Fayçal II

dernier roi d'Irak
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Fayçal II (en arabe : الملك فيصل الثاني), né le à Bagdad et mort le à Bagdad, est le troisième et dernier roi d'Irak : il règne sur le pays du au coup d'État de .

Fayçal II
(ar) فيصل الثاني
Illustration.
Fayçal II dans les années 1950.
Titre
Roi d'Irak
–
(19 ans, 3 mois et 10 jours)
Régent Abd al-Ilah
Premier ministre Nouri Saïd
Rachid Ali al-Gillani
Taha al-Hashimi (en)
Rachid Ali al-Gillani
Jamil al-Midfai
Nouri Saïd
Hamdi al-Pachachi (en)
Tawfiq al-Suwaidi (en)
Arshad al-Umari (en)
Nouri Saïd
Sayyid Salih Jabr (en)
Sayyid Muhammad as-Sadr (en)
Muzahim al-Pachachi (en)
Nouri Saïd
Ali Jawdat al-Aiyubi
Tawfiq al-Suwaidi
Nouri Saïd
Mustafa Mahmud al-Umari (en)
Nureddin Mahmud (en)
Jamil al-Midfai
Muhammad Fadhel al-Jamali (en)
Arshad al-Umari (en)
Nouri Saïd
Ali Jawdat al-Aiyubi (en)
Abdul-Wahhab Mirjan (ar)
Nouri Saïd
Ahmad Mukhtar Baban (en)
Prédécesseur Ghazi
Successeur Muhammad Najib el-Roubai (président de la République)
Biographie
Dynastie Hachémite
Nom de naissance Fayçal bin Ghazi al-Hashimi
Date de naissance
Lieu de naissance Bagdad (Irak)
Date de décès (à 23 ans)
Lieu de décès Bagdad (Irak)
Nature du décès Exécution sommaire
Sépulture Mausolée royal d'Irak
Père Ghazi
Mère Aliya bint Ali
Grand-père paternel Fayçal Ier
Grand-père maternel Ali ben Hussein
Héritier Zeid bin Hussein
Entourage Hussein (cousin)
Abdallah Ier (grand-oncle)
Abdelilah ben Ali (oncle)

Image illustrative de l’article Fayçal II
Monarques d'Irak

Il accède au trône à l'âge de trois ans, en 1939, après la mort de son père le roi Ghazi dans un accident de voiture (qui pourrait être un assassinat politique déguisé). Une régence est établie, sous l'autorité de son oncle le prince Abdelilah. En 1941, un coup d'État renverse brièvement la régence avant qu'elle ne soit rétablie par la guerre anglo-irakienne. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Fayçal est évacué et éduqué au Royaume-Uni. La régence se termine en 1953 quand il atteint sa majorité.

Son règne s'affaiblit au cours des années 1950 en raison de la prise de pouvoir de Gamal Abdel Nasser en Égypte en 1952 et de la croissance du sentiment panarabe. En 1955, il intègre l'Irak dans le pacte de Bagdad, une alliance militaire avec l'État impérial d'Iran, la Turquie, le Pakistan et le Royaume-Uni. En , en réponse à l'établissement de la République arabe unie entre l'Égypte et la Syrie, Fayçal fonde la Fédération arabe avec la Jordanie, un autre royaume hachémite. La monarchie irakienne est renversée cinq mois plus tard par un coup d'État et la république d'Irak est établie. Pendant le coup d'État, Fayçal et plusieurs autres membres de la famille royale sont exécutés.

Biographie

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Origines et enfance

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Fayçal II est le fils du deuxième roi d'Irak, Ghazi, et d'Aliya bint Ali (1911-1950), elle-même fille d'Ali ben Hussein, ancien chérif de La Mecque et roi du Hedjaz[1].

Ses parents sont cousins germains et appartiennent tous deux par leurs pères à la dynastie Hachémite, originaire de l'Hedjaz. La dynastie a aidé le Royaume-Uni à soulever les Arabes contre les Ottomans lors de la Révolte arabe, lors de la Première Guerre Mondiale. Mais les résultats sont assez décevants pour les hachémites, qui espéraient pouvoir régner sur un grand royaume arabe uni : le territoire leur est disputé par les Français, mais aussi le sultan du Nedjd Ibn Séoud qui s'empare de la Mecque et chasse le chérif Hussein, chef de la dynastie, en 1924. Les Français chassent l'éphémère roi de Syrie, Fayçal, le grand-père homonyme de Fayçal II, de Damas, et ce dernier se retrouve à la place roi d'Irak, en 1921[2].

Fayçal II au début de son règne.

L'Irak est alors un jeune pays : peu peuplé, créé sur le sud-est du territoire de l'ancien empire Ottoman et reprenant la partie est de l'antique Mésopotamie, le pays est une mosaïque de tribus, d'ethnies et de religions différentes, entre lesquelles les tensions sont nombreuses[3], comme le montre le massacre de Simelé en 1933. Dans son courrier privé, Fayçal Ier déplore ce manque de cohésion qui rend très difficile la fédération de son royaume. Son fils et successeur, Ghazi, à la différence de son père qui estimait du rôle de la monarchie hachémite de devoir équilibrer les forces du territoire, se montre ouvertement favorable à la majorité musulmane et arabe[3].

Début de règne : enfance, guerre et études

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Fayçal II en 1942

Après la mort de Ghazi le , officiellement dans un accident de la route, le petit Fayçal, unique enfant du défunt roi, devient roi d'Irak à l'âge de trois ans et demi, et c'est son oncle maternel Abdelilah qui assure la régence du pays jusqu'à la majorité du roi en 1953. Ce dernier restera influent auprès du roi jusqu'en 1958. Le jeune roi Fayçal souffre d'asthme durant son enfance[4].

L'enfance de Fayçal, ainsi que le début de son règne, coïncident avec la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle l'Irak est officiellement allié à l'Empire britannique et aux Alliés. En avril 1941, son oncle, le régent Abdedlilah, est brièvement destitué de sa fonction de régent lors d'un coup d'État militaire visant à aligner l'Irak sur les puissances de l'Axe. Ce coup d'État militaire, mené par le Carré d'or, débouche rapidement sur la guerre anglo-irakienne. L'aide allemande s'avère vite insuffisante et le régent est finalement rétabli dans ses fonctions par une force alliée combinée, composée de la Légion arabe jordanienne, de la Royal Air Force et d'autres unités britanniques. L'Irak renoue ses liens avec le Royaume-Uni puis le royaume hachémite signe la déclaration des Nations unies en 1943, faisant partie des nations fondatrices de l'ONU en 1945[5].

Durant sa jeunesse, Fayçal reçut une éducation au palais royal d'Al-Rehab en compagnie de plusieurs autres garçons irakiens. Pendant la guerre, il vit quelque temps avec sa mère à Grove Lodge, à Winkfield Row (dans le Berkshire, en Angleterre). En 1942, il visite Jérusalem, alors en Palestine mandataire administrée par les Britanniques[6]. Fayçal entame ses études dans une école britannique, la Harrow School, avec son cousin, le roi Hussein de Jordanie. Ils étaient bons amis et souhaitaient par ailleurs fusionner leurs deux pays pour réaliser le projet du nationalisme arabe. Ils estimaient vraisemblablement nécessaire de contrer ce qu'ils percevaient comme la « menace » du communisme et des courants de gauche liés au panarabisme.

Portrait peint de Fayçal II, vers 1944.

En 2021, 143 dessins réalisés par Fayçal au crayon ou au pastel ont été exposés aux Archives nationales d'Irak, illustrant la vision de la guerre qu'avait le roi-enfant. Ces œuvres représentent notamment des avions, des bombes, des robots tueurs et des combats acharnés sur terre comme sur mer, mais aussi des sujets plus paisibles tels que des paysages, des oiseaux et des bâtiments, ainsi que des cartes de l'Europe et de l'Afrique du Nord[7].

Voyages officiels

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Fayçal II avec le président Harry S. Truman en 1952.

En 1952, à l'âge de 17 ans, Fayçal entreprend de visiter les États-Unis afin d'y découvrir divers projets de développement, notamment dans les domaines de l'agriculture, de l'énergie, des réseaux de voies navigables et de la mise en valeur des terres. Le roi portait un intérêt tout particulier aux projets d'irrigation ; il déclara d'ailleurs plus tard à la presse new-yorkaise qu'ils étaient « grandement nécessaires à notre pays »[8].

Fayçal II en 1957, lors de sa visite en Iran, à Machhad au mausolée de l'imam Reza. Avec l'Iran, l'Irak est le principal autre pays à majorité chiite, bien que la dynastie soit sunnite.

Fayçal II entame une tournée américaine de cinq semaines le 12 août 1952. Accompagné du régent Abdelilah, qui a déjà voyagé aux États-Unis en 1945, le roi arrive à 11 heures à New York par l'Hudson à bord du RMS Queen Mary et visite le siège des Nations Unies à Manhattan. Le lendemain, le roi d'Irak visite l'Empire State Building puis, après s'être rendu à l'hôtel de ville de New York pour une réception avec le maire Vincent R. Impellitteri, il assiste à un match au stade Ebbets Field, un événement qui marqua les esprits. Aux États-Unis, la visite fut si largement couverte par les médias que beaucoup en oublièrent les motifs initiaux. Pris d'intérêt pour le baseball, il prit fait et cause pour les Brooklyn Dodgers, bien qu'il fût incapable de les distinguer de l'équipe adverse, les New York Giants, jusqu'à ce qu'un de ses assistants lui explique que le nom de l'équipe figurait sur les tenues des joueurs[8]. Dans les jours qui suivirent, il visite le Radio City Music Hall et les installations de la compagnie pétrolière Esso. Le 16 août, il quitte l'aéroport de LaGuardia pour Washington D.C., où il rencontra le président Harry S. Truman. Au cours des semaines suivantes, il rencontre plusieurs autres personnalités célèbres, telles que Dean Acheson, l'acteur James Mason ou encore le joueur de baseball Jackie Robinson[9],[10].

Après la signature du pacte de Bagdad, Fayçal II se rend en visite officielle dans d'autres pays partenaires : il est reçu au Royaume-Uni en juillet 1956 par Élisabeth II[11] et en Iran impérial par le chah Mohammad Reza Pahlavi en octobre 1957[12].

Règne adulte

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Portrait officiel de Fayçal II à sa majorité, le 13 mai 1953.

Moins d'un an après sa tournée américaine, Fayçal devient majeur le 2 mai 1953, entamant son règne avec peu d'expérience et dans un contexte politique et social irakien en pleine mutation, exacerbé par la montée rapide du panarabisme, opposé au nationalisme arabe des hachémites[13]. Le même jour, son cousin, Hussein, est intronisé en Jordanie[14]. Le règne de Fayçal fut marqué par la tolérance et la coexistence avec les autres confessions et les différentes branches de l'islam, ainsi que par des projets tels que la mise en place d'un système d'irrigation inspiré du modèle américain[15]. Des édifices publics furent construits sous son règne, comme la mosquée al-Shawy, qu'il visita en compagnie d'érudits et de notables de Bagdad, et dont la visite fut retransmise à la télévision[16]. Fayçal s'appuie initialement sur les conseils politiques de l'ancien régent, devenu prince héritier, et du général Nouri al-Saïd, homme politique chevronné et nationaliste ayant déjà exercé plusieurs mandats de Premier ministre. Cependant, le règne de Fayçal devint simultanément de plus en plus instable sur fond d'inégalités économiques, de montée du communisme, de sentiment anti-impérialiste et de panarabisme grandissant.

Intronisation de Fayçal II, en mai 1953

Avec l'augmentation des revenus pétroliers dans les années 1950, suite à de nouveaux contrats signés en 1952 avec l'Iraq Petroleum Company, le roi et ses conseillers choisissent d'investir leurs richesses dans des projets de développement[17], ce qui, selon certains, lui aliéna de plus en plus la classe moyenne en pleine expansion ainsi que la paysannerie. Le Parti communiste irakien gagne en influence dans ces années-là. Bien que le régime semblât solide, la monarchie hachémite étant vue le principal élément unificateur du pays[3], le mécontentement grandit face à la situation de l'Irak, dont l'élite semble très enrichie, alors qu'un fossé se creuse toujours plus avec les classes modestes de la société, les ouvriers et les paysans. Bien que les élections soient relativement libres en comparaison avec celles que connaîtront plus tard le pays[18], les classes supérieures favorables au gouvernement de Nouri Saïd et à la monarchie contrôlent le Parlement, et les réformateurs envisagent de plus en plus sérieusement une révolution. En 1952, la révolution égyptienne, menée par Gamal Abdel Nasser, donne l'impulsion à une entreprise similaire en Irak.

Le règne de Fayçal II est également marqué par le lancement de projet de modernisation du Grand Bagdad. Il s'agissait d'un programme de grande envergure visant à améliorer et développer les infrastructures civiles et administratives de la capitale. Cela devait permettre la construction de bâtiments publics, de réformer le secteur de la construction mais aussi de former des architectes irakiens. Un volet central de ces projets consistait à faire appel à des architectes de renommée internationale afin de donner une grande visibilité au projet. Parmi les architectes ayant accepté l'invitation figuraient Alvar Aalto, Walter Gropius, Le Corbusier, Gio Ponti ainsi que Frank Lloyd Wright et le cabinet The Architects Collaborative (TAC). La plupart de leurs projets ne furent pas réalisés ; seuls la tour de la faculté et le monument d'entrée de l'université de Bagdad, conçus par Walter Gropius et le TAC, ainsi que l'immeuble de bureaux du Conseil du développement, conçu par Gio Ponti, furent construits. Le gymnase de Bagdad, qui faisait partie des installations sportives sur lesquelles Le Corbusier travailla jusqu'à sa mort en 1965, fut quant à lui édifié en 1980, sous le régime de Saddam Hussein[17].

La montée de l'opposition

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Le prince régent prend la décision de permettre au Royaume-Uni de conserver un rôle continu dans les affaires irakiennes, au travers du traité anglo-irakien de 1948, qui permet de reconduire le traité anglo-irakien de 1930, qui avait déjà eu ce rôle. L'alignement sur le bloc de l'Ouest est réaffirmé par la signature du pacte de Bagdad en 1955, décision politique que confirme plus tard Fayçal. Cependant, en 1948, l'Irak fait partie de la coalition arabe qui déclare la guerre à l'État d'Israël récemment proclamé, et participe à son invasion en mai 1948. Après la guerre, le royaume hachémite est le seul pays arabe à ne pas signer d'accord de cessez-le-feu avec Israël, et les deux pays sont techniquement en état de guerre permanent depuis 1948[19].

Fayçal II (en costume civil, au centre) et son oncle, le régent Abdelilah (de côté, au premier plan), en compagnie d'officiers de l'armée irakienne. Derrière, à droite, Nouri Saïd (en manteau clair), ancien militaire. L'armée est le principal pilier du régime, mais elle se retournera contre lui.

La situation politique se détériore véritablement en 1956 quand des soulèvements éclatent dans les villes de Nadjaf et Al-Hayy. Pendant ce temps, Israël et l’Égypte sont en guerre. L'intervention de la Grande-Bretagne et de la France, en réponse à la nationalisation par Nasser du canal de Suez, a pour effet d'exacerber la révulsion populaire contre le pacte de Bagdad et, par ricochet, envers le régime. L'opposition coordonne ses activités. En , un Front d'union nationale est formé, rassemblant les démocrates nationaux, des indépendantistes, des communistes et le parti Baas. Un processus identique a lieu au sein du corps des officiers irakiens, avec la formation d'un Comité suprême des officiers libres. Le gouvernement s'efforce de préserver la loyauté des forces armées irakiennes par le biais de prestations généreuses, mais cela s'avéra de plus en plus inefficace et le mouvement anti-monarchiste compte de plus en plus de sympathisants.

Les nationalistes irakiens, ainsi que les autres mouvements d'opposition, n'ont jamais accepté la mise sous tutelle du pays par les Britanniques en 1920, ni le fait que ces derniers aient imposé une monarchie, le référendum ayant abouti à l'instauration de la royauté étant suspecté de fraude[18]. Le roi est donc vu par les Irakiens comme une sorte de gouverneur général d'un protectorat ou d'une colonie britannique.[réf. nécessaire] De plus, la famille royale hachémite n'est pas originaire d'Irak, mais de l'Hedjaz, ce qui accentue ce manque de ressenti nationaliste parmi la population. Cependant Fayçal II, à la différence de ses deux prédécesseurs, est le premier roi natif d'Irak.

Du reste, si le royaume réussit à faire cohabiter la pluralité confessionnelle, ethnique et tribale du pays, la dynastie est sunnite, comme l'ensemble des personnalités politiques qui l'environne. Or, l'Irak est à majorité chiite (plus de 55% de la population), et la caste dirigeante se montre à l'égard des chiites « arrogante », un problème déjà identifié par Fayçal Ier dans les premières années du royaume. Trente ans plus tard, la situation est toujours la même[20].

La Fédération arabe d'Irak et de Jordanie

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Fayçal II avec son cousin Hussein, roi de Jordanie, en 1957.

Le , la Syrie et l'Égypte s'unissent pour créer la République arabe unie, ce qui encourage la Jordanie et l'Irak à renforcer leur bloc anti-panarabiste. Deux semaines plus tard, le , la Jordanie et l'Irak s’unissaient à leur tour pour fonder la fédération arabe d'Irak et de Jordanie. Fayçal, en tant qu'aîné de la famille hachémite, prend les fonctions de chef du nouvel État.

Il était prévu que Hussein puisse remplacer Fayçal en son absence. La fédération se veut ouverte à d'autres pays arabes, mais le Royaume-Uni s'oppose à ce que le Koweït ne rejoigne l'alliance, ce qui était pourtant prévu, et espéré par une grande partie de la classe politique nationaliste menée par Nouri Saïd[21].

La révolution du 14 juillet 1958

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Le palais Al-Rehab, détruit en 1973, où vivait la famille royale et où elle fut massacrée.

À l'été 1958, le roi Hussein de Jordanie demande l'aide militaire de l'Irak lors de l'escalade de la crise au Liban. Les unités de l'armée irakienne sous le commandement du général Abdul Karim Qasim, en route vers la Jordanie, choisissent au contraire de marcher sur Bagdad pour réaliser un coup d'État le .

Bagdad lors du coup d'État de 1958

Le roi Fayçal ordonne à la garde royale de n'offrir aucune résistance et fait le choix de se rendre aux insurgés. Vers 8 heures, le capitaine Abdul Sattar Al-Sabaa Ibousi, chef du groupe d'assaut du palais, ordonne au roi, à l'ancien régent Abdelilah, à son épouse et à sa mère les princesses Hayam et Nafeesa, ainsi qu'à la tante de Fayçal, la princesse Abadiya, et à plusieurs serviteurs de se rassembler dans la cour du palais et de se tourner vers un mur. Tous sont immédiatement abattus. Une autre version donnée par les révolutionnaires prétend que le roi et sa famille, escortés par la garde royale, drapeau blanc à la main, auraient été pris par une rafale dans la cour. Le prince Abdallah aurait été touché dans le dos et serait mort immédiatement, la princesse Hayam aurait été blessée à la cuisse, les autres personnes auraient été tuées sur le coup, Fayçal n'aurait pas trouvé la mort immédiatement et aurait été transporté vers l’hôpital afin d’être soigné, succombant durant son transport. Cependant, il est plus vraisemblable que le transport de son corps vers l’hôpital avait pour but de faire constater officiellement qu'il était bien mort, atteint par une balle dans la tête et une autre dans le cou.

Les nouvelles autorités irakiennes prétendent également avoir enterré la famille dans le cimetière royal, mais le Time Magazine du rapporte que : « Le peuple traîna le corps d'Abdelilah dans la rue (al-Rashid) comme celui d'un chien et le déchira membre par membre. »[22]. Il est ensuite suspendu à la porte du ministère de la Défense, avant que la foule ne brûle ses restes. Fayçal II est lui enterré près de l'hôpital, ce n'est que sur intervention du roi Hussein qu'il est inhumé au cimetière du domaine d'Adhamiya à Bagdad.

Nouri Saïd, le Premier ministre, est tué par les partisans du général Qasim le jour suivant. La monarchie est formellement abolie et le contrôle du pays passe à un « Conseil de souveraineté » tripartite, composé de représentants des trois principales communautés du pays, les Arabes sunnites, les Arabes chiites et les Kurdes. Une longue période d'instabilité politique suit, aboutissant à la victoire finale en 1963 du Parti Baas, qui à son tour conduit à l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein.

La Fédération arabe d'Irak et de Jordanie est officiellement dissoute le suivant et la Jordanie retrouve son autonomie.

Vie privée

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Tombe de Fayçal II au mausolée royal d'Irak, à Adhamiya.

Le , il aurait épousé secrètement la Française Geneviève Arnault, rencontré quelques années plus tôt. En 1965, celle-ci introduit plusieurs actions auprès des justices américaine et britannique afin de « récupérer » une partie de la fortune de l'ancien roi[23],[24].

Fayçal II se fiance en à la princesse Kiymet Hanım, issue de la dynastie mamelouke d'Irak. Cet engagement est annulé trois mois plus tard.

Le roi demande alors la main de la princesse Shahnaz Pahlavi, fille de Mohammad Reza, chah d'Iran, mais sa demande est rejetée par la princesse.

Au moment de sa mort, le roi Fayçal est fiancé à la princesse Sabiha Fazila Hanım Sultan[25], la fille unique du prince Mohammad Ali Ibrahim Beyefendi d'Égypte et de Zahra Hanzadé Sultane, princesse de la famille ottomane et descendante du sultan Abdülmecid[1].

Le roi Fayçal II n'a donc laissé aucune descendance. Cependant, en 2008, apparaît sur Internet une certaine Ishtar zin Hussein bint Fayçal d'Irak, se revendiquant être la petite-fille naturelle de l'ancien roi. Elle rend publiques la même année 12 hadiths hachémites de Fayçal II, et en 2014 elle publie son autobiographie La petite princesse grise[26].

Dans la culture populaire

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  • C'est la photo de Fayçal II jeune reproduite plus haut qui a inspiré à Hergé le personnage du prince Abdallah, qui apparaît pour la première fois dans l'album Tintin au pays de l'or noir[27].
  • Fayçal II est l'auteur du livre « Comment se défendre », paru en 1951, portant sur le judo et le self-defense[28]. Il en fit imprimer cinquante exemplaires et les remit à d'autres rois et dirigeants voisins, notamment à son oncle, le roi Abdallah Ier de Jordanie. Il en remit également un exemplaire à la Ligue des États arabes, espérant qu'elle le réimprimerait pour le distribuer gratuitement à la jeunesse des pays arabes, mais cela ne se concrétisa jamais[29].

Ordres et décorations

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Panneau de timbres-poste de l'intronisation de Fayçal II en 1953

Décorations irakiennes

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Décorations étrangères

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Notes et références

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  1. 1 2 (en) Iraq Al-Hashimi Dynasty, sur Royal Ark.
  2. ↑ Peter Haenger, « Mort d’un roi à Berne », National Museum,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 Christian Destremau, Le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, Perrin, (ISBN 978-2-262-04914-0, lire en ligne)
  4. ↑ (en) « Faisal II », sur s9.com - Biographical dictionnary, (consulté le )
  5. ↑ (en) Dag Hammarskjöld Library, « Research Guides: UN Membership: UN Founding Members », sur research.un.org (consulté le )
  6. ↑ (en) « The Hashemite King Faisal Child of Iraq during his visit to Jerusalem Palestine 1942 », sur Palestinian History, Culture and Civilisation - Quora
  7. ↑ (en) Sinan Mahmoud, « Iraqi Boy-King Faisal II’s drawings shed light on country’s past », sur The National (consulté le )
  8. 1 2 (en-US) Alexandra Hilton, « Doomed Guests: Faisal II, The “Boy King” Of Iraq », sur NYC Department of Records & Information Services, (consulté le )
  9. ↑ « Truman Library Photograph: King Faisal II visiting the Naval Academy » [archive du ], sur web.archive.org (consulté le )
  10. ↑ « Historical Documents - Office of the Historian », sur history.state.gov (consulté le )
  11. ↑ (en-US) Saad719, « Iraqi State Visit to Britain, 1956 », sur The Royal Watcher, (consulté le )
  12. ↑ (en) « The Shah Receiving Faisal II, 1957 », sur The Pictured Memory of Iraq (consulté le )
  13. ↑ (en) Michael Eppel, « The Fadhil Al-Jamali Government in Iraq, 1953-54, in Journal of Contemporary History, vol. 34, n°3, pp. 417-442. », sur Sage Journals, (DOI 10.1177/002200949903400306, consulté le )
  14. ↑ (en) « King Hussein of Jordan », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ (en) By AIDA KOUYOUMJIAN, « Iraq may need what it once had -- a constitutional monarchy », sur Seattle Post-Intelligencer, (consulté le )
  16. ↑ (ar) « جامع احمد الشاوي », sur wahetaleslam.yoo7.com (consulté le )
  17. 1 2 Katarina Mohar et Barbara Vodopivec, « MAPPING THE SPACES OF MODERNIST CITIES WITHIN THE CONTEXT OF CIAM’S ATHENS CHARTER », Založba ZRC,‎ (lire en ligne)
  18. 1 2 (en) Dieter Nohlen, Elections in Asia and the Pacific: A Data Handbook, Oxford University PressOxford, (ISBN 0-19-924958-X, 978-0-19-924958-9 et 978-0-19-160002-9, DOI 10.1093/019924958X.001.0001, lire en ligne), pp.80-101
  19. ↑ « Satellite Articles and latest stories | The Jerusalem Post », sur fr.jpost.com (consulté le )
  20. ↑ Adel Bakawan, L'Irak, un siècle de faillite: De 1921 à nos jours, Tallandier, (ISBN 979-10-210-4545-3, lire en ligne), p.16
  21. ↑ « Revendications irakiennes sur le Koweït et guerre du Golfe de 1991 », sur www.lesclesdumoyenorient.com (consulté le )
  22. ↑ Time Magazine, « Revolt in Baghdad », 21 July 1958 edition of Time Magazine, « Gamel Abdel Nasser's "Middle East News Agency gleefully described the assassination of Crown Prince Abdul Illah: 'The people dragged Abdul Illah's body into the street like that of a dog and tore it limb from limb.' »
  23. ↑ « La veuve du roi Fayçal d'Irak hériterait d'une fortune fabuleuse », Le Monde, .
  24. ↑ « Republic of Iraq v. First », sur Leagle.com (consulté le ).
  25. ↑ (en) « Sabiha Fazila – The Queen who never was », sur History of Royal Women, .
  26. ↑ « La petite princesse grise - Livre Actualité, Politique et Société | Cultura », sur www.cultura.com (consulté le )
  27. ↑ Nicolas Fontaine, « Fayçal II : le jeune roi d'Irak assassiné qui inspira Hergé », sur Histoires Royales, (consulté le )
  28. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 « IRAQ2 », sur www.royalark.net (consulté le )
  29. ↑ « الگاردينيا - مجلة ثقافية عامة - هوايات الملك فيصل الثاني », sur algardenia.com (consulté le )

Liens externes

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