Gare de la chaussée de Louvain
La gare de la chaussée de Louvain (en néerlandais : station Leuvensesteenweg) ou gare de Saint-Josse-ten-Noode, est un ancien point d'arrêt de la ligne 161 (Bruxelles - Namur). Les quais, à ciel ouvert, sont situés entre l'entrée nord du tunnel Schuman et l'entrée sud du tunnel Deschanel. C'est une des rares gares en Belgique avec les gares d'Etterbeek, de Cerfontaine et de Verviers à être construite sur passerelle.
| Gare de la chaussée de Louvain | |
Façade avant | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | Belgique |
| Commune | Saint-Josse-ten-Noode |
| Adresse | Chaussée de Louvain B-1210 Bruxelles |
| Coordonnées géographiques | 50° 51′ 02″ nord, 4° 22′ 50″ est |
| Gestion et exploitation | |
| Propriétaire | SNCB |
| Exploitant | Gare fermée |
| Caractéristiques | |
| Ligne(s) | 161 (Bruxelles - Namur) |
| Voies | 2 |
| Quais | 0 (anciennement 2 |
| Historique | |
| Mise en service | |
| Fermeture | |
| modifier |
|
Elle abrite aujourd'hui la Jazz Station où est organisé le festival Saint-Jazz-ten-Noode.
Situation ferroviaire
modifierLa gare de la chaussée de Louvain, partiellement souterraine, est située au point kilométrique (PK) 5,100[réf. nécessaire] de la ligne 161, de Schaerbeek à Namur entre les gares ouvertes de Schaerbeek ou Bruxelles-Nord et de Bruxelles-Luxembourg. Entre Bruxelles-Nord et Schuman s'intercalaient les anciennes gares de la Rue des Palais, de la Rue Royale Sainte-Marie, de la Rue Rogier et de la Chaussée de Louvain.
Située dans une tranchée en grande partie mise en souterrain au début des années 1950, elle ne possédait que deux voies à quai.
| Gare précédente | Gare suivante | |
|---|---|---|
| Rue Rogier | Chaussée de Louvain | Bruxelles-Schuman |
Historique
modifierLa gare de 1865
modifierUne première halte ouvre en au niveau du passage à niveau entre le Chemin de fer de ceinture Est et la chaussée de Louvain. L'emplacement de cette première halte est visible sur le plan de Bruxelles et ses environs, réalisé en 1881. La gare, alors appelée « Station de Saint-Josse-ten-Noode » est à l'air libre et ne possède, en dehors des deux voies de la ligne, aucune voie de garage[1].
Dès les années 1870, les communes de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek réclament la mise en souterrain du chemin de fer, finalement, au début des années 1880, il est décidé de déplacer la ligne sous le boulevard Clovis. L'ancien tracé entre la rue de la Loi et la rue des Moissons[2] disparaîtra, permettant de créer la rue John Waterloo Wilson[1] et l'avenue Georges Petre[3].
La gare de 1884
modifierLes travaux du nouveau tracé, de ses ouvrages d'art et du nouveau bâtiment de la gare sont adjugés le à l'Hôtel du Gouvernement provincial pour un montant évalué à 1 524 000 francs[2].
Une nouvelle gare est alors réalisée sur le nouveau tracé entre 1884 et 1885 à l'intersection de la chaussée de Louvain. Un bâtiment de style néo-renaissance flamande y est érigé en surplomb des voies. Disposé sur une voûte alors que la chaussée de Louvain emprunte un tablier métallique, il comporte plusieurs annexes en alcôve dans le mur de soutènement et sous les escaliers d'accès. Le bâtiment se compose de deux ailes : l'aile de gauche attenante à la sortie comporte l'habitation du chef de gare, le bureau et la salle d'attente des voyageurs de 3e classe ; l'aile de droite, en « U », accueille le hall d'entrée (au toit vitré à l'origine), la salle d'attente des voyageurs de 1re et 2e classe, le bureau des recettes (guichet), le bureau des postes et télégraphes et une partie servant d'entrepôt, à front de la rue Wauwermans[4]. Des auvents métalliques (marquises) couvrent les quais, les escaliers[4], la terrasse enjambant les voies et la sortie latérale[2] mais ils disparaîtront au XXe siècle à l'exception de la superstructure de la terrasse.
À l'exception des ponts sous la rue des Moissons, la rue Verbist, la rue de la Cible, la chaussée de Louvain, le Boulevard Clovis et le Square Ambiorix, la nouvelle ligne est en tranchée, rapidement dotée de ponts supplémentaires puis couverte entre la chaussée de Louvain et le Square Ambiorix.
Le reste de la ligne entre la rue Belliard et la rue de la Consolation sera progressivement voûté à son tour, ne laissant à l'air libre qu'une courte tranchée ainsi que les quais de la gare de la chaussée de Louvain.
La concurrence d'autres modes de transports et la gêne occasionnée aux trains directs par les trains de banlieue à arrêts fréquents conduisent à la fermeture définitive de cette gare en 1924. Jusqu'à la réouverture de la gare de Bruxelles-Schuman en 1969, il n'y aura plus une seule gare ouverte entre Bruxelles-Luxembourg et Schaerbeek ou Bruxelles-Nord.
Dans les années 1950, il fut envisagé de démolir la gare et de recouvrir complètement les voies jusqu'à la chaussée de Louvain, créant une liaison entre le boulevard Clovis et le boulevard des Quatre Journées. Une première étape est réalisée en 1952 avec la couverture d'une partie des anciens quais créant le square Felix Delhaye[5]. La gare et les immeubles avoisinants ne seront cependant jamais démolis.
Le bâtiment de la gare est finalement classé en 1996[6].
Reconversion
modifierSon bâtiment fait l’objet d’usages divers après sa fermeture au service des trains. Il est utilisé par un garage Toyota dans les années 1980[7] puis un loueur de voitures[6].
En 2005, les locaux vides sont rénovés pour accueillir la Jazz Station, un lieu culturel consacré au jazz avec salle de concerts, expos et cours de musique occupant tout le rez-de-chaussée de la gare[8].
À proximité de l'ancienne gare, rue Wauwermans, une salle de spectacle polyvalente appelée la Station des Rêveurs est accolée à la tranchée des voies, son nom rappelle la vocation ferroviaire de cet ancien bâtiment[9]. L'association a désormais déménagé pour la gare de Schaerbeek[10].
Projet de réouverture
modifierDans le cadre de la création du Réseau express régional bruxellois (RER), la remise en service de cette ancienne halte est un projet proposé par la région de Bruxelles-Capitale, mais cette réouverture n'a pas encore été confirmée par la SNCB. En 2012, le dossier n'est pas totalement clos et une étude « médiatrice » souligne l'intérêt potentiel de cet arrêt[11].
Galerie de photos
modifierNotes et références
modifier- 1 2 « Bruxelles Extension Est - Rue John Waterloo Wilson », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
- 1 2 3 « Adjudications officielles - Ponts et chaussées », dans Moniteur belge, journal officiel, (lire en ligne), p. 478
- ↑ « Saint-Josse-ten-Noode - Avenue Georges Petre », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
- 1 2 « Ancienne gare de la chaussée de Louvain – Inventaire du patrimoine architectural », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le )
- ↑ « Saint-Josse-ten-Noode - Square Félix Delhaye », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
- 1 2 « Saint-Josse-ten-Noode - Ancienne gare de la chaussée de Louvain - Chaussée de Louvain 195-193a - JONIAUX H. », sur Inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale (consulté le ).
- ↑ Source Bruciel.brussels
- ↑ « testimonial Saint-Josse-ten-Noode », sur www.belgiantrain.be (consulté le )
- ↑ « La station des rêveurs : histoire du lieu », sur lacompagniedesreveurs.com (consulté le ).
- ↑ « La Station des Rêveurs », sur Les Rêveurs (consulté le )
- ↑ Kevin Lebrun et Frédéric Dobruszkes, « Des nouvelles gares RER pour Bruxelles ? Enjeux, méthodes et contraintes », Brussels studies, no 56, , p. 10-11 (ISSN 2031-0293, lire en ligne [PDF]).
