Forézien
Le forézien, langue forézienne, ou encore patois forézien (forézien, forénâs, lengua forézièna, ou lengua forénâssa en forézien) désigne la variété de l'arpitan parlée dans la région Forez (et plus généralement dans le département de la Loire). Les seuls endroits où l'on ne parle pas francoprovençal dans la Loire sont : le plateau de Saint-Bonnet-le-Château, où on parle traditionnellement le vivaro-alpin, et le plateau de Noiretéble, où on parle traditionnellement l'auvergnat. Le Forézien est également parlé dans quelques villages de l'est de l'Auvergne.
| Forézien Forézien - Forénâs Patouès Forénâs | |
| Pays | France, Suisse, Italie |
|---|---|
| Région | Forez, Loire, Auvergne-Rhône-Alpes |
| Nombre de locuteurs | 5 000 (1988)
10-100 ? (2026) |
| Typologie | syllabique |
| Classification par famille | |
| Statut officiel | |
| Langue officielle | dans aucun pays. |
| Codes de langue | |
| Étendue | Majeur partie du département de la Loire |
| Linguasphere | 51-AAA-jbe
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| Échantillon | |
| 1er Article de la DDHC
Patois du sud du Forez (ORB serrée) Tos los hômes néssont libres et pariérs en dignitât et en drêt. Ils ant rêson et consience et deyont agir los unos devérs los ôtros dens un èsprit de fratèrnitât. "La bise et le soleil d'Esope : En ORB serrée, parler de Chalmazel : La bise et le solely se disputavont, châcun ére sur qu'al ére le mèlx fôrt, quand als ant vu un vouayagèr que s'avançave, envelopo dens son mantél. Éls sont tombos d'acôrd qu'o-ce qu'arriveret le premiér a li fouére quitar son mantél serêt apincho coma le mèlx fôrt. Alôrs la bise s'èst betâ a bofar de tâta ses fôrces. Mâs mielx él bofâve, mielx le vouayagèr sarâve son mantél u tôrn de se, et a la fin, la bise renonçat a li le fouére quitar. Alôrs, le solély at comencâ a brilyér, et u bot d'un momènt, le vouayagèr, rèchafâ quitâve son mantél. La bise at dû recognêtre que le solély ére le mèlx fôrt de los doux. |
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| Carte | |
Carte des dialectes de l'arpitan. Le forézien est le dialecte le plus occidental du domaine francoprovençal. | |
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Le Forézien ne peut cependant pas être considéré comme un dialecte de l'arpitan, puisque comme l'ensemble des parlers arpitans, il est très fragmenté. Il est donc presque impossible de découper le forézien en zones dialectales claire. De plus notons que les parlers foréziens peuvent sembler très différent des autres dialectes du domaine francoprovençal, notamment en ce qui concerne les parlers se situant à la limite du domaine occitan (sud et ouest du Forez), ou les parlers limitrophes au domaine d'oïl (nord, nord ouest du Forez).
On peut distinguer cependant quatre grandes zones :
- Les monts du Forez : un forézien influencé par l'auvergnat, c'est là où il s'est le mieux conservé, et qu'on trouve les derniers locuteurs (natifs) qui le parlent encore, dû à l'isolement et au moindre brassage de population.
- La plaine du Forez : une langue parfois un peu plus francisée, surtout au nord dû au contact de avec la langue d'oïl, la langue s'est presque perdue dû à l'industrialisation et au brassage des populations dans cette partie du Forez.
- les monts du Lyonnais : une langue influencée par les parlers lyonnais. La langue s'est aussi relativement bien conservée dans cette partie de la région.
- Le roannais : une langue beaucoup plus influencés par la langue d'oïl (français et bourguignon-morvandiau). La langue s'est également beaucoup perdue dans cette partie.
Histoire et impacte sur le français
modifierHistoire : La langue a énormément souffert de la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. De plus, le brassage des populations causé par l'afflux d'immigrés (venant d'autres régions de France ou du monde) pour trouver du travail, notamment dans les mines à Saint-Etienne, a contribué à faire contribuer reculé la langue dans la région. Néanmoins, la langue aujourd'hui reprend petit à petit de l'importance auprès de la population. De nombreuses association œuvrent pour la préservation de la langue. Certaines proposent des cours, des ateliers de dances, ou de théâtres. Et de plus en plus de personnes s'intéressent à ce patrimoine en danger.
Impact sur le français : le forézien a laissé beaucoup de traces dans le français régional du Forez. Traces qu'on retrouve bien évidemment sous la forme d'un accent, mais aussi un ensemble d'expressions, et de mots foréziens, qui se sont immiscés dans le français régional du Forez. Ce français régional s'appelle : Gaga ou parler gaga, (termes qui désignait autrefois la variété de l'arpitan parlée à Saint-Étienne), mais qui aujourd'hui désigne plus largement le français parlé dans la Loire. Mais comme le forézien, le Gaga tend lui aussi à disparaître, notamment à cause de l'arrivée de nouvelle population, mais aussi du fait de l'imposition du français standard dans les media et journaux, qui donc fragilises l'importance du Gaga dans la vie de tous les jours.
Voici quelques expressions encore utilisées de nos jours, et connu par la majorité des habitants de la Loire, venant de l'arpitan du Forez[1] :
- Mâtru : petit, enfant. (matru, f. matrua, en Forézien)
- Baronter : tonner. (barontar en Forézien)
- Goupille (goupil) : renard. (goupily en Forézien)
- Vâutru : gros, enveloppé. (vôtru en Forézien)
- Débarouler : tomber en roulant ou dévaler à toute vitesse. (débaroular en Forézien)
- Babet : pomme de pin, de conifère (cône). (babèt en Forézien)
- Baraban : pissenlit. (baraban en Forézien)
- Bichette ! Beauseigne ! : expression utilisée pour marquer la compassion, la pitié, parfois la commisération, équivalent de peuchère.
Littérature/Ouvrages
modifier- La première œuvre publiée en forézien (parler de Saint-Étienne) est Le Ballet de Marcellin Allard (1605).
- Le dictionnaire "Francoprovençal/Français" (disponible sur le site de "L'institut de la Langue savoyarde"), est un ouvrage comprenant un dictionnaire bilatéral, francoprovençal-francais ; cet ouvrage traite aussi de l'ORB (Orthographe de référence B).
- La bande dessinée "Tintin en arpitan"[2]. L'association culturelle "Aliance Culturèla Arpitana" est à l'initiative de la publication par les éditions Casterman d'un album de Tintin en arpitan, dans lequel le capitaine Haddock s'exprime en lyonnais-forézien, plantant de ce fait le château de Moulinsart dans les monts du Lyonnais. Tintin quant à lui parle en arpitan savoyard. "L'Afére Pecârd " (en hommage au professeur vaudois Auguste Piccard) est paru en 2007.
Avenir/Associations
modifierAujourd'hui, quelques associations et groupes de personnes essaient de sauver et de préserver leur identité et la langue forézienne. L'avenir reste tout de même incertain, car l'avenir de la langue repose sur la jeunesse, qui malheureusement aujourd'hui se désintéresse des questions de culture et d'identité régionale dans beaucoup de régions, y compris le Forez, mais certains jeunes essaient tout de même de préserver leur patrimoine.
Notes et références
modifier- ↑ Mathieu Avanzi, « Des régionalismes du parler lyonnais (et alentours) », sur Français de nos régions, (consulté le )
- ↑ Tintin au pays des Arpitans
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Le Forez linguistique (« Études foréziennes », 6), Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, 1973, 208 p. (ISBN 2-85145-012-3)
Article connexe
modifierLiens externes
modifier- Arpitania.eu, Portail du francoprovençal
- https://www.forez-info.com/encyclopedie/memoire-et-patrimoine/102-petite-introduction-au-patois-en-forez.html
- https://atlas.limsi.fr/, pour comparer les différents parlers de France, dont les parlers foréziens
- Dictionnaires Forézien
- « Forez - histoire », sur forezhistoire.free.fr (consulté le )
