La famille Terrasse est une famille française emblématique de la vie artistique de la Belle Époque, notamment à travers la musique de Claude Terrasse et les tableaux du peintre Pierre Bonnard.

Famille Terrasse
lignée Terrasse-Bonnard
Image illustrative de l’article Famille Terrasse
L'Après-midi bourgeoise - La Famille Terrasse, par Bonnard (1900)

Origine Drapeau de Lyon Lyonnais
Récompenses civiles Légion d'honneur
Récompenses militaires Croix de guerre 1914-1918, Médaille d'honneur des épidémies

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs de ses membres se sont distingués dans des domaines variés tels que la soierie, la musique, les arts plastiques, la médecine, l’histoire de l’art et la fonction publique.

Cet article est consacré à la lignée familiale du compositeur de musique Claude Terrasse (1867-1923) et de son épouse Andrée Bonnard, sœur du peintre Pierre Bonnard (1867-1947).

La famille Terrasse et Pierre Bonnard font partie de l'histoire de l'art des XIXe et XXe siècles[1],[2],[3],[4],[5].

Origines

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Le plus lointain ancêtre connu de la famille exerce la profession de meunier au XVIIe siècle au moulin de Fougères. Pendant les deux siècles qui suivent, les Terrasse sont fixés dans le Rhône, entre Beaujolais et Lyonnais[4].

Claude-Marie Terrasse s'établit en 1853 à L'Arbresle, alors en plein essor grâce à l'industrie de la soie. A la suite de son père, fabricant d'étoffe, il exerce comme tisseur de soie, avant de prendre la direction du comptoir des soieries Mancardi, qui répartit la soie aux tisseurs de la vallée de l'Azergues[6].

À la fin du XIXe siècle, son fils, le compositeur Claude Terrasse, quitte L'Arbresle pour vivre à Lyon puis Arcachon. Par la suite, il fréquente les Nabis et l'avant-garde littéraire de la capitale, où il devient une figure marquante de la vie culturelle parisienne de la Belle Époque[6].

Filiation

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Cimetière de Montmartre, division 30 :
Tombe des familles Mertzdorff et Terrasse : Claude, Andrée née Bonnard, Jean, Charles, Robert, Marcel

Personnalités

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Familles alliées

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Postérité iconographique

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Pierre Bonnard a une affection particulière pour la famille Terrasse, et notamment pour ses neveux et nièces, qu'il représenta souvent[15],[16],[17],[18].

Sa soeur Andrée, mariée au compositeur Claude Terrasse fut, avec sa cousine Berthe, la figure féminine prédominante de son oeuvre, avant la rencontre de sa femme, Marthe, en 1893 : « Musicienne passionnée, sa première maternitée donne l'occasion à Bonnard de multiplier les peintures, dessins ou lithographies sur ce thème illustrant les moments d'harmonie familiale qu'il partage avec le couple »[19].

Pour les Nabis, le quotidien mérite lui-aussi d'être représenté. C'est pourquoi l'oeuvre de Bonnard abonde en peintures de sa famille, qu'il représente dans des atmosphères intimes, tirées bien souvent de souvenirs vécus dans le Dauphiné, au Clos du Grand-Lemps, dans la maison de sa mère : « Les enfants Terrasse sont un des sujets de prédilection de Bonnard en peinture. Ils incarnent de parfaits modèles pour lui qui recherche la spontanéité et le naturel »[20].

Selon l'historien de l'art Nicholas Watkins : « Les enfants Terrasse ont ouvert une gamme de nouveaux sujets pour Bonnard. Affectueux, amusant et informel, il s'est senti près d'eux [...] »[21].

L'Après-midi bourgeoise - La Famille Terrasse

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L'Après-midi bourgeoise, ou La Famille Terrasse, par Pierre Bonnard, 1900.

Servane Dargnies, conservatrice au Musée d'Orsay, précise que L'Après-midi bourgeoise met en scène la famille Terrasse dans le jardin de la maison du Grand-Lemps, demeure familiale à laquelle Bonnard était très attaché. Elle ajoute : « Tout jusqu'au titre du tableau signale l'appartenance au monde bourgeois, mais particulièrement le choix du lieu où la famille se réunit, le jardin clos, prolongement du foyer. Il est le cadre du bonheur tranquille de la vie de propriétaire ». Une quiétude domestique que Bonnard caractérise par la douceur ambiante, la nonchalance des positions, le jeu avec les enfants ou les animaux de compagnie et l'intimité familiale[5].

Toutefois, selon l'universitaire Rachel Lauthelier-Mourier, le nom de L'Après-midi bourgeoise fut donné par Bonnard de façon parodique à ce tableau après que L'Après-Midi d'un Faune, de Stéphane Mallarmé, eut été mis en musique par Debussy. Le deuxième nom du tableau, La Famille Terrasse, joue quant à lui sur le nom de famille mis en rapport à l'espace de la terrasse comme élément classique des tableaux de famille depuis le XVIIIe siècle[2].

Enfin, selon le Musée d'Orsay, ce tableau s'inscrit dans la tradition du portrait de groupe, à la suite par exemple de La Famille Bellelli, de Degas. Le musée y relève également l'inspiration naïve de Douanier Rousseau, ou encore du tableau Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte, de Georges Seurat[22].

Sont représentés : Claude Terrasse (à gauche), Andrée Bonnard (en rouge), M. et Mme Prudhomme (amis du couple et parrain et marraine de Charles), Jean, Charles, Robert, Eugénie et Renée Terrasse, Elisabeth Mertzdorff (la mère d'Andrée, en arrière-plan) ainsi qu'une nourrice (au premier plan)[22],[5].

Représentations de la famille

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Charles et Jean Terrasse, par Pierre Bonnard
Eugénie Terrasse, par Pierre Bonnard
Renée Terrasse, par Pierre Bonnard
Les enfants Terrasse, par Pierre Bonnard
Claude Terrasse et Andrée Bonnard, par Pierre Bonnard
Autoportrait de Pierre Bonnard
Famille Terrasse, par Pierre Bonnard
Andrée Bonnard au piano, par Pierre Bonnard
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Les enfants Terrasse au verger, par Pierre Bonnard.
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Les enfants Terrasse dans le parc du Clos du Grand-Lemps, par Pierre Bonnard.
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Les enfants Terrasse dans le parc du Clos du Grand-Lemps en hiver, par Pierre Bonnard.
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Le déjeuner des enfants Terrasse, par Pierre Bonnard.
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Les enfants Terrasse au verger du Clos, par Pierre Bonnard.
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La cueillette des pommes (enfants Terrasse), par Pierre Bonnard.
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Les enfants Terrasse à la cueillette des pommes au Grand-Lemps, par Pierre Bonnard.
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Andrée Bonnard avec ses chiens, par Pierre Bonnard.
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Partie de croquet (Claude Terrasse, Andrée Bonnard et son père), par Pierre Bonnard.
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La petite fille au chat (Renée Terrasse), par Pierre Bonnard.
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La Sieste ou Dans un jardin méridional (Marthe Bonnard et les nièces Terrasse), par Pierre Bonnard.
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Jeune fille au chien dans le parc du Grand-Lemps (nièce Terrasse), par Pierre Bonnard.
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Enfant à table (Jean Terrasse), par Pierre Bonnard.
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Intérieur : Les enfants Terrasse, par Pierre Bonnard.
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La famille du compositeur Claude Terrasse dans le jardin, par Pierre Bonnard.
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Portrait de Claude Terrasse (avec ses fils Jean et Charles), par Pierre Bonnard.
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Andrée Terrasse et son fils Jean par Pierre Bonnard.

Impact sur le droit d'auteur

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A la suite de la mort de Pierre Bonnard, en 1947, la famille Terrasse défend l'intégrité de l'atelier de l'artiste contre le risque de dispersion des oeuvres non divulguées de ce dernier, face aux ayants droit de son épouse, Marthe Bonnard[23].

Menée de concert avec le marchand d'art Daniel Wildenstein et l'avocat Maurice Garçon, l'action judiciaire des consorts Terrasse aboutit à la reconnaissance de la prééminence du droit moral des artistes et du droit de divulgation sur le régime matrimonial. Depuis lors, une oeuvre inachevée ou non divulguée reste attachée à la personne de son auteur et se trouve ainsi exclue de la communauté de biens[24],[25].

Pour approfondir

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Bibliographie

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  • Philippe Cathé, Claude Terrasse, Hexaèdre éditeur, 2004.
  • Collectif, Les enfants Bonnard, Silvana Editoriale, 2022.
  • Marion Gayno (préf. Bruno Delarue), Bonnard - Le secret de la toque bleue, Terre en Vue, 2021.
  • Pierre Bonnard (préf. Alain Lévêque), Un sentiment qui tient le mur, L'Atelier contemporain, coll. « Studiolo », 2023
  • Rachel Lauthelier-Mourier, « Présence absente. Le père de famille dans le portrait bourgeois », Michel Wieviorka éd., La Famille dans tous ses états, Éditions Sciences Humaines, 2018, p. 239-271.
  • Jean-Pierre Samoyault, « Charles Terrasse (1893-1982) » in Bibliothèque de l'École des chartes, 1982, tome 140, livraison 2, p. 359-362.
  • Le Progrès, Plusieurs siècles de généalogie de la famille de Claude Terrasse retracés, Cathy Sol, .
  • Collection André Terrasse, Arthur Honegger / Maurice Crut, André Terrasse, Ducretet Thomson, 1959.
  • Françoise Heilbrun et Philippe Néagu, Pierre Bonnard Photographe, Philippe Sers Réunion des Musées nationaux, 1987.
  • Véronique Serrano, Enfances rêvées. Bonnard, les Nabis et l'enfance, Silvana Editoriale, 2022.
  • Collectif, Bonnard. Collection Antoine Terrasse, Osenat, 2015.
  • Le 1 Hebdo, Quand la famille se fond dans le décor, Servane Dargnies, 17 décembre 2025.

Filmographie

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Liens externes

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Notes et références

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Références

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  1. ↑ ANDRE CHASTEL, « BONNARD : l'enfant de volupté », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. 1 2 Lauthelier-Mourier, Rachel. « Présence absente. Le père de famille dans le portrait bourgeois », Michel Wieviorka éd., La Famille dans tous ses états. Éditions Sciences Humaines, 2018, p. 239-271.
  3. ↑ Rédaction, « Antoine Terrasse, petit-neveu du peintre et collectionneur », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  4. 1 2 Le Progrès, Plusieurs siècles de généalogie de la famille de Claude Terrasse retracés, Cathy Sol, .
  5. 1 2 3 Servane Dargnies, « Quand la famille se fond dans le décor », Le 1 Hebdo, no 574,‎ (lire en ligne)
  6. 1 2 Philippe Cathé, Claude Terrasse, L'Hexaèdre,
  7. ↑ Stéphane Voyant, « Il y a cent ans disparaissait le compositeur arbreslois Claude Terrasse », sur le site de l'hebdomadaire Le Pays roannais, (consulté le ).
  8. ↑ Jean-Gildas Marquer, « Orgues en France et dans le monde » (consulté le ).
  9. ↑ Martine Betremieux-Mayeur, « Orgue de Saint-Jacques-du-Haut-Pas » (consulté le ).
  10. ↑ Information publiée dans le quotidien La Voix du Nord du , et citée dans la revue L’Orgue, no 290, 2010, [lire en ligne].
  11. ↑ Rolande Falcinelli et la classe d'orgue du Conservatoire, Association des amis de l'Orgue, p. 42, 1981, [lire en ligne].
  12. ↑ Philippe Sauvage, « Philippe Sauvage - Une carrière au service de l'orgue… » (consulté le ).
  13. ↑ Faire-part de décès paru dans le quotidien Le Figaro le , [lire en ligne].
  14. ↑ France Huser, « Antoine Terrasse », sur le site du magazine Le Nouvel Observateur, (consulté le ).
  15. ↑ « 1947.01.08 Scène de famille », sur musee-leondierx.re (consulté le ).
  16. ↑ Rédaction, « Bonnard à Orsay Langueur, fraicheur et volupté », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. ↑ Rédaction, « L'oeil juste Lettres, dessins, aquarelles : la gloire de Pierre Bonnard ne cesse de grandir et sa grandeur de se vérifier », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ René-Jean, « L'exposition de Pierre Bonnard célèbre l'on des pins grands parmi les artistes contemporains », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. ↑ Véronique Serrano, Enfances rêvées. Bonnard, les Nabis et l'enfance, Silvana Editoriale, , p. 138.
  20. ↑ Collectif, Bonnard. Collection Antoine Terrasse, Osenat, , p. 71.
  21. ↑ https://www.tessier-sarrou.com/lot/2001/613627-pierre-bonnard-18671947-la-famnpp=20&
  22. 1 2 « L'Après-midi bourgeoise », sur Musée d'Orsay,
  23. ↑ Marine Vazzoler, « Le procès Bonnard », Le Journal des Arts,‎ (lire en ligne)
  24. ↑ Alain Ancian, « L’artiste, son œuvre et l’après… », Or Norme,‎ (lire en ligne)
  25. ↑ Françoise Cloarec, « Le mystère Marthe Bonnard », Dijon l'Hebdo,‎ (lire en ligne)