Famille de Charrière
La famille de Charrière, anciennement Charrière, est une famille noble subsistante vaudoise, originaire de Cossonay, mentionnée dès le XVe siècle, qualifiée de noble dans la première moitié du siècle suivant et prenant une particule au XVIIe siècle. La branche aînée complète, depuis 1897, son nom avec celui de Sévery.
| de Charrière | |
| Blasonnement | D'or à la bande de gueules chargée de trois étoiles, 2 et 1, en chef et d'un croissant en pointe, le tout du champ. D'or à la bande d'azur chargée de trois étoiles d'argent et d'un croissant du même. |
|---|---|
| Période | XIIe – XIXe siècles |
| Pays | Suisse |
| Fiefs tenus | Senarclens, Mex, Penthaz, Bournens, Alens, La Robellaz, Sullens, Sévery, Rovéréaz, Crausaz. |
| Demeures | château de Mex |
| Charges | Membres du conseil de Lausanne, du Grand Conseil vaudois, banderets de Cossonay, châtelains de Cossonay. |
| Fonctions militaires | Officiers au service de la France, de la Sardaigne, du Piémont, de la Russie |
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Elle ne doit pas être confondue avec les familles homonymes, l'une genevoise, l'autre savoyarde et une troisième en Chablais[1].
Histoire
modifierOrigines
modifierLa famille Charrière — elle ne prendra la particule qu'au XVIIe siècle[2] — est originaire de Cossonay, en pays de Vaud, où elle est mentionnée au XVe siècle[2],[3].
La famille établit sa filiation depuis 1475[4], année où elle obtient la bourgeoisie de Cossonay[2]. Cinq de ses membres sont banderets et châtelains de la cité, entre 1550-1798[2],[3].
La famille a donné plusieurs branches, dont l'une illégitime qui obtient la bourgeoisie de Bougy-Villars[3].
Claude est cosyndic de Cossonay en 1510[5].
Bourgeoisie et noblesse
modifierLa famille de Charrière est qualifiée de noble dans la première moitié du XVIe siècle, prenant la particule au siècle suivant[2]. Elle possède le droit de juridiction, c'est-à-dire d'exercer la justice, en 1584[4]. Elle est reconnue noble et enregistrée au parlement de Bourgogne, à Dijon, le [4]. Berne lui reconnue et maintient sa noblesse, en 1714[4].
Georges-François de Charrière († ), coseigneur de Penthaz et de Bournens et banneret de Cossonay, acquiert partiellement les deux coseigneuries de Mex et en devient le nouveau seigneur seigneurie de Mex, en 1585[5],[6]. Les deux fiefs sont réunis en 1652[6]. La seigneurie reste aux mains des Charrière jusqu’à son abolition en 1798, la famille possède ainsi les châteaux et leurs domaines de Mex, parfois dit château d'En-Haut, et celui d'En-Bas jusqu’en 1932[5],[6].
Claude-André de Charrière, fils de Georges-François, obtient la seigneurie de Penthaz[5], en 1589 et conservée jusqu'en 1798[2].
Sébastien de Charrière (1639-1720), à la suite de son mariage avec Elisabeth de Gruyère-Aigremont, obtient la seigneurie de Sévery[5],[7], donnant naissance à la branche des Charrière de Sévery[5]. Leur fils, Christophle (1682-1746), est l'auteur de la branche des seigneurs de Senarclens[5].
Elle obtient les bourgeoisies de Lausanne (1638), d'Yverdon (1712) et Sévery (1897 et bourgeoisie d'honneur en 1910)[3],[2],[4].
Louis de Charrière (1795-1874) est créé baron par diplôme du Grand Duc de Hesse, le [4].
Subsistance
modifierLa branche des Charrière de Sévery est subsistante[4]. Il est issu du mariage Sébastien de Charrière (1639-1720) et de son épouse Élisabeth de Gruyère-Aigremont, héritière de Sévery[5].
Personnalités
modifierLa famille compte plusieurs personnalités[2] :
- Cinq banderets et châtelains de Cossonay, entre 1550-1798 ;
- des représentants des Conseils de Lausanne et du Grand Conseil vaudois, au XIXe siècle ;
- des officiers au service de la France, de la Sardaigne, du Piémont, de la Russie :
- Henri de Charrière (1715 † ), officier au service de Sardaigne (1733-1790), participe aux campagnes des guerres de Succession de Pologne (1733-1738) et d'Autriche (1740-1748)[8].
- Charles de Charrière (1819 † ), officier dans l'armée russe (1841 à 1866), nommé attaché militaire à l'ambassade russe en Suisse (1862), Général-major (1866), commandeur de l'ordre de Saint-Stanislas (1859)[9].
- des négociants et des hommes d'affaires :
- Banque Charrière & Roguin, fondée en 1882.
- des précepteurs, des pasteurs, des érudits, une femme de lettres :
- Isabelle de Charrière (1740 † ), protestante, femme de lettres, épouse (1771) Charles-Emmanuel de Charrière, seigneur de Penthaz, sans descendance[10].
- Louis de Charrière (1795 † ), baron, historien, membre fondateur de la Société d'histoire de la Suisse romande (1837)[11].
- Frédéric de Charrière (1806 † ), frère du précédent, baron de La Sarraz, pasteur et historien[12].
Sceaux et armes
modifierLes armes de la famille de Charrière se blasonnent ainsi : D'or à la bande de gueules chargée de trois étoiles, 2 et 1, en chef et d'un croissant en pointe, le tout du champ.[7]
Cimier : un bras vêtu d'or tenant une épée d'argent[7].
Galbreath (1934) donnait également pour variante : D'or à la bande d'azur chargée de trois étoiles d'argent et d'un croissant du même.[7]
Cimier : un bras armé tenant une épée, le tout d'argent[7].
Galbreath (1934) mentionnait plusieurs armes de Charrière écartelées avec celles de leurs épouses (de Gruyère-Aigremont, de Seigneux, de Montherand)[7].
Possessions
modifierLes membres de la famille ont possédé plusieurs fiefs nobles et seigneuries en pays de Vaud[2],[3] : Alens (Cossonay ; XVe siècle), Boussens, Bournens (1589-1773), Crausaz (Gollion ; 1700-1798), Ittens, Mex (1585-1798), Penthaz (1589-1798), La Robellaz (Essertines-sur-Yverdon ; XVIIe siècle), Rovéréaz (Lausanne ; 1691-1744), Senarclens (1584-1798), Sullens (1665-1692), Sévery (1665-1798).
Notes et références
modifier- ↑ Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 1, Grenoble, Allier Frères, (lire en ligne), p. 370-371.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Pierre-Yves Favez, « de Charrière » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 5 Galbreath 1934, p. 118.
- 1 2 3 4 5 6 7 Diesbach Belleroche 2016.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Victor Attinger, Marcel Godet et Heinrich Türler, Dictionnaire historique et biographique de la Suisse, vol. 2, Baroffio-Equey, Neuchâtel, Administration du Dictionnaire historique et biographique de la Suisse, , 792 p. (lire en ligne), p. 501.
- 1 2 3 Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse, « Mex » [PDF], sur ISOS und Ortsbildschutz (consulté en ).
- 1 2 3 4 5 6 Galbreath 1934, p. 119.
- ↑ Vincent Perret, « Henri de Charrière » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Vincent Perret, « Charles de Charrière » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Daniel Maggetti, « Isabelle de Charrière. Belle de Zuylen » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ Maurice Meylan, « Louis de Charrière » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- ↑ « Charrière (Frédéric de) », sur davel.vd.ch - Inventaires des Archives cantonales vaudoises, .
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- « De Charière », Almanach généalogique suisse, vol. 5, , pp. 128-134 (lire en ligne).
- W. Charrière de Sévery, « de Charrière », Recueil de généalogies vaudoises, Lausanne, no 1, , p. 417-487.
- Louis de Charrière, David Martignier et Aymon de Crousaz, Répertoire des familles vaudoises qualifiées, de l'an 1000 à l'an 1800, Impr. G. Bridel, , 226 p. (lire en ligne).
- Donald Lindsay Galbreath, Armorial vaudois, t. I : A-H, Baugy-sur-Clarens, chez l'auteur, , 337 p. (lire en ligne).
- Albert de Montet, Dictionnaire biographique des genevois et des vaudois : tome premier « A - H », Lausanne, Georges Bridel, , 429 p. (lire en ligne), p. 154-159.
Fonds d'archives
modifier- P Frossard, « Charrière de Sévery (famille de) », 1647.01.01-1915.12.31 (Fonds), Archives cantonales vaudoises (lire en lige).
- Cote : P Charrière de Sévery. Intitulé : Charrière de Sévery (1331-1938 + s.d.), Archives cantonales vaudoises ([PDF] lire en lige).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Benoît de Diesbach Belleroche, « La noblesse en Suisse », sur www.diesbach.com, .