Fort du Questel
Le fort du Questel est un fort situé sur la commune de Brest, à côté du centre hospitalier de la Cavale Blanche, dans le Finistère, dans la région Bretagne en France. Il est construit de 1777 à 1784 sur les plans de Charles Claude Andrault de Maulévrier, marquis de Langeron, qui avait reçu du roi la mission de protéger Brest des invasions ennemies[1]. Le site constitue aujourd'hui un parc public.
| Fort du Questel | |
Fort du Questel | |
| Nom local | Castel ar Guestel-Bras |
|---|---|
| Type | Fort |
| Architecte | Charles Claude Andrault de Maulévrier |
| Début construction | 1777 |
| Fin construction | 1784 |
| Destination initiale | Fortification |
| Propriétaire actuel | Commune |
| Coordonnées | 48° 24′ 02″ nord, 4° 32′ 01″ ouest |
| Pays | |
| Région historique | Bretagne |
| Région | Bretagne |
| Département | Finistère |
| Commune | Brest |
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Situation géographique
modifierLocalisation
modifierLe fort se trouve sur la commune française de Brest, dans le Finistère, dans l'ouest de la Bretagne. Il se situe à deux pas de l'Hôpital de la Cavale Blanche et du Centre équestre du Questel. Il a été construit sur une légère colline formée par les vallées de l'Allégoet et du Moulin du Buis.
Un chemin permet d'y accéder à partir du parking de l'hôpital situé rue Pierre Maximin Audemar.
Accès
modifierLe fort se situe à 5 minutes à pied de l'arrêt CHU Questel de la ligne 10 de bus à 20 minutes à pied de la station CHU La Cavale de la ligne B du tramway.
Histoire
modifierUne typologie particulière
modifierPar abus de langage, l'ouvrage est considéré comme un fort ; néanmoins, celui-ci a davantage été conçu comme une redoute[1].
Ce terme désigne en effet une fortification de faible taille, destinée à protéger une enceinte fortifiée plus importante[2]. En effet, la redoute du Questel est un ouvrage de faible taille qui servait d'avant-poste pour protéger la ville de Brest, elle-même défendue par une large enceinte urbaine édifiée par Vauban à la fin du XVIIe siècle.
En général, les redoutes présentent une architecture rectangulaire et de faible hauteur, de manière à raser le sol lors de la défense de la place forte. Le Questel emploie effectivement cette architecture, bien que, vu du ciel, il soit davantage de forme légèrement losangée.
Construction
modifierDans un contexte fort lié à la guerre opposant les Américains et Français aux Anglais lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis, commencée en 1775, et dans laquelle la France s'engage à partir de 1778, le roi Louis XVI décide de davantage protéger la ville de Brest, qui était alors le port militaire le plus important du royaume, et qui est très proche des côtes anglaises[1].

Brest est d'ores et déjà protégée par un système de fortifications depuis l'Antiquité, mais qui a largement été remanié par le marquis de Vauban à la fin du XVIIe siècle. En effet, celui-ci va créer des protections bien plus larges que le simple château de Brest, et va construire de multiples forts tout autour de la rade de Brest afin de prévenir en amont une invasion ennemie[3]. Néanmoins, ces éléments sont jugés insuffisants à la fin du XVIIIe siècle, et il est décidé la construction de nouveaux forts autour de la ville.
Il est donc décidé en 1776 de construire un fort à l'ouest de la ville, au-dessus de la vallée de l'Allégoet qui se jette dans la Penfeld, dans l'objectif de prévenir une attaque des Anglais qui auraient débarqué au préalable au Conquet ou à Plougonvelin. La construction de l'édifice commencera dès l'année suivante, et va durer jusqu'en 1784[4]. Du fait de la guerre dans laquelle s'est engagée la France, la construction sera entièrement assurée par les soldats qui sont en transit sur Brest, et qui seront logés, nourris, mais non payés pour ces travaux.

L'objectif en construisant ce fort est de retenir l'ennemi le plus longtemps et le plus loin possible de Brest. C'est par ailleurs pour cela que quatre autres forts sont construits aux alentours : les forts du Portzic, de Saint-Pierre, de Keranroux et de Penfeld. Ainsi, la portée des feux de chaque fort était suffisante pour atteindre les ouvrages voisins, ce qui permettait à la fois de créer une barrière empêchant l'ennemi de s'approcher de la ville, mais aussi d'attaquer un des forts si celui-ci venait à être pris par l'ennemi. De ce fait, le fort du Questel était défendu par 200 hommes et disposait d'un puits et de suffisamment de vivres pour tenir trois semaines, le temps que les renforts arrivent pour le libérer d'un potentiel siège[5].
La ferme de Guestel-Bras
modifierLa redoute est en effet construite sur le terrain de la ferme de Guestel-Bras, dont elle prend le nom.
Au moment de construire l'ouvrage, il aurait été logique de détruire cette habitation afin de libérer le glacis, ce large espace entourant le fort, afin de sécuriser la défense de celui-ci et d'empêcher l'ennemi de s'y cacher. Néanmoins, pour cela, il aurait fallu indemniser les propriétaires de la ferme ; or la guerre aux Etats-Unis coûte cher et le ministère n'a pas l'argent pour la payer. Il a donc été décidé de conserver le bâtiment ; néanmoins, si l'ouvrage avait été attaqué, il aurait été décidé de détruire l'habitation et ce, sans indemnité[6].
Le fort n'ayant jamais été attaqué, la ferme est donc toujours visible aujourd'hui.
La redoute après la guerre d'indépendance
modifierLa redoute sera à maintes reprises désarmée et réarmée. A la fin de la Guerre d'indépendance des États-Unis en 1783, la construction du fort à peine terminée, celui-ci est désarmé. Pour assurer les menus travaux, un gardien est installé dans le fort : celui-ci a le droit de vendre du bois pour lui permettre de vivre, mais ne peut ni ouvrir de débit de boisson, ni se livrer à quelque activité immorale que ce soit. L'ouvrage sera par la suite réutilisé lors du Premier Empire, de 1800 à 1815, puis à nouveau vidé de toute occupation militaire. Il faudra attendre un siècle et l'arrivée de la Première Guerre mondiale pour que les Américains réutilisent le fort à partir de 1916, date de leur débarquement à Brest pour aller à l'est, et ce jusqu'en 1921[4].

Après cette dernière utilisation, la fortification ne fait l'objet que de peu de travaux, et la végétation s'en empare. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Questel est utilisé par l'occupant pour y loger des membres de l'organisation Todt, chargée alors de l'édification du Mur de l'Atlantique et des différents bunkers présents autour de Brest[6]. Le fort est alors bombardé par les troupes américaines qui ne l'endommagent cependant que partiellement.
À partir de 1983, la Communauté urbaine de Brest décide de défricher le site, et en 1994, des travaux de restauration sont engagés.
Architecture
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L'ouvrage utilise, pour l'époque, des techniques très modernes qui lui permettent d'être défendu plus efficacement. Cela se voit dès l'extérieur par les contre-mines présentes sous la banquette extérieure, au niveau de la contre-escarpe. Il s'agit donc d'un tunnel faisant le tour des fossés et qui est creusé sous l'endroit d'où tiraient les soldats, située entre le fossé et le glacis (terre-plein entourant un ouvrage fortifié et formant une légère déclivité vers l'extérieur). Cette contre-mine est connectée à la redoute via un passage situé au fond du fossé sous le pont-levis. Il servait à détecter et empêcher la construction de mines par les assiégeants. Ces contre-mines auraient aussi pu servir de caponnières, permettant ainsi de protéger en ultime ressort les fossés de la redoute si les assaillants arrivaient à en prendre possession[4].
De même, le renforcement des remparts par des mottes de terre et la présence d'un cavalier, ouvrage surélevé situé au centre de l'ouvrage et permettant de contre-attaquer grâce à des pièces d'artillerie lourde, en font également un ouvrage notable. Notons également la présence d'une grande rampe au sein de la cour intérieure permettant d'acheminer facilement les pièces d'artillerie sur les banquettes[6].
Le fort du Questel aujourd'hui
modifierAujourd'hui, le fort du Questel se trouve au milieu d'un parc arboré à proximité immédiate de l'Hôpital de la Cavale Blanche et du Centre équestre du Questel. Son niveau de conservation est notable : la quasi-totalité des éléments du fort sont restés intacts, à l'exception du mobilier, des portes et fenêtres ainsi que d'une faible partie du rempart détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Le glacis a par ailleurs majoritairement gardé son intégrité, à l'exception des quelques espaces sur lesquels déborde le parking du CHU[1].
De nombreuses visites guidées sont organisées par l'office de tourisme de Brest en été pour découvrir l'histoire de cet ouvrage particulièrement bien conservé[7],[8].
Le fort accueille également de temps à autre des tournages de film[9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Ouest-France, « Brest. Le fort du Questel, un écrin historique préservé », Journal, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ TRUTTMAN P., Les derniers châteaux-forts : les prolongements de la fortification médiévale en France, 1634-1914, G. Klopp, 1993, p. 41.
- ↑ Guillaume Lécuillier et al. (préf. Jean-Yves Le Drian), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Cahiers du patrimoine » (no 94), 2011, 388 p. (ISBN 978-2-7535-1334-1)
- 1 2 3 « Questel. Tout sur le camp retranché », sur Le Télégramme, (consulté le )
- ↑ Guillaume Lécuillier, Association pour l'Inventaire de Bretagne et Région Bretagne, Fortifications d'agglomération de Brest (Dossier), , 156 p., p. 23
- 1 2 3 « HISTOIRE. À Brest, le Questel attend toujours les Anglais », sur actu.fr, (consulté le )
- ↑ Office de tourisme de Brest, « Exploration du Fort du Questel » (consulté le )
- ↑ « Fort du Questel | Brest métropole », sur brest.fr (consulté le )
- ↑ « Fort du Questel », sur Film France, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Guillaume Lécuillier et al. (préf. Jean-Yves Le Drian), Les fortifications de la rade de Brest : Défense d'une ville-arsenal, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Cahiers du patrimoine » (no 94), , 388 p. (ISBN 978-2-7535-1334-1)