Frauen·und·technik
Frauen·und·technik est le nom d'un groupe d'artistes féminines issues de la Hochschule für bildende Künste Hamburg. Il est fondé en 1992 à partir d'un groupe de travail sur la théorie des médias et la philosophie de la technique.

Image de soi et participation
modifierLes membres du groupe Frauen·und·technik se sont fixé pour objectif de contrer l'influence des médias électroniques sur les domaines de la communication et de l'art ainsi que l'insécurité dans la société perçue par les artistes[1]. En outre, Frauen·und·technik souhaitait développer des positions sur l'évolution des conditions médiatiques du travail artistique dans les années 1990[2]. Dans sa pratique artistique, les Frauen·und·technik s'interrogent sur les formes de travail collectif, également en rendant ce contexte de groupe visible au monde extérieur : les artistes n'apparaissent pas en tant qu'individus, mais toujours en uniforme et en groupe[1]. Le groupe peut être placé dans le contexte du cyberféminisme grâce aux personnes impliquées, Ellen Nonnenmacher, Bettina Schoeller, Lore Piatkowski, Ania Corcilius, Cornelia Sollfrank, Korinna Knoll, Annette Kisling, Silke Mauritius, Janine Sack et Christine Bader, ainsi que leurs positions artistiques et politiques. Le cyberféminisme est un mouvement féministe qui existe depuis les années 1990 et se consacre à l'interconnexion de la technologie numérique, du genre et de la sexualité[2].
Méthodes de travail et projets
modifierPerformativité théorique des médias
modifierEn utilisant des stratégies artistiques intermédiales de performativité, d'appropriation et de déconstruction ironique et humoristique, Frauen·und·technik ont abordé la manière dont les médias électroniques influencent et changent la communication dans divers domaines de la société[3]. Dans l'esprit de l'appel formulé par Donna Haraway dans le Manifeste Cyborg[4], d'une part à ne pas être soumis et plein de fascination pour la technologie attribuée au patriarcat, mais d'autre part à ne pas la traiter avec scepticisme, peur ou aversion, et le laisser agir ainsi comme une forme dominante de règle, mais plutôt s'intégrer en tant que femme dans le circuit défend Frauen·und·technik pour une politique affirmative-critique, responsabilisante, accueillante et émancipatrice. Suivant les positions théoriques des médias telles que celles de Marshall McLuhan, Paul Virilio, Vilém Flusser, les médias électroniques permettent une réception médiatique active afin que chaque personne devienne un émetteur et non seulement un récepteur d'informations. Outre les influences des médias, la théorie psychanalytique est souvent utilisée, notamment pas Jacques Lacan, comme base conceptuelle des Frauen·und·technik.
Culture d’entreprise parasitaire
modifierFrauen·und·technik a détourné des stratégies de communication marketing classiques, comme l'identité visuelle ou le design d'entreprise, pour les retourner contre leurs objectifs initiaux. Lors de leur première action collective en 1991, à la Maison BP 1 de Hambourg, elles se sont présentées vêtues de combinaisons de l’entreprise BP et ont distribué des goodies promotionnels (stylos et briquets) portant leur propre logo, design et brochures d’information. Elles qualifient leur approche de « principe parasitaire » : en reprenant les codes esthétiques du marketing et des relations publiques (graphiques, courbes, diagrammes), elles transmettent des formes sans en adopter le contenu. Dans une campagne de 1993, elles ont mis en vente leur propre « marque », accompagnée du slogan provocateur : « Vous connaissez le prix de la technologie, mais combien coûtent les femmes ? ».
- Ligne marketing
- Ligne marketing
- Ligne marketing
- Briquet
- Divers articles
Penis Envy Games à la documenta IX
modifierLe groupe s'est fait connaître avec une série de performances diffusées sur la télévision VanGogh-TV diffusée via 3sat et sur la Piazza Virtuale pour la documenta IX, notamment une séquence nommée Penis Envy Games[5],[6]. « L'envie du pénis », explique Lore Piatkowski de Frauen·und·technik dans un entretien pour taz paru le , « est ce dont on accuse souvent les femmes lorsque, par exemple, elles travaillent comme artistes avec de nouveaux médias, comme les ordinateurs ou la vidéo[7]. La performance reprend le format du jeu télévisé ; les téléspectateurs peuvent se connecter via un télécopieur, un téléphone à clavier ou un modem vocal pour participer[6]. les questions de genre et les relations de pouvoir qui y sont associées sont mises en scène et interrogées de manière performative.
Connexions et suite
modifierEn 1993, les Frauen·und·technik se sont développées dans le groupe d'artistes -Innen (de), dont le travail artistique a développé de manière performative les questions féministes et critiques des médias[8]. Même si les Frauen·und·technik ne se décrivent pas spécifiquement comme un groupe féministe, le collectif est considéré comme un précurseur des groupes d'artistes cyberféministes tels que le Old Boys Network.
Références
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Frauen·und·technik » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 (de) oe1.orf.at, « Positionen in der Kunst: Cornelia Sollfrank », sur oe1.orf.at (consulté le )
- 1 2 (de) « Cornelia Sollfrank & Janine Sack – Van Gogh TV » (consulté le )
- ↑ « Janine Sack – bildungswerk », sur www.bbk-bildungswerk.de (consulté le )
- ↑ (de) Redaktion Feinschwarz, « Donna Haraway – Unruhig bleiben in turbulenten Zeiten », sur feinschwarz.net, (consulté le )
- ↑ Texte de presse de 1992, Frauen·und·technik, document d'archive conservé dans les archives de Bildwechsel, consulté le 12 mai 2024, classé dans la littérature grise sous le thème du "Cyberféminisme". www.bildwechsel.org
- 1 2 (en) Tilman Baumgärtel, Van Gogh TV's »Piazza Virtuale«: The Invention of Social Media at documenta IX in 1992, vol. 96, transcript Verlag, coll. « Edition Medienwissenschaft », (ISBN 978-3-8376-6066-1 et 978-3-8394-6066-5, DOI 10.14361/9783839460665, lire en ligne), p. 181-184
- ↑ L'Institut de Hambourg pour frauen und technik organise les Penis Envy Games pour la télévision interactive de la documenta 9. (Source : taz, Hambourg, 29 août 1992)
- ↑ (de) Burg Hülshoff, « Janine Sack – Burg Hülshoff », sur Janine Sack (consulté le )
