Florent Menegaux
Florent Menegaux, né le à Issy-les-Moulineaux est un chef d'entreprise français, président du groupe Michelin depuis le . Il succède à Jean-Dominique Senard.
Biographie
modifierÉtudes et début de carrière
modifierFlorent Menegaux naît le à Issy-les-Moulineaux dans le département des Hauts-de-Seine[1]. Il étudie la finance, la gestion et les sciences économiques à l'université Paris-Dauphine[1]. Il sort diplômé en 1986 d'une maîtrise en sciences et techniques comptables et financières[2]. Il est père de trois enfants[3].
Il entre chez PricewaterhouseCoopers en 1986 en tant que consultant[4]. Il devient par la suite manager spécialiste des systèmes de contrôle et de gestion des risques de taux pour les banques[4]. En 1991, il rejoint Exel Logistics France, une entreprise de logistique et de transport, en tant que directeur financier, avant d'être nommé directeur général six mois plus tard[5]. Entre 1995 et 1996, Florent Menegaux intègre le groupe de transport et de logistique Norbert Dentressangle en tant que directeur général de la branche produits conditionnés[5].
Carrière chez Michelin
modifierEn 1997, Florent Menegaux commence sa carrière chez Michelin en tant que directeur commercial pneus poids-lourd, exerçant ses fonctions entre le Royaume-Uni et l'Irlande[4]. Il gravit progressivement les échelons de la hiérarchie chez Michelin[6]. En 2000, il devient directeur des ventes de première monte et remplacement pneus poids-lourd en Amérique du Nord[7]. Trois ans plus tard, il occupe le même poste en Amérique du Sud[6]. Il devient directeur de la zone Afrique-Moyen-Orient en 2005[7]. Au début de l'année suivante, Florent Menegaux revient en Europe en tant que directeur de la division tourisme camionnette remplacement du groupe Michelin[1]. En 2008, il est nommé directeur de la Ligne Produit Tourisme Camionnette et entre au comité exécutif du groupe[6].
Florent Menegaux est nommé directeur général des opérations en 2014 avant de devenir directeur général exécutif de Michelin au bout de trois ans[8]. Il prend en 2018 la supervision des directions business et les directions opérationnelles manufacturing, supply chain et expérience client[6]. La même année, il est aussi nommé gérant associé-commandité[9]. Le , il prend la succession de Jean-Dominique Senard et devient le second président du groupe à ne pas être issu de la famille Michelin[1].
Présidence de Michelin
modifierÀ son arrivée à la tête de Michelin, Florent Menegaux annonce vouloir réduire la dépendance de Michelin au pneumatique, en particulier celui de grande consommation, son métier historique, avec l'objectif de faire passer la part de ses ventes de 90 % du chiffre d'affaires à 70 % au bout de dix ans[10]. Il poursuit la réorientation de la production du groupe vers le haut de gamme, qui représente la moitié de ses ventes en 2020, contre un quart cinq ans plus tôt[11]. Il mise également sur les organes de roulement de spécialité pour relancer la croissance, choix déjà engagé avec les rachats du fabriquant de tapis roulants Fenner et du fabriquant de chenilles Camso l'année précédente[12], ou le développement de services comme la gestion de flotte[13]. Enfin, il investit des domaines pouvant valoriser la connaissance des matériaux de Michelin, comme dans la production à grande échelle de piles à hydrogène[14], l'impression 3D ou la médecine régénérative [3].
Florent Menegaux annonce également vouloir adapter l'entreprise à la nouvelle géographie économique, en développant la production des usines asiatiques sur le milieu de gamme et en réorientant celle des usines françaises et européennes vers le haut de gamme[15],[11], à une période où le marché du pneumatique est justement mis à mal par l'arrivée d'acteurs chinois pratiquant des prix peu élevés[13]. Il prévient à cette occasion qu'aucun site Michelin ne peut voir son existence garantie par principe[15]. Il a supprimé des postes en France et s'est dit prêt à fermer des usines quand elles ne sont pas jugées assez rentables, concurrence chinoise oblige. Tout en garantissant que le groupe créera in fine autant d'emplois qu'il en supprime[16].
En octobre 2021, son mandat est reconduit jusqu'en 2026[17]. En 2023, Michelin réalise son meilleur résultat opérationnel, à 3,6 milliards d'euros, grâce à une hausse des ventes des pneus de spécialité et sur le marché chinois[18].
Début 2025, Florent Menegaux fait une intervention remarquée au Sénat, où il est auditionné par la commission des Affaires économiques au sujet de la crise vécue par la filière automobile européenne[19]. Il y explique que les plans sociaux et délocalisations qui se multiplient sur le continent sont le résultat d’un décrochage des acteurs du secteur par rapport à leurs concurrents des pays émergents, en particulier chinois[20]. Cela sous l’effet cumulé de l’augmentation du prix de l’énergie, des lourdeurs administratives et réglementaires et de la fiscalité trop élevée pesant sur les salaires, qui expliquent la perte de compétitivité des industriels[21].
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Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 13 juillet 2016)
Officier de l'ordre national du Mérite (décret du 31 décembre 2020)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Florent Menegaux, un fidèle à la tête de Michelin », sur lesechos.fr, (consulté le )
- ↑ « L'Alumni du mois : Florent Menegaux, Gérant Associé Commandité du Groupe Michelin », sur dauphine-alumni.org, (consulté le )
- 1 2 Marie Bordet et Geneviève Colonna d'Istria, « Florent Menegaux, l’homme qui secoue Michelin », Le Point, (lire en ligne)
- 1 2 3 « Le nom du successeur de Jean-Dominique Senard à la tête de Michelin dévoilé », BFM, (lire en ligne)
- 1 2 « Une brève biographie de Florent Menegaux en un clic », sur largus.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Florent Menegaux, dauphin naturel de Jean-Dominique Senard chez Michelin », sur usinenouvelle.com, (consulté le )
- 1 2 Geneviève Colonna d'Istria, « Qui est Florent Menegaux, le nouveau patron de Michelin ? », Le Point, (lire en ligne)
- ↑ « Florent Menegaux va prendre la tête de Michelin en 2019 », Challenges, (lire en ligne)
- ↑ Anne Feitz, « Vaste réorganisation au comité exécutif de Michelin », Les Échos, (lire en ligne)
- ↑ Alexandre Debouté, « Michelin muscle sa publicité pour changer de dimension », Le Figaro, (lire en ligne)
- 1 2 Alain-Gabriel Verdevoye, « Pneus : Bridgestone, Michelin ou Goodyear doivent affronter la concurrence chinoise sauvage », Challenges, (lire en ligne)
- ↑ Anne Feitz, « Le plan de Michelin pour grandir « au-delà du pneu » », Les Echos, (lire en ligne)
- 1 2 Anne Feitz, « Michelin : le nouveau patron Florent Menegaux face au défi de la croissance », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ Alain-Gabriel Verdevoye, « Véhicule à hydrogène : Michelin et Forvia investiront un milliard en France », Challenges, (lire en ligne)
- 1 2 Marie Dancer, « Florent Ménegaux, un nouveau patron pour diversifier Michelin », La Croix, (lire en ligne)
- ↑ Laura Berny, « Florent Ménégaux : une main de fer dans… », sur Les Echos, (consulté le )
- ↑ « Décideurs: les nominations du jour », sur LEFIGARO, (consulté le )
- ↑ Marie Nidiau, « Michelin : le bénéfice opérationnel augmente à un niveau record malgré un recul des ventes », La Tribune, (lire en ligne)
- ↑ Marie Bordet, « Qui est Florent Menegaux, le PDG de Michelin devenu lanceur d'alerte », Le Point, (lire en ligne)
- ↑ « Concurrence chinoise, coût de l'énergie : au Sénat, le président de Michelin justifie ses fermetures d'usines », Public Sénat, (lire en ligne)
- ↑ Wladimir Garcin-Berson, « Coût de l'énergie, cauchemar administratif : quand le patron de Michelin s'inquiète de la compétitivité européenne », Le Figaro, (lire en ligne)
- ↑ Thibault Prévost, « Sur Wikipédia, le business juteux du caviardage », arrêt sur images, (lire en ligne)