La famille du Chastel était une des familles nobles importantes du diocèse de Léon, dans le nord-ouest de la Bretagne, dont la seigneurie principale avait au XIVe siècle son siège au château de Trémazan, à Landunvez dans le Finistère et qui a donné plusieurs personnalités importantes qui ont servi les ducs de Bretagne et les rois de France.

Famille du Chastel
Image illustrative de l’article Famille du Chastel
Armes de la famille.
Blasonnement Fascé d’or et de gueules.
Devise "S'il plaît à Dieu"
Branches aînée :
Mezle,
Bruillac,
Kerlec'h,
Coëtangars
(Pont-ar-C'hastel),
Coetelez
Période XIIIe au XIXe siècle
Origine Bretagne
Demeures Château de Trémazan,
tour Tanguy
Charges grand maître de France,
grand écuyer de France,
grand maître d'Hôtel de Bretagne,
grand sénéchal de Provence,
prévôt de Paris,
gouverneur de Lyon,
chambellan du roi de France,
grand panetier du roi de France
Fonctions militaires lieutenant-général
Fonctions ecclésiastiques
évêque de Tréguier,
de Saint-Brieuc,
de Carcassonne,
d'Uzès,
de Nîmes,
archevêque de Vienne,
protonotaire du Saint-Siège
Preuves de noblesse
Montres 1491

Sa généalogie suivie commence avec Bernard de Castro, auteur d'un acte de 1274. Elle s'est éteinte avec la mort en 1865 de Gabriel-Victor du Chastel marié à la Martinique avec Marie d'Anglars de Bassignac.

Origine

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Le château de Trémazan.

Les du Chastel appartenaient à la haute noblesse bretonne du Moyen Âge et de la Renaissance, et comptaient parmi les quatre familles les plus importantes du Léon, qu'un ancien dicton caractérise en ces termes : « antiquité de Penhoët, vaillance du Chastel, richesse de Kermavan et chevalerie de Kergounadeac'h ».[réf. nécessaire]

Les fiefs du Chastel s'étendaient sur une grande partie du Léon. Landunvez est au cœur d'un territoire s'étendant sur 25 paroisses avec des juridictions à Brest, Lannilis et Cléder.[réf. nécessaire]

À la réformation de 1491, la famille du Chastel aurait justifié d'une ancienneté de quatorze générations. Dans l'hypothèse d'une continuité des générations, ceci permettrait de situer les premiers degrés au XIe siècle, ou avant dans le cas d'une discontinuité. Attester de quatorze générations devait être assez singulier et manifeste d'une certaine ancienneté du lignage car au début du XVIe siècle, les familles nobles étaient en mesure de prouver leur ascendance avec des actes mais sur trois à cinq générations en général[1]. La vita de Saint-Tanguy aurait fait remonter ce lignage jusqu'à l'époque de saint Tanguy de Locmazhé[2] qui aurait vécu au VIe siècle, et, bien que cette vita fut établie dans le cadre de l’élaboration d’une idéologie nobiliaire à l’usage d’un véritable « clan » léonard, André-Yves Bourgès, historien spécialisé dans l'hagio-historiographie médiévale, évoque la possibilité selon laquelle la réalité ait rejoint la fiction[3].

Les documents sur la montre de 1491 et la vita de Saint-Tanguy[3] ayant disparu, la Société académique de Brest, dans son bulletin de 1894, observant la récurrence du prénom Tanguy au sein du lignage, indique que pour nouer un lien avec le passé des du Chastel dont la légende de saint Tanguy de Locmazhé[4], qui serait mort en 592, fait partie, il a existé un ancien comte "Tanguy". Celui-ci apparait dans un acte du [5], d'après le cartulaire de Redon charte no 279, où il fit avec son filleul Derrien, fils d'Alain le Grand roi de Bretagne de 890 à 907, donation aux moines de Saint-Sauveur d'une terre à Elven. Le comte Tanguy est le gendre du roi de Bretagne Alain Ier qui, après sa réconciliation avec Judicaël prince de Poher et la mort au combat de celui-ci, s'illustre à la bataille de Questembert vers 888-890 où, avec l'aide de Bérenger II de Neustrie[note 1], il défait les Vikings ː

« Il existait dans ce temps entre Alain et Judicaël ducs des Bretons une grave contestation au sujet du partage du royaume. Les païens ayant trouvé les Bretons dans cette division, combattant chacun séparément pour son compte et non d’un général effort et se refusant l’un l’autre le secours comme si la victoire devait appartenir à chacun non à tous, éprouvèrent de graves échecs ; ils furent égorgés de tous côtés et toutes leurs possessions enlevées jusqu’à la rivière du Blavet. Alors enfin s’apercevant combien leur discorde leur avait été funeste et combien elle avait augmenté les forces de leurs ennemis ils se rallièrent mutuellement par des envoyés, convinrent du temps et du lieu du rendez-vous et réunirent pour faire la guerre leurs forces communes. Judicaël qui plus jeune était plus désireux d’illustrer son nom, sans attendre Alain engagea les combats avec ses compagnons, tua beaucoup de milliers d’ennemis, força le reste à se réfugier en un certain canton où iles ayant imprudemment poursuivis plus loin qu’il n’aurait dû, il fut tué par eux, ne sachant pas qu’il est bien de vaincre mais non de pousser plus loin la victoire, car le désespoir est à redouter. Ensuite Alain ayant rassemblé toute la Bretagne, fit vœu que si par la grâce divine, il parvenait à vaincre ses ennemis il consacreraient à Rome, Dieu et à St Pierre la dixième partie de tous ses biens. Tous les Bretons ayant également formé ce vœu, il s’avança au combat et en étant venu aux mains il fit un si grand carnage des ennemis que quinze mille qu’ils étaient auparavant à peine 4 000 regagnèrent-ils la flotte. »

 Annales de Metz[6].

Le comte "Tanguy" est donc un comte de l'époque carolingienne, beau-frère de Mathuedoï, comte de Poher, père d'Alain II de Bretagne, dit « Barbetorte » (signifiant à la barbe mal plantée ou hirsute[7]); ces derniers se sont exilés comme les principaux membres de l'aristocratie bretonne depuis 919 à la suite des invasions normandes en Bretagne insulaire, notamment Alain II qui trouve refuge avec son père Mathuedoï à la cour de son parrain[8] Æthelstan roi des Anglo-Saxons et premier roi d'Angleterre à la suite de son unification, ou chez les Francs; avant de revenir en Bretagne armoricaine vers 935.

En 1231, Tanguy, fils Alterius, pourrait être le père de Bernard du Chastel (Bernardo de Castro). Frédéric Morvan fait remarquer que « cette succession Tanguy-Bernard n’est pas sans rappeler celle de la maison vicomtale de Poher, région où les Chastel disposaient d’importants biens[9],[10]. »[11]. André-Yves Bourgés note que « Quant à Bernard, il s’agit d’un nom qui se retrouve en alternance avec celui de Tanguy chez les vicomtes de Poher aux XIe – XIIe siècles »[3].

Francis Favereau, professeur des universités, CRBC Université Européenne de Bretagne, indique à l'article "vouloir" de son dictionnaire français-breton, que « mar car Doe » est la devise du comte du Poher qui signifie "Dieuleveult", or « Mar Car Doe » est la devise des "du chastel" telle qu'elle apparaît à de multiples reprises au sein du lignage[12].

En 1248, Bernard du Chastel (« nobili viro domino Bernardo de Castro ») se serait croisé aux côtés du duc Pierre de Dreux et du roi Saint Louis[13], ses armoiries ont été placées vers 1671 au pignon oriental de la chapelle du Crann à Spézet après une querelle de prééminence, afin de rappeler le rôle qu’il joua comme fondateur de la première chapelle après avoir échappé à la peste[14]. Différents ouvrages font référence à Bernard du Chastel comme batisseur du château de Trémazan à son retour de la septième croisade[15], l'analyse récente du bois dans la structure (datation dendrochronologique) du château indique une mise en œuvre vers 1330-1350, il s'agirait alors sinon d'une construction plutôt d'une reconstruction au XIVe s; cette datation scientifique est certainement à mettre en correspondance avec le fait que Raoul Caours, mercenaire au service du roi de France, s’empara de Trémazan en (ou vers) 1351 et saccagea les châteaux et les biens des Sires du Châtel[16], ce qui accréditerait la thèse d'une reconstruction.

Sceau équestre avec armoirie à 5 ou 6 fasces de Bernard du Chastel - 1274 - d'après Dom Morice.

Le , Bernard du Chastel apparaît dans un acte comme témoin garantissant la cession au duc Jean Ier de Bretagne d'un emplacement à « Penfeld / Penfeel » près de Brest[17] : « Il est naturel d'inférer que les seigneurs (de la maison du Châtel) étaient propriétaires de la Penfeld ou tout du moins d'un droit de parcours sur toute son étendue. » ,[note 2]; sous la forme « nobili viro domino Bernardo de Castro » (noble homme le seigneur Bernard du Chastel), acte auquel était appendu le sceau équestre reproduit par Dom Morice. Le , « Monsour Bernart dou Chastel, chevaler » est cité dans un acte où Hervé, vicomte de Léon vend au duc de Bretagne Jean Ier de la maison de Dreux, tout ce qu'il lui reste de son patrimoine[18],[note 3].

En l'absence des documents anciens précités, l'origine du nom "du Chastel" fait l'objet de plusieurs hypothèses. Il pourrait être lié à la seigneurie du Chastel en Plouarzel, non loin de Saint-Renan. L'ouvrage l'armorial et nobiliaire de l’évêché de Léon du marquis de Refuge[19] les mentionne comme « Sr dudit lieu, Par. De Ploëarzmel » (Plouarzel). Il ajoute : « La seigneurie du Chastel est une ancienne bachelerie relevant de la vicomté de Léon ». Frédéric Morvan, historien spécialiste de la Bretagne, dans son étude sur le Livre des Ostz indique, parmi les noms cités en 1294, celui d’Hervé du Chastel, et précise : « Les Du Chastel tirent, semble-t-il, leur nom de la seigneurie du Chastel, en Plouarzel, qui contenait le château de Pont-ar-C'hastel, relevant du duc depuis 1274. »[20]. Toutefois, le château de Pont-ar-C'hastel a été acquis le par Tanguy du Chastel et Bernard du Chastel est déjà cité en 1274 sans titre de "seigneur du chastel". André-Yves Bourgés note que « Bernard du Chastel » ne peut-être considéré comme un « homo novus », qu’il ne porte pas le titre de « seigneur du Chastel »[note 4] et que son nom « doit donc être considéré comme un surnom d’origine toponymique, un véritable patronyme. Il reste à déterminer à quel "château" ce surnom avait été emprunté : monument assez remarquable pour mériter d’être ainsi appelé ; mais la forteresse dont il s’agit n’avait pas pris le nom de son détenteur. »[3],[note 5].

En 1342 (ou 1343 cf acte avec Guillaume de Bohun), le , Tanguy Ier du Chastel reçoit par lettres patentes les fiefs, seigneuries, domaines et justices situés dans la paroisse de Saint-Pierre-Quilbignon; il est nommé la même année capitaine de Brest[21].

En 1342, le  : lors de la guerre de Succession de Bretagne ou guerre des deux Jeanne, qui dura de 1341 à 1364, déclenchée à la mort sans héritier du duc Jean III de Bretagne, Jeanne de Penthièvre et son oncle Jean de Montfort-l'Amaury, descendant de Jean Ier de Bretagne de la maison de Dreux (cf actes avec Bernard du Chastel), se disputent le duché et impliquent leurs conjoints respectifs Charles de Châtillon-Blois et Jeanne de Flandre dite Jeanne la Flamme dans le différend. Lorsque Jean de Montfort est fait prisonnier, Jeanne de Flandre prend la direction de ses armées et continue la lutte. Une trêve est conclue depuis Brest entre Jeanne et Charles de Blois selon un acte daté du où est cité Tanguy Ier du Chastel :

« Nous Jehane de Flandres, duchesse de Bretaingne, comtesse de Richemond, de Monffort et vicomtesse de Limoges, faisons savoir à touz que, oie la requête que nous a faite maestre Henri de Malestret de par nostre sire le roi de France… Donné tesmoen nostre grant sael et ensamble o le sael nostre très cher et très aemé et féal bachelier monseigneur Tengui dou Chatel nostre cappitaine de Brest, tant pour li que pour ceulx de la ville de Brest, et le sael nostre aemé et féal bachelier monseigneur Henri de Kaer, le vendredi amprès Reminiscere l'an mil trois cens quarante et un. »

 Arch. nat., Cote J 241B n°41 [note 6].

Édouard III, allié de Jeanne de Flandres et de Jean de Montfort, lui donne alors une armée de mille hommes d’armes et de deux mille archers sous les ordres de Robert III d'Artois[23].

« Guillaume de Bohun, Robert d'Artois… et autres seigneurs anglais débarquèrent avec leurs soldats à Brest. Jeanne alla les y recevoir avec Mauny, et deux expéditions furent résolues, l'une conduite par Gauthier de Mauny et Tanneguy (Ier) du Chastel et l'autre par Robert d'Artois. »

 Pitre-Chevalier[23]

En 1343, Edouard III institue John de Gastedene[note 7] comme capitaine de Brest et gardien de la vicomté de Léon. Quelques années plus tard, Guillaume de Bohun, lieutenant général du roi d'Angleterre en Bretagne, récompense le chef de guerre anglais Thomas Dagworth[note 8] avec des terres confisquées à Hervé VII de Léon. Il en fait de même au profit d'Henri de Kaer en 1350[24].

Lion portant sur une banderole la devise MAR : CAR : DOE, "S'il plait à Dieu". Gisant d'Auffray du Chastel par Roland Doré dans l'église de Landeleau, photographie de Jean-Yves Cordier.

Le , Tanguy du Chastel (Tanguino de Castello de Britannia) reçoit de Guillaume de Bohun comte de Northampton[note 9], lieutenant-général en Bretagne du roi Édouard III et par la suite gouverneur de Bretagne, le château de Coëtgarz (château de Pont-ar-C'hastel paroisse de Plouarzel, cité en 1275 comme maison de Quoitgarz vendu par Hervé IV de Léon au duc Jean Ier de Bretagne, il s'agissait donc probablement d'une résidence peu ou guère fortifiée[25]). Le don est confirmé par le roi Édouard III « roi de Englelerre et de France » le [26]. Ultérieurement, Guillaume sire du Chastel et de Coëtangars (sire du Chastel et de Pont-ar-C'hastel) sera cité[27].

L'acquisition du château de Coëtangars/Coëtgarz ou Pont-ar-C'hastel à Plouarzel faisant partie de la seigneurie du Chastel est daté du . Une datation dendrochronologique des éléments de bois conservés dans la structure, estime la construction (ou reconstruction) du château de Trémazan vers 1330-1350. Raoul Caours, mercenaire au service du roi de France, s’empare de Trémazan en 1351 et saccage les châteaux et les biens des Sires du Châtel[16]. La tour Tanguy, fondée selon la tradition par Tanguy Ier du Chastel date également du XIVe siècle.

Fiefs, châteaux, possessions

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La tour Tanguy de Brest bâtie par Tanguy Ier du Chastel.
L'hôtel de Tanneguy du Chastel à Recouvrance (dessin du XIXe siècle).
Titre Paroisse Commentaire
Fief du Chastel, ensemble comprenant les châteaux de Coëtangarz, Coëtgarz, ou Coëtangars appelé "Pont-ar-C'hastel" et de LezirivyPlouarzelCe fief a reçu le nom de la famille de son possesseur et non l'inverse[réf. nécessaire];

[note 10], [note 11].

Baron de TrémazanLandunvez[note 12]
La Motte-TanguyQuilbignonLe principal monument subsistant est la tour Tanguy de Brest[29].
Seigneur de Kerlec’hPloudalmézeau
Seigneur de KersimonPlouguin
Seigneur de CoëtivyPlouvien
Seigneur de LesnenSaint-ThualSaint-Thual est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouasne (Côtes-d'Armor)[30].
Seigneur du Bois-RaoulRenac
Seigneur du JuchPloaré
Seigneur de KersallionPommerit-Jaudy
Seigneur de TonquédecTonquédec
Seigneur de MezlePlonévez-du-Faouconfusion possible cf ci-dessous.
Seigneur de MezleMaël-CarhaixÉvêché de Cornouaille, citée comme annexée à la baronnie de Rostrenen dans un acte de 1682[31].
Marquis de MezleMaël-CarhaixÉvêché de Cornouaille[note 13].
Seigneur de ChateaugalLandeleau
Seigneur de GournoisGuiscriff
Seigneur de Bruilhac [Bruliec]Plounérin
Seigneur de Coëtangarz, Coëtgarz ou CoëtangarsDont la seigneurie du Chastel qui contenait le château Coëtgarz appelé "Pont-ar-C’hastel" acquis en 1343) paroisse de Plouzévédé (selon Potier De Courcy) ou Plouarzel (cf acte ).
Seigneur de KerbasquiouPloëzal
Seigneur de KeranrouxPlufur
Seigneur de KeraldanetLannilis
Seigneur de KeryvotMilizac
Seigneur de KermorinSaint-Thégonnec
Seigneur de Cran-huel, Cranhuel, Crannuhel (?)Spézet[32]La chapelle[note 14] a été réédifiée en 1535 comme en témoigne l'inscription du contrefort nord-ouest[14] par les Vieux-Châtel seigneur du Cranhuel[33] paroisse de Spézet ou les du Glas[34].
Seigneur de Kastell GallLandeleau
Baron de Marcé en Anjou
Vicomte de PommeritPommerit-le-VicomteIl y a aussi les seigneuries de Pommerit et Leslach situés à Spézet comme Cran-huel précité.
Vicomte de la BellièrePleudihen-sur-Rance

Principales personnalités

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Une représentation imaginaire de Tanguy du Chastel. Chalcographie d'Aliprando Caprioli vers 1596/1600. Bibliothèque municipale de Trente.

Des membres de la famille du Chastel ont joué un rôle de premier plan en Bretagne et en France.

Tanguy Ier du Chastel

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Le Prince Noir, fils d'Edouard III d'Angleterre et de Philippa de Hainaut avait pour précepteur Gauthier de Mauny compagnon d'armes de Tanguy Ier du Chastel.

Tanguy (ou Tanneguy) Ier du Chastel, lieutenant général des armées anglo-bretonne de Jean de Montfort (cité dans l'acte de 1274 avec Bernard du Chastel) lors de la guerre de Succession de Bretagne. A ce sujet, il écrivit au roi : « Sire, je n'ai certes jamais eu dessein de porter les armes contre votre Majesté. Je me suis seulement mis en défense contre Charles de Blois qui veut ma ruine parce que je soutiens le parti de mon seigneur lige et issu du vrai sang de Bretagne et je continuerai, Sire, de me défendre si votre Majesté ne m'ordonne le contraire, la suppliant de m'accorder l'honneur de sa protection. »

En 1341, Hervé VII de Léon[note 15] embrasse d’abord le parti du comte de Montfort, et défend en 1341 la ville de Nantes, assiégée par les Français et les Génois. Il va ensuite trouver Charles de Blois qui lui donne le commandement du premier corps de son armée ainsi qu’à Louis d’Espagne et au vicomte de Rohan. Ils assiégèrent et s’emparent d'Hennebont et de Carhaix. Hervé se retire ensuite au château de Porléach en Trégarantec, où il est surpris par Gautier de Mauny, compagnon d'armes de Tanguy Ier du Chastel[36].

Bernard du Chastel

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Bernard du Chastel, fils de Tanguy (Ier). En 1355, le roi d’Angleterre Édouard III ordonne à Bernard du Chastel, fils de Tanguy, de remettre tous ses châteaux au duc de Lancastre Henri de Grosmont (fils d'Henri de Lancastre et de Maud Chaworth)[25].

Garcis ou Garsiot du Chastel

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Garsis[37] (alias Garsiot[38], Gracien[39], Garsin[40],[37]),[note 16] du Chastel, aurait été seigneur de la terre « du Bois » qui fut appelée à cause de lui en français « le bois de Garsis » soit « Coëtengars » en Breton[40],[note 17]. Garsis aurait été le frère de Tanguy II du Chastel seigneur de la Roche-Droniou[note 18], compagnon de Bertrand du Guesclin. Garsis servit le roi d’Angleterre Édouard III en 1366, contribua à la victoire de la bataille de Nájera (Navarette) en 1367 aux côtés d'Hugues de Calveley. Il fut commandant d’une compagnie libre qui servit le prince de Galles Édouard de Woodstock (le « Prince Noir »). Il servit également Louis Ier d'Anjou, qui le fit son maréchal (« maréchal de l’ost »[43]) et général d’armée[37]. Dans le cadre d’une vaste reconquête de la Bretagne sous le roi Charles V le Sage, Garsis participa au siège de Derval en 1373 avec du Guesclin et Louis Ier d’Anjou ; le château appartenait alors à Robert Knolles [note 19]

Gassion ou Gassin du Chastel

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Gassion[44] ou Gacien du Chastel[45], chevalier attesté en 1369, probable sénéchal d’Agenais, gouverneur de Marmande, Caumont, Montpouillan, Samazan, Bouglon en 1372 et 1374, Le Puech, Villefranche, Gontaut, Damazan et Faolhec.

Guillaume II du Chastel

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Sur fond de tente fleurdelisée (le royaume de France), un lion (emblème du comté de Flandre relevant du duc de Bourgogne Jean sans Peur) porte un puissant coup de patte à un loup (le duc Louis Ier d'Orléans dans la maison duquel Guillaume II et Tanguy III furent élevés) qui se hasardait à happer une couronne vacillante. Enluminure d'inspiration bourguignonne, XVe siècle, Bibliothèque nationale autrichienne, Vienne.

Guillaume II du Chastel, né à Trémazan vers 1364, élevé avec son frère Tanguy III dans la maison de Louis Ier d'Orléans[note 20],[36] (Louis d'Orléans est l'arrière-grand-père du roi François Ier), chambellan du Roi Charles VI et du duc d’Orléans, il est capitaine des châteaux de Guérande et de Saint-Nazaire. En le duc dépêche Guillaume du Chastel face à une flotte espagnole composée de 21 navires dont 19 galères qui tentent de débarquer sur le littoral, les espagnols n’osent pas débarquer et sont repoussés avant de regagner l’Espagne. Le ou à Montendre, il fait partie des 7 chevaliers français vainqueurs contre 7 anglais lors du combat des Sept. Il est cité par Christine de Pizan dans sa composition de trois ballades relatant l'évènement[46] : « (le) bon seigneur du Chastel qui amez este de ceulx qui ont tout bien empris » En , Jean de Penhoët, amiral de Bretagne et capitaine de Morlaix, en compagnie de Guillaume II du Chastel, bat les Anglais « à la hauteur de Saint-Mahé (Pointe Saint-Mathieu) dans une grande bataille navale où l'ennemi perdit mille prisonniers, quarante navires et une caraque lourdement chargée. En 1404, selon la chronique du Religieux de Saint-Denis, Guillaume du Chastel mène deux expéditions punitives contre les anglais qui se livrent au pillage sur les côtes de France. Fin 1404, les anglais s’emparent d’une dizaine de bâtiments. Guillaume du Chastel, le sire de Penhoët et son fils Jean, amiral de Bretagne, arment 30 vaisseaux à Roscoff sur lesquels embarquent 1 200 hommes d’armes, arbalétriers et troupes légères envoyées par Olivier V de Clisson. Les anglais tentent de s’enfuir, puis se rendent au bout de 6 heures de combat avec la perte de 1 000 hommes et 1 000 prisonniers. Il attaque et ravage ensuite Jersey, Guernesey et Plymouth. Il arme ensuite une flotte de 300 voiles à Saint-Malo chargée de 2 000 écuyers et chevaliers. Le commandement partagé entre les sires de Chateaubriant, de la Jaille et du Chastel provoque l'échec de l'expédition. Il tombe en 1404 à Darthmouth, défendue par 6 000 soldats[47]. La Chronique du religieux de Saint-Denis le décrit comme représentant la fleur de la chevalerie, d'un caractère bouillant, impétueux et fier. Lors de l'expédition contre Darthmouth, il se fit remarquer dans cette sanglante mêlée où « il brandissait vigoureusement une lourde hache d'armes, et comme il était d'une haute stature et d'une force prodigieuse, tous ceux qu'il atteignait étaient frappés à mort ou dangereusement blessés. A la fin épuisé de fatigue et ne pouvant plus combattre, mais ne voulant pas se rendre, il tomba lui-même percé de coups »[48]. Michel Pintoin, considéré comme l'auteur principal de ladite chronique, fait un éloge appuyé du connétable Louis de Sancerre et de Bertrand du Guesclin, ainsi rares sont les hommes qualifiés de « Milicie gallicane splendor inextinguibilis probatis… », l'expression est en partie reprise à propos de l’amiral Jean de Vienne, en 1396, et de Guillaume du Châtel, tous deux morts au combat[49].

Guillaume II du Chastel avait épousé Marie du Pont-l'Abbé vers 1400[50], dame de Gournoise en Guiscriff (†1421). Elle épousa en secondes noces Olivier de Mauny[21](cousin de Du Guesclin), lui-même marié au préalable à Ade de Roye.

Tanneguy III du Chastel

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Lors de la prise de Paris par les Bourguignons fin mai 1418,Tanneguy III du Chastel sauvant le Dauphin, futur Charles VII.
Tanneguy du Chastel enlève précipitamment le dauphin Charles (alors âgé de quinze ans mais figuré ici comme un petit enfant en chemise fleurdelysée) pour l'amener à la Bastille Saint-Antoine et lui permettre ainsi de quitter la capitale.

Tanneguy III du Chastel, né à Trémazan vers 1368-1369 et mort à Beaucaire en 1458, est élevé avec son frère Guillaume II dans la maison de Louis Ier d'Orléans[note 20]. il fait ses premières armes en 1399 en Guyenne contre les anglais. Il aurait été envoyé dans le Milanais par le duc d’Orléans. En 1404 pour venger son frère Guillaume, il passe en Angleterre avec 400 hommes, ravage Saint-Hélier à Jersey, débarque à l’embouchure de la Tamise et sème la terreur sur les côtes anglaises pendant 8 semaines et saccage Darthmouth. En 1405 à Penmac’h, il s’oppose à une descente des anglais qui veulent brûler la flotte du comte de la Marche (Jacques II de Bourbon.

Tanguy IV du Chastel

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Tanneguy IV du Chastel, est vicomte de la Bellière, gouverneur du Lyonnais, du Roussillon et de Cerdagne, sénéchal de Provence. Réfugié en Bretagne, il devient grand maître d'hôtel du duc François II de Bretagne, puis chambellan du roi de France Charles VII. Il est un fidèle du duc de Bretagne François II qui le nomme capitaine de Nantes. Grand sénéchal de Provence, il est un proche du roi René d'Anjou, comte de Provence, qu'il soutient financièrement dans les moments difficiles. Il passe ensuite au service du roi Louis XI en 1468, et en devient le principal conseiller.

Tanguy IV était un fin lettré, dont on a conservé plusieurs manuscrits et rondeaux[51]. Avec son épouse Jeanne Raguenel de Malestroit, ils forment l’un des premiers grands couples de bibliophiles connus. Catherine de Coëtivy parente de Tanguy (petite-fille de Catherine du Chastel) apprend à lire avec sa mère Marie de Valois (fille de Charles VII et d’Agnès Sorel, élevée au château de Taillebourg par Catherine du Chastel[52]) dans des livres d’heures. Elle est confiée par Louis XI à Jeanne Raguenel de Malestroit pour parfaire son éducation[53]. Catherine de Coëtivy se maria à Antoine de Chourses[note 21], chambellan de Louis XI et gouverneur de Béthune. Bibliophile, il commanda le manuscrit "Somme abregiet de theologie" réalisé à Hesdin. Tanguy IV du Chastel perd la vie au siège de Bouchain (Nord) en Picardie, où Il fut tué d'un coup de fauconneau le au cours d'une guerre contre le duché de Bourgogne, après la mort de Charles le Téméraire. Louis XI le fit inhumer à Notre-Dame de Cléry, où lui-même se fera enterrer en 1483.

Tanguy IV ? du Chastel

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Tanguy (IV ?) du Chastel est désigné en 1462 avec Jean de Lorraine, comte d'Harcourt comme tuteur des mineurs de Rohan par le duc de Bretagne François II (testament d'Alain IX de Rohan en 1462)[54].

Guillaume III du Chastel

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Guillaume III du Chastel, frère de Tanguy IV, Grand panetier de Charles VII, écuyer du dauphin, le futur Louis XI. Il fut tué le , en défendant le passage de l'Oise contre les Anglais, pendant le siège de-Pontoise. En récompense de ses services, le roi ordonna qu'il fût « ensépulturé à Saint-Denis ».

Jehanne du Chastel

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Jehanne du Chastel († 1479), sœur de Tanguy IV, mariée vers 1444 avec Yvon IV de Quelen et Vieuxchastel, né avant 1420, mort en [21].

Jean du Chastel

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Jean du Chastel, frère de Tanguy IV, protonotaire apostolique, archevêque de Vienne (nommé en 1446), administrateur de l’évêché de Nîmes (), abbé de Saint-Léonard de Ferrières (ancien diocèse de Poitiers) (1454). Après la mort en 1455 de Jean d'Étampes (évêque de Carcassonne), les chanoines de la cathédrale élisent Geoffroy de Basilhac leur confrère, mais Jean du Chastel est nommé par le Pape. Geoffroy cède l'évêché à Jean et est fait évêque de Rieux. Jean est évêque de Carcassonne en . Jean du Chastel décède le dans sa maison prévôtale de la cathédrale de Toulouse, et est inhumé le suivant, en la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne[55].

Christophe du Chastel

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Christophe du Chastel, archidiacre de Léon, est nommé évêque de Tréguier par Paul II. Il prend possession de son évêché le et prête serment au duc de Bretagne l'année suivante. En , il reçoit dans sa cité épiscopale la visite de Charles de Guyenne, le frère du roi Louis XI. Il meurt le .

Olivier du Chastel

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Olivier (III) du Chastel est évêque de Saint-Brieuc de 1506 à sa mort le .

Manuscrits de la famille du Chastel

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Tanguy (IV) du Chastel et Jeanne Raguenel-Malestroit

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Jean Fouquet, "César traverse le Rubicon", XVe siècle, du manuscrit de l'Histoire ancienne jusqu'à César et Faits des Romains au musée du Louvre.
Initiale historiée représentant le roi Mithridate recevant un messager des Romains, tirée de l'Histoire ancienne jusqu'à César, vers 1474. Auteur : Maître de Tanguy du Chastel. Source: Bibliothèque de Rennes Métropole, publié sur le site les Tablettes rennaises (cote MS2331).

Roseline Claerr, archiviste paléographe, ingénieur de recherche CNRS en analyse de sources anciennes, a réalisé une étude sur l’un des premiers grands couples de bibliophiles connus que furent Tanguy IV du Chastel et sa femme Jeanne Raguenel-Malestroit en relevant la composition de leur « librairie ». Avec un appétit insatiable pour les manuscrits enluminés, Tanneguy commanda de nouveaux livres, et en 1476, il a reçu de nombreux manuscrits confisqués à Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, héritier d'une grande partie de la bibliothèque de Jean de Berry. L'importante bibliothèque de Chastel est maintenant dispersée, avec de nombreux volumes conservés dans les bibliothèques nationales de Paris et de Vienne, en Autriche (Österreichische Nationalbibliothek).

Bibliothèque réf. Auteur Titre Traducteur
commentaires
Chantilly musée Condé
Paris BnF Fr.
722
50 et 51
Vincent de BeauvaisMiroir historialsite Calames
Chantilly musée Condé882Chartier A.Le Quadrilogue invectifsite Calames
La Haye Museum Meermanno-Westreenianum10 A 17Jehan de CourcyLa Bouquechardière
Oxford Bodleian Library Douce352BoeceLivre de Consolacion
Oxford Bodleian Library RawlinsonD 876-877Valerius MaximusFacta et dicta memorabiliaSimon de Hesdin
Nicolas de Gonesse
Paris Arsenal3514Jehan de CourcyLa Bouquechardière
Paris BnFFr. 25Saint AugustinLa cité de DieuRaoul de presles
Paris BnFFr. 569Brunetto LatiniLe Trésor
Paris BnFFr. 723Leonardo BruniPremière guerre puniqueJean Le Bègue
Paris BnFFr. 738Valerius MaximusFacta et dicta memorabiliaSimon de Hesdin
Nicolas de Gonesse
Paris BnFFr. 1276Honoré BovetL’Arbre des batailles
Paris BnFFr. 2663-2664FroissartChroniques
Paris BnFFr. 6354-6359Vincent de BeauvaisMiroir historialJean de Vignay
Paris BnFFr. 9186Le MignonRecueil
Paris BnFFr. 12781Débat de Fortune et de Vertu devant Raison
Paris BnFFr. 17270Grandes Chroniques de France
Paris BnFFr. 22532Barthélémy l’AnglaisLe Livre des propriétés des chosesJean Corbechon
Paris BnF Nlle Acq.Fr. 21013Flavius JosèpheLes Antiquités judaïques
De la Guerre des Juifs
Traducteur anonyme
Vienne ONB2544Valerius MaximusDictorum factorumque memorabilium libri IX
Vienne ONB2551Philippe de MézièresSonge du viel Pelerinsite Gallica[56]
Vienne ONB2552-1553Ludolphe de SaxeVie de N.S. Jésus Christ
Vienne ONB2555BoccaceDes cleres et nobles femmes
Vienne ONB2559PetrarqueDes remèdes de l’une et l’autre fortuneNicolas Oresme
Vienne ONB2560BoccaceDes cas des nobles hommes et femmesLaurent de Premierfait
Vienne ONB2603WaceLe roman de Brut
Collection
particulière
Histoire ancienne jusqu’à CésarL'exemplaire de la bibliothèque de Rennes appartenait à Tanguy (IV) du Chastel et Jeanne Raguenel-Malestroit. Il a été racheté début 2011 pour 280 000 euros. Jean Fouquet en a enluminé une version aujourd'hui démembrée et réduite à cinq miniatures.

Jean-Luc Deuffic historien médiéviste, complète cette liste :

Bibliothèque Auteur Titre Commentaires
New York Public Library
(ref ː Spencer 041
Histoire ancienne jusqu’à CésarEn deux volumes de 240 et 198 f. 392 x 280 mm. Seconde moitié du XVe siècle.
Collection
particulière
Histoire ancienne jusqu’à CésarEn français; présenté en 2002 par la librairie Heritage Book Shop, Inc. de Los Angeles (CA).
376 f. 341 x 252 mm. Armes de Tanguy du Chastel et de Jeanne Raguenel-Malestroit au f. 1.
Passé ensuite au château d’Anet. 2 col. 41 lignes. Manquent f. entre 136 et 137, 151 et 153, 365 et 367 (voir le Catalogue des manuscrits trouvez après le décès de Madame la Princesse, dans son Château Royal d’Anet, 1723)
Vente Christie’s, London, , lot 13.
Collection
particulière
Mansel J.La Fleur des Histoires375 f. 345 x 250 mm.
Passé dans les collections du château d'Anet (Diane de Poitiers).
Ventes Sotheby’s du (lot 20).
Ventes Christie’s du (lot 86).
Collection
particulière
Livre d’heures à l’usage de Rouen116 f. 182 x 127 mm.
Vente Sotheby’s du (lot 62).
Voir un autre Livre d’heures (artiste tourangeau) du catalogue Quaritch d’ (lot 423), 145 f., donné comme provenant d’un du Chastel[52].

Autres références :

Bibliothèque Titre Traducteur / commentaires
Collection
particulière
Livre d'heures (de Tanguy IV du Chastel) à l'usage de Rome.162 × 115 mm en latin et français, [France (Paris), c.1470s].
Vente Sotheby's à Londres le (lot 85) (173 000 livres sterling.
Réalisé pour le noble breton Tanneguy IV du Chastel. Ce livre d'heures comprend le portrait de Tanneguy du Chastel (f.26r) et les devises " BESOING EN AY " (f.25v) et " LA ME VEUGE " (f.159v). De nombreuses miniatures comportent ses armoiries, burelé de 6, d'or et de gueules (ff.26r, 46r, 60r, 66r, 71v, 153r, 160r), qui ont été surpeintes et ne sont visibles qu'au dos de chaque feuille[note 22],[note 23]

Bibliothèque de Jean du Chastel, évêque de Carcassonne

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La « librairie » de l’évêque Jean du Chastel fut certainement dispersée à sa mort. La mention explicite du notaire sur ses ouvrages montre qu’elle avait été soigneusement inventoriée après son décès.

Pour l’étude du personnage Jean du Chastel, évêque de Carcassonne, il nous reste encore parmi d’autres sources, une lettre qu’il adressa vers 1470 à son cousin Olivier de Coëtivy (ca 1415-1480), au sujet « de vœux et oblations faits à un trépassé, du diocèse de Saintes, considéré comme saint par les habitants du pays où son corps reposait, mais qui, n’ayant pas été approuvé par l’Église, ne devait recevoir ni adoration, ni offrandes… ». Olivier de Coëtivy était le frère puiné et principal héritier de l’amiral Prigent de Coëtivy, bibliophile averti. Le , il épouse Marie de Valois, seconde fille de Charles VII et d’Agnes Sorel, élevée au château de Taillebourg par Catherine du Chastel[52].

La Bibliothèque nationale d’Autriche, cod. 1929, possède le Livre d’heures d’Olivier de Coëtivy. Sa décoration est attribuée à l’enlumineur anonyme nommé le "Maître des Heures de Coëtivy", un des plus grands artistes des années 1450-1485, « considéré comme le troisième peintre de la France royale de son temps, après Fouquet et Barthélemy d’Eyck », œuvrant à des manuscrits, tableaux ou tapisseries. Le doute subsiste encore sur la véritable identité du maître : Henri de Vulcop ? Colin d’Amiens (Nicolas d’Ypres) ? Ces "Heures", composées vraisemblablement entre 1458 (date du mariage d’Olivier et de Marie de Valois) et 1473 (année où cette dernière était décédée) portent successivement les armoiries des époux, leurs chiffres « O » et « M » enlacés, des bannières, soutenues par des figures de dames, d’anges et de chevaliers, qui tantôt portent leur blason, et tantôt sont tricolores à leurs couleurs, noir, blanc et rouge[52].

Le manuscrit fut ensuite en possession de Gillette de Coëtivy, la plus jeune des filles. Elle a rajouté les feuillets 14, 50, 60 et 152 où sont inscrites diverses mentions relatives à ses unions avec Jacques d’Estouteville, seigneur de Beyne et de Blainville, prévôt de Paris († 1510), puis Antoine de Luxembourg, comte de Brienne. Sur ces pages, « les deux côtés sont entièrement occupés par un grand blason, en forme de losange, comme il convient à une femme, accompagné dans les angles d’initiales enlacées. Sur les rectos, les armoiries sont parties d’Estouteville et de Coëtivy, et les chiffres "I.G." se rapportent aux prénoms de Jacques et Gillette. Sur les versos, c’est le blason de Luxembourg qui est uni à celui de Coëtivy, et les initiales sont devenues "A.G.", Antoine et Gillette. » (P. Durieu). Avril F. & Reynaud C., Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520; Paris, 1995 p.58-59 (N. R.)[52].

Manuscrits en lien avec des personnages précités

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Epistre Othea de Christine de Pizan, réalisé vers la fin du XVe siècle. Manuscrit acquis par Catherine de Coëtivy après la mort de son époux vers 1485.
Somme abregiet de theologie, Hugo Ripelin de Argentina, 1481. Possesseur: Antoine de Chourses (commanditaire), Catherine de Coëtivy.
Ville
Bibliothèque
réf.
Titre
Auteur
(traducteur)
Possesseurs Commentaires
Paris
Bibliothèque Sainte-Geneviève, 0022
Bible historiale
Petrus Comestor
(Guiart des Moulins)
Hervé VII de Léon, Paris, abbaye Sainte-GenevièveCodicologie: codex ; parchemin ; 545 ff.; 455 mm x 320 mm. Enluminures attribuées à Maître de Fauvel. F. 545, Hervé de Léon a noté la date de 1341 : ms. forcément antérieur[57].
Chantilly
Musée Condé
0495 (0942)
Epistre Othea
Christine de Pizan
Catherine de CoëtivyCodicologie: codex ; parchemin ; 118 ff. (116, II); 185 mm x 132 mm. Origine : France du nord ? Datation : quatrième quart du XVe siècle.
Manuscrit acquis par Catherine de Coëtivy après la mort de son époux vers 1485 ; armoiries en losange, f. 2v (cf. Roseline Harrouët) ; monogramme 'AK' de Catherine de Coëtivy et d'Antoine de Chourses.
Chantilly
Musée Condé
0130 (0526)
Somme abregiet de theologie
Hugo Ripelin de Argentina
Antoine de Chourses, chambellan de Louis XI (commanditaire)
Catherine de Coëtivy
F. 276, colophon avec date, lieu et commanditaire : 'Ce présent volume fut escript et achevé à Hesdin par l'ordonnance et commandement de Anthoine de Choursses, seigneur de Maignyé et du Bois de Maine, conseillier et chambellan du roy et son gouverneur à Béthune, le premier jour d'aoust l'an mil CCCC IIII XX et I'. Même copiste que "Chantilly, Bibl. du château, ms. 0770 (1055)". Armoiries, monogramme 'AK' et emblèmes (roses et licorne) de Catherine de Coëtivy.

Sceaux de la famille du Chastel

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Martine Fabre, Docteur en histoire (Sorbonne, Paris IV), chercheur associé au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC), inventorie dix-sept témoignages, cités par ordre chronologique, avec les titres et qualités pris aux documents scellés et aux armoriaux[45].

Nom Commentaire
seigneur Bernard du ChastelChevalier, attesté en 1274.
TanguyChevalier bachelier, capitaine des châteaux et ville de Brest avec Henri de Kaer pour la comtesse de Montfort, en 1342. En 1350, il est seigneur du Chastel.
GacienChevalier, attesté en 1369. C’est probablement lui le sénéchal d’Agenais, gouverneur de Marmande et de Damazan, capitaine de Bouglon en 1372 et 1374. L'Inventaire des sceaux de la collection des pièces originales du Cabinet des titres à la Bibliothèque nationale. Tome premier / par Roman, Joseph (1840-1924), édité en 1909, donne la description suivante: 2966 CHÂTEL (GASSION DU), chevalier, gouverneur de Marmande, Caumont, Montpouillan, Samazan, Bouglon, Le Puech, Villefranche, Goutaut, Damazan et Faolhec. Chevalier debout armé de toutes pièces, tenant une lance et portant à son bras gauche un écu en targe à un château à trois tours accompagné d'une étoile au quartier dextre du chef et d'une tête de profil tournée à dextre, au quartier senestre; au bas, à droite et à gauche, un griffon. Quittances en blanc, 13 et , . — Sceau ogival, de 28 mill., cire rouge, simple queue de parchemin. — T. 702, D. 16271, p. 6 à 8[44].
HervéSire du Chastel, chevalier, qui jure et scelle l’acte de ratification du second traité de Guérande à Guingamp, en 1381.
MahieuChevalier, attesté en 1392.
GuillaumeChevalier, chambellan du roi Charles VI et du duc d’Orléans, qui participe au combat de Montendre, un combat en champ clos qui oppose quatre français et quatre anglais, en 1402 (à Montendre il s'agirait du combat des sept).
HervéEcuyer, attesté en 1415-1416.
OlivierSire du Chastel, chevalier, attesté par les sources de 1419 à 1427. Il ratifie le traité de Troyes en 1427, aux côtés de l’amiral de Bretagne, Jean sire du Penhoat, les deux sceaux apposés au même acte. Mais Olivier scelle aussi pour ses pairs, Sylvestre seigneur de La Feillée, Jean de Malestroit, seigneur de Kaer et de Beaumont, Guillaume seigneur de Ploeuc et Jeau de Kermellec, seigneur de Châteaugal. C’est lui le sénéchal de Saintonge, en 1416, mort en 1455.
TanguyChevalier, chambellan de Charles VI, régent puis roi, maréchal de Guyenne en 1416, maréchal des guerres en 1420 ; prévôt de Paris en 1416 et 1418; gouverneur d’Aigues-Mortes en 1434; viguier et châtelain de Beaucaire et d’Aigues-Mortes en 1438; lieutenant du gouverneur du Languedoc en 1446 et 1454. Enfin, il est chevalier de l’ordre du Croissant, un ordre de chevalerie créé par René d’Anjou en 1448, et figure à ce titre dans l’armorial de l’Ordre, mais avec la mention « trespassé », le recueil vraisemblablement établi après sa mort.
Un membre non identifié de la maison, attesté en 1456.
TanguyChevalier, vicomte de la Bellière, seigneur de Rénac, chambellan du roi, premier écuyer de corps et maître de l’écurie du roi, en 1460; gouverneur du Roussillon, en 1476.
Jeanne de MalestroitVeuve du précédent, son témoignage daté de 1481 et de 1492.
TanguySeigneur du Chastel, en 1497.
OlivierÉvêque de Saint-Brieuc [1506-†1525], son sceau attesté en 1519.
RénacSon sceau attesté en 1499. une cour de justice établie, aux armes d’un Du Chastel.
FrançoisSire du nom, au XVe siècle, représenté dans les armoriaux factices.
OlivierSire du Chastel, commissaire de la montre reçue à Lesneven, en 1467, avec Guillaume de Penhoat, Tanguy de Kermavan et Thomas de Kerazret, représenté dans les armoriaux factices.

Sépultures

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Basilique Saint-Denis

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Gisant de Guillaume du Chastel dans l'église de l'abbaye Saint-Denis - Bibliothèque Nationale de France, département des estampes et de la photographie.

Deux seigneurs du Chastel ont été inhumés à la Basilique Saint-Denis, par la volonté des rois de France :

  • Guillaume II du Chastel, chambellan de Charles VI,
  • Guillaume III du Chastel, Grand panetier de Charles VII, écuyer du dauphin, le futur Louis XI. Le seigneur Guillaume du Chastel (on dit aujourd'hui Duchatel), grand pannetier du roi Charles VII, fut tué à Pontoise le , en défendant contre les Anglais le passage de l'Oise. En récompense de ses services, le roi ordonna qu'il fût « ensépulturé à Saint-Denis » où un tombeau de pierre, supportant sa statue couchée, également de pierre, lui fut édifié dans la chapelle de Notre-Dame la Blanche, avec l'épitaphe suivante :

« Ci gît noble homme Guillaume Du Chastel de la Basse Bretagne, pannetier du roi Charles VII et écuyer d'écurie de monseigneur le Dauphin, qui trépassa le 23 de juillet, l’an de grâce 1441, durant le siège de Pontoise en défendant le passage de la rivière d'Oise, le dit jour que le duc d'York la passa pour cuider lever le dit siège, et plut au roi pour sa grande vaillance et les services qu'il lui avait faits en maintes manières, et spécialement en la défense de cette ville de Saint-Denis contre le siège des Anglais, qu'il fût enterré céans. Dieu lui fasse merci. Amen. »

 Mandement du roi pour l'exécution, par l'amiral de France (Prigent VII de Coëtivy) et autres, du testament de Guillaume du Chastel, et pour l'érection de son tombeau en l'église Saint Denis, près Paris, [58],[59].

Église Saint-Paul, ancienne église des Cordeliers à Beaucaire

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À la nef de l'église des Cordeliers du XIVe siècle fut ajouté en 1450 un chœur étayé de petits arcs boutants d'où émerge la flèche à crochets typique des clochers méridionaux du XVe siècle. C'est Tanneguy du Chastel, viguier de Beaucaire, qui en fut le maître d'ouvrage et un écu portant ses armes orne la clef de voûte sise face à la porte latérale donnant sur la rue Eugène-Vigne.

Tanguy III du Chastel mourut à Beaucaire en 1458 (il aurait eu 88 ans, étant né en 1370) selon les anciennes archives des Cordeliers, dans les sacs des Bulles no 85, on y voyait une note du marquis de Maillanne :

« Anno Domini 1457, die 12 junii quae erat Dominica Trinitalis, fuit consecrata ecclesia Fratrum minorum conventus Bellicadri, ad requisitionem domini praepositi Tanequini de Castro, per dominum Ervensem ad requestam domini legati Avenionensis, nepotis domini praepositi, coemiterium et claustrum, cujus expensoe per dominum praepositum solutœ sunt. »

Au bas de cet acte, on lit :

« Anno Domini 1458, et penultima martii, die jovis sancta migravit ad Dominum, serenissimus miles dominus Tanequinus de Castro, Bellicadri vicarius, et praepositus Parisiensis, et die mercurii sequenti, fuit tumulatus in choro ecclesiae istius conventus, à quo habemus singulis annis à civibus Arelatensibus 8’ junii pensionem sexaginta florenorum. Requiescat in Pace. »

 Forton, 1836[60]

.

Basilique Santa Prassede de Rome

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  • Gabriel du Châtel, évêque d'Uzès mort en 1463, enseveli dans la basilique Santa Prassede de Rome, où se lit encore son épitaphe, rédigée par Alain IV de Coëtivy, son cousin, cardinal d'Avignon. La pierre tombale, située dans le pavement de la nef gauche, entre la troisième et la quatrième colonne, est datée de 1463[61]. Elle est aujourd'hui complètement effacée. Le texte a été conservé par un manuscrit de la bibliothèque Chigi et par Davanzati dans le manuscrit de Florence intitulé Nota inscriptionum :

« GABRIELI DE CASTRO EPO / VTICEN ORIGINE BRITONI CONSOBRINO CARISSIMO ALANVS SACRE EDIS / CARDINALIS AVINIONEN IN MERENTI / FECIT OBIIT ANO XPI MCCCCLXIII MENSE SEPTEMBRI ETATIS SVE XXXIIII »

Basilique Notre-Dame de Cléry

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La tombe de Tanneguy IV du Chastel à Cléry-Saint-André.

« Le grand sarcophage, supposé être celui de Louis XI et de sa femme Charlotte de Savoie, dans la crypte de la basilique de Notre-Dame de Cléry, a été ouvert le . On y a trouvé des ossements dont l'étude a été effectuée par Sergueï Alexandrovitch Gorbenko, de l'Institut de reconstruction anthropologique de Lvov, en Ukraine; les résultats ont fait l'objet de plusieurs articles dans la revue Moyen Âge (2003). On y a découvert deux squelettes incomplets, alors qu'il était prévu pour un seul corps, l'un masculin, l'autre féminin, un ruban noir et une petite boite de carton contenant un os, probablement un cartilage thyroïde ossifié, portant l'inscription à l'encre noire « Tanneguy du Chastel », et une vertèbre C2 portant la même inscription. Ces deux fragments ont donc été prélevés, probablement à l'époque contemporaine, dans la tombe de Tanneguy du Chastel, qui est aussi à Cléry. »

 S. Gorbenko[64],[62].

« Le Dr Gorbenko affirme pouvoir reconstituer le visage véritable de Louis XI, le visage de Tanneguy du Chastel… Dans ses conclusions remises à la DRAC d’Orléans, le Dr Gorbenko écrit : Des informations en notre possession nous permettent d’affirmer que la basilique de Notre-Dame de Cléry est un monument pour la France car elle abrite les sépultures et les dépouilles d’au moins quatre personnages qui, de leur vivant, ont joué un rôle déterminant dans la formation de l’État français. En outre, nous étudions actuellement l’hypothèse selon laquelle l’un des crânes examinés appartiendrait à un personnage historique de renommée mondiale. »

 R.Senzig, 2020[63].

Cathédrale Saint-Michel de Carcassonne

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Église de Landeleau

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Gisant d'Auffray du Chastel en l'église de Landeleau. Kersanton, 1638, par le sculpteur Roland Doré. Photographie : Jean-Yves Cordier.

Le gisant d'Auffray du Chastel est identique aux autres réalisés par le sculpteur Roland Doré : allongé, mains jointes, et vêtu de la même armure au col à plis empesés, il porte à son bras gauche l'écusson des Du Chastel, "fascé d'or et de gueules de six pièces", qui cache la garde d'une longue épée dont la lame descend jusqu'aux solerets. Ses pieds reposent sur un lion. Une banderole en breton se déploie sur le dos de la bête et donne la devise en breton des Du Chastel : MAR : CAR : DOE, "S'il plait à Dieu".

Armoiries Du Chastel de Châteaugal

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"De gueules à trois châteaux d’or, deux et un". Collier de l'Ordre de Saint-Michel. Couronne de marquis. Devise : DIEV : POVRVOIRA.  Cette devise n'est attestée ou relevée nulle part sous sa forme française, mais celle des de Goësbriand est "Dieu y pourvoira". Chateaugal (de) sr dudit lieu et du Granec, paroisse de Landeleau, évêché de Cornouaille. "De gueules à trois châteaux d'or". Jeanne, abbesse de la Joie en 1370, † 1390. La branche aînée fondue en 1312 dans les Kermellec qui adoptèrent les armes de Châteaugal, en retenant le nom de Kermellec, d’où la seigneurie de Châteaugal a passé par alliance en 1433 aux du Chastel-Mezle. Au pied du gisant, le lion portant sur une banderole la devise MAR : CAR : DOE, "Sil plait à Dieu", forme bretonne équivalente de DIEV POVRVOIRA. Selon Kerbiriou, « Depuis 1438, la seigneurie de Châteaugal était passée par alliance à cette branche de Mezle, dont la devise était : "Da vad e teui" et "Mar car Doue" ». Dans le culturezine d'Hervé Torchet, la devise est celle de Tanneguy II du Chastel en 1449 : « Devise "marc car doué" (s’il plait à Dieu) sur son écu, "da vad è tevy" (tu n’as qu’a venir) sur sa bannière, cri de guerre de sa maison, Tanneguy II du Chastel 1449 ». Mais avec une erreur de transcription sur "marc" au lieu de "mar".

Armoiries Du Chastel en alliance

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Armoiries Du Chastel en alliance avec Ploeuc "d'hermines à trois chevrons de gueules" et Kermellec "vairé d'argent et de gueules à la bordure engreslée d'azur". Mariage de Henri du Chastel, seigneur de Mezle et de Isabeau de Kermellec, dame de Châteaugal et fille de Jehan, vers 1420[65].

Église Notre-Dame de Confort-Meilars

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Jeanne du Chastel présentée par le prophète Isaïe, Maîtresse vitre de l'église de Confort-Meilars vers 1530. Photo : Jean-Yves Cordier.

L'église Notre-Dame de Confort est construite sous François Ier, entre 1528 et 1544. Elle a été fondée par Alain III de Rosmadec, marquis de Pont-Croix et comte de Molac, et son épouse, Jeanne du Chastel. Elle présente toutes les caractéristiques de la première période du style ogival.

La maîtresse vitre de l'église est consacrée à l'arbre de Jessé[66],[note 24]. Au bas on distingue le prophète Jérémie qui présente le donateur Alain de Rosmadec et en vis-à-vis, Jeanne du Chastel (fille Olivier du Chastel †1476 et Marie de Poulmic, alliance Rosmadec) présentée par le prophète Isaïe. Sa robe damassée, sa chemise blanche à col montant, ses bijoux (collier, broche, bagues à tous les doigts), ses manches réalisées avec ce verre rouge gravé de la robe de Jessé et la présence de crevés (ou taillades) propres aux règnes de François Ier et de Henri II dans l'histoire du vétêment, confirment une datation vers 1530[66].

Chapelle Sainte-Barbe du Faouët

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Jeanne du Chastel (alliance Bouteville) présentée par Sainte Marie-Madeleine, Baie 2 de la Chapelle Sainte-Barbe du Faouët. Photo : Jean-Yves Cordier.

La chapelle Sainte-Barbe est située sur la commune de Le Faouët dans le Morbihan, étape sur un des chemins bretons du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et sanctuaire attirant de nombreux fidèles lors du pardon de sainte Barbe. La chapelle est éclairée par six baies, dont quatre (baies 1 ; 2 ; 3 et 6) ont conservé leur verrières d'origine, installées entre 1512 et 1515 lors de sa construction commanditée par le seigneur du lieu, Jean de Bouteville. La baie 2, dite de la Transfiguration, se situe à l'est de l'autel principal, sur un mur oblique délimitant le chœur de cette curieuse chapelle dépourvue de nef.

La donatrice Jeanne du Chastel (fille Tanguy du Chastel †1521 et Marie du Juch, alliance Bouteville) est présentée par sainte Marie-Madeleine au registre inférieur de la baie 2. Elle est à genoux face au prie-dieu où est ouvert son livre d'Heures. Elle porte la coiffe noire type "Anne de Bretagne" déjà décrite sur la donatrice de la baie 1. De même, elle porte le bustier à décor médian de médaillons dorés, et à encolure carrée, également décrit en baie 1. Par contre, la lourde chaîne en or à anneaux ovales, signe de richesse et donc de haute noblesse, ne se trouvait pas en baie 1. C'est un argument possible pour identifier ici Jeanne de Chastel, la dame de Faouët "en exercice". Les armoiries parti Bouteville et de Chastel de sa robe nous y incitent, mais comme elles sont dues à une restauration, elles ne sont pas un indice fiable d'identification. De même, la manche bleue et son revers en verre vert gravé est l'œuvre d'un restaurateur. L'altération des mains et du livre témoigne de leur ancienneté. Au-dessus de la niche violette à cul-de-four, les deux anges joueurs de cornemuse sont présents comme en lancette A (et en lancette C)[67].

Généalogie

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À la réformation de 1491, la famille du Chastel avait justifié de quatorze générations[2], la famille était donc toujours en possession, dès la fin du XVe siècle, de documents prouvant son ascendance probablement jusqu'au XIe. Selon Olivier Rouchon, docteur en histoire et maître de conférences à l'université d'Avignon, disposer d’une généalogie sur titres devait être peu commun dans le royaume de France au début du XVIe siècle car il n’y avait pas encore de pression étatique contraignant les familles nobles à prouver leur ancienneté. Des recherches de noblesses avaient lieu dans quelques régions qui constituaient des cas particuliers, notamment en Normandie de 1463 à 1523; à cette dernière date, la plupart des nobles de Normandie furent capables de « déclarer leur généalogie » et de la prouver avec des actes mais sur trois à cinq générations en général[1][note 25].

La Société académique de Brest, dans son bulletin de 1894, cite au sujet de la réformation de 1491 : « 1491, date mémorable, où les ombres des vieux Tierns bretons gémirent et pleurèrent dans leurs sarcophages de granit, sur l'indépendance ravie à leur ancienne Bretagne, soudée indissolublement à la France, par le mariage de la duchesse Anne avec le roi de France, Charles VIII. »[37].

Cette généalogie[68] est simplifiée et reste lacunaire[69] :

Les documents présentés à la réformation de 1491 devaient probablement couvrir les XIe et XIIe siècles, les mentions de personnages pour cette période ci-dessous peuvent constituer des cas d'homonymies ou non, mais peuvent également être issus de documents douteux, indépendants de la famille du chastel en particulier (cf listes de Delvincourt « où sont mentionnés tous les nobles du duché »; ces listes constituent de faux documents[3]).

  • 1057 à Nantes et 1080 à Rennes : premières mentions de personnages dits "du Chastel" appartenant ou non à ce lignage dans des actes officiels.
  • Marc du Chastel (Marc de Castro) témoin dans une charte de saint-Georges en 1080[70].
  • Arthur du Chastel (Artur de Castello), témoin dans un acte donné en 1086 au profit de l’abbaye Saint-Florent de Saumur par Giron pourrait être apparenté à ce dernier, détenteur du château qui depuis porte son nom (Châteaugiron)[3].
  • 1185 : deux membres dits "du Chastel" participent à une assise tenue cette année-là par Geoffroy II, duc de Bretagne. Cette référence correspond à une des listes dressées vers 1780 par Nicolas Delvincourt[71].
  • vers 1250 : Bernard du Chastel époux de Constance[3] de Léon, scelle de son sceau un acte en 1274. « Il y est représenté à cheval, tenant l'épée haute de sa main droite, et soutenant de la gauche un écu chargé de fasces, le cheval caparaçonné aux mêmes armes. »[note 26]
  • fin XIIIe siècle : Hervé du Chastel (son existence est attestée par des actes de 1288 et 1294), époux de Sybille de Leslem, reçoit en fief le bourg de Recouvrance en remerciement de sa résistance lors d'un siège de Brest par les Anglais, probablement en 1296. « La Motte-Tanguy, sur laquelle s'élèvera plus tard, à l'initiative de Tanguy Ier du Chastel, la bastide de Quilbignon, marquait le siège de cette juridiction »[72]. Cette tour, désormais connue à Brest sous la dénomination de tour Tanguy, avait été construite pour asseoir le pouvoir de cette seigneurie, en face du château qui représentait le pouvoir ducal.
  • Bernard II du Chastel, époux d'Éléonore de Rosmadec.
  • ? - 1352 : Tanguy Ier du Chastel, époux de Tiphaine de Plusquellec, lieutenant général des armées de Jean de Montfort lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) à laquelle il participa, gagnant en 1347 la bataille de La Roche-Derrien contre Charles de Blois et en 1352 la bataille de Mauron, où il vainct Guy II de Nesle, maréchal de France. Constructeur de la tour Tanguy à Brest. Il est peut-être (ou son père) le constructeur du château de Trémazan.
  • Bernard du Chastel et Briant du Chastel, tous deux exécutés parce qu'ils soutenaient Jean de Montfort.
  • Garfin du Chastel servit le roi d'Angleterre Édouard III en 1367 puis le duc d'Anjou qui en fit le maréchal de son armée[73].
  • Tanneguy du Chastel, seigneur de la Roche-Droniou, fondateur de la branche des seigneurs de Mezle (Plonévez-du-Faou). Il eut parmi ses descendants :
    • ? - 1602 : Tanguy du Chastel, mort en 1602 au siège d’Ostende.
  • ? - 1370 : Guillaume Ier du Chastel, époux d'Alix de Lesourny, sire du Chatel et de Coetangars (titre qu'il hérite de son frère Garfin, décédé sans postérité). Il rendit de grands services au duc de Bretagne Jean pour le compte duquel il demeura prisonnier, payant 6 000 écus d'or pour sa rançon.
  • Hervé II du Chastel (1340-1397), seigneur du Chastel, Leslem et Lesourmy, qui épousa en 1360 Méance de Lescoet. Il se battit pour le compte du roi Charles V. Il eut quatre fils :
  • Catherine du Chastel (née en 1365), épouse d'Alain III de Coëtivy et mère du cardinal d'Avignon.
  • 1370 - 1459 : Tanneguy III du Chastel, chambellan du Roi, prévôt de Paris, servit le roi Charles VII et décéda en Provence sans postérité.
  • ? - 1455 : Olivier du Chastel, épouse en 1408 Jeanne de Plœuc, chambellan du duc de Bretagne, capitaine de Dinan et de Brest.
  • ? - 1441 : Guillaume III du Chastel, Grand panetier de Charles VII, écuyer du dauphin, le futur Louis XI, décédé lors du siège de Pontoise en 1441. Décédé sans postérité. Enterré dans la basilique Saint-Denis.
  • Jean du Chastel, évêque de Carcassonne entre 1459 et 1475.
  • vers 1425 - 1477 : Tanneguy IV du Chastel, vicomte de la Bellière, grand écuyer de France, gouverneur du Roussillon et de Cerdagne, époux de Jeanne Raguenel de Malestroit. Tué en 1477 au siège de Bouchain (Nord), en Picardie, au cours d'un guerre contre la Bourgogne, après la mort de Charles le Téméraire.
  • Jeanne du Chastel, mariée à Louis, seigneur de Montejan et de Sillé-le-Guillaume.
  • François du Chastel, époux de Jeanne de Kerman, chevalier banneret en 1455.
  • Olivier II du Chastel, épouse en 1459 Marie de Poulmic
  • Tanguy V du Chastel, qui épouse le Louise du Pont-l'Abbé (décédée en 1495) et le Marie du Juch, constructeur de l'actuelle chapelle de Kersaint, consacrée à saint Tanguy et sainte Haude. Ils fondèrent aussi en l'abbaye Notre-Dame-des-Anges à Landéda.
  • Gilette du Chastel (fille de Louise du Pont-l'Abbé), héritière du Pont-L'Abbé, de Rostrenen et de Langon, mariée le à Charles Ier du Quélennec, vicomte du Faou.
  • ? - 1537 : François du Chastel, épouse en 1522 Anne Duchastellier.
  • ? - 1555 : Claude du Chatel, baron de Juch, épouse Claude d'Acigné. Il n'en eût que deux filles, ce qui provoqua l'extinction de cette branche aînée des Du Chastel.
  • Anne du Chatel, épouse Guy de Rieux (fils aîné de Jean V de Rieux et de Béatrix de Jonchères et frère de René de Rieux, dit « Sourdéac »).
  • Jeanne du Chatel, épouse Charles Gouyon de la Moussaye.
  • Gabriel du Chastel, seigneur de Coetangars, épouse Jean de Saint-Gouhenon.
  • Tanguy du Chastel, seigneur de Coetangers, épouse Marie de Kerguiziau.
  • Olivier du Chastel, abbé de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas entre 1536 et 1550. Fils de Tanneguy IV du Chastel, il est le constructeur de la fontaine Notre-Dame-des-Fontaines à Daoulas et fut inhumé dans le chœur de l'église abbatiale.
  • Guillaume du Chastel, seigneur de Coetangars, époux de Marie de Kerazret, puis de Leventze de Kermeno. Il aurait été capitaine de Brest selon Jean-Baptiste Ogée, mais plus probablement commandant du ban et de l'arrière-ban de l'évêché de Léon, combattant notamment en 1558 les Anglais qui avaient envahi et pillé Plougonvelin.
  • Jean du Chastel, seigneur de Coetangars, gentilhomme de la Chambre du Roi, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, épouse d'abord Marguerite du Cosquier, puis en 1625 Marie Le Long de Keranroux, dont il eut au moins trois fils :
    • Ignace-François du Chastel, époux de Marie de Kerman.
    • Marc-Antoine du Chastel, seigneur de Kéranroux.
    • Tanguy du Chastel, baron de Bruillac; il épouse en 1659 Françoise de Kerprigent.
  • Jacques-Claude du Chastel, épouse en 1691 Marguerite de La Porte.
  • Hyacinthe-Marie du Chastel, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, épouse en 1730 François-Mauricette de Kergariou.
  • Jacques-Thomas du Chastel, lieutenant de vaisseau du Roi, tué en 1759.
  • Raymond-Balthazar du Chastel, époux de Louise des Vergers.
  • Claude-Tanguy du Chastel; il épouse en 1770 Marie-Louise de Kerliviau; il fut capitaine de vaisseau du Roi.
  • 1742 - 1816 : Victor-Pierre du Chastel, époux de Catherine de Saint-Gervazy.
  • 1790 - 1865 : Gabriel-Victor du Chastel, épouse à la Martinique Marie d'Anglars de Bassignac.
  • Louis-Jonathas du Chastel, inspecteur général des troupes du Roi en Amérique, chevalier de Saint-Louis, gouverneur de Marie-Galante.
  • Olivier III du Chastel, évêque de Saint-Brieuc entre le et le , date de son décès.
  • Juzette du Chastel, épouse d'Yvon le Moyne, chevalier, duquel sont issus les seigneurs de Trévigner en l'évêché de Léon.

Notes et références

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[note 20]

  1. Bérenger était à la tête de la marche de Neustrie contre les Normands, tandis que la marche de Neustrie contre les Bretons était tenue par les Robertiens.
  2. Hypothèse de rapprochement entre un « lieu », probable « château d'importance / ville close » et la Penfeld :
    « Le château de Brest est situé au centre-ville. Son entrée principale s'ouvre sur le boulevard des Français-Libres. Il est construit sur un éperon rocheux que la rivière a creusé dans la falaise à l’embouchure de son estuaire. Depuis ce lieu où il domine la mer, il contrôle l’accès à la Penfeld et la remontée de l’Élorn vers Landerneau tout en surveillant une majeure partie de la rade et son entrée : le goulet. »

     Source : Château de Brest.

  3. Bernard du Chastel était époux d'Amé/Anne de Léon. Amé de Léon est aussi le nom de la fille d'Hervé IV vicomte de Léon, avec elle s'éteint le lignage des vicomtes de Léon.
  4. En 1274, Bernard du Chastel, n'étant pas "seigneur du chastel", ne tirerait à priori pas son nom de la seigneurie du chastel contenant le château de Coëtangars-Pont-ar-C'hastel reçu en 1343.
  5. Le "nom propre" désignant un lieu pourrait-être situé en Bretagne ou hors de Bretagne.
  6. Parchemin 116mm x 246mm. 2 sceaux pendants sur simple queue de parchemin, le troisième a disparu. Langue du document : Français; probablement fait à Brest, car des lettres de sauvegarde que Jeanne de Monfort y délivra aux habitants de Saint-Malo « le jour où l'on chante Reminiscere l'an MCCCXLI. » (Arch. nat., Cote J 241B n°40). Analyse et transcription : Jean Froissart[22]
  7. John de Castidele selon les Calendars of the close Rolls
  8. Dagworth est le mari d'Éléonore de Bohun (1304-1363), la sœur de de Guillaume.
  9. petit-fils de Humphrey de Bohun (3e comte de Hereford) et Maud de Fiennes d'une part et d'autre part d'Édouard Ier (roi d'Angleterre) et Éléonore de Castille (1241-1290). La famille de Bohun a fourni des lords-grands-connétables d'Angleterre du XIIe au XIVe siècle.
  10. Patrick Kernévez indique que Coëtgarz était le dernier des châteaux de la branche aînée des vicomtes de Léon, situé à deux kilomètres au sud-ouest de Saint-Renan, chef-lieu de la châtellenie de ce nom. En 1275, Hervé IV de Léon vendit les deux paroisses de Plougonvelin et de Plouarzel avec la maison de Quoitgarz au duc Jean Ier de Bretagne. Le terme maison employé dans l’acte de 1275 paraît indiquer que cette résidence était peu ou guère fortifiée. En 1343, Guillaume de Bohun le remit à Tanguy du Chastel, par ailleurs des précisions quant à l'acte du indiquent que le château se nommait Coëtgarz, qu'il disposait d'un moulin nommé "Pont-ar-C'hastel" et qu'en raison de la position du château au milieu d'un étang, celui-ci était appelé "Pont-ar-C'hastel"[26]. Le château est nommé Quoitgarz en 1275, Coëtgarz en 1680 et actuellement Pont-ar-C'hastel et font partie de la toponymie forestière[28]. En 1355, le roi d’Angleterre Édouard III ordonna à Bernard du Chastel, fils de Tanguy, de remettre tous ses châteaux au duc de Lancastre Henri de Grosmont. Les anglais utilisèrent sans doute Coëtgarz pour contrôler le Léon occidental entre Brest et Le Conquet. Les du Chastel furent ensuite indemnisés par les rois de France pour les pertes subies et conservèrent ce petit château, moins excentré que celui de Trémazan, leur forteresse ancestrale, par rapport à leurs fiefs[25].
  11. Suivant le compte-rendu daté du , au sujet des sondages effectuées sur les ruines du château de Pont-ar-C’hastel, ainsi que d’une communication des propriétaires des lieux en 1969, apparaissent les informations suivantes :
    - Ruines qui couvrent une superficie de 43 × 33 m.
    - Château qui était le chef-lieu d’une ancienne bannière.
    - Existence probable d’un seigneur de ce lieu (ou confusion) nommé Thibaut du Pont-l'Abbé, il se signale en 1364 à la bataille de Cocherel sous du Guesclin.
    - Existence d’histoires mêlées de légendes au sujet d’un seigneur bâtisseur du château et ses occupants.
    - Le château fort qui fut construit sur ce qui est maintenant l’îlot de l’étang de Pont-ar-C’hastel était nommé château de « Coêtgars ». Il fut donné à Tanguy du Châtel le .
    - Un mandement du roi de France Louis XII en date du confirma ce fief aux descendants de Tanguy du Châtel.
    - Le nom « Coëtgars » plus tard écrit « Co’hars », est sans doute à l’origine du nom de « Co’harchon », encore en usage, qui désigne les garennes boisées entre Kerbescat et Corucoat, lesquelles garennes et landes faisaient partie de la « terre noble » de Pont-ar-C’hastel. Ne pas confondre avec Cohars, en Ploumoguer, qui appartint aux seigneurs de Keroulas et fut de construction beaucoup plus récente.
    - « Coët gars » fut détruit au XIVe siècle, probablement par Raoul Caours, mercenaire au service du roi de France, qui en 1351 s’empara de Trémazan et saccagea les châteaux et les biens des Sires du Châtel, partisans de Jean de Montfort. Il semble que depuis lors Coëtgars demeura à l’état de ruines[16].
  12. Raoul Caours, mercenaire au service du roi de France, qui en 1351 s’empara de Trémazan, saccagea les châteaux et les biens des Sires du Châtel.
  13. Les droits honorifiques de la seigneurie de Mezle dont les propriétaires sont fondateurs et patrons de l'église paroissiale de Maël-Carhaix où l'on remarque dans la maîtresse vitre les écussons suivants : un écartelé aux 1er et 4 facé d'or et de gueulle de six pièces qui est Du Chastel, et aux 2 et 3 de gueulle à trois gantelets chargés d'ermines qui est Mezle; un party d'azur à neuf macles d'or et de Mezle en chef et facé d'argent et d'azur; un party Du Chastel et de Rohan, etc. une arcade de pierre de taille dans le pignon septentrional où sont sculptées les armes de Du Chastel supportées par deux lions avec le casque en front un banc à queue avec son accoudoir armorié l'écusson entouré du collier de l'ordre du Roi[31].
  14. Bernard du Chastel, croisé en 1248 (souvent cité comme « compagnon de Saint Louis »), réchappé de la peste, bâtit un modeste oratoire sur le site de l’actuelle chapelle Notre-Dame du Crann à Spézet. Les fasces d’or et de gueules alliées aux billettes (Du Perrier) sgrs du Bois-Garin placées vers 1671 au pignon oriental de l’édifice après une querelle de prééminence, rappellent le rôle qu’il joua comme fondateur de la première chapelle[14]
  15. Hervé VII de Léon, fils d'Hervé VI, qui a épousé, en 1307, Jeanne, fille aînée d’Érard de Montmorency, seigneur de Conflans-Sainte-Honorine, et de Jeanne, dame de Longueval. Par ce mariage, la maison de Léon approche le milieu des grands officiers de la couronne[35].
  16. Il existe un doute d'après les écrits sur l'origine du personnage[41]), toutefois son environnement relationnel (pour détail cité également avec Messire "Jehan de Malestroit"[39])) semble atténuer les doutes quant à son origine géographique.
  17. Tanguy Ier du Chastel aurait reçu Coëtgars, il semble délicat de nommer cette terre du prénom du fils (cf acte) sauf erreur de positionnement du personnage en question.
  18. La Roche-Droniou était jadis la maison seigneuriale de la paroisse de Calanhel[42]
  19. Robert Knolles a participé au Combat des Trente, à la Bataille d'Auray (1364) et à la Bataille de Nájera.
  20. 1 2 3 Dans la maison de Louis duc d'Orléans, on trouve notamment d'anciens compagnons d'armes de Bertrand du Guesclin, parmi lesquels « les Mauny, Pontbriand, Coëtivy, Du Chastel, Eustache Deschamps »[36], mais aussi Gasselin du Bos (ou du Bois), Mansart du Bos (ou du Bois), Guillaume du Chastel et Hervé de Mauny. Des liens familiaux existent au sein de l'hôtel de Louis d'Orléans, ainsi à la suite du décès de Robert de Béthune, Nicolas de Baye rapporte que, le  : « Messire J. de Craon, Mahieu de Roye, J. de Roboiz (Jean de Robois), Sarrazin d’Arly, Guillaume de Trye, Roland de Wiquarque, Gasselin du Boiz et le seigneur de la Hamade, tous chevaliers, et aussy Rasse de Montcaverel, tous amis charnelx et parens de damoiselle Jehanne et Jaqueline, mineurs d’ans, filles de feu noble messire Robert de Bethune et de madame Ysabel de Guistelle ont esleu et nommé à estre tuteurs desdiz enfans mineurs lesdiz messire J. de Craon, cousin germain desdictes damoiselles, et Mahiu de Roye, cousin remué de germain d’icelles damoiselles. »(Source : Elizabeth Gonzales, 2004, "Un Prince en son Hôtel ; les serviteurs des ducs d'Orléans au XVe siècle", Publication de la Sorbonne, p205-243.).
  21. La famille Chourses compte notamment Maud Chaworth épouse d'Henri de Lancastre; Henry de Percy cité à côté du gouverneur de Brest après Tanguy Ier du Chastel.
  22. Vélin, iii+228+viii feuilles (feuilles de garde originales), complet, collation : i12, ii-iii8, iv4, v-xiv8, xv6, xvi-xxvii8, xxviii6, xxix8, 15 lignes, 83 × 52 mm, 24 miniatures de calendrier, 5 pleine page et 26 grandes miniatures avec bordures complètes, toutes les pages de texte avec bordures de panneaux dans les marges extérieures ; prières au Christ ajoutées dans une main du XVIe siècle à la fin ; quelques miniatures à pleine page très légèrement rognées avec des retouches aux marges, dans l'ensemble en bon état, relié en vieux velours rouge sur des planches de bois, joints et bords usés, dos réparé.
  23. Texte et enluminure du livre d'heures de Tanguy (IV) du Chastel : Calendrier, avec une entrée pour chaque jour, en français (f.1r), comprenant en or les saints Geneviève et Denis, patrons de Paris ; extraits d'Évangile (f.13r) ; Obsecro te (f.20v), O intemerata (f.26r), et Versets de saint Bernard (f.31r) ; Heures de la Vierge, usage de Rome, avec Matines (f.33r), Laudes (f.46 r), Prime (f.60r), Terce (f.66r), Sexte (f.71v), None (f.77r), Vêpres (f.83r), Complies (f.93r) ; Psaumes pénitentiels (f.119r), litanie (f.132 v) ; heures de la Croix (f.145r) ; heures du Saint-Esprit (f.153r) ; Office des morts, usage de Rome (f.160r) ; suffrages aux saints (f.215r). Ce livre a été enluminé par Maître François et son atelier, l'un des principaux artistes de Paris dans le troisième quart du XVe siècle, récemment identifié comme étant François Le Barbier (voir M. Deldicque dans Revue de l'Art, no 183, 2014, pp.9-18).
  24. Ce thème iconographique de l'Occident chrétien médiéval se développe au XIe siècle (il est habituel d'y voir l'influence de Suger) en la cathédrale Saint-Denis où un premier vitrail de 1144 sert de modèle à celui de la cathédrale de Chartres en 1145-1150. Le thème de l'arbre de Jessé devient populaire et se répand au XIIe siècle dans les verrières, les bibles et psautiers ou en sculpture, et ne déclinera qu'au XVIe siècle après la Contre-Réforme.
  25. L'auteur cite notamment: "la famille du Chastel" qui prouva une filiation remontant à 1200 sur dix générations. Celle-ci est une famille homonyme de Normandie. (H. Sauvage, « La Recherche de Jean Le Venart, lieutenant de l’élection de Coutances au siège de Saint-Lô, commissaire du roi en 1523 », Notices, mémoires et documents publiés par la Société d’agriculture, d’archéologie et d’histoire naturelle du département de la Manche, vol. 23, 1905, p. 66-89 ; vol. 24, 1906, p. 53-88 ; vol. 25, 1907, p. 67-96 ; vol. 26, 1908, p. 5-20). Sur la famille du Chastel, tirant son nom d’un lieu-dit de la commune d’Hébécrevon (Manche), et à ne pas confondre avec la célèbre famille bretonne homonyme, voir ibid., vol. 23, p. 73-74, 79-84.
  26. Bernard du Chastel apparaît dans deux actes: un acte du relatif aux moulins du duc de Bretagne auquel il avait appendu son sceau reproduit par Dom Morice et un acte du relatif à la vente par le vicomte de Léon de tout ce qu'il lui reste de son patrimoine au duc de Bretagne.

Références

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  1. 1 2 Rouchon 2019, p. 141-163
  2. 1 2 Levot 1852, p. 338
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  19. Refuge 1443
  20. Le Livre des Ostz (1294)
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  22. Froissart 2017
  23. 1 2 Chevalier, p. 350
  24. Martineau et Kernevez 2003
  25. 1 2 3 Kernévez 1992, p. 111-112
  26. 1 2 Vallée et Parfouru 1901, p. 157
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  33. Potier de Courcy 2012-2015, p. 286
  34. « L'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne - Chapelle Notre-Dame-du-Crann, Le Crann (Spézet) ».
  35. Kernévez et Morvan 2022, p. 279-312.
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  45. 1 2 Fabre 2006, p. 141-160
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  49. Jouet 1999, p. 197-212
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  52. 1 2 3 4 5 Deuffic 2010, p. 299-316
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  55. 1 2 Jean-Luc Deuffic, « Jean du Chastel, évêque de Carcassonne († 1475) : à propos d’un psautier et de sa « familia » bretonne. »,
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  74. « A RETROUVER (La bataille de Saint-Mathieu ?) », sur skoluhelarvro

Voir aussi

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Bibliographie

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