Flash Art

magazine bimensuel sur l'art contemporain

Flash Art est une revue d’art contemporain fondée en 1967 à Rome par le critique d’art et éditeur italien Giancarlo Politi, et installée à Milan depuis 1971. D’abord bulletin d’information bilingue, en italien et en anglais, elle paraît depuis 1978 en deux éditions distinctes, Flash Art International en anglais et Flash Art Italia en italien, complétées au fil du temps par des éditions dans d’autres langues.

Flash Art
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Langue Anglais (Flash Art International)
Italien (Flash Art Italia)
Périodicité Trimestrielle
Genre Revue d’art contemporain
Fondateur Giancarlo Politi
Date de fondation 1967
Éditeur Politi Seganfreddo Edizioni
Ville d’édition Milan
Directeur de publication Gea Politi
Cristiano Seganfreddo
Rédacteur en chef Gea Politi
Cristiano Seganfreddo
ISSN 0394-1493Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.flash---art.comVoir et modifier les données sur Wikidata

La revue publie en 1967 le texte de Germano Celant considéré comme le manifeste de l’arte povera, puis accompagne la Transavanguardia à partir de la fin des années 1970. Helena Kontova, épouse du fondateur, participe à sa direction à partir de 1978. Trimestrielle depuis 2020, la revue est dirigée par Gea Politi, fille du fondateur, et Cristiano Seganfreddo, et éditée depuis 2023 par Politi Seganfreddo Edizioni. Son fondateur meurt en 2026.

Histoire

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Fondation à Rome (1967-1970)

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Né à Trevi en 1937, Giancarlo Politi est peintre, poète et critique littéraire pour l’hebdomadaire La Fiera Letteraria avant de fonder à Rome, à trente ans, une revue d’art contemporain d’abord intitulée Flash[1]. Selon sa fille Gea Politi, la publication est à l’origine un bulletin de nouvelles brèves alimenté par les réseaux d’artistes en Italie et à l’étranger[2]. D’après Artribune, la rédaction devient un lieu de rencontre pour de jeunes artistes comme Jannis Kounellis, Pino Pascali, Mario Schifano et Tano Festa[1].

Le no 5, daté de novembre-décembre 1967, publie Arte povera: appunti per una guerriglia de Germano Celant, texte que la revue présente comme le manifeste du mouvement[3][n 1]. Celant le fait paraître après l’exposition Arte povera – Im spazio, ouverte en septembre 1967 à la galerie La Bertesca de Gênes[3]. Le même numéro contient un entretien avec Kounellis, comme le relève Carolyn Christov-Bakargiev dans un essai publié par Flash Art International en novembre-décembre 1987[5].

Milan et deux éditions (1971-1992)

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La rédaction s’installe à Milan en 1971[6],[7]. Selon l’historien de l’art Denis Viva, les revues italiennes de la néo-avant-garde atteignent alors environ 5 000 exemplaires ; dans une lettre de 1972 au galeriste Leo Castelli, le fondateur annonce un tirage de 30 000 exemplaires pour la documenta 5[8]. Viva souligne que la revue, financée surtout par la publicité des galeries privées, cherche à fidéliser une communauté de lecteurs, notamment en publiant à partir de 1975 des portraits d’artistes, de critiques et de galeristes[8].

En 1978, l’arrivée dans la rédaction d’Helena Kontova, épouse de Politi, s’accompagne de la division de la revue, jusque-là bilingue, en deux éditions : Flash Art International en anglais et Flash Art Italia en italien[7],[6][n 2]. Le fondateur déclare en 2006 avoir dirigé seul la revue pendant dix ans, puis avec Kontova pendant les trente années suivantes[4].

Viva situe à l’apparition de la Transavanguardia, en 1979, le moment où Flash Art tire parti des mécanismes de visibilité propres aux revues d’art[8] ; selon son fondateur, la revue publie le premier texte d’Achille Bonito Oliva sur ce mouvement[4]. Dans le numéro de janvier-février 1992, elle consacre un article à l’avant-garde chinoise, signé par le critique Kong Chang’an sous le pseudonyme de Chan Lauk’ung, et reproduit en couverture Great Criticism: Coca-Cola de Wang Guangyi[9].

Années 1990 et 2000

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En 1993, Politi publie le catalogue d’Aperto 93, section de la Biennale de Venise organisée par Helena Kontova[7][n 3]. Artribune juge très influente, dans les années 1990 et au début des années 2000, la position de responsable de la rédaction new-yorkaise de la revue[1]. En 2006, le fondateur indique un tirage de 40 000 exemplaires pour Flash Art International et de 35 000 pour Flash Art Italia, des recettes provenant à 70 % de la publicité et à 30 % des ventes, et l’absence de tout financement public[4].

Depuis les années 2010

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Gea Politi participe en 2011 à la création d’une édition numérique de Flash Art International, qui adopte une nouvelle maquette en 2013 ; la revue est alors bimestrielle[7]. Pour son cinquantième anniversaire, en 2017, elle numérise les principaux articles parus depuis 2007[10] et consacre le no 317 à ses archives ; Helena Kontova et Hans Ulrich Obrist y reviennent sur Aperto 93[11].

À l’automne 2020, avec le no 332, Flash Art adopte une parution saisonnière, une nouvelle identité graphique et un nombre de pages doublé[11]. Gea Politi et Cristiano Seganfreddo en sont les rédacteurs en chef et les éditeurs[2]. En 2023, ils fondent la maison Politi Seganfreddo Edizioni, qui recueille l’héritage de la maison d’édition du fondateur et publie désormais la revue ; ses premiers titres paraissent le 24 février 2023[12]. Depuis 2024, la revue publie aussi Flash Art Volumes, revue annuelle consacrée à l’architecture, au design et à l’art[11],[13]. Le fondateur meurt le , à 89 ans[1],[6].

Éditions

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Outre ses deux éditions principales, la revue publie des éditions tchéco-slovaque et hongroise[7], ainsi que des éditions en français, en polonais, en chinois, en espagnol, en allemand et en russe[14]. Selon Artribune, les éditions chinoise et russe ont été de courte durée[1].

Ligne éditoriale

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En 2006, le fondateur présente Flash Art comme une revue d’information plutôt que de critique, inspirée des hebdomadaires Time et Newsweek, avec une maquette qu’il qualifie d’« anti-design ». Il dit s’adresser aux professionnels et aux amateurs d’art plutôt qu’au grand public, et ne soutenir aucun artiste ni courant en particulier[4]. Il rappelle que la revue a publié les textes de Sol LeWitt sur l’art minimal et, avec la revue britannique Studio International, les premiers essais de Joseph Kosuth et du groupe Art & Language sur l’art conceptuel. Il affirme qu’elle a été parmi les premières à traiter de Vito Acconci, Jeff Koons, Damien Hirst et Matthew Barney, et la première à publier Maurizio Cattelan et Vanessa Beecroft[4].

En 2022, Gea Politi déclare privilégier l’analyse et le contexte historique des pratiques artistiques plutôt que l’actualité ; elle cite le no 326, Anthropocene, avec une contribution de Nicolas Bourriaud. Avec Cristiano Seganfreddo, elle reconnaît les échanges entre art et mode, dont témoigne un article sur Miuccia Prada et Raf Simons dans le no 333 (hiver 2020-2021)[2]. Les numéros suivants s’organisent autour de thèmes, comme la biodiversité dans les arts visuels (automne 2021) ou le métavers et les cryptomonnaies (hiver 2021-2022)[11].

Activités annexes

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Avec Helena Kontova, le fondateur crée la maison Giancarlo Politi Editore, qui publie des livres d’art, des catalogues et, à partir de 1975, l’Art Diary, répertoire annuel des contacts du milieu de l’art qu’Andy Warhol aurait qualifié de « bible » de ce milieu[6],[14]. En 1993, Politi fonde le Trevi Flash Art Museum, qui accueille notamment des expositions de Damien Hirst, Vanessa Beecroft et Andres Serrano jusqu’à sa fermeture en 2007[6]. À partir de 2001, il organise des biennales à budget réduit, d’abord à Tirana, puis à Prague[1], où il dirige avec Kontova la biennale de 2003 à sa dernière édition, en 2013[6].

Parmi les premiers titres de Politi Seganfreddo Edizioni figure Amarcord Vol.1, récits du fondateur sur l’histoire de l’art contemporain préfacés par Francesco Bonami[12].

Collaborateurs

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La revue publie les textes de critiques et de commissaires d’exposition comme Germano Celant[3], Achille Bonito Oliva[4] et Carolyn Christov-Bakargiev, qui y collabore depuis la fin des années 1980[5]. Artribune compte parmi les figures que la revue a contribué à faire connaître les artistes Maurizio Cattelan, Jeff Koons et Marina Abramović, ainsi que les critiques et commissaires Francesco Bonami et Massimiliano Gioni[1]. Hans Ulrich Obrist et Nicolas Bourriaud signent des contributions dans des numéros parus entre 2017 et 2021[11]. Le commissaire Damiano Gullì, de la Triennale de Milan, y écrit régulièrement[15].

Réception critique

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Pour Denis Viva, Flash Art fait partie, avec la revue Data, des périodiques de la néo-avant-garde italienne qui associent une approche militante à la recherche d’un lectorat international. Dans une Italie sans musées d’art contemporain avant les années 1980, ces revues constituent selon lui l’un des rares instruments d’internationalisation de l’art italien et règlent la visibilité des artistes[8]. Viva décrit la stratégie de « construction de communauté » mise en place par la revue et observe que des titres plus pluralistes, comme NAC, déclinent face à la capacité de Data et de Flash Art à filtrer la visibilité des galeries[8].

Les nécrologies de 2026 présentent Flash Art comme l’une des premières plateformes éditoriales consacrées exclusivement à l’art contemporain[14] et comme la première revue d’art contemporain en Italie, longtemps considérée comme la plus autorisée dans le pays et à l’étranger[1]. Artribune décrit aussi comme souvent rude et controversée la voix du fondateur dans les Lettere al direttore de Flash Art Italia[1].

Notes et références

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  1. ↑ En 2006, dans sa réponse à l’enquête de Frieze sur les revues d’art, le fondateur date de 1968 la publication du manifeste[4]. L’archive de la revue et l’essai de Carolyn Christov-Bakargiev le situent dans le no 5, en novembre-décembre 1967[3],[5].
  2. ↑ Lampoon date de 1977 la séparation des deux éditions et associe Helena Kontova à la fondation de la revue[2]. ArtReview, e-flux et Artribune situent la séparation en 1978 et attribuent la fondation de 1967 à Politi seul[6],[7],[1].
  3. ↑ Selon le témoignage de Kong Chang’an rapporté par Peggy Wang, Achille Bonito Oliva et Helena Kontova sont nommés codirecteurs de la Biennale de Venise en 1991 ; chaque numéro de Flash Art consacre ensuite un article à l’édition à venir[9].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (it) Redazione, « È morto a 89 anni il leggendario editore d’arte Giancarlo Politi. Fondò la rivista Flash Art », sur Artribune, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 (en) Matthew Burgos, « Flash Art, a movement, a culture – a contemporary art magazine », sur Lampoon, (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (en) Germano Celant, « In memory of Germano Celant: Arte povera. Notes on a guerrilla war », sur Flash Art, (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Periodical Tables (Part 2) », sur Frieze, (consulté le ).
  5. 1 2 3 (en) Carolyn Christov-Bakargiev, « Arte Povera 1967-1987. An Indirect continuity runs down through Antiform and Arte povera to intertextuality and the "weak" relativistic subject of the 1980s », sur Flash Art, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Giancarlo Politi, founder of Flash Art, 1937–2026 », sur ArtReview, (consulté le ).
  7. 1 2 3 4 5 6 (en) « A new identity and design », sur e-flux, Flash Art International, (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 5 (en) Denis Viva, « Circularity and Visibility in Italian Art Periodicals (1968-1978) », Artl@s Bulletin, vol. 10, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 (en) Peggy Wang, « New Audiences, New Energy: Producing and Exhibiting Contemporary Chinese Art in 1993 », sur post (Museum of Modern Art), (consulté le ).
  10. ↑ (en) « Flash Art International Archive: 2007–2017 », sur e-flux, Flash Art International, (consulté le ).
  11. 1 2 3 4 5 « Flash Art », sur Les presses du réel (consulté le ).
  12. 1 2 (it) Redazione, « Una nuova realtà editoriale nel mondo dell'arte: Politi Seganfreddo edizioni », sur Finestre sull’Arte, (consulté le ).
  13. ↑ (en) « Flash Art Volumes 003 », sur e-flux, (consulté le ).
  14. 1 2 3 Redazione, « Adieu à Giancarlo Politi, fondateur de Flash Art et protagoniste de l'art contemporain », sur Finestre sull’Arte, (consulté le ).
  15. ↑ (it) « Damiano Gullì », sur Artribune (consulté le ).

Voir aussi

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