Famille Sechiari

famille de la noblesse marchande grecque

La famille Sechiari (en grec moderne : Σεκιάρης, Sekiaris) est l'une des grandes familles de la noblesse de Chios. Philip Argenti l'inscrit dans son Libro d'Oro de la Noblesse de Chio parmi les Familles appartenant aux Vingt (en grec moderne : Εικοσάδα) et précise que les Sechiari « furent toujours considérés à Chio comme une famille noble et fort ancienne »[2]. Mihail-Dimitri Sturdza les classe parmi les Phanariotes dans son Dictionnaire historique et généalogique des grandes familles de Grèce, d'Albanie et de Constantinople[3]. La famille est d'origine italienne, « probablement de la ville de Modène » selon Argenti[2] : le nom y est attesté dès le début du XVIe siècle, un siècle avant sa première mention à Chios en 1629, et le plus ancien monument de la famille est la dalle funéraire que maître Gérard de Sechiariis fit faire de son vivant en 1527[4].

Sechiari
Image illustrative de l’article Famille Sechiari
Armes de la famille.
Blasonnement D'azur à trois barres d'argent accompagnées de dix étoiles à cinq rais du même, posées 1, 3, 4, 2.
Couronne : de la noblesse de Chio, à cinq fleurons en trèfle de perles alternant avec quatre perles.
Supports : deux léopards contournés, au naturel.
Casque : de profil à quatre grilles.
Lambrequins : d'argent et d'azur.[1]
Branches Branche de Marseille · Branche de Londres · Branche de Constantinople · Branche de Roumanie
Période XVIe siècle (Modène) ; 1629 (Chios) – présent
Origine Chios (actuellement Grèce), probablement de Modène (Italie), où le nom est attesté dès 1525
Pays Empire ottoman, France, Royaume-Uni, Roumanie
Titres obtenus Archontes de Chios, Phanariotes, Chrysobullati – détenteurs de bulles d'or impériales
Alliances Ralli · Argenti · Schilizzi · Rodocanachi · Mavrogordato · Scaramanga · Zizinia · Ionides · Campou de Grimaldi-Régusse · Sabran-Pontevès · Hoppenot

La famille appartient au cercle étroit des grandes familles marchandes et nobles de Chios (Ralli, Argenti, Rodocanachi, Schilizzi, Mavrogordato, Vlasto…) qui, selon le généalogiste Christopher Long, comptèrent pendant des siècles « parmi les plus riches et les plus entreprenantes de la Méditerranée »[5] et se mariaient presque toujours entre cousins issus de cette vingtaine de familles dirigeantes, formant ainsi « des dynasties personnelles au sein d'une dynastie collective »[6]. Les liens du sang y jouent dans les deux sens : Paraskeva Sechiari épouse en 1799 Arghyro Ralli et ses fils épousent trois Rodocanachi[7], tandis que deux de ses sœurs sont la mère des frères Ralli, fondateurs de la maison Ralli Brothers (en), et celle d'Ambroise Argenti[8]. Par ces deux femmes, les Sechiari sont ainsi à l'origine de deux des plus grandes dynasties marchandes chiotes du XIXe siècle.

Selon Sturdza, les Sechiari sont la famille qui ouvrit aux Chiotes la voie du commerce à l'étranger[9] ; leur notoriété est due à « une fortune étalée avec profusion », tirée de comptoirs et de maisons de banque fondés à Marseille, dans les principautés roumaines et en Angleterre « bien avant 1821 »[3]. Après le massacre de Chios de 1822, la famille étend depuis Marseille un réseau de maisons de commerce et de banque à Londres, Manchester, Constantinople, Galați, Brăila, Bucarest, Calcutta et jusqu'en Nouvelle-Zélande. En 1860, un rapport adressé à la banque Baring Brothers range sa maison londonienne Argenti, Sechiari & Co. parmi les neuf maisons grecques « de premier rang » de la place, avec un capital d'au moins 500 000 livres sterling : le plus élevé des capitaux chiffrés par le rapport après celui de Ralli Brothers, et au moins le quart de la fortune estimée des Baring eux-mêmes[10]. Rapporté à son poids dans l'économie britannique, ce capital, celui d'une seule des maisons de la famille, représente l'équivalent d'environ 1,76 milliard de livres sterling de 2023[11]. En 1871, la maison Sechiari, Rodocanachi et Deroussi souscrit 4,2 millions de lei à l'emprunt de 78 millions lancé par l'État roumain pour éteindre sa dette flottante, soit 5,4 % de l'emprunt et l'équivalent d'environ 6 % des recettes annuelles de l'État[12],[13].

Au XXe siècle, une branche établie en Provence possède le château de la Mignarde, à Aix-en-Provence, entré dans la famille par le mariage de l'archonte Étienne Sechiari et de Julie Rigaud en 1900[14],[15] ; elle s'allie aux Campou de Grimaldi-Régusse, puis aux Sabran-Pontevès et aux Hoppenot[14],[16]. À Londres, Hélène Schilizzi, petite-fille de Pandia Sechiari, épouse en 1921 l'homme d'État grec Elefthérios Venizélos[17].

Origines

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Une origine italienne : les Sechiari de Modène

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Selon le Libro d'Oro, la famille Sechiari est « d'origine italienne et probablement de la ville de Modène »[2]. Le généalogiste chiote Vasilis Agiannidis la dit lui aussi « probablement originaire de Modène, en Italie »[9].

Le nom est en effet attesté à Modène dès 1525, sous des formes latines ou dialectales (de Sechiariis, Sechiare) très proches de la graphie chiote. Le plus ancien monument de la famille est la dalle funéraire, aujourd'hui conservée au Museo Lapidario Estense de Modène, que maître Gérard de Sechiariis, dit aussi de Fornaris, fit faire de son vivant en 1527 « pour lui et ses héritiers » dans l'église Sant'Agostino ; elle porte un écu au seau (secchio), armes parlantes de la famille[4]. Maître et chef de famille en 1527, Gérard était vraisemblablement né vers 1470 : il est, avec ser Antonio Sechiari, mort entre 1528 et 1534, le plus ancien Sechiari connu[18].

La chronique modénaise de Tommasino Lancellotti suit la famille de 1525 à 1552. Le fils d'Antonio, messer Lodovico Sechiari, procureur de la ville, fait bâtir en 1525 une maison à la Croce di San Pietro, épouse en 1534 Catherina da Borgo et meurt en 1536 en laissant deux fils ; sa sœur Ippolita épouse le riche marchand Beltramo da Bergamo. La chronique cite aussi des boulangers du nom, Jacomo, mort en 1534, et Bertholomé, mort en 1549[18]. Au XVIIe siècle, le nom s'écrit aussi « Secchiari » : Giulio Secchiari, peintre modénais formé auprès des Carrache, meurt en 1631[19], et Giacomo Secchiari est encadreur de la cour ducale d'Este en 1633[20]. Les armoriaux d'Émilie donnent aux Sechiari ou Secchiari de Modène et de Reggio un seau accompagné d'étoiles d'or, le plus souvent sur champ d'azur[21], un champ d'azur étoilé que l'on retrouve dans les armes des Sechiari de Chios.

L'hypothèse Zaccaria

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L'historien Philip Argenti émet également l'hypothèse que la famille soit issue de la dynastie génoise des Zaccaria, qui exerça la seigneurie souveraine de Chios de 1304 à 1329, avant la Maona de Chios et Phocée[22][23]. Les membres de cette illustre dynastie portèrent notamment les titres de roi et despote d'Asie Mineure et de prince d'Achaïe[23],[24]. Argenti avance l'idée d'une altération du patronyme sous l'administration ottomane, en s'appuyant sur l'avis de plusieurs généalogistes de la noblesse grecque :

Stemma ufficiale Real Casa Zaccaria

« Il se pourrait bien, du reste, que le nom de famille Sechiari ne fût qu'une déformation du vrai nom disparu. Celui-ci serait, peut-être, comme le pensent plusieurs généalogistes qui, comme nous, s'occupent de l'origine des familles nobles grecques, la transcription en turc du nom de Zaccaria, dont nous ne trouvons plus trace en Grèce à partir du XIVe siècle. »[2]

Si cette hypothèse est exacte, les Sechiari descendraient ainsi de ces anciens monarques et seigneurs souverains de l'île.

L'installation à Chios

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Chios est administrée par les Génois de 1346 à 1566 sous la Maona de Chios et Phocée (Mahona). Plusieurs familles d'origine génoise et italienne s'y implantent durablement, s'alliant aux familles grecques byzantines établies[25]. À partir de 1566, Chios devient une province privilégiée de l'Empire ottoman.

Chios topographic map-en

La plus ancienne mention documentée des Sechiari à Chios date de 1629 : le nom de Pantaléon Sechiari figure dans le codex de l'évêché latin, c'est-à-dire catholique, de l'île, ce qui s'accorde avec une origine italienne. En 1636, le même codex mentionne Jean Sechiari et sa femme Angèle[2]. La filiation suivie commence vers 1650[9]. Une dalle de marbre du XVIIe siècle aux armes de la famille est encastrée dans le mur extérieur du « Casino », au Kampos[26].

Statut nobiliaire

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Famille appartenant aux Vingt

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Les Sechiari appartiennent aux Vingt (grec moderne : Εικοσάδα), l'un des trois cercles entre lesquels Philip Argenti répartit les familles de la noblesse de Chios dans le Libro d'Oro de la Noblesse de Chio[2]. Le Libro d'Oro précise qu'ils « furent toujours considérés à Chio comme une famille noble et fort ancienne »[2]. Leurs armes figurent sur la planche de la noblesse grecque de Chio, placées sous la couronne de la noblesse de l'île[27]. Ils appartiennent au cercle des familles dirigeantes de l'île, qui se mariaient et s'associaient presque exclusivement entre elles[6],[5].

Statut phanariote

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Les Sechiari sont classés parmi les Phanariotes, familles chrétiennes orthodoxes héritières de l'aristocratie byzantine gravitant autour du Patriarcat œcuménique de Constantinople, par Mihail-Dimitri Sturdza, qui précise que « leur filiation documentée remonte à la fin du XVIIe siècle mais que leur notoriété date de plus tard grâce à une fortune étalée avec profusion, due aux revenus des comptoirs et maisons de banque fondés à Marseille, dans les principautés roumaines et en Angleterre, bien avant 1821 »[3]. Toujours selon Sturdza, c'est la famille qui ouvrit aux Chiotes la voie du commerce à l'étranger[9].

Détenteurs de chrysobulle impérial

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Une bulle d'or (chrysobulle).

La famille Sechiari compte également parmi les lignées détentrices d'un chrysobulle (ou bulle d'or) impérial. Ce sceau d'or, traditionnellement apposé sur les édits solennels des empereurs, atteste la reconnaissance de leurs privilèges territoriaux ou nobiliaires, confirmant ainsi leur ancrage au sein de la haute aristocratie d'origine byzantine.[3]

Archontes de Chios

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Les Sechiari appartiennent à l'aristocratie chiote désignée sous le terme d'archontes, les familles notables qui gouvernaient l'île sous administration ottomane[5]. Selon le Libro d'Oro, cette qualité se transmet par la naissance : tout enfant né dans l'une de ces familles est un archonte en puissance[28]. Cette qualité ne suit pas une règle strictement agnatique : les femmes, notamment les aînées de leur famille, peuvent elles aussi la transmettre. À l'époque où ces familles dirigeaient l'île, les alliances se nouaient presque exclusivement entre elles[6], de sorte que l'enfant né de ces unions appartenait de fait, dès sa naissance, à la classe dirigeante archontale, du côté de sa mère comme du côté de son père. Devenu sans fonction, le titre d'archonte de Chios a continué d'être porté dans la famille Sechiari jusqu'à nos jours, à titre de souvenir, à la manière dont les familles de l'ancienne noblesse française ont conservé leurs titres après la Révolution, sans les privilèges qui y étaient attachés. La famille est citée parmi les grandes familles de la diaspora chiote par la municipalité de Chios[29]. Une rue du centre de la ville de Chios porte leur nom[30].

Histoire

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Le XVIIIe siècle : présence et influence

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Un Itinéraire du patriarche de Jérusalem Chrysanthe, qui visite Chios en mai 1725, mentionne parmi les bienfaiteurs de l'église du Saint-Sépulcre Savas et Paraskevas Sechiari, ainsi que Marouka, épouse de Christopoulis Sechiari et sœur du métropolite d'Andrinople Clément[2]. Dès le XVIIIe siècle, des branches de la famille s'établissent à Smyrne et à Constantinople[9], où plusieurs Sechiari figurent de 1778 à 1862 parmi les membres les plus distingués de la communauté chiote[2]. Savvas Sechiari est un lettré et poète de ce siècle[9].

C'est aussi au XVIIIe siècle que se nouent les alliances qui placent les Sechiari au cœur des grandes dynasties chiotes. Augustis Sechiari, né en 1730, épouse Virginia Ralli[7]. Leurs filles Loula (Julia) (1768-1848) et Marouko (1767-1849) épousent respectivement Stephanos Ralli et Leontios Argenti : la première est la mère des frères Ralli[31], la seconde celle d'Ambroise Argenti[8][6]. Leur fils Paraskeva (1766-1841) épouse en 1799, à Constantinople, Arghyro Ralli[7].

Massacre de Chios (1822) et fuite de Paraskeva

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En 1822, en représailles contre l'insurrection grecque, les troupes ottomanes perpètrent le massacre de Chios. Les autorités retiennent en otages dans la citadelle, depuis avril 1821, les chefs des principales familles de l'île. En mars 1822, le pacha envoie à Volissos l'un d'eux, Paraskeva Sechiari, avec Polychronis Diamantari, tous deux bons connaisseurs de la région, et quinze hommes choisis, pour y capturer des insurgés. Le 23 avril 1822, au moins cinquante-neuf otages sont pendus, parmi lesquels Leontios Argenti, l'époux de Marouko Sechiari[6].

Scène des massacres de Scio

Selon le Libro d'Oro, certains membres de la famille périssent lors des massacres : Paraskevas Sechiari « fut pris otage et pendu en 1822 par les Turcs, en même temps que Christopoulis Sechiari, connu surtout pour sa fortune »[2] ; Vasilis Agiannidis les nomme Paraskevas Zorzi Sechiari et Christofis Sechiari[9].

Cependant, Paraskeva Sechiari (1766-1841), patriarche de la branche survivante, lui-même compté parmi les otages de la citadelle[6], réussit à s'échapper de Chios avec ses fils et à gagner Syros, puis Marseille[32]. C'est à Marseille que débute l'ascension commerciale et financière fulgurante de la famille. Dès juillet 1823, les fils Sechiari, dont Étienne et Hippas, sont parmi les premiers enfants chiotes à intégrer le pensionnat ouvert à Marseille pour accueillir les enfants des réfugiés de l'île[33].

Empire commercial : de Marseille au monde entier

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En quelques décennies, la famille Sechiari constitue l'une des maisons de commerce les plus étendues du monde grec de la diaspora. Selon l'historien Pierre Echinard, les Sechiari, comme les Rodocanachi et les Vlasto, fondent grâce à leurs liens familiaux d'importantes maisons de commerce à Marseille à partir de 1825 environ[33]. Marseille demeure le centre de décision et de capital de la famille. La maison Argenti Sechiari & Co. dispose de bureaux à Manchester (Peter Street), à Londres (Finsbury Circus), à Marseille, à Calcutta[34] et jusqu'en Nouvelle-Zélande, où Sechiari Bros. and Co. figure parmi les agents de la Commercial Union Assurance Company[35]. Elle compte aussi parmi les correspondants londoniens de la maison Jardine, Matheson & Co.[36].

Théodore Sechiari (1817-1885), établi à demeure à Marseille[37], est l'une des pierres angulaires de ce réseau, qu'il dirige depuis cette ville. Dirigeant de la firme Sechiari Brothers, il est répertorié de manière récurrente dans le Lloyd's Register of Shipping comme l'un des plus importants affréteurs de navires de son époque. Sa maîtrise de la logistique maritime lui permet de contrôler, en coordination avec le réseau de Chios, une part prépondérante des exportations de céréales de la mer Noire vers les marchés d'Europe de l'Ouest[38]. Ses fils prennent le relais dans les maisons de la famille : Paraskeva, né en 1856, est associé de Sechiari Brothers & Co. à Londres jusqu'en 1889[37],[39], et Emmanuel conduit en 1886, à Marseille, la liquidation de la maison Sechiari et Deroussi, qui avait son siège dans cette ville et une succursale à Bucarest[40].

Dans le rapport adressé en 1860 à la banque Baring Brothers, qui évalue en quatre rangs plus de soixante-dix maisons grecques établies en Angleterre, Argenti, Sechiari & Co. figure dans le groupe de tête (first rate), qui ne compte que neuf maisons, toutes originaires de Chios, avec la mention : « Capital at least 500,000 sterling pounds »[41]. C'est, après celui de Ralli Brothers (environ 1,8 million de livres selon la Banque d'Angleterre), le plus important capital chiffré par le rapport : les autres maisons de premier rang dont le capital est indiqué en déclarent de 200 000 à 300 000 livres, et celles des rangs inférieurs, pour la plupart, de 5 000 à 50 000 livres[42]. À titre de comparaison, la fortune des Baring Brothers eux-mêmes était alors estimée à deux millions de livres et celle des Rothschild à huit millions[8] : la seule maison Argenti, Sechiari & Co. pesait ainsi au moins le quart des Baring.

Rapporté à son poids dans l'économie britannique (part du produit intérieur brut), un capital de 500 000 livres en 1860 correspond à environ 1,76 milliard de livres sterling de 2023 ; il équivaut à 59 millions de livres en simple pouvoir d'achat, à 445 millions rapporté aux salaires et à 627 millions rapporté au revenu moyen, selon le calculateur MeasuringWorth[11]. Au prix officiel de l'or, il représentait 3,66 tonnes d'or fin[43].

Rôle dans la diaspora marchande et financière (XIXe – XXe siècles)

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La famille Sechiari a constitué l'un des piliers du « réseau chiote » (Chiot Network), un groupe restreint d'une vingtaine de familles originaires de l'île de Chios ayant dominé le commerce international entre 1830 et 1900[5][38]. Leur influence s'est étendue de la Méditerranée à l'Inde, en passant par les centres financiers de Londres et de Marseille.

Dès le milieu du XIXe siècle, la famille opère par plusieurs entités prestigieuses, notamment Argenti, Sechiari & Co., fondée avant 1844[44], et Sechiari Brothers & Co. Ces maisons de négoce illustrent le modèle de la « grande firme grecque » décrit par l'historienne Gelina Harlaftis : une structure transnationale intégrant verticalement le négoce, le transport maritime et la banque[38]. Basées à la City de Londres (notamment au 70 Bishopsgate Street et à Palmerston House), elles contrôlent des flux stratégiques : le blé de la mer Noire, importé vers Marseille et l'Europe de l'Ouest, le coton et le jute expédiés depuis leurs comptoirs de Calcutta vers les industries britanniques.

Une transition est opérée vers la finance maritime et l'assurance. Alors que de nombreuses familles marchandes déclinent avec l'arrivée de la vapeur, les Sechiari réussissent une transition vers la haute finance. Les archives du Lloyd's Register témoignent de cette évolution : d'abord propriétaires de voiliers, ils investissent au tournant du XXe siècle dans des navires à vapeur modernes, comme le SS Ariadne en 1904. Parallèlement, la famille s'impose dans le secteur des assurances maritimes : Paraskeva George Sechiari est administrateur, puis co-liquidateur, de l'Archangel Marine Insurance Company, confirmant le rôle de la famille parmi les régulateurs et les financiers de la communauté grecque de Londres (voir ci-dessous). Ils agissent également comme « banquiers de la mer », finançant l'achat de navires pour d'autres armateurs grecs moins capitalisés.

La force des Sechiari reposait sur une politique d'alliances matrimoniales systématiques avec les autres dynasties de Chios. Le mariage de Julia Sechiari dans la famille Ralli a notamment scellé l'union entre deux des plus grandes fortunes de l'époque. Le modèle commercial de la famille subit cependant les secousses des crises économiques : en 1889, une réorganisation majeure de Sechiari Brothers & Co. réduit le nombre d'associés actifs, et la crise de 1929 touche certaines branches à travers la maison de banque Rodocanachi, Sons & Co. (voir ci-dessous). En 1908, G. P. Sechiari figure comme administrateur de l'Imperial Russian Cotton and Jute Factory, Limited, au 19 Cullum Street, à Londres, illustrant la diversification de la famille vers la finance industrielle au tournant du XXe siècle[45].

À partir du milieu du XXe siècle, les descendants de la famille se détournent du négoce de matières premières pour s'illustrer dans les professions libérales (droit, médecine) et la culture, tout en maintenant une présence discrète dans les cercles financiers londoniens et français.

Rôle central des Sechiari dans les grandes dynasties chiotes

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La place des Sechiari dans l'économie mondiale de la diaspora chiote dépasse leur seule maison de commerce. Les deux plus grandes dynasties marchandes chiotes du XIXe siècle leur sont directement liées par le sang.

La mère des célèbres Ralli Brothers (en) était Julia Sechiari. La mère d'Ambroise Argenti (1804-1871), cofondateur de la maison Argenti, Sechiari & Co., dont il fut « l'homme derrière la firme », et l'un des « piliers » de la communauté grecque de Londres, était Marouko Sekiari, sœur de Julia Sechiari[46]. Ainsi, les deux maisons qui dominèrent le commerce grec mondial au XIXe siècle, Ralli Brothers, dont la fortune était estimée à 1,8 million de livres sterling en 1860[47], et Argenti, Sechiari & Co., sont toutes deux issues, par leur fondateur, de mères Sechiari.

Mécénat et distinctions

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La famille Sechiari soutient financièrement l'École évangélique, le Saint-Sépulcre et l'hôpital Skylitsio de Chios, et deux de ses membres sont décorés de l'ordre du Sauveur[9], dont Ambroise Sechiari, qui en était chevalier[44].

Armoiries

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D'azur à trois barres d'argent accompagnées de dix étoiles à cinq rais du même, posées 1, 3, 4, 2. Couronne : de la noblesse de Chio, à cinq fleurons en trèfle de perles alternant avec quatre perles. Supports : deux léopards contournés, au naturel. Casque : de profil à quatre grilles. Lambrequins : d'argent et d'azur.[1]

La couronne est celle que le Libro d'Oro donne à la noblesse de Chio sur la planche consacrée aux armoiries de ses familles[27].

Différentes armoiries de la famille Sechiari, tirées d'un album familial. De Modène à Chios.

Les armoiries des Sechiari sont documentées dans la monographie académique Chios dicta est… et in Aegæo sita mari (Archaeopress, Oxford, 2021), qui en reproduit plusieurs photographies prises au Kampos de Chios, notamment au Casino Sechiari (pl. 8a) et au domaine Sechiari (pl. 20b)[48]. Steven Ashley date du XVIIe siècle la dalle du Casino, qui présente une variante à quatre barres et onze étoiles (1, 3, 3, 3, 1), accompagnée de deux léopards, de deux oiseaux et d'un cyprès. Dans la revue The Coat of Arms de la Heraldry Society, il relève que les armoiries des Sechiari, des Schilizzi et des Vouro associent toutes des barres et un nombre variable d'étoiles, ce qui atteste probablement un lien de parenté entre ces familles[49].

À Modène, la dalle de 1527 porte des armes parlantes au seau, et les armoriaux d'Émilie donnent aux Sechiari ou Secchiari un seau accompagné d'étoiles d'or, le plus souvent sur champ d'azur (voir ci-dessus)[4],[21].

Propriétés historiques à Chios

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Manoir dans la région du Kámbos (el) à Chios.

En ville, les Sechiari demeuraient à l'Engrémos ainsi qu'à l'Apletaria. Dans le Kámbos (el), la plaine au sud de la ville où les grandes familles avaient leurs domaines, ils possédaient plusieurs propriétés, dont deux situées près de Vasileioniakos, où ils avaient leur église Saint-Georges des Sechiari[1]. Christopher Long cite les Sechiari parmi les grandes familles, avec les Vlasto, Rodocanachi, Ralli, Schilizzi, Mavrogordato ou Argenti, qui possédaient plusieurs domaines au Kampos, occupés par différentes branches ou générations[5]. Ils possédaient également un « Casino », cercle aristocratique réservé aux notables de l'île, et des propriétés voisines de celles des familles Argenti et Carali[1] ; selon Long, les familles avaient un cercle chez les Salvago et peut-être un autre, appelé le « Casino », dans une maison Sechiari[5].

Κάμπος Χίου - Κτήμα Τόπακα

En s'appuyant sur les cadastres et relevés topographiques historiques, notamment ceux d'Arnold Smith, de Mastorakis et de l'historien Georgios Zolotas, l'auteur et chercheur Vasilis Agiannidis répertorie au moins sept domaines (perivolia) ayant appartenu à la famille ou à ses entreprises commerciales[9] :

Εξωτερική άποψη Citrus
  • le domaine d'Agios Isidoros, qui abrite encore aujourd'hui l'église Saint-Georges des Sechiari ; selon Zolotas, la famille y possédait deux vergers distincts ;
  • le domaine « Deli-Thanasi » ou « Kazinaki », au cœur du Kampos, propriété initiale des Sechiari avant de passer à la famille Rafail ; des éléments architecturaux de l'ancien bâtiment, antérieurs au grand séisme, sont encore visibles, encastrés dans le mur d'enceinte nord ;
  • le domaine du « Casino », au cœur du Kampos, propriété originelle des Sechiari, passée ensuite sous contrôle ottoman, puis aux familles Nomikos et Dontis ;
  • le domaine de la « Gkizaina », dans le secteur de Spiladia, propriété successive des familles Giustiniani, Patrinos, Gkizi puis Zymni, que les relevés du topographe Arnold Smith attribuent aussi aux Sechiari ;
  • le domaine de Fasolas, identifié dans les relevés comme la propriété de la société commerciale « Sechiari-Nomikos & Cie » (Σεκιάρης-Νομικός & Σία) ;
  • le domaine de Kalampaka, propriété initiale des Sechiari, passée par la suite aux familles Ralli, Tomazou, puis Kypridaki ;
  • le domaine de Christos, lui aussi identifié dans les archives cadastrales comme une propriété de la société « Sechiari-Nomikos & Cie ».

Église Saint-Georges des Sechiari

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La famille possède sa propre église dans le Kampos, l'église Saint-Georges des Sechiari (en grec : Ιερός Ναός Αγίου Γεωργίου Σεκιάρη). Classée monument historique par le gouvernement grec depuis 1991, elle a fait l'objet de travaux de restauration autorisés par l'Éphorie des antiquités de Chios en mai 2019 et demeure debout aujourd'hui[50].

Branches familiales

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Branche de Marseille

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Église de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu de Marseille.

Après 1822, la famille s'établit à Marseille, où elle joue un rôle fondateur dans la vie de la communauté grecque orthodoxe. En 1834, Paraskeva Sechiari compte parmi les principaux souscripteurs de la première église orthodoxe de la ville, rue de la Grande-Armée, achevée en 1835 puis remplacée par l'actuelle église grecque orthodoxe de la Dormition, la plus ancienne église orthodoxe de France ; le nom de la famille y est inscrit parmi ceux des familles fondatrices[33][51]. Paraskeva meurt à Marseille le 27 août 1841, et sa veuve, Arghyro Ralli, en 1863. Le couple a eu dix enfants ; quatre fils s'établissent à Marseille, Georges (1803-1884), Étienne (1806-1876), Ambroise (1812-1876) et Théodore (1817-1885), qui y épousent trois Rodocanachi et une Zizinia[7].

Georges Sechiari (né le 14 mai 1803 à Chios, mort le 30 septembre 1884 à Marseille), administrateur de la Caisse d'épargne de Marseille[52], représente l'ancrage marseillais de la famille. Son frère Théodore, qui épouse en 1849 Marie Rodocanachi (1829-1909), dirige le réseau familial depuis Marseille (voir ci-dessus) ; il est inhumé au cimetière Saint-Pierre de Marseille[37]. La famille est également mentionnée dans les archives de la cathédrale grecque de Paris[53].

La branche de Marseille dispose de son propre lieu de sépulture à Marseille, comme les branches de Londres et de Constantinople conservent leurs propres tombeaux dans les cimetières de leurs villes de résidence. Le mausolée Sechiari-Schilizzi du monastère de Baloukli à Istanbul constitue le monument funéraire le plus illustre de la famille (voir ci-dessous).

La famille Sechiari, établie principalement à Marseille puis à Aix-en-Provence, s'est alliée à plusieurs lignées de la noblesse et de la haute bourgeoisie provençale. Étienne Sechiari (1871-1955), dernier fils de Théodore, épouse en 1900 Julie Rigaud (1874-1967), descendante d'Émile Rigaud, maire d'Aix-en-Provence ; leur fils Jean Sechiari (1911-1995) épouse en 1935 la marquise Alberte de Campou de Grimaldi-Régusse (1911-1978)[14]. La branche est ensuite représentée par Emmanuel Sechiari (1947-2020), fils d'Alberte de Campou de Grimaldi-Régusse[54],[16], et par son épouse Sabine Bretteville (née en 1954), fille de Claude Bretteville et de Jeanne Marcillaud de Goursac[54].

Par cette alliance, la descendance de cette branche se rattache à la famille du Laurens d'Oiselay, dont un ancêtre, Sébastien du Laurens, fut anobli en 1614 par le prince d'Orange. En 1642, l'empereur Ferdinand III accorda à cette lignée le titre de baron du Saint-Empire romain germanique. Les lettres patentes de cette concession présentent la particularité rare d'étendre la transmission du titre à l'ensemble de la « postérité masculine et féminine », un droit par la suite confirmé en France par un arrêt du Conseil d'État du roi Louis XIV en septembre 1669[54].

Présence à Paris

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Greek Orthodox Church @ Paris (31882666436)
Stalle sechiari, cathédrale grecque saint étienne de paris, à gauche dans la cathédrale.

La famille figure dans les archives de la cathédrale grecque Saint-Étienne de Paris[53], inaugurée le 22 décembre 1895 et bâtie aux frais du banquier Démétrius Stefanovich Schilizzi[55] ; John Schilizzi, l'époux de Virginia Sechiari, participa à sa construction[17]. L'une des stalles de bois de la nef, sur le côté gauche, porte encore la plaque nominative « Mme Emm. Sechiari ». Emmanuel Sechiari (1858-1918), fils de Théodore, était né à Paris ; il avait épousé en 1889 Aikaterini Rodocanachi (1864-1961), qui résidait à l'hôtel Rodocanachi de Neuilly-sur-Seine, où il meurt en 1918[56]. Sa sœur Alexandra, épouse Chryssoveloni, meurt à Paris en 1951[37]. C'est aussi dans cette cathédrale qu'est célébré en 1936 le service funèbre d'Elefthérios Venizélos, l'époux d'Hélène Schilizzi, petite-fille de Pandia Sechiari[55].

Branche de Londres

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Installation et premières années

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Dès les années 1820-1830, la famille Sechiari établit une présence à Londres en parallèle de son ancrage marseillais. Le recensement britannique de 1841 documente ce fait : dans le quartier de Finsbury Circus, au cœur de la Cité de Londres, Stephen Sechiari (25 ans) réside avec ses frères Ambroise et John, au sein du groupe des grandes maisons marchandes chiotes, Ralli au no 26, Argenti et Rodocanachi aux adresses voisines[57]. Ces familles gravitent autour du Baltic Exchange et de la Lloyd's, épicentres du commerce maritime mondial[58].

C'est Ambroise (Paraskeva) Sechiari (1812-1876), chevalier de l'ordre du Sauveur, qui fonde et structure la présence commerciale londonienne. Établi à Marseille vers 1835, il commerce régulièrement entre Marseille et Londres et fonde avant 1844, avec son cousin germain Ambroise Argenti, la maison Argenti, Sechiari & Co.[44]. Ambroise Argenti s'installe à Londres après son mariage et y ouvre les bureaux de la maison au 43, Finsbury Circus[59]. Le Lloyd's Register of Shipping de 1855 enregistre la maison parmi ses abonnés à l'adresse « Finsbury-circus »[60], et celui de 1860 sous l'entrée « Calcutta »[34]. En 1861, le recensement britannique retrouve Ambroise Sechiari à Liverpool (18 Lockerby Road, West Derby), voisin immédiat de la famille de John P. Schilizzi, ce qui confirme l'imbrication des dynasties chiotes au sein de la diaspora britannique[61].

Paraskeva George Sechiari, figure centrale de la branche londonienne

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Le personnage emblématique de la branche londonienne est Paraskeva George Sechiari (né le 10 novembre 1836 à Constantinople, mort le 11 juillet 1900 à The Poplars, Newlands, Edgware). Fils de Georges (Paraskeva) Sechiari, il s'installe définitivement à Londres et y épouse, le 30 juin 1863, Marietta Argenti (1843-1924), fille d'Ambroise Argenti, à la chapelle de Notre-Sauveur de Finsbury Circus, l'une des premières chapelles orthodoxes grecques de Londres[62]. Il réside successivement au 95 Westbourne Terrace (1871), au 7 Craven Hill (1881-1910) et à The Poplars, Newlands, Edgware (1887-1900), où les registres électoraux l'attestent de façon ininterrompue[63].

Sur le plan commercial, Paraskeva George Sechiari est associé de la maison Sechiari Brothers and Co., domiciliée au 4, Bishopsgate Street, aux côtés de Pandely George Sechiari, Parasqueva Ambrose Sechiari, Parasqueva Theodore Sechiari et Constantine Deroussi, jusqu'à la dissolution de la société le 31 décembre 1889 ; la continuation est alors assurée par lui-même et Pandely George Sechiari[39]. Son adresse professionnelle évolue également : 3 Adam's Court (1880), 2 Bishopsgate Street (1880-1885), puis 6 Great Winchester Street (1897)[63].

Sa puissance financière s'exprime par plusieurs mandats d'envergure :

  • administrateur de l'Archangel Marine Insurance Company (Limited) (The Pall Mall Gazette, 8 juillet 1873)[64], puis co-liquidateur de cette société avec Emanuel Antonio Mavrogordato, Peter Pandia Rodocanachi et Theodore Emanuel Schilizzi, depuis le 2 Bishopsgate Street[65] ;
  • investisseur dans l'International Bank of London Limited[66] ;
  • l'un des huit administrateurs de l'Anglo-Foreign Banking Company en 1880[67] ;
  • membre du Baltic Exchange de Londres, attesté en 1886[68] ;
  • co-liquidateur de la Venezuelan Mines, Limited, au 6 Great Winchester Street[69] ;
  • président de la Gascoyne (Murchison) Gold Fields Exploring Company, Limited[70].

En février 1878, Parasqueva George Sechiari fait partie d'une délégation de marchands grecs reçue par Lord Derby, ministre des Affaires étrangères, pour défendre les intérêts des négociants grecs de Londres menacés par les tensions entre la Grèce et l'Empire ottoman[71]. Ce fait illustre son rôle de porte-parole de la communauté hellénique de la City.

Parasqueva George Sechiari meurt le 11 juillet 1900 à Edgware. Il est inhumé le 14 juillet 1900 dans le cimetière de West Norwood, section hellénique (parcelle no 10060), où son monument funéraire partage la même stèle que les familles Argenti et Schilizzi[72].

La maison de commerce : rapport Baring Brothers et statut de premier rang

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En 1860, le rapport confidentiel adressé aux Baring Brothers classe Argenti, Sechiari & Co. parmi les neuf maisons grecques de premier rang de la place de Londres, avec un capital d'au moins 500 000 livres sterling, le plus élevé des capitaux chiffrés après celui de Ralli Brothers (voir ci-dessus)[41]. La firme opère depuis plusieurs adresses : le 43, Finsbury Circus[59], puis le 70 Bishopsgate, le 4 Bishopsgate Street (Sechiari Brothers) et Palmerston House[38], avec des succursales à Manchester (Peter Street), à Calcutta et jusqu'en Nouvelle-Zélande, où Sechiari Bros. and Co. figure parmi les agents de la Commercial Union Assurance Company[35].

Rôle dans la vie communautaire grecque de Londres

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Intérieur de la cathédrale Sainte-Sophie de Londres.

L'engagement des Sechiari dans la vie institutionnelle de la communauté hellénique londonienne dépasse le cadre commercial. En janvier 1874, lors de l'assemblée générale de la communauté grecque orthodoxe de Londres qui décide d'ériger une nouvelle et vaste église à Bayswater, un comité de construction est formé, qui comprend Paraskevas Sechiaris aux côtés d'Emmanuel Mavrocordatos, Constantine Ionidis, Petros Rodocanachi, Dimitrios Schilizzi et du juriste britannique Edwin Freshfield[73],[67]. En trois ans, 50 000 livres sterling sont réunies auprès de la prospère communauté grecque londonienne, composée de nombreux banquiers et armateurs. La cathédrale Sainte-Sophie de Bayswater, conçue par l'architecte John Oldrid Scott dans le style néo-byzantin, est consacrée le 5 février 1882[73].

Le cimetière de West Norwood : mausolée de la famille

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Le cimetière de West Norwood, l'une des sept grandes nécropoles victoriennes de Londres, abrite la section grecque orthodoxe acquise par la communauté en 1842, qui concentre la plus haute densité de monuments funéraires classés de toute la Grande-Bretagne[74]. La famille Sechiari y possède son mausolée (parcelle no 10060), monument partagé avec la famille Argenti, qui porte les noms de Parasqueva George Sechiari (1836-1900), de plusieurs de ses enfants décédés en bas âge, ainsi que de membres des familles Argenti et Schilizzi[67],[75]. Plusieurs membres de la lignée de Théodore Sechiari (branche marseillaise), établis à Londres en fin de vie, y sont également inhumés : Arghyro Sechiari (épouse Argenti, 1851-1919), Fanny Sechiari (épouse Mavrogordato, 1854-1920), Virginie Sechiari (1861-1926) et Emmanuel « Manoli » Sechiari (1858-1918)[37].

Alliances matrimoniales londoniennes

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Zambelou (Ambroise) Sechiari, dite « Isabella » (née à Marseille le 21 avril 1853, morte à The Homewood, Esher, Surrey, le 19 octobre 1913), fille d'Ambroise (Paraskeva) Sechiari, épouse le 14 septembre 1875 Alexander « Aleco » Ionides (1840-1898), l'un des premiers mécènes de James McNeill Whistler et consul général de Grèce à Londres de 1884 à 1894[76],[77]. La famille Ionides constitue alors l'une des dynasties marchandes grecques les plus influentes du Londres victorien, dont la demeure est un salon fréquenté par Whistler, Dante Gabriel Rossetti et Edward Burne-Jones[76]. Son frère Paraskeva (Ambroise) Sechiari (1851-1905), lui aussi associé de Sechiari Brothers, meurt à Holland Park, à Londres[78].

De la branche de Constantinople, Virginia (Pandia) Sechiari (née le 5 septembre 1849 à Constantinople, morte en 1929), fille de Pandia (Paraskeva) Sechiari et d'Hypatia Schilizzi, s'installe à Londres, où elle épouse en 1871 le marchand John Stefanovich Schilizzi (1840-1908). D'après l'historien W. D. Rubinstein, elle compte à sa mort parmi les quarante-sept femmes recensées en Grande-Bretagne ayant laissé une fortune d'au moins un demi-million de livres[17]. Leur fille Hélène Schilizzi (née le 18 septembre 1873 à Bayswater, morte à Paris le 7 septembre 1959), dont la grand-mère maternelle et marraine est Hypatia P. Sechiari[17], épouse en septembre 1921 à Londres l'homme d'État grec Elefthérios Venizélos, ancien et futur Premier ministre, figure centrale de la Grèce moderne et futur négociateur du traité de Lausanne[79],[17].

Philanthrope influente, Hélène Schilizzi avait contribué à doter la chaire Koraes de grec moderne et byzantin du King's College de Londres, créée en 1918, dont le premier titulaire est l'historien Arnold J. Toynbee (1919-1924)[80],[81]. Elle est blessée lors d'une tentative d'assassinat contre son mari en 1933, et publie ses mémoires, À l'ombre de Vénizélos, en 1955. Sa maison du 51 Upper Brook Street, à Mayfair, devient la résidence de l'ambassadeur de Grèce à Londres. La Fondation Schilizzi, qui porte son nom, continue de financer des bourses pour étudiants grecs au King's College de Londres[82].

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Plusieurs membres de la famille figurent dans les collections de la National Portrait Gallery de Londres. Marietta Sechiari (née Argenti, 1843-1924), épouse de Paraskeva George Sechiari et fille d'Ambroise Argenti, y est portraiturée par Camille Silvy le 28 mars 1861 (NPG Ax52147)[83]. Jenny Rodocanachi (née Zenni Sechiari, 1842-1927), fille de Georges Sechiari et épouse du banquier Peter Pandia Rodocanachi, y est représentée en deux portraits réalisés le 23 décembre 1860 par Silvy (NPG Ax51216 et NPG Ax51217)[84]. D'autres membres de la famille, « Miss Sechiari » (NPG Ax60376) et « A. Sechiari » (NPG Ax61034), figurent dans la même collection[85].

Difficultés et résilience (1889-1946)

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En 1889, la dissolution de Sechiari Brothers and Co. dans sa forme originale marque la fin d'une ère : la continuation est assurée par le seul Paraskeva George Sechiari avec Pandely George Sechiari[39]. Lors de la crise de 1929, les publications de la London Gazette de 1929 à 1933 révèlent les difficultés financières de certaines branches, notamment à travers leur implication dans la maison de banque Rodocanachi, Sons & Co., qui s'effondre sous le poids de créances douteuses dues à des partenaires commerciaux allemands et italiens en faillite[86]. La continuité de la maison Argenti, Sechiari jusqu'à la Seconde Guerre mondiale est attestée par la correspondance conservée aux Churchill Archives Centre du Churchill College : il s'agit des échanges, datés de 1945-1946, entre la famille Spears et les agents de change Argenti, Sechiari and Company[87].

Branche de Constantinople

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Pandia Sechiari (1816-1880) naît à Chios de Paraskeva Sechiari et d'Arghyro Ralli, épouse en 1846 Hypatia Schilizzi et meurt à Constantinople le 18 janvier 1880. Il est inhumé dans le mausolée Sechiari-Schilizzi de l'église de la Source-de-Vie (Zoodochos Pighi de Baloukli), lieu de sépulture des familles les plus éminentes de la communauté grecque orthodoxe de Constantinople, aux côtés de plusieurs patriarches œcuméniques[7]. Sa sœur Mimina Sechiari (1801-1876), épouse de Zorzis Schilizzi, meurt aussi à Constantinople, et leur frère Georges vit un temps dans la ville, où naissent ses trois premiers enfants, dont Paraskeva George[7],[88].

Branche de Roumanie

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Exemplaire du Telegraphulŭ de Bucuresci du 4 août 1871, page 1, publiant la liste des souscripteurs de l'emprunt national (dont la maison Sechiari pour 4,2 millions de lei).

Un pilier de la haute banque et du crédit d'État

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Bien que la famille Sechiari ait établi son centre décisionnel et son capital principal à Marseille, elle a exercé une influence déterminante sur la modernisation de la Roumanie par l'intermédiaire de ses maisons de Bucarest, de Galați et de Brăila[89]. Selon l'économiste Victor Slăvescu, historien de la Banque nationale de Roumanie, la maison Sechiari-Deroussi compte parmi les principales maisons de banque des principautés à l'époque où la banque y était surtout le fait de négociants étrangers[90]. D'après Michel Calapodis, Paraskevas Sechiari et deux de ses fils dirigent à Galați la succursale de la maison Argenti, alors appelée Argenti & Cie[91].

Le fait le plus saillant de cette influence intervient en août 1871. Pour éteindre la dette flottante de l'État, qui atteignait 54,4 millions de lei en 1870, le gouvernement de Lascăr Catargiu et son ministre des Finances, Petre Mavrogheni, lancent un grand emprunt de 78 millions de lei, gagé sur 381 domaines de l'État[13]. La maison de banque Sechiari, Rodocanachi et Deroussi s'impose alors comme l'un des principaux créanciers du pays en souscrivant pour 4 200 000 lei[12]. Cette participation représente à elle seule 5,4 % de l'emprunt, plaçant la firme au rang des institutions financières les plus puissantes du pays, aux côtés de la Banque de Roumanie (6,5 millions) et devant d'autres grandes maisons comme celle des frères Halfon (3,8 millions)[12]. La somme souscrite par la seule maison Sechiari équivaut à environ 6 % des recettes annuelles de l'État roumain, qui s'élevaient alors à quelque 70 millions de lei, et l'emprunt dépasse à lui seul une année entière de ces recettes[13].

Commerce international et mécénat

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Le rôle des Sechiari s'étendait également au commerce des céréales, pilier de l'économie roumaine. Établis à Brăila sous la raison sociale Sechiari Frères, ils pratiquaient un mécénat stratégique, comme en témoigne un don fait en 1882 au comité agricole local pour doter les prix des expositions d'automne[89]. Ioannis (Jean) Sechiari, fils de Paraskeva, meurt à Brăila en 1884[7], et sa nièce Alexandra, fille de Théodore, y épouse en 1885 Leonidas Chryssoveloni[37].

En janvier 1886, moins d'un an après la mort de Théodore Sechiari, la firme internationale Sechiari et Deroussi, dont le siège était à Marseille, décide de liquider l'intégralité de ses opérations sur les places de Marseille et de Bucarest. Cette opération est supervisée par Em. Th. Sechiari (Emmanuel, fils de Théodore) pour la partie française et par C. Deroussi pour la succursale roumaine[40].

Implication politique et administrative locale (1895-1896)

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L'influence économique de la famille se traduit par la suite par une forte implication dans la vie politique et administrative roumaine. À la fin du XIXe siècle, les Sechiari (souvent mentionnés sous le nom de Sechiaris) s'imposent comme des figures de premier plan du Parti national libéral dans le județ de Covurlui (Galați)[92]. Un membre de la famille a notamment occupé la fonction de préfet de ce județ, un poste éminemment stratégique pour le contrôle du grand port céréalier de Galați[93].

En 1895, lors des élections pour le troisième collège électoral, le candidat Sechiari s'illustre en refusant de céder aux pressions du gouvernement, qui exigeait le retrait de sa candidature, affirmant ainsi son indépendance politique face au pouvoir central[94].

L'année suivante, en 1896, en tant qu'ancien préfet et chef local du parti libéral, il joue un rôle majeur de lanceur d'alerte : face à la corruption de l'administration communale, il se rend à Bucarest pour dénoncer publiquement au gouvernement les fraudes orchestrées par le maire de Galați (l'affaire Malaxa)[92],[95]. Par cette action, qui mène aux enquêtes de la justice et à la chute de l'administration corrompue, il refuse fermement de cautionner les malversations locales ou d'y succéder[96].

Descendance impériale byzantine

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Selon Emmanuel Sechiari lui-même, interviewé dans Lys de Provence en 1984, la famille descend par les Rodocanachi, via Marie Rodocanachi, épouse de Théodore Sechiari, d'Andronicos Doukas, « l'ancêtre direct ou collatéral de l'Empereur de Byzance, Constantin X Doukas (1059-1067) »[97].

Alliances matrimoniales

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Par ses alliances, la famille Sechiari appartient au cercle des familles dirigeantes de Chios, qui se mariaient presque toujours entre elles[6]. Ses principales alliances comprennent :

  • les Ralli : Loula (Julia) Sechiari épouse au XVIIIe siècle Stephanos Ralli et devient la mère des frères Ralli[31] ; Paraskeva Sechiari épouse en 1799 Arghyro Ralli[7] ;
  • les Argenti : Marouko Sekiari épouse Leontios Argenti et devient la mère d'Ambroise Argenti, cofondateur d'Argenti, Sechiari & Co.[8] ; Paraskeva George Sechiari épouse en 1863 Marietta Argenti[67] ; Arghyro Sechiari épouse en 1872 George Ambrose Argenti[37] ;
  • les Schilizzi : Mimina Sechiari épouse Zorzis Schilizzi ; Pandia Sechiari épouse en 1846 Hypatia Schilizzi[7] ; leur fille Virginia épouse en 1871 John Schilizzi[17] ;
  • les Rodocanachi : Georges Sechiari épouse en 1834 Marigo Rodocanachi, Étienne Sechiari en 1843 Sevastie Rodocanachi[7], et Théodore Sechiari en 1849 Marie Rodocanachi[98],[37] ; Jenny Sechiari épouse en 1860 le banquier Peter Pandia Rodocanachi[88]. De l'union de Théodore et de Marie naissent onze enfants, qui ancrent la famille dans plusieurs capitales européennes[37] :
    • Arghyro Sechiari (1851-1919) épouse George Ambrose Argenti en 1872 à Marseille ; morte à Londres, elle est inhumée au cimetière de West Norwood (section hellénique) ;
    • Fanny Sechiari (1854-1920) épouse en 1872 à Marseille Michel George Mavrogordato (1843-1920), d'une grande famille phanariote ; morte à Londres, elle repose aussi à West Norwood ;
    • Ariadne Sechiari (1860-1932) épouse en 1880 à Marseille Nicolas Scanavi, chevalier von Scanavi, banquier viennois anobli ; elle meurt à Vienne, ce qui relie la famille à la haute finance autrichienne[99] ;
    • Alexandra Sechiari (1866-1951) épouse en 1885 à Brăila Leonidas Chryssoveloni, renforçant la présence de la famille dans les principautés roumaines ;
  • les Scaramanga : Virginia Sechiari épouse en 1819 George Scaramanga ; Ioannis Sechiari épouse en 1849 Clémentine Scaramanga[7] ;
  • les Zizinia : Ambroise Sechiari épouse en 1845 Pénélope Zizinia[44] ;
  • les Agelasto : Arghyro Sechiari, fille de Georges, épouse en 1859 Démosthène Agelasto[88] ;
  • les Ionides : Isabella Sechiari épouse en 1875 Alexander Ionides[76] ;
  • Elefthérios Venizélos : Hélène Schilizzi, petite-fille de Pandia Sechiari et d'Hypatia Schilizzi, épouse en 1921 l'homme d'État grec (voir ci-dessus)[17] ;
  • les Rigaud : Étienne Sechiari épouse en 1900 Julie Rigaud, descendante d'Émile Rigaud, maire d'Aix-en-Provence[14] ;
  • les Campou de Grimaldi-Régusse : Jean Sechiari épouse en 1935 Alberte de Campou de Grimaldi-Régusse[14] ;
  • les Bretteville : Emmanuel Sechiari épouse Sabine Bretteville, fille de Claude Bretteville et de Jeanne Marcillaud de Goursac[54] ;
  • les Sabran-Pontevès : en 2009, Maylis Sechiari, fille d'Emmanuel Sechiari, épouse le comte Foulques de Sabran-Pontevès[100],[16] ;
  • les Hoppenot : Alexandra Sechiari, fille d'Emmanuel Sechiari, épouse Jean Hoppenot[16].

Comptoirs, bureaux et demeures

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Du XVIIIe siècle au XXe siècle, la famille Sechiari a possédé des maisons de commerce, des bureaux et des demeures dans une douzaine de villes, de l'Égée à l'Inde et jusqu'en Océanie :

Principales implantations de la famille Sechiari
Lieu Comptoirs, bureaux et maisons de commerce Demeures et sépultures
Chios Société Sechiari-Nomikos & Cie, propriétaire de domaines au Kampos[9] Maisons de ville à l'Engrémos et à l'Apletaria ; au moins sept domaines au Kampos, dont le « Casino » ; église Saint-Georges des Sechiari[1][9]
Smyrne Branche établie au XVIIIe siècle[9]
Constantinople Branche établie au XVIIIe siècle ; membres de la communauté chiote de 1778 à 1862[2] Mausolée Sechiari-Schilizzi au monastère de Baloukli[7]
Marseille Centre de décision et de capital de la famille ; maisons de commerce dès 1825 environ[33] ; siège de la maison Sechiari et Deroussi[40] Tombeaux au cimetière Saint-Pierre[37]
Aix-en-Provence Château de la Mignarde, dans la famille depuis 1900[15]
Londres Argenti, Sechiari & Co. : 43, Finsbury Circus[59], puis 70 Bishopsgate et Palmerston House ; Sechiari Brothers & Co. : 4, Bishopsgate Street[39] ; 3 Adam's Court, 2 Bishopsgate Street, 6 Great Winchester Street[63] 95 Westbourne Terrace, 7 Craven Hill, The Poplars à Edgware[63] ; Holland Park ; mausolée du cimetière de West Norwood
Liverpool 18 Lockerby Road, West Derby (1861)
Manchester Bureau de Peter Street
Calcutta Comptoir d'Argenti, Sechiari & Co.[34]
Galați Succursale de la maison Argenti, dirigée par Paraskevas Sechiari et deux de ses fils[91]
Brăila Maison Sechiari Frères (1882)[89]
Bucarest Succursale de la maison Sechiari et Deroussi, jusqu'en 1886[40]
Nouvelle-Zélande Sechiari Bros. and Co., agents de la Commercial Union Assurance Company[35]
Patmos Maison Sekiari, fondée en 1799 par le marchand Zannis Sinetos Sekiaris[101]

Patrimoine

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Château de la Mignarde

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Le château de la Mignarde depuis le parc.

La branche provençale est propriétaire du château de la Mignarde, bastide du XVIIe siècle située route des Pinchinats à Aix-en-Provence, classée monument historique par arrêté du 12 octobre 1995[102]. Acquise en 1858 par Émile Rigaud, maire d'Aix-en-Provence[103], la demeure entre dans la famille Sechiari par le mariage d'Étienne Sechiari et de Julie Rigaud en 1900[14],[15]. Elle accueillit Pauline Borghèse en 1807 et en 1813[104]. Elle est gérée par la famille Sechiari dans le cadre de La Demeure historique[105],[106].

Maison Sekiari de Patmos

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À Patmos, dans la Chora de l'île, une demeure historique porte le nom de la famille. Fondée en 1799 par Zannis Sinetos Sekiaris, riche marchand, qui fusionna trois bâtisses préexistantes en une seule propriété de plus de 500 m2, la maison Sekiari a fait l'objet ces dernières années d'une restauration complète par la designer Leda Athanasopoulou[107],[101]. Sa rénovation a été couverte par le New York Times et par Elle Decor[108].

Mausolée de Baloukli (Istanbul)

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Le mausolée Sechiari-Schilizzi se trouve dans l'enceinte du monastère de Baloukli à Istanbul, l'un des lieux les plus sacrés de l'Église orthodoxe, où reposent plusieurs patriarches œcuméniques[7].

Mausolée Sechiari, cimetière de West Norwood

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Mausolée en pierre de style classique dans le cimetière grec de West Norwood.
Le mausolée de la famille Sechiari dans la section grecque orthodoxe du cimetière de West Norwood.
Chapelle mortuaire du cimetière orthodoxe de West Norwood.

La famille possède son mausolée dans la section grecque orthodoxe du cimetière de West Norwood, à Londres (voir ci-dessus)[67].

Représentants contemporains

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La famille Sechiari est aujourd'hui représentée en ligne directe par la branche provençale, issue de la lignée Paraskeva (archonte de Chios, 1766-1841) → Théodore (archonte de Chios, 1817-1885) → Étienne Théodore (archonte de Chios, 1871-1955) → Jean Théodore Sechiari (1911-1995, commandant, membre de l'Académie d'Aix) → Emmanuel Sechiari (1947-2020, docteur en droit, membre de l'Académie d'Aix, délégué régional de La Demeure historique)[109],[106],[16]. Comme aux générations précédentes, le titre d'archonte de Chios y est porté à titre de souvenir (voir ci-dessus).

Intégration au Gotha européen

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Bien que la puissance commerciale de la famille Sechiari ait décliné au XXe siècle, la famille a maintenu une position de premier plan au sein de l'aristocratie européenne. Cette intégration se manifeste par des liens de parenté et de parrainage prestigieux :

  • liens avec la maison Grimaldi : Phanette Marie Valentine Alberte de Campou de Grimaldi-Régusse, épouse de Jean Sechiari, était la filleule du prince Albert Ier de Monaco, ce qui marque l'ancrage de la famille dans l'élite de la Côte d'Azur ;
  • parrainages royaux : le prestige social des Sechiari est confirmé par le parrainage de Pierre Sechiari par le chef de la maison royale de Bourbon-Deux-Siciles, prétendant au trône de l'ancien royaume des Deux-Siciles, qui place la famille dans l'entourage immédiat des familles souveraines européennes ;
  • aristocratie victorienne : plusieurs membres de la famille ont posé à Londres pour Camille Silvy, portraitiste de la haute société, qui photographia aussi la famille royale britannique ; ces portraits sont conservés à la National Portrait Gallery (voir ci-dessus)[85].

Personnalités

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  • Sabbas Sechiari (XVIIIe siècle), lettré et poète[9] ;
  • Paraskeva Sechiari (1766-1841), négociant, otage des Ottomans en 1822, établi à Marseille[7] ;
  • Georges Sechiari (1803-1884), négociant, administrateur de la Caisse d'épargne de Marseille[88],[52] ;
  • Ambroise Sechiari (1812-1876), négociant, cofondateur de la maison Argenti, Sechiari & Co., chevalier de l'ordre du Sauveur[44] ;
  • Pandia Sechiari (1816-1880), négociant à Constantinople[7] ;
  • Théodore Sechiari (1817-1885), négociant et affréteur à Marseille[37] ;
  • Paraskeva George Sechiari (1836-1900), négociant et banquier à Londres[67] ;
  • Virginia Schilizzi, née Sechiari (1849-1929), femme de lettres[9] ;
  • Pierre Sechiari (1877-1932), violoniste et chef d'orchestre, premier prix de violon du Conservatoire de Paris en 1896[110], fondateur du Quatuor Sechiari (1896) et des Concerts Sechiari (1906)[111],[9] ;
  • Jean Sechiari (1911-1995), commandant, membre de l'Académie d'Aix ;
  • Emmanuel Sechiari (1947-2020), docteur en droit, membre de l'Académie d'Aix[16].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Argenti 1955, p. 124.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Argenti 1955, p. 123.
  3. 1 2 3 4 Sturdza 1983.
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Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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Articles connexes

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