Galip

copeaux de bois issus du gemmage dans la forêt des Landes

Le galip (du gascon galip, également appelé gemelle selon les secteurs) est le nom dans les Landes de Gascogne du fin copeau de l'aubier du pin maritime (Pinus pinaster), arraché au tronc par le gemmeur à l'aide de son hapchot lors de l'entretien hebdomadaire de la care[n 1] , l'opération dite de la « pique ».

Galips au sol, au pied d'un pin gemmé à Mimizan
Galips et garbayes au pied de la care et du pot de résine surmonté du crampon.

Présentation

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Le copeau enlevé au pied de la care, à hauteur d'homme, présente une forme caractéristique dite « en aile de pigeon », résultant des incisions répétées portées au hapchot avant qu'il ne se détache[1]. Lorsque la care est travaillée en hauteur, à l'aide du pitey, le galip prélevé est en revanche très allongé et forme un morceau unique[1]. Naturellement imprégné de résine de pin séchée, le galip constitue un matériau hautement inflammable[1]. Certains gemmeurs réutilisaient également le galip encore attaché comme guide provisoire (dit « bire »), en le rabattant sur le bord de la care pour orienter l'écoulement de la résine vers le pot[2].

Usage et droit de glane

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Réputé pour ses qualités de combustible, associé aux pommes de pin (localement appelées pignes), le galip formait un excellent allume-feu naturel, utilisé par l'ensemble des habitants et non par les seuls gemmeurs[2]. L'ingénieur Claude Taillentou, dans son ouvrage sur le gemmage du pin maritime dans les Landes, qualifie ainsi les galips d'« extraordinaires allume-feu »[3]. Ce ramassage libre des copeaux tombés au pied des pins par la population environnante s'apparente à un usage coutumier proche du droit de glane, qui autorise traditionnellement dans les campagnes françaises la collecte de bois mort ou de menus produits forestiers par des habitants autres que le propriétaire ou l'exploitant[4].

Disparition avec le gemmage à l'acide

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À partir des années 1950 et jusqu'au début des années 1990, la méthode dite du « gemmage activé » se généralise dans les Landes de Gascogne : elle consiste à pulvériser de l'acide sulfurique directement sur la care pour stimuler chimiquement l'écoulement de la résine et augmenter le rendement, en lieu et place du seul travail mécanique au hapchot[5]. Cette technique reste néanmoins agressive pour l'écorce et projette elle aussi des copeaux et des éclats, au point que le béret et le foulard traditionnels du gemmeur, longtemps perçus comme un simple signe distinctif, faisaient aussi office de protection oculaire face aux projections[5]. La part du travail du bois assurée directement à la lame du hapchot se réduit cependant très fortement avec la généralisation de ce procédé chimique, ce qui a fait disparaître progressivement la pratique de la pique traditionnelle et, avec elle, la production régulière de galips en grande quantité, jusqu'à la fin complète du gemmage dans les Landes en 1990[1].

Citation

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« On les appelait galips ou gemelles.
On les mariait aux pommes de pin
Dans les feux du soir en brûle-parfums.
On en parle encore, avec regret.
On en parle encore, mais à l’imparfait. »[6]

Équivalent à l'étranger

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En Espagne, dans le système traditionnel de gemmage pratiqué notamment dans la province de Cuenca, l'équivalent du galip est appelé viruta : ce copeau de bois est arraché du tronc à l'aide de la hacha gubia lors de l'opération dite du picado. Les virutas séchées y étaient également récupérées à des fins pratiques : lorsqu'un résinier retirait un pot devenu inutile sur un pin peu productif, il rebouchait l'orifice laissé au sol avec ces mêmes copeaux secs, avant de réaffecter éventuellement le pot à un autre arbre[7].

Notes et références

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  1. La care (du gascon cara : visage), est la blessure verticale réalisée dans le tronc du pin maritime.

Références

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  1. 1 2 3 4 Sylviculture.wikibis.com, notice « Galip ».
  2. 1 2 Le gemmage et l'utilisation des produits résineux dans la Montagne de La Teste, r.aufanforetusagere.free.fr.
  3. Claude Taillentou, Le Gemmage du pin maritime dans les Landes, cité sur patrimoinedumedoc, sites.google.com/site/patrimoinedumedoc.
  4. Assemblée nationale, réponse ministérielle sur le ramassage du bois mort en forêt, assemblee-nationale.fr.
  5. 1 2 Tourisme Landes (40), « Le Gemmage, qu'est-ce que c'est ? », tourismelandes.com.
  6. Côté forêt, côté Bassin, Yolande Vidal
  7. Museo Etnológico de El Tobar, « Herramienta resina », eltobarmuseo.blogspot.com.

Bibliographie

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Voir aussi

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