Famille Fries (Mulhouse)

La famille Fries est une famille d’origine suisse établie à Mulhouse, active dans le négoce, la banque et l’industrie textile. Elle comprend notamment une branche autrichienne, élevée aux rangs de baron et de comte, et plusieurs lignées mulhousiennes[1],[2].

Famille Fries
Image illustrative de l’article Famille Fries (Mulhouse)
Armes de la famille.

Branches Mulhousienne
Autrichienne
Origine Suisse
Charges Bourgmestres
Banquiers
Industriels
Diplomates

Histoire

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Jean-Jacques Fries, admis à la bourgeoisie de Mulhouse en 1649, est l’ancêtre commun des rameaux présentés ci-dessous. Parmi ses descendants, certains s’établissent en Autriche au XVIIIe siècle, tandis que d’autres poursuivent leurs activités en Alsace[1].

Dans son étude généalogique, August von Fries lie les origines de la famille aux Fries von Friesenberg, qu’il présente comme les seigneurs des châteaux de Friesenberg, près de Berne et de Zurich[3].

Les Fries dans le gouvernement de Mulhouse, du XVe au XVIIe siècle

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Les Fries appartiennent au patriciat mulhousien dès la fin du Moyen Âge : Rudolph Fries, originaire de Bâle, est attesté en 1418. Ses descendants occupent des charges de chefs de corporation, de conseillers et de bourgmestres. Valentin, ou Veltin Ier, représente la ville dans les négociations de l’alliance avec Bâle en 1506, puis dans celles qui précèdent son alliance avec les treize cantons suisses en 1515[4].

À la Renaissance, Valentin III Fries est bourgmestre de 1573 à 1578, puis de 1586 à 1587. Sa liaison avec Agnès Fininger, épouse du greffier-syndic Daniel Wieland, provoque un scandale et sa destitution en 1578. La querelle familiale contribue à l’affaire Fininger, crise politique et religieuse qui oppose une partie de la bourgeoisie au gouvernement municipal[5],[6].

En 1587, l’insurrection entraîne l’emprisonnement des magistrats ; les troupes des cantons protestants les rétablissent le 15 juin. Valentin III meurt en prison en 1588. Des membres de la famille sont exilés et leurs biens confisqués ; son fils Valentin IV, impliqué dans une nouvelle tentative de renversement du gouvernement en 1590, se réfugie en territoire autrichien[7]. La famille revient à Mulhouse avec Jean-Jacques Fries, admis à la bourgeoisie en 1649[6],[5],[1].

Branche autrichienne

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Johann von Fries (1719–1785) fonde à Vienne, avec Johann Jakob Gontard, la banque Fries et Compagnie en 1766. Il développe également des manufactures textiles dans les États des Habsbourg. Baron en 1762, puis comte en 1783, il acquiert Vöslau et fait construire le palais aujourd’hui appelé Palais Pallavicini[8].

Son fils Moritz von Fries (1777–1826), collectionneur et mécène de Ludwig van Beethoven, est le dédicataire de sa Septième Symphonie. La banque fait faillite en 1826. Son petit-fils August von Fries (1841–1918), également connu sous le nom de Fries von Friesenberg, publie une généalogie familiale en 1884[9],[3],[10].

Un rameau baronnial est issu de Philipp Jakob von Fries (1753–1822), neveu de Johann et industriel du textile en Autriche, élevé au rang de baron en 1791[1],[11].

Branche mulhousienne

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Les Fries participent à plusieurs entreprises textiles : Blech, Fries et Compagnie à partir de 1796, Reber et Fries à Illzach en 1837, puis Fries-Reber et Weiss-Fries et Compagnie à Kingersheim. Ces derniers noms correspondent à des étapes successives d’une même manufacture. Le dessinateur et peintre Emmanuel Fries travaille pour Blech-Fries ; il épouse Barbe Schlumberger[12],[13],[14],[15].

Émile Fries (1834–1914) est le premier directeur de l’École de tissage de Mulhouse, ouverte en 1861, puis dirige l’établissement réuni après la décision de fusion avec l’école de filature en 1868[16].

Pendant la Première Guerre mondiale, Henri Fries, de la maison Dollfus et Noack, siège au conseil du Comptoir d’escompte de Mulhouse[17].

Familles apparentées et connexes

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Les alliances documentées comprennent notamment le mariage d’Emmanuel Fries avec Barbe Schlumberger et celui de Daniel Fries avec Laurence Seydoux Fornier de Clausonne[15],[2].

Personnalités contemporaines

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  • Pierre Fries (1895–1965), ingénieur chimiste, dirige l’usine de la Viscose à Grenoble de 1932 à 1952, puis est chargé des affaires internationales au Comptoir des textiles artificiels. Il est chevalier de la Légion d’honneur (1957), titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille militaire[18],[19].
  • Jean-Gérard Fries (1927–2012), ancien directeur du commerce intérieur et conseiller maître à la Cour des comptes, est officier de la Légion d’honneur (1987) et commandeur de l’ordre national du Mérite (1980)[2],[20],[21].
  • Daniel Fries (1930–2022), professeur de médecine à l’université Paris-XI et chef du service de néphrologie de l’hôpital Bicêtre, est chevalier de la Légion d’honneur (1979) et officier de l’ordre national du Mérite (1989)[2],[22],[23].

La branche française compte notamment Christiane Scrivener, née Fries (1925–2024), secrétaire d’État à la Consommation puis commissaire européenne ; Fabrice Fries, président-directeur général de l’Agence France-Presse depuis 2018 ; et son frère Charles Fries, diplomate et ancien ambassadeur en République tchèque, au Maroc et en Turquie. Christiane Scrivener est leur tante paternelle[2],[24],[25],[26].

Blasons et portrait

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Généalogie simplifiée

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Sélection de membres ; les enfants omis ne sont pas représentés.

Jean-Jacques Fries, bourgeois de Mulhouse en 1649
épouse Salomé Barbette
├── Philippe-Jacques Fries, bourgmestre (1742–1746)
│   └── Jean-Jacques Fries (né en 1685), épouse Ursule Bregenzer
│       └── Johann von Fries (1719–1785), banquier à Vienne
│           ├── Joseph von Fries (1765–1788)
│           └── Moritz von Fries (1777–1826), mécène
│               └── Moritz von Fries (1804–1887)
│                   └── August von Fries (1841–1918), généalogiste
└── Valentin Fries (1660–1746), épouse Margreth Hartmann
    └── Josias Fries (né en 1707), épouse Sara Wirz
        └── Emmanuel Fries (1747–1789), médecin
            └── Emmanuel Fries (1778–1850), peintre
                épouse Barbe Schlumberger (1783–1860)
                └── Jean Fries (1804–1887), industriel à Guebwiller
                    ├── Jules Fries (1831–1903)
                    │   └── Camille Fries (1871–1952), architecte
                    │       └── Jean-Paul-André Fries (né en 1925)
                    │           └── Éric Fries (né en 1960)
                    └── Émile Fries (1834–1914), directeur de l’école
                        └── Henri / Henry Fries (1863–1934)
                            └── Pierre Fries (1895–1965)
                                ├── Christiane Fries (1925–2024)
                                │   épouse Pierre Scrivener
                                ├── Jean-Gérard Fries (1927–2012), magistrat à la Cour des comptes
                                └── Daniel Fries (1930–2022), professeur de médecine
                                    ├── Fabrice Fries (né en 1960)
                                    └── Charles Fries (né en 1962)

Sources[1],[2],[8],[9] :

Philipp Jakob von Fries (1753–1822), fils du pasteur Philippe-Jacques Fries (1715–1784), forme un rameau baronnial parallèle ; il est le neveu de Johann von Fries.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Dominique Kaplan et Éric Fries, « La famille Fries de Mulhouse, cinq siècles d’histoire », seconde partie, Cahiers du Centre de généalogie protestante, no 121, 2013, p. 19–32 (signature p. 31 ; sommaire divergent). lire en ligne.
  2. 1 2 3 4 5 6 Éric Bungener (dir.), Filiations protestantes, vol. I, France, t. 1, Paris, Éditions familiales, 1996, notice « Fries », p. 419–422, (ISBN 2-9510496-0-9). lire en ligne.
  3. 1 2 August Graf von Fries, Die Grafen von Fries: eine genealogische Studie, Vienne, K. k. Hof- und Staatsdruckerei, 1884. lire en ligne.
  4. ↑ Raymond Oberlé, « Fries, Friess », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1988, édition en ligne. lire en ligne.
  5. 1 2 Raymond Oberlé, « Fries Veltin III », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1988, édition en ligne. lire en ligne.
  6. 1 2 Nicolas Schreck, « Fininger, affaire », Dictionnaire historique de la Suisse, version du 7 mars 2003. lire en ligne.
  7. ↑ Dominique Kaplan et Daniel Fries, « La famille Fries de Mulhouse, cinq siècles d’histoire », première partie, Cahiers du Centre de généalogie protestante, no 119, 2012, p. 140–149 (texte p. 140–148, arbre p. 149). lire en ligne.
  8. 1 2 Gustav Otruba, « Fries, Johann », Neue Deutsche Biographie, vol. 5, 1961, p. 604–606. lire en ligne.
  9. 1 2 Gustav Otruba, « Fries, Moritz Christian Johann », Neue Deutsche Biographie, vol. 5, 1961, p. 606. lire en ligne.
  10. ↑ Wienbibliothek, index des personnes : Fries, August von, variantes Fries von Friesenberg, August. lire en ligne.
  11. ↑ Österreichisches Staatsarchiv, Adelsarchiv, dossiers Fries, notamment 259.15 (1791) et 259.23 (1905). lire en ligne.
  12. ↑ Raymond Oberlé, « Blech, famille originaire de Suisse », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1984, édition en ligne. lire en ligne.
  13. ↑ Raymond Oberlé, « Reber », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1997, édition en ligne. lire en ligne.
  14. ↑ Nicolas Stoskopf, « Weiss-Fries Jean Gaspard », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 2002, édition en ligne. lire en ligne.
  15. 1 2 Raymond Oberlé, « Fries Emmanuel », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1988, édition en ligne. lire en ligne.
  16. ↑ Association des anciens élèves de l’ENSISA, « Histoire de l’école », sections 1861 et 1869. lire en ligne.
  17. ↑ Nicolas Stoskopf, « Une réussite méconnue : le Comptoir d’escompte de Mulhouse (1848–1930) », Annuaire historique de Mulhouse, no 27, 2016, p. 191–206 ; manuscrit HAL, p. 15, note 89. lire en ligne.
  18. ↑ Daniel Fries, « Pierre Fries, un patron dans la guerre », Cahiers du Centre de généalogie protestante, no 144, 2018, p. 165–171. lire en ligne.
  19. ↑ Grande chancellerie de la Légion d’honneur, Liste unique des décorés, fiche FRIES PIERRE, no 787113, consultée le 26 octobre 2026. lire en ligne.
  20. ↑ Conseil de la concurrence, Rapport pour 1987, annexe 6, décret du 20 janvier 1987. lire en ligne.
  21. ↑ Grande chancellerie de la Légion d’honneur, Liste unique des décorés, fiche FRIES JEAN GERARD, no 787111, consultée le 26 octobre 2026. lire en ligne.
  22. ↑ La Correspondance de la Presse, annonce du décès de Daniel Fries, professeur honoraire et ancien chef du service de néphrologie de l’hôpital Bicêtre, 9 février 2022 (intitulé public). lire en ligne.
  23. ↑ Grande chancellerie de la Légion d’honneur, Liste unique des décorés, fiche FRIES DANIEL, no 787110, consultée le 26 octobre 2026. lire en ligne.
  24. ↑ Eva Mouial Bassilana, « In Memoriam Christiane Scrivener. Retour sur les lois éponymes sur le crédit au consommateur », Revue Banque, 4 juin 2024. lire en ligne.
  25. ↑ Agence France-Presse, « Fabrice Fries », biographie institutionnelle, consultée le 26 octobre 2026. lire en ligne.
  26. ↑ Service européen pour l’action extérieure, curriculum vitae de Charles Fries, 2024. lire en ligne.

Bibliographie

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Études historiques et notices indépendantes consultées

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  • Gustav Otruba, notices « Fries, Johann » et « Fries, Moritz Christian Johann », Neue Deutsche Biographie, vol. 5, 1961, p. 604–606.
  • Raymond Oberlé, notices « Fries, Friess », « Fries Veltin III » et « Fries Emmanuel », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, 1988, édition en ligne.
  • Nicolas Schreck, « Fininger, affaire », Dictionnaire historique de la Suisse, 2003.
  • Nicolas Stoskopf, « Une réussite méconnue : le Comptoir d’escompte de Mulhouse (1848–1930) », Annuaire historique de Mulhouse, no 27, 2016, p. 191–206.

Études spécialisées repérées, non consultées intégralement

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  • Christian Steeb, Die Grafen von Fries: eine Schweizer Familie und ihre wirtschaftspolitische und kulturhistorische Bedeutung für Österreich zwischen 1750 und 1830, Bad Vöslau, 1999.
  • Bernard Jacqué, « Un Mulhousien émigré et sa mémoire : le comte Fries et Mulhouse », Annuaire historique de Mulhouse, t. 24, 2013, p. 17–22.

Généalogies et études familiales

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  • Éric Bungener (dir.), Filiations protestantes, vol. I, France, t. 1, Paris, Éditions familiales, 1996, p. 419–422.
  • August Graf von Fries, Die Grafen von Fries: eine genealogische Studie, Vienne, 1884 ; deuxième édition, Dresde, 1903.
  • Dominique Kaplan et collaborateurs, « La famille Fries de Mulhouse, cinq siècles d’histoire », Cahiers du Centre de généalogie protestante, nos 119 et 121, 2012–2013.

Voir aussi

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