Gaetano Badalamenti

criminel italien

Gaetano Badalamenti, né le à Cinisi et mort le dans le comté de Middlesex est un mafieux italien de la famille palermitaine de Cinisi, membre de la Pizza Connection.

Gaetano Badalamenti
Biographie
Naissance
Décès
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AyerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfant
Vito Badalamenti (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Sicilian Mafia Commission (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de détention

Biographie

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Gaetano Badalamenti (surnommé « ù zù tanu », soit « l'oncle Gaetano » en sicilien) prend la suite de Cesare Manzella, tué par les clans rivaux, à la tête du clan mafieux de Cinisi, commune rurale à l'ouest de Palerme[1].

Époux de la sœur de Filippo Rimi, parrain d’Alcamo, il a exercé son emprise sur la région pendant plus de deux décennies, dès les années 1950, avant d’être écarté de la Commission provinciale de Cosa Nostra par les Corleonesi en 1979[2].

Membre influent de la direction de l’organisation criminelle, il est proche de de Luciano Leggio, parrain de l’un de ses enfants qu'il protège sur son territoire durant sa cavale, et a été mêlé à la tentative de coup d’État Borghese. Il entretient des relations avec les cousins Nino et Ignazio Salvo, des hommes politiques régionaux et nationaux, dont Giulio Andreotti selon le repenti Salvatore Cancemi, et profite d'une protection d’officiers des carabiniers[2].

Il contrôle ainsi l’aéroport de Punta Raisi, point stratégique pour le trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent entre la Sicile et les États-Unis[2]. Un long-courrier Palerme-New-York hebdomadaire, surnommé Il Padrino par les Siciliens, permet le transport régulier de la drogue et des dollars[1]. L'arrêt de la liaison après la mise au jour du stratagème par le chef de la brigade mobile, Boris Giuliano, assassiné par Cosa nostra, ne met pas fin au trafic criminel transatlantique[1].

Richissime, il est à la tête de nombreuses sociétés d'import-export et de construction[1].

Il échappe à la Deuxième guerre de la mafia, en n’entrant pas en guerre contre les Corleone après les assassinats de ses alliés Stefano Bontate et Salvatore Inzerillo, ses hommes de confiance dans le trafic de cocaïne avec les Nord-Américains que reprend progressivement le clan de Michele Greco[1].

Il fuit les règlements de compte en quittant la Sicile pour Rio-de-Janeiro, au Brésil, en 1981 d'où il poursuit la gestion de ses affaires[1].

La menace que ses ennemis deviennent maîtres de l'aéroport de Punta-Raisi le décide à revenir en Europe fin mars 1984. Le 9 avril, il est arrêté avec son fils à Madrid, où ils rencontrent un de leurs complices, Pietro Alfano, arrivé de Detroit[1].

Extradé vers les États-Unis, Gaetano Badalamenti y est condamné en 1987 à 45 ans de prison pour trafic de drogue dans le cadre de l'enquête "Pizza Connection" liant entre la mafia sicilienne et la mafia américaine[3]. Il refuse de collaborer avec la justice italienne, contrairement à son grand rival Tomaso Buscetta[3].

Le , Badalamenti est condamné à perpétuité pour avoir organisé en 1978 l'assassinat du fils de son ami et membre de son clan, Giuseppe "Peppino" Impastato, un activiste anti-mafia, candidat aux élections municipales pour le compte de Democrazia Proletaria (parti d'extrême gauche)[4].

Il meurt dans un centre médical pénitentiaire américain en avril 2004[3].

Le film Les Cent Pas de Marco Tullio Giordana retrace le combat et l’assassinat de Peppino Impastato.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Philippe Pons, « Un coup de filet international contre la Mafia », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 Alessandra Dino, « La mafia in aeroporto. Punta raisi: cronaca di una speculazione annunciata », HISTORIA MAGISTRA, no 11,‎ , p. 16–34 (ISSN 2036-4040 et 2036-5071, DOI 10.3280/HM2013-011003, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 « Gaetano Badalamenti, chef historique de la mafia sicilienne », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ Deborah Puccio-Den, « Mafia : état de violence ou violence d’État ? » Accès libre, sur OpenEdition Journals, (consulté le )

Liens externes

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