Geli Raubal
Angela Maria « Geli » Raubal (prononcé en allemand : [ˈɡeːliː ˈʀaʊ̯bal]), née le à Linz et morte le à Munich, est la nièce d'Adolf Hitler.
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Angela Maria Raubal |
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William Patrick Hitler (cousin germain) Heinz Hitler (cousin germain) Alois Hitler (grand-père maternel) Johann Georg Hiedler (en) (arrière-grand-père) Maria Schicklgruber (arrière-grand-mère) |
| Maître |
Adolf Vogl (d) |
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Raubal vit auprès de son oncle de 1925 jusqu’à sa mort par suicide dans l'appartement de ce dernier.
Enfance et jeunesse
modifierGeli Raubal naît à Linz[1], où elle grandit avec son frère, Leo, et une sœur, Elfriede. Son père meurt quand elle a 2 ans. Les deux sœurs accompagnent leur mère Angela, quand celle-ci devient femme de chambre de son demi-frère Adolf en 1925[2]. Geli a alors 17 ans à l'époque, et passe six ans très près de son oncle, qui est de dix-neuf ans son aîné[3]. En 1929, Raubal commence à étudier la médecine à Munich, à l'université Louis-et-Maximilien. Elle emménage alors dans l'appartement de Hitler. Elle ne terminera pas ses études[1].
Hitler est très dominateur et possessif envers Raubal et contrôle tout ce qu'elle fait[4]. Lorsqu'il s'aperçoit de sa relation avec son chauffeur, Emil Maurice, il renvoie ce dernier[1],[5]. Après cet événement, il empêche sa nièce de voir ses amis, et s'assure qu'elle soit toujours accompagnée d'un chaperon pour ses sorties (courses, cinéma, opéra, etc.)[4].
Suicide douteux
modifierLa mère de Raubal affirme après la guerre que sa fille espérait épouser un homme de Linz et que Hitler avait interdit cette relation. Tenue quasi prisonnière, elle envisage de s'enfuir à Vienne pour y continuer ses leçons de chant[3]. Hitler et elle se disputent le quand il lui interdit d'aller à Vienne. Il part à un rendez-vous à Nuremberg et revient à Munich le lendemain, apprenant que Raubal est morte après avoir reçu une balle dans le poumon[1]. Elle s'est apparemment suicidée, à l'âge de vingt-trois ans, dans l'appartement d'Hitler avec le pistolet Walther de celui-ci[5].
Les journaux reprennent rapidement l'affaire, spéculant sur des violences physiques de la part d'Hitler, voire une relation sexuelle, peut-être même un meurtre. Otto Strasser, fervent concurrent d'Hitler, est à l'origine de certaines des rumeurs les plus sensationnelles. L'historien Ian Kershaw affirme : « que la relation ait été ou non sexuelle, le comportement de Hitler envers Geli a les traits d'une dépendance sexuelle, latente ou non, très importante[4] ».
Laisser à penser que la jeune femme aurait mis fin à ses jours pour échapper à l'emprise de son oncle ou que celui-ci aurait fait assassiner sa nièce pour l'empêcher de dévoiler ces relations incestueuses était intolérable pour le chef du parti nazi en pleine ascension vers le pouvoir. La police réfute tôt la thèse du meurtre[6], alors qu'aucune enquête sérieuse ni d'autopsie ne sont pratiquées[7].
Les partisans d'Hitler font alors circuler la thèse d'un suicide « passionnel » attestant que la nièce était réellement amoureuse de son oncle. Leni Riefenstahl, dans ses Mémoires, relate ainsi que lors d'une discussion tenue en 1944 avec Wilma Schaub, la femme du plus ancien aide de camp d'Hitler, celle-ci lui aurait affirmé que la cause du suicide de Geli Raubal était la jalousie. Selon Schaub, Geli aurait découvert une lettre d'Eva Braun en fouillant le manteau de son oncle. La missive était une « exubérante déclaration d'amour ». Par dépit amoureux, la jeune femme se serait suicidée quelques heures plus tard. Cette version aurait aussi été relayée par la secrétaire de Hitler, Christa Schroeder, qui pourtant ne connaissait pas celui-ci à l'époque puisqu'elle l'a rencontré au début de 1933.
Hitler sombre dans un état de profond abattement. Il n'assiste pas aux funérailles à Vienne le . Deux jours plus tard, il se recueille sur sa tombe au cimetière central de Vienne. Il se concentre à nouveau par la suite sur la vie politique[8].
Hitler a déclaré plus tard que Raubal est la seule femme qu'il ait jamais aimée[réf. nécessaire]. Sa chambre est gardée intacte et il accroche des portraits d'elle dans sa propre chambre et à la chancellerie à Berlin[9].
Selon des documents retrouvés dans les archives municipales de Munich par l'historien Harald Sandner en 2026, il se pourrait que le corps de Geli Raubal ait été trouvé le 18 septembre 1931 à 10h15 (et non le 19 par le concierge de l'appartement selon la version communément admise). Or, selon l'historien, Hitler était encore présent à une réunion du parti à Munich le 18 septembre, entre 10h30 et 12h30[10]. Cela impliquerait qu'Adolf Hitler n'avait pas d'alibi le disculpant de la mort de sa nièce[11],[12],[13].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Görtemaker 2011, p. 43.
- ↑ Kershaw 2008, p. 177.
- 1 2 Bullock 1999, p. 393.
- 1 2 3 Kershaw 2008, p. 219.
- 1 2 Kershaw 2008, p. 220.
- ↑ Shirer 1960, p. 132.
- ↑ BBC Brasil, « Adolf Hitler : le mystère macabre de la mort de Geli Raubal, sa nièce et "son véritable amour" », BBC News Afrique, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Kershaw 2008, p. 221.
- ↑ Shirer 1960.
- ↑ « L’alibi d’Hitler sur la mort de sa nièce remis en cause par des archives », sur 7sur7.be, (consulté le )
- ↑ « Mort de Geli Raubal : des archives remettent en cause l’alibi d’Adolf Hitler concernant le décès suspect de sa nièce en 1931 », Le Parisien, (lire en ligne)
- ↑ « Adolf Hitler a-t-il tué sa nièce? Son alibi ne tient plus », sur L'essentiel, (consulté le )
- ↑ « Adolf Hitler : son alibi pour la mort de Geli Raubal remis en question », sur 20 minutes, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierFiction
modifierLe roman L'Ange de Munich de Fabiano Massimi est une fiction dont la trame est l'enquête menée par deux inspecteurs de la police de Munich sur la mort de Geli Raubal.
Le spectacle musicale Led Zep129 de Gilles Ramade met en scène le rapport Geli Raubal, Hitler, son chauffeur et le prof de chant lyrique de Geli. Scénario et dialogues de Gilles Ramade et des musiques du groupe Led Zeppelin. Ce spectacle a été créé au Théâtre Musical de Pibrac en 2018 ( www.gillesramade.com)
Bibliographie
modifier- (en) Alan Bullock, Hitler : A Study in Tyranny, New York, Konecky & Konecky, (1re éd. 1952), 776 p. (ISBN 978-1-56852-036-0)
- (en) Heike B. Görtemaker, Eva Braun : Life with Hitler, New York, Alfred A. Knopf, , 324 p. (ISBN 978-0-307-59582-9)
- (en) Ian Kershaw, Hitler, 1889-1945, Paris, Flammarion, (réimpr. 2020), 1200 p. (ISBN 978-2-081-50768-5)
- (en) William L. Shirer, The Rise and Fall of the Third Reich, New York, Simon & Schuster, (ISBN 978-0-671-62420-0)
- (nl) Alex Alexander, In de ban van Hitler : Maria Reiter, Geli Raubal, Unity Mitford, Eva Braun, Rijswijk, Elmar, , 254 p. (ISBN 978-90-389-1547-0)
- (en) Ronald Hayman, Hitler & Geli, New York, Bloomsbury, (1re éd. 1997), 246 p. (ISBN 978-1-58234-008-1)
- (en) Ron Rosenbaum, Explaining Hitler : The Search for the Origins of his Evil, New York, Random House, , 444 p. (ISBN 978-0-679-43151-0)
- (en) Otto Strasser, Hitler and I, Boston, Houghton Mifflin, , 248 p. (ISBN 978-0-404-16997-8)
- (nl) Marc Vermeeren, De jeugd van Adolf Hitler 1889–1907 en zijn familie en voorouders, Soesterberg, Aspekt, , 420 p. (ISBN 978-90-5911-606-1)
Liens externes
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