Pièce de 1 cent de dollar américain Flying Eagle

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La pièce de 1 cent de dollar américain Flying Eagle est une pièce d'un cent frappée par la Monnaie des États-Unis comme monnaie-patron en 1856, puis pour la circulation en 1857 et 1858. La pièce est conçue par le graveur en chef James B. Longacre, l’aigle en vol étant inspiré du travail de son prédécesseur, Christian Gobrecht.

Cent Flying Eagle
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Valeur 0,01 US$
Masse 4,67 g
Diamètre 19 mm
Tranche lisse
Composition 88.0% cuivre
12.0% nickel
Année d'émission 1854-1856 (pièces modèle)
1857-1858
Avers
Avers
Gravure Aigle en vol
Graveur James B. Longacre
Année de la gravure 1856
Revers
Revers
Gravure Dénomination et feuilles de blé, de maïs, de coton et de tabac
Graveur James B. Longacre
Année de la gravure 1856

Au début des années 1850, le large cent, d’une taille proche de celle d’un demi-dollar, alors émis par la Monnaie, devient à la fois impopulaire dans les échanges et coûteux à fabriquer. Après avoir expérimenté différentes tailles et compositions, la Monnaie décide d’adopter un alliage composé de 88 % de cuivre et 12 % de nickel pour un nouveau cent plus petit. Après la production de modèles datés de 1856 et distribués aux législateurs et aux responsables, le Congrès autorise officiellement la nouvelle pièce en .

Le nouveau cent est mis en circulation en échange des pièces coloniales espagnoles en argent encore utilisées aux États-Unis jusqu’alors, ainsi que de son grand prédécesseur. Tant de pièces sont émises qu’elles encombrent les circuits commerciaux, d’autant plus qu’elles n'ont pas cours légal et que personne n’est obligé de les accepter. Le motif de l’aigle ne se frappe pas bien, et il est remplacé en 1859 par le cent Indian Head de Longacre.

Contexte

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Le cent est la première pièce officielle des États-Unis à être frappée à la Monnaie de Philadelphie en 1793[1]. Ces pièces, aujourd’hui connues sous le nom de large cents, sont fabriquées en cuivre pur et ont à peu près la taille d’un demi-dollar[2]. Elles sont frappées chaque année, sauf en 1815 en raison d’une pénurie de métal, mais mettent du temps à s’imposer dans le commerce. Les pièces coloniales espagnoles en argent sont alors couramment utilisées comme monnaie à travers les États-Unis. À l’époque, l’or et l’argent ont cours légal, mais pas les pièces de cuivre, le gouvernement fédéral ne les reprenant pas et n’acceptant pas leur paiement pour les impôts[3].

Pièce de monnaie avec l'insciption ONE CENT entourée de feuilles de blé, de maïs, de coton et de tabac.
Revers du cent Feuchtwanger de 1837.
Pièce de monnaie représentant le profil gauche d'une femme aux cheveux longs, portant un bonnet, le tout entouré de treize étoiles.
Modèle de demi-cent en cuivre-nickel, frappé pour présenter l'alliage comme une pièce de monnaie

La Monnaie frappe alors de l’argent ou de l’or en réponse aux dépôts effectués par les détenteurs de métal brut, et tire peu de profit de ces opérations. Dans les années 1840, les bénéfices  ou seigneuriage  issus de la transformation du cuivre en cents contribuent à financer la Monnaie. En 1849, le prix du cuivre augmente fortement, ce qui pousse le Département du Trésor à examiner des alternatives aux grosses pièces d'un cent qui sont impopulaire dans les échanges, n’ayant pas cours légal, personne n’est obligé de l’accepter, et les banques ainsi que les commerçants le refusent souvent[4],[5]. Il est également mal vu en raison de sa grande taille. En 1837, le chimiste new-yorkais excentrique Lewis Feuchtwanger (en) expérimente un cent de plus petite taille en réalisant des pièces-modèles, dans le cadre d’un projet visant à vendre son alliage (semblable au maillechort, un métal commun) au gouvernement pour la frappe monétaire. Ses pièces circulent comme jetons de temps difficiles durant les années de récession de la fin des années 1830 et du début des années 1840[5].

En 1850, il n'est plus rentable pour la Monnaie de frapper des cents, et le , le sénateur de New York Daniel S. Dickinson (en) présente un projet de loi pour un cent en billon[note 1]. À l’époque, on considère largement que les pièces doivent contenir une proportion importante de leur valeur faciale en métal. La pièce doit être annulaire, c’est-à-dire percée en son centre. La Monnaie frappe des essais, mais il s’avère difficile d’éjecter ces pièces des presses après la frappe, et coûteux de récupérer l’argent de l’alliage. Les dispositions concernant un cent plus petit sont abandonnées dans la loi qui accorde l’approbation du Congrès à la pièce de trois cents en 1851[6]. L’historien numismatique Walter Breen suggère qu’un des facteurs du rejet des pièces trouées est leur ressemblance avec les pièces de monnaie chinoises, de très faible valeur d’achat[5]. La baisse du prix du cuivre en 1851 et au début de 1852 rend la question d’un cent plus petit moins urgente pour le Département du Trésor, qui supervise les activités de la Monnaie[4].

Le prix du cuivre remonte à la fin de 1852 et en 1853, dépassant les 0,40 dollar la livre, seuil que la Monnaie considère comme le point d’équilibre pour la fabrication des cents après prise en compte des coûts de production ; une livre[note 2] de cuivre permet de fabriquer à peu près 42 large cents. En 1853, des pièces d'essais sont frappées en utilisant un alliage de métaux communs avec un coin d’avers de quarter eagle, d’une taille proche de celle d’un dime[7]. Certains des alliages proposés contiennent du nickel[5]. On envisage également l’utilisation du « bronze français »[note 3] ainsi que diverses variétés de maillechort. Dans son rapport annuel de 1854, le directeur de la Monnaie James Ross Snowden recommande l’émission de petits cents en bronze, ainsi que la suppression du demi-cent, qu’il qualifie d’inutile dans le commerce[9]. Un certain nombre de cents-patrons sont frappés en 1854 et 1855. Ils présentent divers motifs, dont plusieurs représentations de la Liberté, ainsi que deux adaptations des œuvres de l’ancien graveur en chef de la Monnaie, Christian Gobrecht : l’une montrant une Liberté assise, que Gobrecht a placée sur les monnaies d’argent dans les années 1830, et l’autre représentant un aigle en vol, qu'il a créé à partir d’un croquis de Titian Peale[10].

Préparation

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Un homme âgé, aux cheveux courts et gris, crâne dégarni, portant un costume.
James B. Longacre a conçu le cent Flying Eagle.

Au début de 1856, James Ross Snowden propose une loi l’autorisant à émettre un cent de plus petite taille, en laissant le choix de la dimension et de la composition métallique à lui-même et au secrétaire du Trésor, James Guthrie. Selon ce plan, la nouvelle pièce aurait cours légal, jusqu’à concurrence de dix cents. Elle doit être échangée contre les anciennes pièces d’argent espagnoles encore en circulation aux États-Unis. Dans cet échange, l’argent espagnol serait accepté à pleine valeur, 12 cents et demi par real, alors que ces pièces se négocient normalement avec une décote d’environ 20 % en raison de leur usure. La perte supportée par le gouvernement dans cette opération serait compensée par le seigneuriage réalisé sur les nouvelles pièces en métal commun. Les nouveaux cents doivent également être échangés contre les anciens et contre la même valeur en demi-cents  cette dénomination devant être supprimée[9]. Le projet de loi est présenté au Sénat le . L’ancien cent pèse 168 grains[note 4]; le , le projet est amendé pour prévoir un cent composé d’au moins 95 % de cuivre et pesant au minimum 96 grains[note 5] et il est adopté par le Sénat sous cette forme[11],[12].

Pendant que la loi est en discussion, le fondeur et raffineur de la Monnaie, James Curtis Booth (en), mène des expériences sur des alliages susceptibles de convenir au nouveau cent[9]. En , Snowden écrit à Guthrie pour proposer un alliage de 88 % de cuivre et 12 % de nickel comme solution idéale, et recommande des amendements au projet de loi en cours pour permettre son adoption. Booth écrit également à Guthrie afin de soutenir cet alliage ; tous deux proposent un poids de 72 grains[note 6], car cela représente une commodité pratique : 80 cents équivalent alors à une livre troy[note 7], même si la livre avoirdupois[note 8] est plus couramment utilisée pour les métaux communs[13],[14].

Pièce de monnaie représentant un aigle en vol, entouré de treize étoiles.
Pièce de modèle initial pour le cent Flying Eagle

Le graveur en chef de la Monnaie, James B. Longacre, reçoit pour instruction de préparer des modèles de pièces[14]. Au départ, il travaille sur des motifs à tête de Liberté, comme c’est courant à l’époque, mais Snowden demande qu’un dessin représentant un aigle en vol soit élaboré. Cela se produit alors que les expériences de Booth se poursuivent ; les premiers cents-patrons avec l’aigle en vol sont d’une taille proche de celle d’un quart de dollar[15]. Afin de promouvoir le nouvel alliage, la Monnaie fait frapper 50 demi-cents avec ce métal et les envoie à Washington pour que les responsables du Trésor puissent les montrer aux fonctionnaires et aux membres du Congrès[5]. Au début de , Longacre réalise les coins de ce qui va devenir le dessin définitif : un aigle en vol à l’avers et une dénomination entourée d’une couronne au revers, dans le format souhaité par Booth[15].

La Monnaie frappe au moins plusieurs centaines de pièces-patrons reprenant le motif de l’aigle en vol, dans la composition proposée. Dans le but de favoriser l’acceptation publique de ces nouvelles pièces, elles sont distribuées à divers membres du Congrès et à d’autres responsables, dès . Deux cents exemplaires sont envoyés au comité de la Chambre sur la monnaie, les poids et mesures, tandis que quatre sont remis au président Franklin Pierce. Au moins 634 spécimens sont distribués, et peut-être plusieurs milliers ; des exemplaires supplémentaires peuvent être obtenus sur demande. C’est ainsi qu’apparaît le très recherché cent Flying Eagle de 1856, considéré par les numismates comme faisant partie de la série Flying Eagle bien qu’il s’agisse en réalité d’une pièce-patron ou de transition, et non d’une monnaie officielle, puisque l’approbation du Congrès n’est pas encore accordée. Par la suite, Snowden fait frapper d’autres cents de 1856 en petite taille pour les vendre illicitement, et pour les échanger contre des pièces que la Monnaie souhaite acquérir pour sa propre collection[15],[16].

Pièce de monnaie où on distingue, plus ou moins, le profil d'une personne qui porte un bonnet.
Pièce coloniale espagnole de deux reales de la Monnaie de Potosí.

En , Snowden écrit au représentant du Missouri John S. Phelps (en), espérant des avancées sur la loi, et déclarant qu’il est déjà « sollicité de toutes parts pour le nouveau cent et qu'en réalité, le public est très désireux de son émission ». Lorsque le projet de loi, amendé pour inclure le poids et l’alliage décidés par la Monnaie, est débattu à la Chambre des représentants le , il est contesté par le député du Tennessee George Washington Jones (en), en raison de la disposition sur le cours légal ; Jones estime qu’en vertu de la clause des contrats de la Constitution, seuls l’or et l’argent dovent être considérés comme ayant cours légal. Phelps défend le projet en affirmant que le Congrès a le pouvoir constitutionnel de réguler la valeur de la monnaie, mais lorsque le texte revient devant la Chambre le , la disposition sur le cours légal a été retirée. Cette fois, l’opposition vient du représentant de New York Thomas R. Whitney (en), qui s’élève contre une disposition légalisant la pratique de la Monnaie consistant à concevoir et frapper des médailles commandées par des particuliers, jugeant que le gouvernement ne doit pas concurrencer les médailleurs privés. La disposition est retirée, et le projet adopté le lendemain. La version de la Chambre est ensuite examinée par le Sénat, qui en débat le et l’adopte avec un nouvel amendement autorisant le rachat des monnaies espagnoles pendant au moins deux ans. La Chambre accepte cet ajout le , et le président Franklin Pierce signe la loi le [17]. Elle supprime le cours légal des monnaies étrangères en or et en argent, mais les dollars espagnols restent échangeables à leur valeur nominale pendant deux ans contre les nouveaux cents en cuivre-nickel. Le demi-cent est aboli[18]. Les nouvelles pièces ont le même diamètre que les cents actuels[note 9], mais un poids légèrement plus élevé[19].

Dans la perspective du succès de la réforme, la plupart des 333 456 large cents frappés en 1857 ne quittent jamais la Monnaie de Philadelphie et sont ensuite refondus[20]. Snowden achète un nouvel ensemble de laminoirs et d’autres équipements afin que la Monnaie puisse produire elle-même ses flans de cents, pour la première fois depuis plus de 50 ans[21]. Bien que la loi ne soit encore qu’à un jour de son adoption définitive, Snowden recommande à Guthrie les dessins de Longacre le . Guthrie les approuve le 24, tout en demandant que la bordure de la pièce soit moins tranchante ; Snowden promet de s’y conformer. Les cents Flying Eagle commencent à être frappés en et sont mis en réserve en attendant leur émission officielle[22]. La Monnaie les stocke en vue de constituer une réserve suffisante ; à la mi-mai, Snowden informe les journaux de Philadelphie que la distribution commence le [15].

Un aigle empaillé, avec les ailes déployées.
Peter, l'aigle.

L’avers de James B. Longacre, représentant un aigle en vol, est inspiré de celui du dollar Gobrecht, frappé en petites quantités de 1836 à 1839. Bien que le modèle de Christian Gobrecht ne soit pas connu avec certitude, certaines sources affirment que l’oiseau représenté en vol est basé sur Peter l’aigle, un oiseau apprivoisé nourri par les employés de la Monnaie au début des années 1830, jusqu’à ce qu’il soit happé par une machine et tué. L’oiseau est empaillé et est encore exposé à la Monnaie de Philadelphie[23].

Malgré son caractère dérivé, l’aigle de Longacre est largement admiré. Selon l’historien de l’art Cornelius Vermeule, dans son ouvrage consacré aux monnaies américaines, le motif de l’aigle en vol, utilisé dans les années 1830, est « le premier oiseau numismatique que l’on puisse dire inspiré de la nature plutôt que de la sculpture coloniale ou de l’héraldique »[24]. Vermeule décrit le successeur du cent Flying Eagle, le cent Indian Head, comme « beaucoup moins agréable à l’œil que l’aigle en vol de Peale et Gobrecht et ses variantes »[25].

Le sculpteur Augustus Saint-Gaudens, lorsqu’il est chargé en 1905 de concevoir de nouveaux motifs pour la monnaie américaine, cherche à réintroduire un aigle en vol sur le cent. Il écrit au président Theodore Roosevelt : « J’utilise un aigle en vol, une variante du motif qui figure sur le cent de 1857. Je n’ai pas revu cette pièce depuis de nombreuses années, et elle m’a tellement impressionné que j’ai pensé qu’avec quelques modifications, on ne peut rien faire de mieux. C’est de loin le meilleur dessin de toute pièce américaine ». Saint-Gaudens réintroduit bien l’aigle en vol dans la numismatique américaine, mais son motif est utilisé pour le revers du double eagle, et non pour le cent[26].

Le motif de la couronne au revers est également dérivé : il a déjà été employé sur le dollar d’or de type II de 1854 de Longacre, ainsi que sur la pièce de trois dollars de la même année[25]. Elle est composée de feuilles de blé, de maïs, de coton et de tabac, représentant ainsi des productions associées à la fois au Nord et au Sud. Les feuilles de coton sont parfois interprétées comme des feuilles d’érable ; les deux types sont assez semblables, et les feuilles d’érable sont plus connues. Un épi de maïs est également visible[23].

Sortie, production et collection

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Dessin d'une femme assise, tenant un bébé à tête en forme de pièce de monnaie, un homme en costume, debout à côté d'elle, une petite fille, à tête de pièce de monnaie, devant eux.
Extrait du Harper's Magazine de  : « Brother Jonathan's New Baby », le cent Flying Eagle, tandis que le grand cent, négligé, se lamente.

La Monnaie de Philadelphie met les nouveaux cents en circulation le . Anticipant une forte demande populaire, les autorités de la Monnaie font construire une structure temporaire en bois dans la cour de l’établissement. Le matin de la mise en circulation, des centaines de personnes font la queue : une file pour ceux qui échangent de l’argent espagnol contre des cents, et une autre pour ceux qui apportent d’anciens cents en cuivre et des demi-cents. À partir de 9 heures, les employés distribuent les nouveaux cents en échange des anciennes pièces ; à l’extérieur de la Monnaie, les premiers acheteurs revendent déjà les nouveaux cents avec une prime. James Ross Snowden écrit à James Guthrie : « la demande est énorme… ce matin nous avions en réserve pour 30 000 dollars, c’est-à-dire trois millions de pièces. Presque tout ce montant est distribué aujourd’hui »[21].

L’existence du spécimen de 1856 devient connue du public au moment de l’émission, ce qui pousse les gens à examiner attentivement leur monnaie ; dès 1859, les petits cents de 1856 se vendent jusqu’à deux dollars[27]. L’intérêt du public pour ces nouvelles pièces déclenche une véritable vague de collectionnisme : en plus de rechercher le rare cent de 1856, certains tentent de réunir des séries complètes de large cents depuis 1793, et découvrent qu’il faut payer une prime pour obtenir les millésimes les plus rares[15].

La Monnaie rencontre des difficultés techniques lors de la frappe du nouveau type. Cela est dû à la dureté de l’alliage cuivre-nickel et au fait que l’aigle à l’avers se retrouve exactement en vis-à-vis de certaines parties du motif du revers ; les tentatives pour mieux faire ressortir les reliefs entraînent une casse accrue des coins. De nombreux cents Flying Eagle présentent des faiblesses, en particulier au niveau de la tête et de la queue de l’aigle, qui se trouvent en face de la couronne[28],[29]. En 1857, Snowden propose de remplacer l’aigle par un portrait de Christophe Colomb. James B. Longacre répond que, comme des objections ont déjà été soulevées face à l’idée de placer George Washington sur la monnaie, il y aurait également une opposition à l’utilisation de Colomb[30]. Malgré ces difficultés, les 17 450 000 cents Flying Eagle frappés à Philadelphie en 1857 constituent alors la plus grande production annuelle d’une seule pièce dans une Monnaie américaine[31].

Pièce de monnaie représentant un aigle en vol.
Des pièces modèles avec un aigle plus petit sont préparées en 1858, l'oiseau est jugé trop maigre.

En 1858, la Monnaie tente de réduire les problèmes de casse en créant une nouvelle version du cent avec un relief moins marqué. Cette tentative donne naissance à la principale variété de la série, les pièces de la version révisée présentant des lettres plus petites dans les inscriptions que celles frappées auparavant. Les deux variantes sont à peu près également communes et sont probablement frappées côte à côte pendant un certain temps, la Monnaie utilisant les anciens coins jusqu’à épuisement. Les efforts pour économiser les coins sont probablement à l’origine d’une autre variété, le 1858/7, car des coins datés de 1857 sont surfrappés pour pouvoir être utilisés en 1858[32].

La Monnaie produit des pièces-patrons avec un aigle beaucoup plus petit en 1858, qui se frappent bien, mais que les responsables n’apprécient pas[30]. Snowden ordonne à Longacre de créer divers modèles parmi lesquels il pourrait choisir pour remplacer le cent Flying Eagle à partir du . La Monnaie produit entre 60 et 100 séries de douze modèles présentant différents motifs ; ceux-ci sont distribués aux responsables et vendus discrètement par la Monnaie au cours des années suivantes. Le design de Longacre représentant la Liberté portant une coiffe de style amérindien est adopté, avec une couronne en relief plus faible pour le revers du cent Indian Head, ce qui résout les problèmes de circulation du métal[33]. Le , Snowden écrit au Département du Trésor, indiquant que le cent Flying Eagle s’est révélé « pas très apprécié du grand public », qui juge que l’oiseau n’est pas réaliste, et que le motif amérindien « lui donnerait le caractère de l’Amérique »[34].

Dessin avec deux hommes en costume, à tête de pièce de monnaie, celui de droite avec un chapeu, celui de gauche lui donnant un coup de pied.
En , le journal Harper's Weekly suggère que « les difficultés hispano-américaines » sont résolues en faisant en sorte que l'argent espagnol n'ait pas cours légal, ce qui s'est avéré prématuré.

En , le volume d’argent espagnol arrivant à la Monnaie est devenu si important que Snowden abandonne l’idée de pouvoir le payer uniquement en cents, autorisant le règlement en pièces d’or et d’argent. Le , le rachat des monnaies étrangères est prolongé de deux années supplémentaires. Comme le commerce est saturé par les nouveaux cents, le Congrès abroge cette disposition en , bien que Snowden ait poursuivi la pratique pendant plus d’un an sans autorisation du Congrès. Le Bankers Magazine d’ rapporte la fin de l’échange et cita le Philadelphia Press : « l’émission massive des nouveaux cents en nickel les a rendus presque aussi gênants que l’ancienne monnaie espagnole »[35]. Selon Walter Breen, « les pièces d’argent étrangères ont cours légal et sont recevables pour toutes sortes de paiements, y compris les timbres-poste et certains impôts ; les cents en nickel n’ont pas ce statut. Ils remplissent rapidement les caisses des commerçants au détriment de presque tout le reste ; ils commencent à être légalement refusés dans le commerce »[36]. La surabondance prend fin avec la mise en réserve de toutes les monnaies fédérales à la suite des perturbations économiques provoquées par la Guerre de Sécession[37],[38].

Après la guerre, les cents Flying Eagle mis en réserve réintégrent la circulation. Beaucoup n’y restent que quelques années, retirés parmi les nouveaux cents en bronze dans le cadre des programmes de rachat du Département du Trésor dans les années 1860 et 1870  treize millions de cents en cuivre-nickel sont retirés par échange contre d’autres monnaies en métal commun. Dans les années 1880, cette pièce est devenue rare en circulation[39],[40].

L’édition 2018 du livre de référence A Guide Book of United States Coins de R.S. Yeoman évalue les cents de 1857, 1858 lettres larges et 1858 lettres petites à 30 $ en condition G-4 (Good), la deuxième plus basse catégorie de collection. Le cent de 1856 est estimé à 6 500 $ dans cette catégorie, montant pouvant atteindre 20 000 $ en état non circulé MS-63. Le cent 1858/7 commence à 75 $ en G-4, montant pouvant grimper à 11 000 $ en MS-63[41]. Un cent de 1856 en condition MS-66 est vendu aux enchères en pour 172 500 $[31].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Flying Eagle cent » (voir la liste des auteurs).

  1. cuivre allié à une petite quantité d’argent
  2. 0,45 kg
  3. 95 % de cuivre, le reste en étain et en zinc, utilisé par la suite pour le cent de 1864 à 1982, sauf en 1943[8].
  4. 10,9 g
  5. 6,2 g
  6. 4,7 g
  7. 373 g
  8. 454 g
  9. 19 mm

Références

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  2. Lange 2006, p. 27.
  3. Lange 2006, p. 40–41.
  4. 1 2 Snow 2016, p. 7.
  5. 1 2 3 4 5 Breen 1988, p. 215.
  6. Taxay 1983, p. 233–234.
  7. Snow 2016, p. 7–8.
  8. Yeoman 2017, p. 115-122.
  9. 1 2 3 Taxay 1983, p. 235.
  10. Snow 2016, p. 9, 225.
  11. Breen 1988, p. 235.
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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes

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