Franceville
Franceville ou Masuku en Obamba est une ville du Gabon, chef-lieu de la province du Haut-Ogooué et du département de Mpassa ; c'est la troisième ville du pays en nombre d’habitants. Elle est divisée en quatre arrondissements.
| Franceville | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Province | Haut-Ogooué |
| Département | Mpassa |
| Maire | Fernand Joumas dit Salamba |
| Démographie | |
| Population | 110 568 hab. (recensement 2013) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 1° 37′ 15″ sud, 13° 34′ 58″ est |
| Localisation | |
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Elle est arrosée par le fleuve Ogooué ainsi que la rivière Mpassa et se trouve à 512 km au sud-est de Libreville, la capitale. Sa population s'élevait à 31 193 habitants en 1993 et à 110 568 habitants en 2013[1]
En 2025, la population de Franceville est estimée à 294 864 habitants[2].
Géographie
modifierSituation
modifierFranceville est située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Moanda (la principale ville économique de la région et deuxième ville de la province) et 31 km à l'ouest de Bongoville.
Géologie et relief
modifierEn raison de sa situation en relative altitude, près des plateaux Batéké qui s'étendent jusqu'au Congo, Franceville bénéficie d'une chaleur légèrement atténuée. Le climat est subéquatorial du fait d'une courte saison sèche de trois mois de juin à août. Le site se caractérise par un centre-ville animé au milieu d'une cuvette plutôt profonde, entourée d'une série de collines abritant un habitat très dispersé.
Paléontologie
modifierEn 2008, Abderrazak El Albani, à la tête d'une équipe internationale, a découvert des formes de vie fossiles multicellulaires macroscopiques connu sous le nom de groupe fossile de Franceville. En , ces travaux de recherche ont fait la couverture de la revue scientifique Nature. L'étude de ses fossiles révèle l'émergence de la vie multicellulaire complexe et organisée dans des roches précambriennes datées de 2,1 milliards d'années. La découverte de ces organismes a permis de repousser la date de l’émergence de la vie multicellulaire de 1,5 milliard d’années. Cette découverte permet également de réviser les connaissances quant à l’évolution de la biosphère sur Terre au cours de l’histoire de notre planète.
Hydrographie
modifierTransports
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L’aéroport international M’Vengue El Hadj Omar Bongo Ondimba (code IATA : MVB), situé à environ 10 à 16 km à l’ouest de Franceville, est le troisième du pays en termes de trafic. Inauguré le 14 août 1972, il abrite également une base militaire de l’armée de l’air gabonaise ouverte en janvier 1980. Les compagnies Afrijet et FlyGabon y assurent des liaisons régulières vers Libreville.
Franceville est le terminus du chemin de fer transgabonais et de la route nationale N3.
Franceville est reliée à Libreville par la Route Nationale 3 (RN3), qui constitue l’axe routier principal de la ville vers l’intérieur du pays.
La section Mvengué-Franceville sur ce corridor fait actuellement l’objet de travaux de réhabilitation sur environ 18 km, entre les PK 708 et 726. Les transports urbains internes reposent essentiellement sur les taxis et les taxis-brousse pour les liaisons interurbaines vers Moanda, Mounana ou Okondja.
Un programme de modernisation est en cours, il prévoit le remplacement de 270 km de rails, l’installation de dispositifs de sécurité (passages à niveau, clôtures, signalisation lumineuse) et la rénovation des gares d’Owendo et de Franceville. La signature du Programme de Modernisation et de Sécurisation du Transgabonais (PMS) a été actée le 24 novembre 2025, en présence du président Brice Oligui Nguema et de son homologue français Emmanuel Macron, avec l’appui de l’AFD et de l’Union européenne.
Toponymie
modifierLe village d'origine s'appelait Masuku, nom tiré des chutes éponymes. L'endroit rappelant fort bien un certain paysage de la France[Quoi ?], il fut rebaptisé Franceville par Pierre Savorgnan de Brazza en 1880.
Histoire
modifierAutrefois appelée village Masuku, nom tiré du mot traduisant les chutes d’eau en obamba, elle fut rebaptisée Franceville par Pierre Savorgnan de Brazza le 13 juin 1880. De Brazza, émerveillé par l’apparence de cette contrée qui lui rappelait la campagne en France, décida de rebaptiser Masuku « Franceville ».
Époque coloniale
En 1886, la colonie du Gabon fut officiellement créée par décret, et la région de Franceville en fit partie intégrante dès sa création. En 1910, la circonscription de Franceville fut créée, faisant du poste colonial de Franceville son chef-lieu.
La région fut ensuite rattachée à la colonie du Congo de 1925 à 1946.
Jusqu’aux années 1970, Franceville ne fut qu’un petit poste administratif, chef-lieu d’une région enclavée, économiquement et culturellement plus proche du Congo que du Gabon avec sa capitale Libreville.
L’essor minier : le moteur de la croissance (1960-1970)
Le vrai déclic de Franceville ne vient pas de l’indépendance politique, mais de l’exploitation minière de sa région. L’exploitation du manganèse à Moanda et de l’uranium à Mounana, au nord-ouest de la ville, stimule considérablement la croissance démographique et le commerce dans la zone.
L’or, exportation secondaire, est également extrait au sud-ouest de la ville, et le café est une culture de rente importante dans la région.
La COMILOG (Compagnie Minière de l’Ogooué), filiale du groupe Eramet, s’installe et transforme progressivement toute la région en pôle industriel minier.
La ville prend forme : commune et institutions (1972-1986)
Le 2 mai 1972, Franceville est érigée en commune de plein exercice par décret. C’est une étape institutionnelle majeure : la ville se dote d’une véritable administration municipale.
La première équipe municipale est conduite par André Philippe Mvoundza (1972-1976).
Le facteur décisif de cette période reste cependant la figure d’Omar Bongo, originaire du Haut-Ogooué.
L’exploitation minière de Moanda et Mounana, et surtout l’action du président Bongo, natif du Haut-Ogooué, confèrent à Masuku un essor spectaculaire. La ville bénéficie d’investissements publics nettement supérieurs à ce qu’aurait justifié sa seule démographie.
Le Transgabonais : le désenclavement historique (1986)
L’événement le plus structurant de l’histoire contemporaine de Franceville est l’achèvement du chemin de fer Transgabonais. Le Transgabonais est un chemin de fer à voie unique de 644 km reliant le port d’Owendo à Franceville, troisième ville du pays. Il constitue un outil indispensable d’échanges économiques et de cohésion territoriale.
Le pôle universitaire et scientifique
L’an 1986 voit également naître une autre institution capitale : l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM), créée par le transfert, de Libreville à Franceville, de la Faculté des Sciences et de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Libreville. Elle est financée par le Fonds Gabonais d’Investissements avec le concours du Fonds Saoudien pour le Développement (SFD), de la Banque Islamique de Développement et de la France. Le complexe est inauguré par le président Omar Bongo Ondimba.
À cela s’ajoute le CIRMF (Centre International de Recherches Médicales de Franceville), institution de recherche de renommée internationale, notamment connue pour ses travaux sur les maladies tropicales et les grands singes. Par la suite, un projet de Centre Hospitalier Universitaire Amissa Bongo (CHUAB) est créé pour coordonner les échanges avec l’USTM et le CIRMF, plaçant la province du Haut-Ogooué comme premier pôle de recherche scientifique du Gabon.
La loi du 4 octobre 1993 délimita la commune en arrondissements, au nombre de quatre.
Le président Omar Bongo, décédé le à Barcelone et originaire de la région y est enterré[3].
Population et société
modifierDémographie
modifierSelon le dernier recensement de 2013 sa population s'élève à 110 568[1] habitants, faisant de Franceville la troisième ville du pays au regard de la population.
Franceville est peuplée par des Obambas et des Batékés présents dans les départements de Lekoni et Lekori ; les autochtones sont les Bakaningui, les Ndoumou, les Mbaghouin et Bawoubou qui sont arrivés après les pygmées.
Enseignement
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Franceville abrite l'université des sciences et techniques de Masuku (USTM), l'université de sciences « dures » du Gabon, les autres matières étant enseignées à Libreville. Elle accueille des étudiants de tous les pays africains. Elle abrite l'école polytechnique de parrainage canadien et la faculté des sciences et l'Institut national supérieur d'agronomie et biotechnologie qui forme les ingénieurs agricoles.
Le vaste campus comporte en son entrée un gros rocher, la "Pierre Azzibrouck" auquel la tradition universitaire attribue un âge fantaisiste de 3,5 milliards d'années, plus probablement 2 milliards d'années[4].
La ville abrite également une école doctorale dans le 2e arrondissement.
Santé
modifierElle possède un centre hospitalier régional Amissa Bongo, un hôpital de l'amitié sino-gabonaise. Elle abrite aussi des installations du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF).
Sports
modifierLe stade Rénovation est le troisième plus grand stade du pays avec une capacité de 22 000 places assises.
Lieux de culte
modifierParmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Diocèse de Franceville (Église catholique), Église de l'Alliance chrétienne et missionnaire du Gabon (Union mondiale de l'Alliance), Assemblées de Dieu, Église Évangélique du Gabon [5]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.
Économie
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La proximité des districts miniers de Moanda et de Mounana vaut à Franceville d’être dédicataire d’un minéral, la francevillite.
La ville possède peu d'industries.
Culture
modifierLieux et monuments
modifierPersonnalités liées à la commune
modifier- Omar Bongo (1935-2009) : deuxième président de la République gabonaise, enterré à Franceville ;
- Pascaline Bongo (1956-) : femme politique fille d'Omar Bongo, née à Franceville ;
- Étienne Alain Djissikadié (1977-) : footballeur né à Franceville ;
- Justine Judith Lekogo (1981-), économiste et femme politique, née à Franceville ;
- Hercule Nze Souala (1990-), ancien rappeur devenu aujourd'hui entrepreneur, politicien et auteur gabonaisné à Franceville * Aaron Appindangoyé (1992-), footballeur né à Francevile.
Jumelage
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Port-Louis (Maurice)
Meknès (Maroc)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Mylène Rémy, « Franceville », dans Le Gabon aujourd'hui, Paris, Éd. du Jaguar, (ISBN 978-2-86950-395-3), p. 150-159
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Notes et références
modifier- 1 2 Résultats globaux du recensement général de la population et des logements de 2013 du Gabon (RGPL-2013), Libreville, Direction générale de la statistique, (lire en ligne), p. 11, tableau 9
- ↑ « Population du Gabon »
- ↑ « Omar Bongo Ondimba inhumé à Franceville : une page de l'histoire du Gabon se tourne », Gabonews,
- ↑ (en) Patrick Ledru, Julien Eko N'Dong, Vera Johan et Jean-Pierre Prian, « Structural and metamorphic evolution of the Gabon Orogenic Belt: Collision tectonics in the lower proterozoic? », Precambrian Research, vol. 44, no 3, , p. 227–241 (ISSN 0301-9268, DOI 10.1016/0301-9268(89)90046-6, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Britannica, Gabon, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019