Famille Rothschild

famille d'origine juive allemande

La famille Rothschild (prononcé en allemand : [ˈʁoːtʃɪlt] ; en anglais : [ˈɹɒθs.t͡ʃaɪld] ; en français : [ʁɔt.ʃild]) est une famille d'origine juive allemande ashkénaze, qui a essaimé dans plusieurs pays et dont les membres sont aujourd'hui de différentes nationalités et confessions.

Famille Rothschild
Image illustrative de l’article Famille Rothschild
Armes de la famille.
Image illustrative de l’article Famille Rothschild
Armes.

Devise « concordia integritas industria » (harmonie, intégrité, industrie)
Fondateur Mayer Amschel Rothschild
Branches de Francfort, de Naples, de Vienne, de Londres, de Paris
Période XVIIIe siècle – XXIe siècle
Origine Francfort-sur-le-Main
Pays Allemagne, Autriche, France, Royaume-Uni et Italie
Demeures Waddesdon Manor
Schloss Rothschild
Château de Montvillargenne
Schloss Hinterleiten
Palais Rothschild de la Metternichgasse
Palais Rothschild de Frankfurt
Palais Rothschild de Schillersdorf
Palais Rothschild (Prinz-Eugen-Straße)
Palais Rothschild de Renngasse
Mentmore Towers
Château de Ferrières
Château Rothschild de Boulogne-Billancourt
Hôtel Salomon de Rothschild
Palais Nathaniel Rothschild
Rothschild Villa
Villa Ephrussi de Rothschild
Palais Albert Rothschild
Gunnersbury Park
Halton House
Château Lafite Rothschild
Château Mouton Rothschild
Grüneburgschlößchen
Château de Haar
Rothschildschloss
Gunnersbury Park
Mansion at Gunnersbury Park
Spencer House
Villa Pignatelli
Grüneburgpark
Château de la Muette
Château de Pregny
Château de Laversine
Hôtel Saint-Florentin
Religion Judaïsme
Charges Consul général
Parlementaire

Elle a formé au début du XIXe siècle cinq branches, à Francfort-sur-le-Main, Vienne, Naples, Londres et Paris, dont seules les deux dernières subsistent aujourd'hui.

Les Rothschild se sont fait connaître depuis le XVIIIe siècle principalement dans les domaines de la banque et de la finance, mais ils ont développé aussi d'autres activités, en investissant notamment dans les industries minières et ferroviaires au XIXe siècle, ou dans le vignoble bordelais au XXe siècle. Ils sont également célèbres pour leur philanthropie et leur mécénat.

La famille Rothschild est régulièrement l'objet de théories du complot, dont beaucoup ont des origines antisémites.

Histoire

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La maison Rothschild dans la Judengasse ruelle des Juifs »), à Francfort.

Le patronyme Rothschild fut adopté par leur ancêtre Isaac Elchanan Rothschild, né en 1577, qui emprunta son nom de famille à la petite maison étroite qu'il occupait avec sa famille dans la Judengasse (ruelle des Juifs) de Francfort-sur-le-Main en Allemagne[1]. Cette patronymisation est une pratique courante à cette époque dans la communauté juive dont les membres, faute de véritable état-civil, font de leur adresse, du blason ou de l'enseigne qui décore leur demeure leur nom de famille. Le nom Zum rothen Schild, (orthographe actuelle : Zum roten Schild) c'est-à-dire en français : « À l'Écu rouge », ou encore « À l'Enseigne rouge », donne ainsi naissance à un nouveau patronyme : « Rothschild »[2].

Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la dynastie.

Mayer Amschel Rothschild, né Mayer Amschel Bauer (1744-1812), transforma le modeste commerce de prêt sur gages créé par son père Amschel Moses Rothschild en une banque reconnue et devient le gérant de la fortune de Guillaume Ier, électeur de Hesse-Cassel.

Il eut dix enfants, dont cinq fils qu'il envoya créer ou prendre la tête d'une filiale de la banque familiale à Londres, à Paris, à Vienne, à Naples et à Francfort, donnant les cinq branches de la famille, symbolisées par les cinq flèches de leur emblème ornant leurs très nombreuses résidences européennes.

Sa fille ainée se maria avec Benedikt Moses Worms, de la dynastie bancaire Worms.

Le , l'empereur d'Autriche François Ier éleva au rang de barons[3] les cinq fils du fondateur de la dynastie, Mayer Amschel, ainsi que leurs descendants légitimes masculins et féminins portant le nom de Rothschild sans distinction de nationalité.

Des mariages entre branches permirent à la famille de garder le contrôle de ses activités. La collaboration leur permit de se développer dans plusieurs domaines de l'activité bancaire, leur capacité de financement ouvrant ensuite des perspectives d'investissements. Ainsi, au cours du XIXe siècle, ils devinrent d'importants financiers et actionnaires dans l'exploitation minière et le développement du rail, deux des piliers du développement des économies industrielles en Europe.

En 1832, la famille accorde les prêts des Rothschild au Saint-Siège.

Les changements à la tête des gouvernements et autres évènements politiques influèrent peu sur la fortune de la famille, à l'exception de trois évènements majeurs : les révolutions de 1848, la grande dépression des années 1930 et la montée du nazisme durant la Seconde Guerre mondiale.

Seules les branches anglaise et française subsistent aujourd'hui, les branches allemande, autrichienne et italienne s'étant éteintes.

La famille Rothschild, la guerre et l'après-guerre

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Les guerres napoléoniennes

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À partir de 1809, la maison N.M. Rothschild & Sons devient un acteur incontournable du financement de l’effort de guerre britannique en devenant le payeur direct de l'armée britannique sur le continent[4]. En 1814 et 1815, Nathan Mayer Rothschild obtient l'accord du gouvernement britannique pour approvisionner les troupes de Wellington en pièces d’or, convoyées illégalement à travers la France, contribuant directement à la logistique militaire qui mène à la bataille de Waterloo[5][réf. souhaitée]. Entre 1814 et 1816 la banque Rothschild gère également les subsides versés par le gouvernement britannique aux puissances alliées de l'Angleterre (Russie, Prusse, Autriche)[4].

La guerre de Crimée

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Pendant la guerre de Crimée (1853-1856), qui opposa l'Empire russe à une coalition composée de l'Empire ottoman, de la France, de la Grande-Bretagne et du Royaume de Sardaigne, les Rothschild continuent de jouer un rôle majeur. Pour financer son effort de guerre, le gouvernement ottoman contracta trois prêts en 1854, 1855 et 1858, dont le dernier de 5 millions de livres sterling fut garanti par la France et l'Angleterre. Simultanément, la banque Rothschild leva 16 millions de livres sterling pour l'effort de guerre anglais[6].

La guerre de sécession

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Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le rôle des Rothschild est indirect. Une étude de Claude Fohlen, publiée dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine, montre que les agents de la banque Rothschild étaient chargés d’acheter et de financer le commerce de tabac, sucre, or et coton en provenance des États confédérés[7]. La banque Rothschild agissait comme intermédiaire financier dans le commerce franco-américain, sans pour autant jouer un rôle de premier plan dans le financement direct des belligérants[8].

La guerre de la Triple Alliance

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La banque Rothschild, aux côtés de la Barings et de la banque de Londres et d'Amérique du sud, a été l’un des principaux financiers de la guerre de la Triple Alliance (1865-1870), qui oppose le Paraguay au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay et durant lequel périrent environ 400 000 personnes dont 300 000 paraguayens. Le ministre argentin des finances de l'époque, Lucas González, aurait déclaré que la guerre visait à «obtenir des bénéfices très grands pour le commerce du monde, très spécialement du commerce anglais qui trouvera dans le Paraguay libre et civilisé un grand marché à exploiter»[9][réf. souhaitée].En 1865, le gouvernement impérial brésilien contracte un emprunt de guerre auprès de la "Casa Rothschild" d'un montant de 6, 963 millions de livres sterling[10].

La guerre prussienne

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Le rôle le plus documenté est celui d'Alphonse de Rothschild à la tête de la banque parisienne de Rothschild Frères. Suite à la défaite française, le traité de Francfort de Mai 1871 imposa le paiement d'une indemnité de cinq milliards de francs à la Prusse, dont 2,75 milliards furent avancés par les Rothschild, permettant un départ anticipé des troupes prussiennes du territoire français[11]. La collaboration entre le financieur de l'armée de Bismarck, le banquier prussien Gerson von Bleichröder et les Rothschild avant le début de la guerre, est mise en avant par Benjamin Constanty, chercheur à l'EHESS, dans son article « Les grands emprunts de 1871 et 1872 pour le paiement des cinq milliards d’indemnités de guerre »[12].

Les emprunts d’indépendance

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Brésil

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L'indépendance du Brésil, reconnue par le Portugal en 1825, est conditionnée à la reprise par le Brésil du remboursement d’un prêt de 1,5 million de livres sterling contracté par le Portugal en 1823. Nathan Mayer Rothschild gère cette opération puis émet un second prêt de 2 millions de livres sterling garanti sur les futurs revenus douaniers du Brésil. La banque N.M. Rothschild & Sons devient l’intermédiaire financier du gouvernement brésilien sur les marchés londoniens[5],[13]. Dès lors, le Brésil entre dans une période de dépendance vis-à-vis de la banque Rothschild, jusqu'à devenir son plus gros client à la deuxième moitié du XIXe siècle[14].

Après la Guerre d'indépendance grecque (1821-1829), les trois puissances influentes (Grande-Bretagne, Russie, France) garantissent un emprunt de 60 millions de drachmes pour le nouvel État grec. L’émission est confiée à la maison Rothschild qui reçoit une commission en plus des intérêts. James de Rothschild, en étroite relations avec les gouvernements concernés, est personnellement chargé d'évaluer les risques financiers[15].

Belgique

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Après l'indépendance de la Belgique en 1831, les Rothschild participent au financement du nouvel État. Le contrat d’emprunt du 19 décembre 1831 entre la banque Rothschild et le gouvernement belge inclut une clause de conditionnalité militaire explicite, profitant de leur position dominante, les Rothschild imposent aux puissances européennes de ne pas intervenir dans la guerre entre la Belgique et la Hollande, sans quoi ils suspendraient leurs financements, favorisant ainsi un processus de paix en protégeant la Belgique[16].

La première guerre mondiale

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Position globale à la veille de la guerre

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Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la banque Rothschild reste la plus grande banque du monde. Ses intérêts s'étendent bien au-delà de la finance. La famille a créé et dominé le marché moderne des obligations internationales, et son influence politique et financière est telle que peu de gouvernements résistent à l'idée de se tourner vers elle en temps de crise. Les Rothschild contrôlent le réseau ferroviaire trans-européen ; un empire minier international garantissant des ressources stratégiques en cuivre, mercure, plomb, nickel, souffre et pétrole mais aussi en or et diamants[17],[18].

Rôle financier et commercial pendant la guerre

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Les banques des Rothschild disséminées sur plusieurs continents financent plusieurs belligérants, notamment la France, le Royaume-Uni et le Brésil[19],[14]. Tandis que leur réseau commercial et ferroviaire permet l'acheminement des armes, des troupes et des ressources stratégiques[20].

Seconde guerre mondiale

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Contexte général : persécution, exil et spoliations

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs membres des différentes branches de la famille Rothschild, en particulier en France et en Autriche, furent touchés par les politiques antisémites, les confiscations de biens, l'exil forcé et les persécutions menées par l'Allemagne nazie et ses États collaborateurs. En France, l'occupation allemande et la législation antisémite de Vichy frappèrent directement des membres de la famille ainsi que leurs banques, collections d'art, immeubles et domaines viticoles[21],[22],[23].

Les spoliations artistiques et patrimoniales

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Les Rothschild comptèrent parmi les principales victimes du pillage artistique nazi en France. Les services de l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), appuyés par l'ambassade d'Allemagne à Paris et par les mécanismes de séquestre mis en place sous l'Occupation, saisirent une partie importante des collections Rothschild. Les archives diplomatiques françaises conservent ainsi des inventaires spécifiques des collections Rothschild passées par l'ERR, notamment celles de Maurice de Rothschild[24],[25]. Le ministère français de la Culture souligne que les collections de Maurice de Rothschild, entreposées à Argelès-Gazost, furent placées sous séquestre dès puis déplacées à plusieurs reprises avant d'être intégrées aux circuits du pillage allemand[22]. Les outils de recherche de provenance de l'ERR et du Rothschild Archive montrent en outre que de nombreuses œuvres issues des collections Rothschild furent transférées en Allemagne, puis partiellement récupérées après 1945 dans le cadre des restitutions alliées[26],[27].

La situation des banques et des avoirs en France

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Les mesures d'« aryanisation » économique prises sous Vichy touchèrent également les intérêts financiers liés aux Rothschild en France. Les archives françaises conservent les fonds de la banque Rothschild Frères, dont l'histoire est directement affectée par les bouleversements de l'Occupation et de l'après-guerre[28],[29]. Plus largement, l'historiographie de Vichy montre que l'aryanisation concerna des milliers d'entreprises et d'immeubles juifs, et que les banques juives figurèrent parmi les établissements frappés par ces mesures de dépossession[30],[31].

Domaines viticoles et confiscations

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Les propriétés viticoles liées à la famille Rothschild furent elles aussi visées. En , la Jewish Telegraphic Agency rapporte la confiscation par le gouvernement de Vichy de trois grands domaines appartenant aux Rothschild[32]. Les ressources consacrées à l'histoire juive de Bordeaux indiquent que, pendant la guerre, Château Lafite Rothschild et Château Mouton Rothschild furent saisis et occupés par une garnison allemande[33]. Le cas de Philippe de Rothschild illustre directement cette politique : arrêté en Afrique du Nord par les autorités de Vichy, privé de sa nationalité française en , il voit ses biens — notamment son vignoble — saisis avant de rejoindre ensuite les Forces françaises libres[34].

Engagement militaire, captivité et Résistance

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Plusieurs membres de la famille ne furent pas seulement des victimes patrimoniales, mais participèrent directement à l'effort de guerre contre l'Allemagne nazie. Philippe de Rothschild, après sa libération, gagna Londres et rejoignit les Forces françaises libres, où il servit sous l'autorité du général Charles de Gaulle[34]. Élie de Rothschild et son frère Alain de Rothschild servirent quant à eux comme officiers de cavalerie dans l'armée française en 1940 ; capturés par les Allemands, ils furent détenus comme prisonniers de guerre dans plusieurs oflags, dont Colditz[35].

Déportation et pertes humaines

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La guerre ne se limita pas, pour la famille, à la confiscation de biens. Élisabeth de Rothschild, épouse de Philippe de Rothschild, fut arrêtée par la Gestapo, déportée à Ravensbrück et mourut en déportation le . Les sources biographiques de Philippe de Rothschild la présentent comme la seule personne apparentée à la famille Rothschild morte en camp de concentration pendant la guerre.

Restitutions et mémoire après 1945

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Après la Libération, une partie des biens et des œuvres spoliés à la famille Rothschild fit l'objet de recherches, d'identifications et de restitutions, mais ce travail demeura longtemps incomplet. Les programmes alliés de récupération artistique, les archives de l'ERR et les bases de provenance mises en ligne depuis la fin du XXe siècle ont permis de retracer le parcours d'un nombre important d'œuvres issues des collections Rothschild[36],[27],[37]. La spoliation des collections Rothschild est ainsi devenue un cas de référence dans l'histoire plus large du pillage nazi des biens culturels en Europe occupée[38],[22].

Sur les accusations de « financement de la guerre »

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Les sources historiques consultées sur la famille Rothschild pendant la Seconde Guerre mondiale documentent surtout des faits de persécution, d'expropriation, de captivité, d'exil, de service militaire et de restitution, et non un rôle documenté de « financement de la guerre » au sens complotiste du terme[39],[40].

Stratégies de pouvoir

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Organisation endogame et construction d'un réseau international

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Au début du XIXe siècle, la famille Rothschild s'affirme comme une des institutions bancaires les plus puissantes d’Europe, elle gagne fortement en influence entre les guerres napoléoniennes et la Première Guerre mondiale[41]. L’activité est organisée comme une firme familiale privée, et la cohésion familiale constitue l’axe central du modèle[42]. Les alliances matrimoniales sont limitées à la famille Rothschild, avec un usage systématique de l’endogamie, très souvent consanguine, en particulier les mariages entre cousins et proches parents[41]. Cette stratégie a permis de maintenir l’unité des différentes branches et à préserver la richesse au sein du groupe sur plusieurs générations. La pratique de l’endogamie consanguine est maintenue pendant plus d’un siècle avant de diminuer au XXe siècle, du fait de l’évolution de l’environnement politique et financier et de la nécessité d’élargir les alliances extérieures[41].

À partir des années 1810-1830, la famille met en place une répartition stratégique de ses membres dans les centres financiers européens[43]. Chaque fils de Mayer Amschel Rothschild prend la direction d’une branche continentale : Francfort, Londres, Paris, Vienne et Naples. Ce système permet à la Famille Rothschild d’opérer comme un réseau bancaire unifié reliant les principaux marchés européens[43]. Le réseau familial s’appuie sur une infrastructure de communication avancée pour son époque : courriers privés, pigeons voyageurs, capitaines de navires contractés et correspondants présents dans les bourses et nœuds de transport. L’accès à l'information devient un avantage stratégique permettant d’anticiper les fluctuations de marché[43],[42]. La recherche d’avantages compétitifs passe donc par l’exploitation de l’information stratégique mais aussi par des pratiques de corruption et de facilitation politique pour sécuriser des opérations économiques[42],[44].

En Espagne, entre 1835 et 1931, la Famille fournit des services financiers au gouvernement espagnol, tout en contrôlant des entreprises industrielles majeures telles que Rio Tinto, Peñarroya et MZA. Contribuant au développement du secteur minier et ferroviaire du pays[42]. En France, James de Rothschild, fondateur de la branche française à Paris en 1812 et marié à sa nièce Betty de Rothschild, acquiert un statut central dans la haute banque, investit dans les chemins de fer du Nord et les compagnies Paris-Lyon-Méditerranée, tout en participant à l’industrialisation, à l’acquisition de vignobles et d’œuvres d’art. Une partie de sa collection d’art, héritée d’Henri de Rothschild, a d'ailleurs été offerte à la Bibliothèque nationale de France[45].

Empire financier et métallurgique

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Dès le début du XIXe siècle, la Maison Rothschild développe un système de communication étendu, permettant la circulation rapide d’informations sensibles sur les mouvements politiques et économiques. Ce dispositif assure un avantage direct sur ses concurrents bancaires et sur les gouvernements eux-mêmes. Parallèlement, la famille tisse des relations diplomatiques par le crédit : le financement des efforts britanniques pendant les guerres napoléoniennes par Nathan Mayer Rothschild marque en ce sens une étape décisive. La Famille entretient aussi des liens étroits avec Louis-Philippe Ier en France, alors que le 1er baron Rothschild soutient les gouvernements autrichiens et prussiens, consolidant le rôle familial d’intermédiaire entre dettes publiques et marchés internationaux[42]. En Espagne, en France, en Angleterre, en Autriche, ou encore en Hongrie, Italie et Slovaquie, puis en Amérique et en Afrique, la famille construit un vaste réseau entrepreneurial reliant les services financiers aux États et au développement industriel, via la gestion de concessions minières ou les compagnies ferroviaires[46].

Les entreprises Rio Tinto, Peñarroya et MZA deviennent des piliers de l’économie espagnole, alors que les gouvernements successifs traversent des crises budgétaires profondes, marquées par des tensions politiques et des compromis d’urgence dans l’adoption des budgets, comme en 1879-1880. Ce contexte favorise une dépendance accrue de l’État à l’endettement, renforçant la position des Rothschild dans les secteurs stratégiques[42].

À partir de 1830, les Rothschild concentrent leur action sur les métaux non ferreux à demande rigide : mercure, nickel, plomb, cuivre et soufre[18]. La stratégie repose sur l’acquisition de monopoles , comme les mines espagnoles d’Almadén pour le mercure, et le contrôle d’entreprises leaders, telles que Le Nickel, en 1883, grâce au gouvernement français présidé par Jules Grévy,  Peñarroya ou Rio Tinto en Espagne[44]. Lorsque le monopole direct n’est pas possible, la famille privilégie l’organisation d’oligopoles collusoires afin d’éviter la concurrence et de maintenir la rentabilité, ce qui confère un pouvoir de marché élevé aux fournisseurs[42],[18]. Les membres de la Famille dirigent souvent les entreprises à distance, en confiant la gestion à un cercle restreint d’hommes de confiance. Des administrateurs comme Maurice Ephrussi, Emmanuel Léonino, Ernest Denormandie ou Ernest Tambour qui sont postés à la direction. Denormandie joue un rôle clé dans l’essor de la société Le Nickel, qu’il finance grâce à sa position simultanée à la tête de la Banque de l'Indochine, par un crédit de 200 000 francs accordé en 1890 depuis sa succursale de Shanghai. L’acquisition de la société Le Nickel, donnant accès au minerai de Nouvelle-Calédonie et à une position dominante sur le marché. Le nickel entre dans la composition de l’acier renforcé, utilisé dans l’industrie militaire[18]. Le Nickel exploite une main-d’œuvre précaire en Nouvelle-Calédonie, mêlant condamnés de justice et engagés asiatiques, soumis à des conditions de travail dures et à de faibles salaires ce qui aggrave le chômage local et provoque des critiques locales. L’entreprise obtient ses contrats de travailleurs pénaux grâce à aux liens étroits de Denormandie avec l’administration, justifiant ce système par les besoins économiques de la colonie et l’intérêt national[44].

L’exploitation du mercure, par la Famille Rothschild se fait par le contrôle les mines d’Almadén en Espagne, grâce à des prêts accordés au gouvernement espagnol, avant de se partager le marché mondial avec les producteurs américains. La rétention des stocks permet de maintenir des prix élevés, tandis que l’exploitation de la mine d’Idria en Slovaquie, sécurise un approvisionnement étendu. Le mercure sert notamment à la fabrication de fulminate, un ingrédient utilisé dans la fabrication explosifs[18]. Dans le plomb, les Rothschilds participent à la fondation de la Société Minière et Métallurgique Peñarroya, avant d’acquérir d’autres entreprises en Espagne et en France et de prendre part au cartel international du plomb. Le métal, exploité dans plusieurs mines méditerranéennes, sert notamment à la fabrication de munitions[18]. Le cuivre essentiel pour la fabrication de câbles électriques, et les pyrites à la production d’acide sulfurique, un élément clé de l’industrie chimique et des explosifs, sont exploités en Espagne par Rio Tinto[18].

L'implication de la famille dans l'or couvre tous les aspects de la chaîne de valeur, de l'exploitation minière à la valorisation d'actions sur les marchés financiers. Dès 1851-1852, la maison Rothschild est active via ses agents, comme Benjamin Davidson et l'archéologue Heinrich Schliemann, dans le financement des opérations minières en Californie. Le soutien financier à Davidson pour l'exploitation aurifère fut de 40 000 livres sterling par mois[47]. En 1886, Nathaniel de Rothschild et un ingénieur minier américain créent The Exploration Company. Cette entreprise ayant pour but de financer des projets miniers, donne aux Rothschild une position avantageuse dans de nombreuses mines d'or, notamment sud-africaines et côte d'ivoiriennes[48],[49]. Les Rothschild financent plusieurs nouvelles entreprises minières dont ils achètent des parts pour renforcer la confiance du marché. La Banque d'Angleterre confie alors à la banque N.M. Rothschild & Sons d'administrer le London Gold Fixing, un rituel quotidien qui détermine le prix de l'or[48]. La banque N.M. Rothschild continua de fixer le prix de l'or jusqu'en 2004, sauf entre 1939 et 1954[47].

En 1880, la famille est en étroite relation avec l'homme politique anglais Cecil Rhodes pour la création de la société de Beers et le contrôle de tout le diamant du Kimberley[50],[51]. Les chemins de fer Rothschild en Afrique du Sud auraient permis à Rhodes d'acheminer or et diamants jusqu'à un port Portugais et d'éviter ainsi les taxes douanières des colonies hollandaises[52].

Dans les années 1880, la Russie impériale aboli le monopole d'État sur le pétrole, ouvrant la région du Caucase aux investisseurs privés, c'est la ruée vers l'or noir du Caucase. Les frères Nobel y ont d'abord établi une position dominante[48]. En 1883, les Rothschild soutiennent financièrement les frères Deutsch (Shell), qui commencent dans le secteur. L'entrée des Rothschild dans l'exploitation pétrolière aurait été facilitée par l'ouverture du chemin de fer transcaspien. À partir de 1884, la branche française des Rothschild finance l'entreprise russe Batumskoye Neftepromyshlennoye i Torgovoye Obschestvo (BNITO), cette société construisit un chemin de fer reliant les mers Caspienne et Noire, permettant enfin l'exportation massive de pétrole russe. Les frères Rothschild (Alphonse et Edmond) s'associent ensuite aux Nobel, et deviennent les premiers producteurs mondiaux de pétrole en 1901[53]. La famille Rothschild vend finalement ses avoirs pétroliers du Caucase à la Royal Dutch Shell Company en 1912[48]

La Première Guerre mondiale renforce alors le rôle des Rothschild comme gestionnaires de marchés des ressources stratégiques. Les gouvernements alliés établissent des accords pour la fourniture de métaux indispensables à l’armement. L’entreprise Peñarroya participe à la structure Minerais & Métaux, chargée de la coordination des importations alliées. Les réseaux industriels construits depuis le XIXe siècle offrent un accès direct à des matières premières déjà organisées en systèmes de monopole ou d’oligopole, facilitant ainsi la mobilisation industrielle[18]. Après 1918, la chute générale de la demande et des prix provoque une instabilité sur les marchés métallurgiques, mais la banque NM Rothschild & Sons joue un rôle clé dans le financement de la reconstruction. Les Rothschild favorisent alors des accords avec la concurrence afin d’éviter l’effondrement des prix. Des cartels internationaux sont mis en place pour le plomb, le zinc et le nickel, dans une logique de stabilisation. La société Rio Tinto rencontre cependant des difficultés sur le marché des pyrites en raison de la montée du soufre natif américain[18]. Pendant cette période d’instabilité politique et de monté des autoritarismes, ils passent des accords avec la Hongrie malgré son rapprochement avec l’Allemagne nazie. Les branches allemandes et italiennes de la famille s’unissent par mariages aux branches anglaises et françaises et quittent officiellement les pays de l’axe, bien qu’ils n’abandonnent pas complètement leurs intérêts, comme le montre l’exemple de la Hongrie[46].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les métaux contrôlés historiquement par les réseaux Rothschild restent centraux dans l’effort de guerre, même si les structures mises en place pendant un siècle se trouvent transformées par la mobilisation étatique et les nouveaux acteurs industriels[18].

Interactions avec les États et rôle politique

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Les relations entre les Rothschild et les gouvernements sont stratégiques. Les États recourent à leur capital pour financer les guerres et soutenir les grands projets d’infrastructures, tandis que la Maison Rothschild tire parti de ces partenariats pour obtenir une position favorable sur les marchés, par exemple par l’acquisition d’entreprises minières ou la participation aux programmes ferroviaires nationaux[43].

Au XXe siècle

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Au XXe siècle, cette interaction entre la Famille et l’État prend une forme nouvelle, Victor Rothschild en est un bon exemple. Membre de la société secrète Cambridge Apostles pendant ses années universitaires, puis recruté comme espion par les services de renseignements britanniques, et devenu responsable de la recherche scientifique pour la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell (devenue Shell) après la deuxième guerre mondiale, il exerce une influence déterminante sur les politiques de recherche scientifique du gouvernement britannique. Son rapport, qui propose un modèle de gestion de la recherche et développement fondé sur une relation client/contractant, est adopté en 1972. Cette réforme, qui promeut une approche fondée sur les mécanismes de marché pour le financement de la science, reçoit le soutien d’Edward Heath et de Margaret Thatcher[54].

En France, la banque Rothschild a été qualifiée par Le Figaro de « vivier de politiques », ayant entretenu des liens étroits avec la sphère politique[55]. Guy de Rothschild, associé-gérant de Rothschild Frères de 1945 à 1967, collabore avec Georges Pompidou de 1953 à 1961, période durant laquelle ce dernier est également directeur de cabinet du général de Gaulle (1958‑1959). Nommé Premier ministre en 1962 puis élu président de la République en 1969, Pompidou conservera des liens d’amitié avec le dirigeant de la banque[56]. À l'âge de 24 ans en 1969, Henri Emmanuelli entre est recruté par la Compagnie financière Edmond de Rothschild où il travaille pendant dix ans, avant d’être élu député en 1978 et nommé secrétaire d’État au Budget et à la Consommation de 1983 à 1986. En 1991, Grégoire Chertok, également recruté à 24 ans par la banque Rothschild, devient associé-gérant et membre du Comité exécutif de Rothschild & Cie à 33 ans, tout en menant une carrière politique locale. Chargé de l’urbanisme à la mairie du 16e arrondissement de Paris, conseiller régional d’Île-de-France depuis 2010 et conseiller de Paris depuis 2014 et réputé proche de Jean‑François Copé [57]; il est promu officier de la Légion d’honneur le 31 décembre 2019 au titre de « conseiller de Paris, membre du comité exécutif d’une banque »[58]. François Pérol fait le chemin inverse, d'abord inspecteur des finances, il participe aux cabinets des ministres de l’Économie Francis Mer entre 2002 et 2004, puis Nicolas Sarkozy en 2004, qu'il rejoint à l’Élysée en 2007 comme conseiller économique jusqu'en 2009. Il devient alors président de la Banque populaire Caisse d'épargne jusqu'en 2018 avant d’être recruté directement au poste d'associé-gérant chez Rothschild & Co Gestion le lendemain de son départ de la BPCE. Emmanuel Macron a lui aussi une trajectoire similaire. Il est conseillé à la sortie de l'ENA par Alain Minc : « Pour faire de la politique aujourd’hui, il faut être riche ou ascète. Donc, commence par fabriquer de l’épargne, deviens banquier d’affaires »[59]. Macron devient inspecteur adjoint des finances de 2004 à 2005, rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance en 2007 et chargé de mission à l’Inspection générale des finances jusqu'en 2008 avant d'être coopté chez Rothschild sur recommandation d'au moins trois commissaires, Jean‑Michel Darrois, Serge Weinberg et Xavier Fontanet. Il n'a alors aucune expérience dans les affaires[59]. À la banque Rothschild il occupe successivement les postes de directeur (2008‑2009), gérant (2009‑2010) puis associé‑gérant (2010‑2012), tout en étant directeur d’études de culture générale à Sciences Po Paris (2005‑2012). Nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée en mai 2012 sous François Hollande, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en 2014, il est élu président de la République en 2017[60].

Interactions avec l’État d’Israël

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Le soutien de membres de la famille Rothschild au développement du foyer national juif puis d'Israël est documenté dès la fin du XIXe siècle. À partir de 1882, le baron Edmond James de Rothschild apporte une aide financière décisive à plusieurs colonies juives en Palestine ottomane et soutient durablement leur développement agricole et institutionnel[61],[62]. Cet engagement se prolonge au XXe siècle avec le legs de James Armand de Rothschild, qui permet le financement du bâtiment de la Knesset, inauguré à Jérusalem en 1966, don complété par son épouse Dorothy de Rothschild[63],[64]. Dorothy de Rothschild est également à l'origine du financement du nouveau bâtiment de la Cour suprême d'Israël, inauguré en 1992[65]. Cette tradition philanthropique est aujourd'hui revendiquée par Yad Hanadiv, fondation familiale qui se présente comme l'héritière de plus de 140 ans de philanthropie Rothschild en Israël[66].

"Vous l'avez, madame"

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Le canal de Suez, inauguré en 1869, était une voie maritime stratégique pour l'Empire britannique, car environ soixante-quinze pour cent du tonnage qui y passait naviguait sous pavillon britannique. En 1875, le khédive d'Égypte, Ismaïl Pacha, ruiné par ses dettes, est contraint de mettre en vente les 176 000 actions égyptiennes qu'il détient dans la Compagnie du canal de Suez[67] ,[68]. Le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli agit sans consulter le Parlement. Il confie à son ami proche, le baron Lionel de Rothschild, la mission de réunir les fonds nécessaires[67]. La banque N. M. Rothschild & Sons avance alors au gouvernement britannique la somme de 4 millions de livres sterling pour procéder à l'acquisition. Selon la légende, cette transaction reposait sur un accord verbal, un prêt techniquement non garanti pour une somme équivalant à plusieurs milliards de livres aujourd'hui[67]. Le baron aurait alors adressé à la reine la formule devenue célèbre "you have it, madam", il est à vous madame[69].

Les différentes branches

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Branche allemande, dite « de Francfort »

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Amschel Mayer Rothschild, portant, à une inversion près, le même nom que son père.

Amschel Mayer Rothschild reprend les affaires de la famille en Allemagne (branche de Francfort), mais il n'a pas de descendance et sa branche familiale s'éteint à sa mort en 1855[70].

Branche autrichienne, dite « de Vienne »

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Salomon Rothschild.

À Vienne, Salomon Mayer von Rothschild crée une banque dans les années 1820, et sa famille devient la plus respectée de la capitale autrichienne, amenant l'empereur à accorder un titre nobiliaire héréditaire en récompense de services rendus : dans ce contexte, la maison des Habsbourg ainsi que l'État autrichien sont les premiers à accorder aux Juifs un statut civil plein et entier, sans restriction aucune. La famille possède plusieurs palais viennois, notamment un palais sur la Prinz-Eugen-Straße et un palais sur la Metternichgasse.

Le krach de 1929 a un impact sur l'activité bancaire de la famille, le baron Louis von Rothschild entreprend, avec d'autres financiers, de consolider alors la Creditanstalt, qui était la plus grande banque autrichienne, pour prévenir une faillite.

L'Anschluss, en 1938, conduit la famille à abandonner ses biens et à fuir le pays, ce qui conduit à la confiscation des propriétés par les nazis.

Ce n'est qu'en 1999 que le gouvernement autrichien consent à restituer à la famille 250 œuvres d'art qui avaient été volées par les nazis, et par la suite, « transférées » dans divers musées autrichiens.

Branche italienne, dite « de Naples »

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L'unification de l'Italie, amorcée en 1860-1861, entraîne le déclin puis la fermeture de la banque napolitaine C M de Rothschild & Figli, fondée en 1821 par Calmann « Carl » Mayer von Rothschild dans le royaume des Deux-Siciles[71]. Après la prise de Naples par Giuseppe Garibaldi en , Adolphe Carl von Rothschild se trouve dans une position politique délicate en raison des liens de la maison avec les Bourbons, l'Autriche et la France ; la maison de Naples cesse finalement ses activités en 1863 et ses actifs sont réorientés vers Francfort. À la mort d'Amschel Mayer Rothschild en 1855, les fils de Carl Mayer, Mayer Carl von Rothschild et Wilhelm Carl von Rothschild, avaient repris la maison de Francfort, tandis qu'Adolphe Carl dirigeait Naples. Wilhelm Carl von Rothschild (1828-1907) est généralement considéré comme le dernier Rothschild à avoir exercé le métier de banquier à Francfort ; n'ayant pas de descendant masculin, la maison M. A. von Rothschild & Söhne est liquidée après sa mort. Son gendre Maximilian Benedict von Goldschmidt-Rothschild, qui meurt à Francfort en 1940, appartient à la dernière génération directement issue de cette lignée par alliance. La branche de Naples s'éteint ensuite en ligne masculine au XXe siècle, après la disparition des dernières filles de Mayer Carl von Rothschild et de Wilhelm Carl.

Calmann « Carl » Mayer von Rothschild.

Branche anglaise, dite « de Londres »

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Nathan Rothschild.

Installé à Manchester, puis à Londres, Nathan Mayer Rothschild (1777-1836), fondateur de la banque londonienne, aurait fait fortune en étant informé avant tout le monde, par un pigeon voyageur, de la victoire britannique à Waterloo, lui permettant de spéculer. Cette version est aujourd'hui largement contestée[72]. Selon le chercheur Victor Rothschild, cette histoire proviendrait d'un pamphlet antisémite de 1846, Rothschild Ier Roi des Juifs[73], rédigé par le polémiste Georges Dairnvaell sous le pseudonyme de « Satan ». Une affirmation de cet écrit, selon lequel « Rothschild a fait de grands achats de titres », fut reprise en 1848 par l'historien Archibald Alison et attribuée par erreur au London Courrier du , qui n'en contient pourtant aucune trace. Victor Rothschild a également retrouvé dans les archives familiales une lettre d'un employé de banque à Nathan Rothschild, qui déclarait : « J'ai été informé par le commissaire White que vous avez bien agi avec les informations précoces que vous avez acquises à Waterloo ». Cela confirme que Nathan Rothschild a pu faire des profits bien que l'état du marché à l'époque et l'absence de rumeur indiquent que ce profit ne pouvait s'élever à plusieurs millions, comme le suggère le pamphlet de Georges Dairnvaell[74]. Dès 1814, le général Wellington se voit prêter par le banquier Nathan Rothschild de l'or pour continuer sa guerre en Espagne contre Napoléon[75].

Deux titres de noblesse ont été successivement accordés à la branche anglaise : un premier titre de baronnet en 1847, puis un titre de baron en 1885, tous deux transmissibles en ligne masculine exclusivement.

La banque devient au cours du XIXe siècle une des principales banques de l'Empire britannique. Lionel de Rothschild (1808-1879), le fils de Nathan, finance le gouvernement britannique pour sa prise de participation dans le canal de Suez (4 millions de livres sterling) et se lance, comme la branche française, dans le développement du chemin de fer. Son fils Alfred de Rothschild est pendant vingt ans l'un des directeurs de la banque d'Angleterre. La Rothschild Bank finance Cecil Rhodes dans le développement de la British South Africa Company et Leopold de Rothschild (1845-1917) gère la compagnie après la mort de ce dernier. Avec la branche française, Rothschild Frères, ils prennent le contrôle de la compagnie minière espagnole de cuivre Rio Tinto et deviennent les principaux actionnaires des mines de diamants De Beers d'Afrique du Sud. Deux des trois fils de Léopold, Evelyn et Anthony, s'engagent dans l'armée anglaise dès 1914. Evelyn meurt en 1917 lors des combats contre les Turcs en Palestine ; Anthony est blessé à la bataille de Gallipoli, dans les Dardanelles[76].

D'autres membres de la famille deviennent des universitaires ou des scientifiques tel Walter Rothschild, zoologiste reconnu qui a laissé son nom à différentes espèces (girafe de Rothschild, Petrogale rothschildi...).

Le quatrième fils du fondateur de la branche, Nathaniel de Rothschild (1812-1870), né à Londres, déménage pour Paris en 1850 pour travailler avec son oncle James Mayer Rothschild, fondateur de la branche française. Il acquiert en 1853 le domaine de Brane-Mouton, un cru bordelais de Pauillac qu'il renomme « Mouton-Rothschild », qui est aujourd'hui un des crus les plus renommés au monde. Ses descendants, dont Philippine de Rothschild, sont quelquefois rattachés à la branche française[réf. nécessaire].

Liste des barons Rothschild

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Branche française, dite « de Paris »

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Jakob Mayer Rothschild (dit James).

Elle est créée par James de Rothschild (1792-1868). Il installe la banque rue Laffitte à Paris. Grand collectionneur d'art, passionné de chevaux, de vin et philanthrope, il fait construire le château de Ferrières. Il est aussi cofondateur de la Compagnie des chemins de fer du Nord, sous le contrôle de la famille Rothschild jusqu'à son absorption par la SNCF.

Ses descendants perpétuent la tradition et la renommée de la famille dans la banque mais aussi dans les écuries de course de chevaux, dans les vignobles (James acquiert en 1868 ce qui deviendra château Lafite Rothschild dans le Bordelais après l'acquisition de domaine de Mouton en 1853 par son neveu Nathaniel), des hôpitaux, des écoles, etc. Ils ont remporté dans les années 1880 la bataille boursière contre l'Union générale, au moment du développement de l'Union générale sur la place de Paris, un mouvement de financiers ultra-catholiques[réf. nécessaire].

Les descendants de James de Rothschild soutiennent l'effort de guerre en 1870 contre la Prusse et certains membres combattent en 1914 et 1940 dans les rangs français[72]. Guy de Rothschild reçoit ainsi la croix de guerre 1939-1945[72]. La famille doit également faire face à l'invasion allemande de la France et à la politique antisémite du Reich et à la collaboration. L'ensemble de ses biens sont confisqués par le régime de Vichy et l'occupant allemand, sa collection d'art est pillée.

La banque est relancée à la Libération, mais est nationalisée en 1981 avec l'arrivée de la Gauche au pouvoir[72].

David de Rothschild, fils de Guy, alors âgé de 39 ans, décide de créer une nouvelle banque en France et, en 2003, prend la tête de NM Rothschild & Sons qui rassemble les activités des branches anglaise et française[72].

En 1953, Edmond de Rothschild (1926-1997) crée le groupe LCF Rothschild dont son fils Benjamin de Rothschild prend la direction en 1997. Le groupe est présent dans de nombreux secteurs de la finance, du conseil patrimonial, de la gestion, du conseil et de l'assurance.

D'après la liste des milliardaires du monde en 2015 publiée par Forbes, Benjamin de Rothschild était en 2015 le seul Rothschild encore présent parmi les 1741 milliardaires recensés, avec une fortune évaluée à 1,5 milliard de dollars, faisant de lui le 1250e homme le plus riche du monde. D'après Challenges[77], sa fortune cumulée à celle de sa famille le classait 21e plus grande fortune de France en 2016.

Au cours de son histoire, la branche française de la famille Rothschild a fait don de 120 000 œuvres d'art (par exemple, le trésor de Boscoreale ou le Repos pendant la fuite en Égypte de Hans Memling) à des institutions, en particulier le musée du Louvre et la Bibliothèque nationale de France[78].

Branche suisse, dite « de Genève »

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Edmond James de Rothschild (1845-1934)

La branche suisse de la famille Rothschild désigne généralement la lignée issue de Maurice de Rothschild (1881-1957), fils d'Edmond James de Rothschild, dont la descendance s'est implantée à Pregny-Chambésy, près de Genève. Son fils Edmond Adolphe de Rothschild fonde en 1953 la Compagnie financière Edmond de Rothschild à Paris, puis crée en 1965 la Banque privée Edmond de Rothschild à Genève, faisant de cette ville le principal centre institutionnel de cette branche familiale. Cette lignée est ensuite représentée par Benjamin de Rothschild, propriétaire du groupe à partir de 1997 jusqu'à sa mort en 2021, puis par Ariane de Rothschild, directrice générale du groupe depuis 2023. Dans l'usage contemporain, l'expression renvoie ainsi à la descendance genevoise d'Edmond James de Rothschild et au développement du Groupe Edmond de Rothschild, dont le siège est établi à Genève.

Généalogie

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Le fondateur et ses enfants

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Branche « von Worms » (non porteuse du nom Rothschild)

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  • Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), banquier fondateur de la dynastie x 1770 : Gertrude Schnapper (1753-1849)
    • Schönche Jeanette Rothschild (1771-1859) x 1795 : Benedikt Moses Worms (1772-1824) souche de la « branche von Worms » (non porteuse du nom)
      • Salomon Benedikt von Worms (1801-1882) x 1827 : Henriette Samuel (1810-1845)
        • Ellen Henriette von Worms (1836-1894) x 1857 : Adolf Landauer (1829-1885)
          • Henriette Landauer x 1877 : Maurice Weil (1845-1924)
          • Evelina Landauer (1859-1930) x 1878 : Paul baron Schey von Koromla (1854-1922)

Branche dite « de Vienne »

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Branche dite « de Naples »

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  • Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), banquier fondateur de la dynastie x 1770 : Gertrude Schnapper (1753-1849)
    • Kalmann Mayer Rothschild (1788-1855), banquier fondateur de la branche dite « de Naples » x 1818 : Adelheid Herz (1800-1853)
      • Charlotte von Rothschild (1819-1884) x 1836 : Lionel de Rothschild (1808-1879) (voir branche dite « de Londres »)
      • Mayer Carl von Rothschild (1820-1886) x 1842 : Louise von Rothschild (1820-1894) (voir branche dite « de Londres »)
        • Adelheid (Adèle) von Rothschild (1843-1922) x 1862 : Salomon de Rothschild (1835-1864) (voir branche dite « de Paris »)
        • Emma Louise von Rothschild (1844-1935) x 1867 : Sir Nathan Mayer von Rothschild (1840-1915) (voir branche dite « de Londres »)
        • Clementine Henriette von Rothschild (1845-1865)
        • Laura von Rothschild (1847-1931) x 1871 : Nathan von Rothschild (1844-1884) voir branche dite « de Londres »
        • Hannah von Rothschild (1850-1892)
        • Margarethe von Rothschild (1855-1905) x 1878 : Agénor de Gramont (1851-1925)
        • Bertha Clara von Rothschild (1862-1903) x 1882 : Alexandre Berthier, 3e prince de Wagram (1836-1911)
      • Adolph Carl von Rothschild (1823-1900) x 1850 : Julie von Rothschild (1830-1907) (voir branche dite « de Vienne »), il fait construire le château de Pregny par George H. Stokes et Joseph Paxton entre 1858 et 1859
      • Wilhelm Carl von Rothschild (1828-1901) x 1849 : Mathilde von Rothschild (1832-1924)
        • Adelheid von Rothschild (1853-1935) x 1877 : Edmond de Rothschild (1845-1934) (voir branche dite « de Paris »)
        • Minna Caroline von Rothschild (1857-1903) x 1878 : Maximilian Benedict Goldschmidt (1843-1940) (Goldschmidt-Rothschild en 1878, baron von Goldschmidt-Rothschild en 1903)
          • Lili von Goldschmidt-Rothschild (1883-1925) x 1906 : Philipp Schey von Koromla (1881-1929) (voir branche « von Worms »)

Branche dite « de Londres »

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Branche dite « de Paris »

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Branche dite « de Genève »

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Théories du complot

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Les accusations prétendant que les Rothschild auraient orchestré ou financé secrètement les conflits mondiaux relèvent de stéréotypes antisémites largement diffusés depuis le XIXe siècle[83],[39]. En effet, le secret ne constitue pas un fait historique établi, puisque le crédit financier à des pays en guerre, tout comme les bénéfices liés aux monopoles d'exploitation de métaux utilisés par l'industrie militaire, sont de notoriété publique[41],[18].

Fausses informations

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En 1847, Georges Dairnvaell est l'un des premiers à diffuser des théories du complot concernant l'enrichissement rapide des Rothschild dans un pamphlet antisémite titré « Histoire édifiante et curieuse de Rothschild 1er, Roi des Juifs »[84], tout comme, en 1936, un article d'Augustin Hamon publié dans L'Humanité sous le titre « Et voici les 200 familles »[85].

Ces théories et fausses informations sont encore largement diffusées au XXIe siècle[86] et semblent avoir été exacerbées par la crise du Covid-19 de 2020[87].

Incitations au crime

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Des croix gammées, des slogans antisémites se terminant par l'injonction « Tuez les Rothschild » se retrouvent tagués le , sur le socle de la statue de la République, place de la République à Paris[88]

Génétique

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Les mariages consanguins systématiques pendant deux siècles ont perpétué la génétique de la famille[41]. Les hommes issus de la famille Rothschild appartiennent à l'haplogroupe J2a1-L210[89],[90],[91], une sous-classe de l'haplogroupe J. 20 % des Juifs ashkénazes appartiennent en effet à cet haplogroupe[92].

Autres dynasties notables

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Outre les Rothschild, plusieurs dynasties notables ont marqué l'économie en Occident entre le XVIIIe et le XXe siècle, dont :

Notes et références

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  2. La date du 29 septembre 1822 est fournie par une notice historique trouvée sur le site du Groupe LCF Rothschild. La Wikipedia anglophone, dans l'article en:Rothschild family, indique quant à elle une élévation à la baronnie par l'empereur d'Autriche en 1816 pour quatre des frères et en 1818 pour le dernier (Nathan Mayer, fondateur de la branche dite « de Londres »).
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  77. Le wikipédia anglophone donne à tort Moses Haim Montefiore (en) (1784-1885, sheriff de Londres, qui s'illustra notamment durant l'affaire de Damas) comme étant le gendre du patriarche Rothschild, en le prétendant marié avec Henriette. Cette assertion semble largement démentie par diverses sources, qui donnent par exemple comme épouse pour ledit Moses une certaine Judith Cohen, « belle-sœur de Mayer Amschel Rothschild » (Foundation for the Advancement of Sephardic Studies and Culture), assertion elle aussi à prendre avec précautions, en remarquant juste que le fondateur de la branche dite « de Londres », Nathan Mayer Rothschild (1777-1836), était marié avec une Hannah Barent Cohen et aurait éventuellement pu avoir un lien de parenté par alliance avec ledit Moses Haim Montefiore (ce qui semble confirmé par la biographie de Montefiore sur le site de The Jewish Agency for Israel, qui nous apprend en outre qu'Abraham Montefiore était son frère, ce qu'on pouvait supposer).
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Voir aussi

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Bibliographie

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Les trois volumes suivants sont indissociables et vendus en coffret. Ils sont publiés sous la direction de Pauline Prévost-Marcilhacy. La liste des nombreux auteurs est disponible sur le site des éditions Somogy (Liste des auteurs).

  • Pauline Prévost-Marcilhacy (dir.), Les Rothschild. Une dynastie de mécènes en France : 1873-1922, vol. 1, Paris, Louvre éditions, BNF éditions, Somogy Éditions d'art, , 319 p. (ISBN 978-2-7572-0212-8).
  • Pauline Prévost-Marcilhacy (dir.), Les Rothschild. Une dynastie de mécènes en France : 1922-1935, vol. 2, Paris, Louvre éditions, BNF éditions, Somogy Éditions d'art, , 383 p. (ISBN 978-2-35031-538-6).
  • Pauline Prévost-Marcilhacy (dir.), Les Rothschild. Une dynastie de mécènes en France : 1935-2016, vol. 3, Paris, Louvre éditions, BNF éditions, Somogy Éditions d'art, , 495 p. (ISBN 978-2-7177-2432-5).
  • Herbert R. Lottman, La dynastie Rothschild, Paris, Le Seuil, 1998.
  • Luc Mary, Les Rothschild : splendeur et misère d'une dynastie, Éditions Talent, coll. « Biographies », (ISBN 978-2-37815-391-5).

Articles connexes

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Liens externes

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