Ficre Ghebreyesus

peintre américain

Ficre Ghebreyesus, né Ficremariam Ghebreyesus le à Asmara, alors située dans l’Empire éthiopien et aujourd’hui capitale de l’Érythrée, et mort le à Hamden, dans le Connecticut, est un peintre, chef cuisinier, restaurateur et militant humanitaire érythréo-américain.

Ficre Ghebreyesus
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Naissance
Décès
Nom de naissance
Ficremariam Ghebreyesus
Nationalité
Activités
Autres activités
chef cuisinier, restaurateur, militant humanitaire
Formation
Mouvement
Conjoint
Distinction
Carol Schlosberg Prize for Excellence in Painting
Œuvres principales
  • City with a River Running Through
  • Zememesh Berhe's Magic Garden
  • The Sardine Fisherman's Funeral

Réfugié politique ayant quitté l’Érythrée à l’âge de seize ans, il séjourne au Soudan, en Italie et en Allemagne avant de s’installer aux États-Unis en 1981. Il poursuit parallèlement une activité artistique, un engagement en faveur de l’indépendance érythréenne et une carrière dans la restauration. Avec deux de ses frères, il fonde en 1992 à New Haven le Caffé Adulis, restaurant de cuisine érythréenne dont il devient le chef cuisinier.

Diplômé de la Yale School of Art en 2002, il produit plusieurs centaines de peintures dans lesquelles se mêlent abstraction et figuration. Son œuvre associe des paysages, des étendues maritimes, des architectures, des figures humaines, des animaux et des motifs inspirés notamment des textiles et de l’artisanat érythréens.

Peu exposée de son vivant, son œuvre acquiert une reconnaissance internationale après sa mort. Elle est notamment présentée au Museum of the African Diaspora de San Francisco en 2018, à la Galerie Lelong de New York à partir de 2020, à la Biennale de Venise en 2022 et chez Modern Art à Londres en 2025[1],[2],[3].

Biographie

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Enfance à Asmara

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Ficremariam Ghebreyesus naît le 21 mars 1962 à Asmara, au début de la guerre d'indépendance de l'Érythrée. À cette époque, l’Érythrée a été annexée par l’Éthiopie et Asmara appartient à l’Empire éthiopien.

Il est le sixième des sept enfants de Gebreyesus Tessema et de Zememesh Berhe[4]. Son père est juge. Selon le témoignage ultérieur d’Elizabeth Alexander, il est éloigné d’Asmara après avoir refusé de modifier certaines de ses décisions judiciaires sous la pression des autorités[4].

Sa mère, Zememesh Berhe, appartient à la communauté chrétienne orthodoxe. L’univers religieux dans lequel grandit Ghebreyesus influence ultérieurement certaines de ses représentations d’anges, de personnages bibliques et de figures auréolées.

Le prénom complet « Ficremariam » est généralement traduit par « amour de Marie », tandis que sa forme abrégée, « Ficre », signifie « amour » en tigrigna[4].

Ghebreyesus fréquente des écoles catholiques à Asmara. Grand lecteur, il reçoit durant son enfance le surnom italien mangia libro, littéralement « mangeur de livres »[4]. Il utilise plus tard cette expression comme titre d’un autoportrait.

Son enfance se déroule dans un contexte marqué par la guerre opposant les indépendantistes érythréens au gouvernement éthiopien. Encore adolescent, il participe au mouvement de lutte pour l’indépendance de l’Érythrée[5].

Départ d’Érythrée et exil

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En 1978, alors âgé de seize ans, Ghebreyesus quitte l’Érythrée à la demande de sa famille. Il traverse à pied la frontière avec le Soudan et devient un réfugié politique[1].

Au cours des trois années suivantes, il séjourne dans différentes communautés érythréennes en exil au Soudan, en Italie et en Allemagne[5].

Ces déplacements constituent l’une des expériences centrales de sa vie. Les thèmes du passage, de la séparation, de la recherche d’un foyer et de l’appartenance à plusieurs territoires sont fréquemment associés par les commissaires d’exposition à ses peintures ultérieures.

En 1981, il rejoint les États-Unis, où vit déjà l’une de ses sœurs. Il séjourne brièvement en Californie, puis s’installe à New York[6].

Engagement humanitaire et politique

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Aux États-Unis, Ghebreyesus poursuit son engagement en faveur de l’indépendance de l’Érythrée. Il participe à des activités militantes et humanitaires liées à la guerre, aux réfugiés et aux besoins de la population érythréenne[1].

Son engagement se maintient jusqu’à l’indépendance de l’Érythrée, officiellement reconnue en 1993, et se prolonge par des actions concernant l’aide humanitaire et la reconstruction du pays.

Dans une déclaration rédigée en 2000 pour sa candidature à la Yale School of Art, il explique que ses premières peintures étaient directement liées aux souffrances, persécutions et dilemmes psychologiques vécus avant et après son départ d’Érythrée[7].

Il retourne en Érythrée pendant les années 1990 et y enseigne dans une école située dans une région affectée par les conséquences du conflit. Il photographie également le pays et ses habitants. Une partie de ces photographies est présentée au public plusieurs décennies plus tard, lors de l’exposition Color Is Supreme organisée en 2026[8].

Installation à New York et premières peintures

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À New York, Ghebreyesus exerce différents emplois dans les cuisines de restaurants. Il commence à peindre vers 1990 et réalise certaines de ses premières œuvres sur la table de la cuisine de son petit appartement de Manhattan[5].

En 1991, il participe à une exposition collective de la Cinque Gallery, galerie new-yorkaise fondée en 1969 par Romare Bearden, Ernest Crichlow et Norman Lewis afin de soutenir les artistes afro-américains.

La même année, il reçoit un prix lors d’une exposition collective de l’Art Students League of New York. En 1992, une bourse lui permet d’étudier pendant un an au sein de cette institution[9].

Il fréquente également le Printmaking Workshop de Robert Blackburn, où il étudie les techniques de la gravure et de l’impression[5].

Caffé Adulis

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En 1992, Ghebreyesus s’installe à New Haven, dans le Connecticut, où il fonde avec ses frères Gideon et Sahle le Caffé Adulis, restaurant spécialisé dans la cuisine érythréenne[4].

Le nom du restaurant fait référence à Adulis, ancienne cité portuaire de la mer Rouge ayant joué un rôle commercial important durant l’Antiquité.

Ghebreyesus devient copropriétaire et chef cuisinier de l’établissement. Il crée les menus et élabore des plats inspirés des traditions culinaires de l’Érythrée et de la Corne de l’Afrique.

Le Caffé Adulis contribue à faire connaître la cuisine érythréenne dans la région de New Haven. Il devient également un lieu de rencontre fréquenté par des artistes, des universitaires, des militants et des membres de la diaspora africaine.

Ghebreyesus accroche certaines de ses peintures sur les murs du restaurant. Il poursuit son travail artistique en parallèle de son activité de chef, peignant notamment durant la nuit ou pendant ses périodes de repos[10].

Le restaurant ferme en 2008. Ghebreyesus consacre les quatre dernières années de sa vie principalement à la peinture[9].

Formation universitaire

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Ghebreyesus reprend des études supérieures tout en travaillant dans la restauration. Il étudie à la Southern Connecticut State University, où il obtient en 2000 un Bachelor of Arts[5].

La même année, il est admis au programme de peinture et de gravure de la Yale School of Art. Sa lettre de candidature contient une déclaration artistique dans laquelle il présente la peinture comme un moyen de faire face à la douleur de l’exil et de retrouver un sentiment d’appartenance[7].

Il obtient son Master of Fine Arts en 2002. À la fin de ses études, il reçoit le Carol Schlosberg Prize for Excellence in Painting, attribué pour l’excellence de son travail pictural[5].

Durant sa formation à Yale, il participe aux expositions des étudiants de première année et à l’exposition de fin d’études de l’école[11].

Vie familiale

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En 1996, Ghebreyesus rencontre la poétesse et universitaire américaine Elizabeth Alexander. Ils se marient en 1997 et ont deux fils, Solomon et Simon[4].

La famille vit dans la région de New Haven, puis à Hamden. Ghebreyesus associe son travail de restaurateur et de peintre à une vie intellectuelle nourrie par la littérature, l’histoire de l’art, la musique et l’apprentissage des langues.

Selon les recherches effectuées dans ses archives familiales, il maîtrise ou étudie plusieurs langues et écrit également de la poésie, de la musique, des essais et des recettes[8].

Ficre Ghebreyesus meurt subitement le 4 avril 2012 à son domicile de Hamden, à l’âge de cinquante ans, d'une insuffisance cardiaque aiguë[10],[5].

Au moment de son décès, la majeure partie de son œuvre n’a jamais été présentée au public. Son atelier contient plusieurs centaines de peintures, ainsi que des dessins, des pastels, des photographies, des carnets et différents documents personnels.

Son épouse publie en 2015 The Light of the World: A Memoir, récit consacré à leur vie commune, à la mort de Ghebreyesus et au deuil familial[12].

L’ouvrage est finaliste du prix Pulitzer de la biographie ou de l’autobiographie en 2016.

Production

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Ghebreyesus réalise plusieurs centaines de peintures au cours d’une carrière d’environ vingt ans. The Guardian évalue sa production à plus de huit cents tableaux[10].

Il travaille principalement à l’acrylique sur toile, mais utilise aussi la peinture à l’huile, particulièrement au début de sa carrière. Il pratique également le dessin, le pastel, la gravure et la photographie.

Ses œuvres varient considérablement par leurs dimensions. Certaines sont de petit format tandis que d’autres atteignent la taille d’une peinture murale. City with a River Running Through, composée de quatre panneaux, mesure plus de cinq mètres de longueur[1].

L’artiste signe, date et titre rarement ses œuvres. Une partie des titres utilisés dans les catalogues et les expositions est donc attribuée après sa mort afin de permettre leur identification[5].

Cette absence fréquente de dates empêche d’établir une chronologie entièrement certaine de sa production. Les catalogues utilisent alors des datations approximatives fondées sur les matériaux, les archives, les photographies d’atelier et les témoignages de ses proches.

Entre figuration et abstraction

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Le travail de Ghebreyesus se situe à la frontière de l’abstraction et de la figuration. Certaines peintures sont composées de champs colorés, de quadrillages et de motifs géométriques, tandis que d’autres représentent des personnages, des paysages, des architectures, des animaux ou des scènes narratives.

Les éléments figuratifs peuvent apparaître au sein de compositions largement abstraites. Ils ne respectent pas nécessairement une perspective unique et semblent parfois appartenir simultanément à plusieurs espaces.

Ses paysages se transforment fréquemment en paysages marins ou célestes. Des villes, des jardins, des bateaux, des poissons et des figures humaines se superposent dans des compositions non linéaires évoquant la mémoire, le rêve et le récit oral[5].

En 2020, The New Yorker décrit ses peintures comme se situant entre abstraction et représentation et souligne leur caractère psychologiquement chargé[13].

Couleur et matière

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La couleur occupe une place centrale dans l’œuvre de Ghebreyesus. Il juxtapose des zones de couleurs vives, des tons plus sourds et des réseaux de lignes ou de motifs répétés.

Ses surfaces sont généralement mates. Il utilise des couches successives d’acrylique, des hachures croisées et des incisions permettant de faire réapparaître une couche de peinture inférieure[8].

Dans certaines œuvres, il organise la composition autour de grilles, d’échiquiers ou de blocs colorés. Ces structures peuvent rappeler à la fois l’histoire de la peinture abstraite, les textiles et les vanneries érythréennes.

Ses carnets témoignent d’expérimentations sur la géométrie, les proportions et la suite de Fibonacci, employées pour construire les rapports entre les différentes parties d’une composition[8].

Érythrée et mémoire de l’exil

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Les souvenirs d’Asmara, les paysages de la Corne de l’Afrique, la guerre et l’expérience de l’exil constituent des références importantes de son œuvre.

Ses tableaux contiennent des architectures rappelant les bâtiments modernistes d’Asmara, des couleurs et motifs associés aux marchés et objets artisanaux de l’Érythrée ainsi que des formes évoquant les broderies et les vanneries locales[2].

Dans City with a River Running Through, la ville est représentée sous la forme d’une mosaïque de maisons, de formes géométriques et de couleurs. Selon la présentation de la Biennale de Venise, certaines de ces formes rappellent les paniers et broderies traditionnels érythréens[2].

L’artiste ne produit toutefois pas uniquement une peinture autobiographique. La peintre Julie Mehretu présente ses œuvres comme des « explorations en peinture » et comme la construction d’un univers pictural autonome plutôt que comme de simples illustrations de sa vie[5].

Mer, bateaux et poissons

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La mer constitue un motif récurrent dans ses tableaux. Elle est représentée sous la forme de bandes colorées, d’étendues abstraites ou d’espaces peuplés de bateaux et d’animaux aquatiques.

Les bateaux sont parfois isolés, placés sous un pont ou entourés de formes géométriques. Ils peuvent évoquer le voyage, l’exil, la traversée et le passage entre plusieurs territoires.

Les poissons apparaissent dans de nombreuses compositions, parfois associés à des figures angéliques ou à des paysages urbains. Le Museum of the African Diaspora souligne la présence importante de l’imagerie aquatique dans ses œuvres[1].

La critique a interprété ces motifs comme des références aux déplacements migratoires, aux activités de pêche de la Corne de l’Afrique et à la mémoire diasporique. Ces interprétations ne sont toutefois pas nécessairement confirmées pour chaque tableau par des déclarations de l’artiste.

Religion et spiritualité

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Les références au christianisme orthodoxe sont visibles dans certaines représentations d’anges, d’annonciations, de musiciens et de figures auréolées.

Ces motifs sont combinés à des références issues d’autres traditions artistiques et religieuses. Les personnages peuvent coexister avec des poissons, des arbres, des cavaliers, des instruments de musique ou des figures abstraites.

Dans plusieurs tableaux, les ailes des anges sont formées de structures géométriques colorées rappelant les textiles et ornements érythréens[5].

Musique

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Ghebreyesus s’intéresse particulièrement au jazz et aux musiques de la diaspora africaine. Ses compositions sont parfois rapprochées des rythmes syncopés, de l’improvisation et de la polyrythmie.

Il représente à plusieurs reprises des musiciens assis jouant d’un instrument à cordes. Les corps, les instruments et l’espace environnant sont construits au moyen de lignes et de champs colorés.

Le titre de l’exposition Color Is Supreme, organisée en 2026, provient d’un hommage écrit par l’artiste à l’album A Love Supreme de John Coltrane[8].

Ses archives comprennent également des textes et des essais consacrés à la musique. Selon la Galerie Lelong, les rapports entre couleur, rythme et répétition jouent un rôle structurel dans ses compositions.

Cuisine, peinture et hospitalité

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Ghebreyesus ne sépare pas complètement son activité artistique de son travail de cuisinier. La préparation des aliments, l’invention des recettes, l’accueil des clients et la peinture participent pour lui d’une même pratique créative.

Le Caffé Adulis devient à la fois un restaurant, un lieu d’exposition informel et un espace de sociabilité culturelle.

Certaines natures mortes et compositions contiennent des fruits, des poissons, des ustensiles ou des formes pouvant rappeler la nourriture et le travail culinaire.

Les sources consacrées à l’artiste soulignent fréquemment la relation entre son activité de chef, son engagement communautaire et son approche de la peinture[10].

Principales œuvres

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Parmi les peintures fréquemment reproduites ou présentées dans les expositions figurent :

  • City with a River Running Through, 2011 ;
  • Zememesh Berhe’s Magic Garden, vers 2002 ;
  • The Sardine Fisherman’s Funeral ;
  • Mangia Libro ;
  • Dream Poem #1 ;
  • Angel Musician II ;
  • Seated Musician IX ;
  • Nude with Bottle Tree, vers 2011 ;
  • Gate to the Blue ;
  • I Believe We Are Lost ;
  • Map/Quilt IV ;
  • Solitary Boat in Red and Blue ;
  • Solitary Boat with Bright Grid ;
  • Two Solitary Boats ;
  • Annunciation ;
  • Eden ;
  • Afro-Equestrian Monument in Red ;
  • Hand Playing Guitar, 2011 ;
  • Apple Tree Girl I, vers 1998-2000 ;
  • Untitled with Sea Urchin, vers 2002.

Les dates de plusieurs œuvres demeurent approximatives, l’artiste ayant rarement daté ou titré ses tableaux.

Expositions

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Expositions de son vivant

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Ghebreyesus participe à plusieurs expositions collectives et personnelles avant sa mort, principalement dans la région de New York et de New Haven.

En 1991, il expose à la Cinque Gallery de New York et participe à une exposition collective de l’Art Students League.

En 1992, ses œuvres sont présentées à l’Ikenga Gallery de New Haven. Il expose également de manière informelle au Caffé Adulis.

En 1995, il bénéficie d’une exposition personnelle à Artspace New Haven et d’une autre dans les locaux de la maison d’édition Red Sea Press, dans le New Jersey[9].

Pendant ses études à Yale, il participe aux expositions organisées par la Yale School of Art. Malgré ces présentations, il recherche peu la représentation commerciale et refuse ou ne poursuit pas plusieurs occasions d’exposer[5].

Polychromasia

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En 2013, un an après sa mort, Artspace New Haven organise Polychromasia: Selected Paintings by Ficre Ghebreyesus.

L’exposition est préparée par l’historienne de l’art et commissaire Key Jo Lee. Elle rassemble des peintures, pastels et photographies couvrant différentes périodes de son travail.

Cette rétrospective constitue la première présentation importante de son œuvre après son décès et contribue au classement et à la documentation de son atelier.

Museum of the African Diaspora

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Du 19 septembre au 16 décembre 2018, le Museum of the African Diaspora de San Francisco organise Ficre Ghebreyesus: City with a River Running Through[1].

Il s’agit de la première exposition muséale consacrée à l’artiste et de la première présentation importante de ses peintures sur la côte ouest des États-Unis.

L’exposition réunit plus d’une douzaine d’œuvres, avec une attention particulière portée aux paysages, aux espaces maritimes, aux motifs aquatiques et aux compositions abstraites.

La peinture monumentale City with a River Running Through, constituée de quatre panneaux et mesurant plus de dix-huit pieds de longueur, donne son titre à l’exposition.

Un catalogue est publié en 2019 avec des textes consacrés à son œuvre et à son expérience diasporique.

Galerie Lelong

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La Galerie Lelong & Co. commence à représenter la succession de Ficre Ghebreyesus en 2019[5].

En 2020, elle organise à New York Gate to the Blue, première exposition personnelle de l’artiste dans cette ville. L’exposition associe des peintures monumentales à des œuvres de dimensions plus réduites.

En 2022, la galerie présente I Believe We Are Lost, réunissant des tableaux dans lesquels apparaissent notamment des paysages, des bateaux, des figures et des architectures.

Du 2 avril au 9 mai 2026, l’exposition Color Is Supreme étudie l’emploi de la couleur, de la géométrie et du rythme dans son œuvre[8].

Elle présente également pour la première fois au public une sélection de photographies réalisées dans les années 1990 lors de son retour en Érythrée, ainsi que des documents provenant de ses archives personnelles.

Biennale de Venise

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En 2022, plusieurs peintures de Ghebreyesus sont sélectionnées pour la 59e Biennale de Venise, intitulée The Milk of Dreams et organisée par la commissaire Cecilia Alemani[2].

Ses œuvres sont exposées dans les Corderie de l’Arsenal aux côtés de celles de Belkis Ayón, Portia Zvavahera, Gabriel Chaile, Rosana Paulino et d’autres artistes internationaux.

La Biennale présente son travail comme une évocation à la fois méditative et exubérante de son enfance en Afrique de l’Est et de son existence dans la diaspora.

City with a River Running Through et Nude with Bottle Tree figurent parmi les œuvres associées à cette présentation.

Cette participation constitue une étape majeure de sa reconnaissance internationale posthume.

Première exposition personnelle au Royaume-Uni

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Du 14 mars au 10 mai 2025, la galerie Modern Art organise à Londres la première exposition personnelle de Ghebreyesus au Royaume-Uni[3].

L’exposition réunit vingt-cinq peintures couvrant différentes périodes de sa carrière. Elle présente notamment Apple Tree Girl I, Untitled with Sea Urchin et Map/Quilt.

Les œuvres montrent la répétition de certains motifs : paysages, mers, voyageurs, musiciens, arbres, montagnes et constructions géométriques.

À l’occasion de cette exposition, The Guardian publie un long article biographique consacré à son parcours, à son activité de chef et à la redécouverte posthume de son œuvre[10].

Réception critique

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La reconnaissance de Ghebreyesus est essentiellement posthume. De son vivant, son œuvre circule surtout parmi sa famille, ses amis, les clients de son restaurant et les communautés artistiques de New Haven.

Après sa mort, l’inventaire de son atelier révèle l’ampleur et la diversité d’une production restée en grande partie inconnue.

Les critiques soulignent son passage constant entre figuration et abstraction, son usage de la couleur et sa manière d’intégrer des références issues de plusieurs cultures sans les hiérarchiser.

La présentation du Museum of the African Diaspora insiste sur la combinaison d’influences allant des marchés artisanaux érythréens aux polyrythmies musicales de la diaspora noire[1].

La Biennale de Venise rapproche ses paysages fantastiques du souvenir d’un lieu et d’une époque interrompus par la guerre[2].

La Galerie Lelong décrit ses peintures comme des compositions non linéaires comparables aux rêves, aux souvenirs et à la narration[5].

La peintre Julie Mehretu considère que Ghebreyesus a créé un univers autonome dans lequel des figures, des poissons, des arbres et des motifs géométriques coexistent dans des espaces picturaux aplatis[5].

Son œuvre est également étudiée dans le cadre plus large de l’art diasporique africain, des représentations de l’exil et du renouvellement de la peinture figurative contemporaine.

Collections publiques

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Des œuvres de Ficre Ghebreyesus sont conservées dans plusieurs collections publiques et universitaires, notamment :

Le San Francisco Museum of Modern Art conserve notamment Gate to the Compound, datée de 2006[14].

Le Museum of Modern Art conserve notamment Nude with Bottle Tree, œuvre acquise grâce à un don et à un échange[5].

Postérité

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La publication de The Light of the World par Elizabeth Alexander contribue à faire connaître la personnalité et le parcours de Ghebreyesus au-delà du monde de l’art.

Le classement de ses archives et de son atelier est assuré par sa famille et par les responsables de sa succession. Son fils Solomon Ghebreyesus participe notamment à l’étude de ses carnets, photographies et documents personnels[8].

À partir de 2019, la représentation de sa succession par la Galerie Lelong favorise l’organisation d’expositions, l’entrée de ses œuvres dans des collections muséales et leur présentation dans des manifestations internationales.

Sa présence à la Biennale de Venise en 2022 et sa première exposition personnelle au Royaume-Uni en 2025 consacrent sa reconnaissance internationale.

Son parcours est souvent présenté comme celui d’un artiste ayant associé plusieurs formes de création : peinture, photographie, poésie, musique et cuisine.

Expositions principales

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Année Titre Institution ou galerie Ville
1991 Exposition collective Cinque Gallery New York
1991 Exposition collective Art Students League of New York New York
1992 Exposition Ikenga Gallery New Haven
1995 Exposition personnelle Artspace New Haven
1995 Exposition personnelle Red Sea Press Lawrence Township
2013 Polychromasia: Selected Paintings by Ficre Ghebreyesus Artspace New Haven
2018 City with a River Running Through Museum of the African Diaspora San Francisco
2020 Gate to the Blue Galerie Lelong & Co. New York
2022 I Believe We Are Lost Galerie Lelong & Co. New York
2022 The Milk of Dreams 59e Biennale de Venise Venise
2025 Ficre Ghebreyesus Modern Art Londres
2026 Color Is Supreme Galerie Lelong & Co. New York

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Ficre Ghebreyesus: City with a River Running Through », sur Museum of the African Diaspora (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 (en) « Ficre Ghebreyesus », sur La Biennale di Venezia, (consulté le ).
  3. 1 2 3 (en) « Ficre Ghebreyesus », sur Modern Art, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) Elizabeth Alexander, « Lottery Tickets », The New Yorker, (lire en ligne, consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 (en) « Ficre Ghebreyesus », sur Galerie Lelong & Co. (consulté le ).
  6. (en) Victoria L. Valentine, « Ficre Ghebreyesus’s Compositions Explore War, Displacement, Notions of Home », sur Culture Type, (consulté le ).
  7. 1 2 (en) « Artist Statement », sur Ficre Ghebreyesus Estate, (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Ficre Ghebreyesus: Color Is Supreme », sur Galerie Lelong & Co., (consulté le ).
  9. 1 2 3 (en) « About Ficre Ghebreyesus », sur Ficre Ghebreyesus Estate (consulté le ).
  10. 1 2 3 4 5 (en) Kim Willsher, « ‘Painting was my final act of defiance’: how a chef from war-torn Eritrea wowed the art world after his death », The Guardian, (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) « Yale Bulletin and Calendar », sur Yale University, (consulté le ).
  12. (en) Elizabeth Alexander, The Light of the World: A Memoir, New York, Grand Central Publishing, (ISBN 978-1-4555-9120-1[à vérifier : ISBN invalide]).
  13. (en) « Ficre Ghebreyesus », The New Yorker, (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) « Ficre Ghebreyesus », sur San Francisco Museum of Modern Art (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Elizabeth Alexander, The Light of the World: A Memoir, New York, Grand Central Publishing, (ISBN 978-1-4555-9120-1[à vérifier : ISBN invalide]).
  • (en) Key Jo Lee, Polychromasia: Selected Paintings by Ficre Ghebreyesus, New Haven, Artspace, .
  • (en) Elizabeth Alexander, Julie Mehretu et Key Jo Lee, Ficre Ghebreyesus: City with a River Running Through, San Francisco, Museum of the African Diaspora, (ISBN 978-0-9970876-5-4[à vérifier : ISBN invalide]).

Articles connexes

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Liens externes

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