région Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le ).
  12. « Collège de jésuites », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).
  13. Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, « 63 BILLOM, collège de plein exercice », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècles. Répertoire 1 - France du Midi, no 10, , p. 133-138 (lire en ligne).
  14. Annie Bruter et Marie-Madeleine Compère, « Collège jésuite », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècle. Répertoire 3 - Paris, nos 10-3, , p. 359-407 (lire en ligne).
  15. 1 2 « Annuaire diocésain 2020 », sur Diocèse de Mende (consulté le ).
  16. 1 2 Flaminia Bardati, « Nantouillet, château d'Antoine Duprat », Congrès archéologique de France. Seine-et-Marne, , p. 261-272 (lire en ligne).
  17. « Château », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le ).
  18. Ambroise Tardieu, Dictionnaire des anciennes familles de l'Auvergne, Moulins, Desrosiers, (lire en ligne), p. 297.
  19. « Paris, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, NAF 4119 », sur Biblissima (consulté le ).

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Albert Buisson, « L'Ascension d'une famille bourgeoise aux XVe et XVIe siècles : les Duprat », Revue d'histoire économique et sociale, vol. 22-23, nos 1-2, 1934-1935, p. 5-18 (JSTOR 24066972, lire en ligne).
  • Albert Buisson, Le chancelier Antoine Duprat, Paris, Hachette, .
  • Marcellin Boudet, « Documents sur la bourgeoisie dans les deux derniers siècles du Moyen Âge. Les Du Prat », Revue de la Haute-Auvergne, 1925-1932.
  • Cédric Michon, « Louise de Savoie, histoire d'une régente et de son chancelier », dans Dans la cour des lions : Hommes et femmes de pouvoir de la Renaissance, Passés Composés, , 27-52 p. (lire en ligne).
  • Christophe Vellet, « Entre légistes et ministres : Antoine Duprat (1463-1535), conseiller technicien de François Ier », dans Les Conseillers de François Ier, Presses universitaires de Rennes, , 211-227 p. (lire en ligne).
  • Christophe Vellet, « De la marchandise à la prélature, carrière politique d’un homme de robe au service du roi : Antoine Duprat (1463-1535) », sur ThENC@, Bibliothèque numérique de l'École nationale des chartes, .
  • Flaminia Bardati, « Nantouillet, château d'Antoine Duprat », Congrès archéologique de France. Seine-et-Marne, , p. 261-272 (lire en ligne).
  • Annie Bruter et Marie-Madeleine Compère, « Collège jésuite », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècle. Répertoire 3 - Paris, nos 10-3, , p. 359-407 (lire en ligne).
  • Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, « 63 BILLOM, collège de plein exercice », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècles. Répertoire 1 - France du Midi, no 10, , p. 133-138 (lire en ligne).
  • Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, « 63 ISSOIRE, régence latine », Les collèges français, XVIe-XVIIIe siècles. Répertoire 1 - France du Midi, no 10, , p. 323 (lire en ligne).
  • François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, t. 16, Paris, Schlesinger frères, (lire en ligne), p. 302-315.
  • André Borel d’Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe, Paris, Bureau de la publication, (lire en ligne), p. 261-263.
  • Ambroise Tardieu, Dictionnaire des anciennes familles de l'Auvergne, Moulins, Desrosiers, (lire en ligne).

Articles connexes

modifier