Francesco Vezzoli

artiste italien

Francesco Vezzoli, né le à Brescia (Italie), est un artiste contemporain italien. Formé à la Central Saint Martins College of Art and Design à Londres et établi à Milan, il développe depuis les années 1990 une pratique multidisciplinaire associant broderie, vidéo, performance, sculpture et installation. Son travail mobilise des références à la culture médiatique et à l’histoire de l'art, en particulier autour des figures de la célébrité, des formes de représentation et de la circulation des images, et a été présenté dans des expositions internationales ainsi que dans des collections publiques et institutionnelles[1],[2],[3].

Francesco Vezzoli
Naissance
Nationalité
Activité
Artiste contemporain, vidéaste, brodeur, sculpteur
Formation
Représenté par
Galerie Almine Rech (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
Mouvement
Art contemporain

Biographie

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Francesco Vezzoli étudie à la Central Saint Martins College of Art and Design de Londres entre 1992 et 1995. Il développe très tôt une pratique artistique centrée sur la broderie, technique qu'il utilise pour explorer les notions d'identité, de vulnérabilité et de mélodrame[4].

Il vit et travaille à Milan. Après des débuts marqués par des vidéos parodiques impliquant des célébrités internationales, il opère à partir de 2013 un tournant majeur vers l'archéologie, la sculpture antique et la réinterprétation du patrimoine classique[5].

Le travail de Francesco Vezzoli se caractérise par l'hybridation entre culture populaire et références classiques, souvent traitées avec ironie et glamour. Il est particulièrement reconnu pour ses portraits brodés de célébrités ornés de larmes, symboles de fragilité émotionnelle[6].

Vidéos et performances

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Dans les années 2000, il réalise plusieurs vidéos et performances satiriques. En 2005, il présente à la Biennale de Venise une bande-annonce fictive pour un remake de Caligula avec Helen Mirren, Courtney Love et Gore Vidal. En 2007, il met en scène Sharon Stone dans une fausse campagne présidentielle (Democrazy)[7].

Sculpture et antiquité

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Le Capitolium de Brescia avec l'installation Nike Metafisica de Francesco Vezzoli.

Depuis 2013, Vezzoli se consacre à la réhabilitation de sculptures antiques. Son exposition Teatro Romano au MoMA PS1 (2014) présente des bustes romains repeints selon leurs couleurs originales. Il explore également les notions de restauration et de réappropriation du passé[8].

En 2024-2025, il présente Musei delle Lacrime au Museo Correr de Venise et reconstitue l’appartement Memphis de Karl Lagerfeld à Monaco[9].

Réception critique

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Analyse thématique

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Les broderies de larmes sur des images de personnalités culturelles sont analysées dans le champ académique sous l'angle de la théorie queer et de la déconstruction des normes de genre, où la broderie est interprétée comme une technique contemplative[10]. Les expositions au Musée Correr et au Musée d'Orsay établissent un dialogue avec l'histoire de l'art, réinterprétant des thématiques liées à la modernité et aux mouvements artistiques européens.

Débats sur les stratégies médiatiques

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Le recours aux codes de l'industrie du luxe et du divertissement suscite des débats sur la relation entre pratique artistique et stratégies commerciales. Le critique Richard Dorment observe que si l'artiste examine les mécanismes de la célébrité, il participe simultanément à ces mêmes mécanismes, créant une ambiguïté entre analyse critique et participation médiatique[11]. Une partie de la critique caractérise cette approche comme relevant du kitsch ou du mélodramatique, tandis que d'autres y identifient une étude de l'ambiguïté de la vérité et du pouvoir de séduction des médias.

Controverses patrimoniales

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Projet Trinity (2013)

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En 2013, le projet Trinity pour le MoMA PS1 prévoit le déplacement d'une église abandonnée du XIXe siècle depuis Montegiordano (Calabre) vers New York. Les autorités italiennes bloquent l'exportation et ouvrent une enquête pour tentative d'exportation illicite de biens culturels. L'église Madonna del Carmine, démontée et prête à être transportée, est saisie par la police au port de Gioia Tauro en et finalement retournée à son site d'origine[12],[13]. L'exposition au MoMA PS1 est annulée et remplacée par Teatro Romano, présentant des bustes romains peints[14].

Interventions sur bustes antiques

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Les interventions sur des bustes antiques, souvent repeints, sont décrites par certains comme iconoclastes. Le magazine Beaux Arts Magazine observe que cette approche confronte le spectateur à l'instabilité du goût contemporain face aux canons de l'histoire de l'art[15].

Expositions majeures

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Francesco Vezzoli a participé à de nombreuses expositions internationales et biennales. Parmi les plus notables figurent :

  • Participation à la Biennale de Venise en 2001 (avec Veruschka Was Here), 2005 (avec Trailer for a Remake of Gore Vidal’s ‘Caligula’), 2007 (représentant l'Italie avec Democrazy) et 2014 (dans le cadre de la Biennale d'architecture)[16],[17],[18]..
  • Teatro Romano, au MoMA PS1 de New York (2014-2015), où il présente des bustes romains repeints en couleurs historiques[19],[20].
  • Vita Dulcis, au Palazzo delle Esposizioni de Rome (2023), une exposition multimédia explorant la peur et le désir dans l'Empire romain, en dialogue avec des artefacts antiques[21],[22].
  • Musei delle Lacrime, au Museo Correr de Venise (2024), une installation explorant les thèmes des larmes, du glamour et de l'identité italienne, en interaction avec la collection du musée[23],[24],[25].

Œuvres dans les collections publiques

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Les œuvres de Francesco Vezzoli sont conservées dans collections publiques et institutionnelles internationales.

Allemagne

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  • Museum Ludwig, Cologne : vidéos de l'artiste, notamment des trailers fictifs, présentées dans le cadre de l'exposition Moving Images. Artists & Video / Film (2010)[26]
  • Galerie für Zeitgenössische Kunst (GfZK), Leipzig : œuvres issues de l'exposition personnelle Die Handarbeiten von Francesco Vezzoli (2002), incluant des portraits brodés[27]

Belgique

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  • Vanhaerents Art Collection, Bruxelles : installations, dont La Nuova Dolce Vita[28]

États-Unis

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  • Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea, Turin : An Embroidered Trilogy (1997–1999), The End of the Human Voice (2001), Trailer for a Remake of Gore Vidal's Caligula (2005), Il ragazzo che ha freddo (The boy who is cold)[32]
  • MAXXI - Musée national des arts du XXIe siècle, Rome : œuvres en relation avec des expositions et projets sur le cinéma et les médias[33]
  • MADRE - Musée d'art contemporain Donnaregina, Naples : Francesco by Francesco: Happily Ever After (2002)[34]
  • Fondazione Prada, Milan : œuvres liées à des projets réalisés en collaboration avec l'institution[35]

Royaume-Uni

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Publications

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Monographies

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Catalogues d'expositions

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  • Letizia Ragaglia (dir.), Francesco Vezzoli: Museo Museion, Mousse Publishing, 2016, 224 p. (ISBN 978-8867492084)[39]
  • The Needleworks of Francesco Vezzoli, Hatje Cantz, 2002 (ISBN 978-3775712132)[40]
  • Cristiana Perrella, Francesco Vezzoli: Greed, Damiani, 2011 (ISBN 978-8865609491)[41]
  • Galleria Vezzoli, Electa/MAXXI, 2013[42]
  • Francesco Vezzoli: TV 70: Guarda la Rai, Fondazione Prada, 2017 (ISBN 978-8887029703)
  • Germano Celant (dir.), Francesco Vezzoli: Trilogia della Morte, Fondazione Prada, 2006 (ISBN 978-8887029321)[43]
  • Marcella Beccaria, Francesco Vezzoli, Castello di Rivoli, 2002[44]
  • Francesco Vezzoli: The Museum of Crying Women, Kaleidoscope Press, 2014[45]


Références

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  1. (en) « Francesco Vezzoli », sur The Guggenheim Museums and Foundation (consulté le ).
  2. (en) « Francesco Vezzoli », Gagosian (consulté le ).
  3. (en) « Francesco Vezzoli », Almine Rech (consulté le ).
  4. (en) « The unpredictable art of Francesco Vezzoli », Christie's, (consulté le ).
  5. (en) « Tears, glamour, and italianità: Artist Francesco Vezzoli opens up », Art Basel, (consulté le ).
  6. « Larmes, glamour et italianità : l'artiste Francesco Vezzoli se dévoile », Art Basel, (consulté le ).
  7. « Francesco Vezzoli a l’art malin », Libération, (consulté le ).
  8. (it) « VITA DULCIS. Paura e desiderio nell’Impero romano », Palazzo delle Esposizioni (consulté le ).
  9. (en) « New exhibition by Vezzoli celebrates the encounter between Karl Lagerfeld and Memphis’s design », Domus, (consulté le ).
  10. (en) « Francesco Vezzoli », sur Gagosian (consulté le )
  11. (en) Richard Dorment, « The Great Pretender », sur The New York Review of Books, (consulté le )
  12. (en) « Italian Police Make Francesco Vezzoli Return Church Bound for MoMA PS1 », sur Artnet News, (consulté le )
  13. (en) « What should replace the Church of Francesco Vezzoli at MoMA PS1? », sur Apollo Magazine, (consulté le )
  14. (en) « Francesco Vezzoli », sur Artforum, (consulté le )
  15. Emmanuelle Lequeux, « Francesco Vezzoli, le magicien du faux », Beaux Arts Magazine, (lire en ligne, consulté le )
  16. (en) « Francesco Vezzoli: A True Hollywood Story! », The Power Plant Contemporary Art Gallery (consulté le )
  17. (en) « Francesco Vezzoli », Flash Art, (consulté le )
  18. (en) « Francesco Vezzoli: Artist Overview », Almine Rech (consulté le ).
  19. (en) « Francesco Vezzoli: Teatro Romano », MoMA (consulté le )
  20. (en) « FRANCESCO VEZZOLI Teatro Romano », The Brooklyn Rail, (consulté le ).
  21. (en) « VITA DULCIS. Fear and desire in the roman empire », Palazzo Esposizioni Roma (consulté le )
  22. (en) « Francesco Vezzoli confronts the legacy of the classical », Document Journal, (consulté le ).
  23. (en) « Exhibition - Francesco Vezzoli. Musei delle Lacrime », Museo Correr (consulté le ).
  24. (en) « Tears, glamour, and italianità: Artist Francesco Vezzoli opens up », Art Basel, (consulté le ).
  25. (en) « Cry Him a River—Francesco Vezzoli on His “Museums of Tears” Show in Venice », Vogue, (consulté le ).
  26. « Moving Images. Artists & Video / Film », sur e-flux (consulté le )
  27. « The Handiworks of Francesco Vezzoli », sur GfZK (consulté le )
  28. « Previous Exhibitions », sur Vanhaerents Art Collection (consulté le )
  29. « Francesco Vezzoli », sur MOCA (consulté le )
  30. « Francesco Vezzoli », sur Guggenheim (consulté le )
  31. « Francesco Vezzoli », sur Whitney Museum of American Art (consulté le )
  32. « Francesco Vezzoli », sur Castello di Rivoli (consulté le )
  33. « Galleria Vezzoli », sur MAXXI (consulté le )
  34. « Percorsi del Contemporaneo », sur MADRE Napoli (consulté le )
  35. « Francesco Vezzoli: 24h Museum », sur Fondazione Prada (consulté le )
  36. « Francesco Vezzoli », sur Tate (consulté le )
  37. « Francesco Vezzoli », sur Rizzoli Bookstore (consulté le )
  38. « Francesco Vezzoli: Diva », sur ARTBOOK | D.A.P. (consulté le )
  39. « Francesco Vezzoli - Museo Museion », sur Les presses du réel (consulté le )
  40. « The Needleworks of Francesco Vezzoli », sur Mullen Books (consulté le )
  41. « Francesco Vezzoli: Greed », sur ARTBOOK | D.A.P. (consulté le )
  42. « Francesco Vezzoli Bibliography », sur Gagosian (consulté le )
  43. « Francesco Vezzoli », sur ARTBOOK | D.A.P. (consulté le )
  44. « Francesco Vezzoli », sur Castello di Rivoli (consulté le )
  45. « Francesco Vezzoli - The Museum of Crying Women », sur Printed Matter (consulté le )

Voir aussi

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