Geneviève Bass

enseignante française

Geneviève Bass, née le 9 novembre 1918 à Paris (10e arrondissement)[1], mort le 9 mars 2014 à Romans-sur-Isère (Drôme), est une enseignante française de mathématiques.

Geneviève Bass
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Geneviève Rosine Bass
Nationalité
Formation
École normale supérieure (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Fratrie
Autres informations
Membre de

Elle est avec Madeleine Herr la dernière des 41 femmes admises à l'École normale supérieure avant que le concours ne leur soit interdit. Devenue enseignante de mathématiques en lycée, elle participe également à plusieurs sociétés savantes et mène divers engagements socioprofessionnels.

Biographie

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Geneviève Rosine Bass est issue d'une famille d'origine juive alsacienne par son père et juive lorraine par sa mère.

Son père, David Léon Bass, né en 1874 à Strasbourg, est ingénieur chimiste. En 1911, il épouse à Paris (17e arrondissement), Michelle Bloch-Alcan[2].

Sa mère, née en 1882 à Paris (17e arrondissement)[3], morte en 1949 à Paris (19e arrondissement)[4], est la petite-fille de Michel Alcan, député de l'Eure à l'Assemblée nationale constituante. En 1905, elle est reçue, la troisième et dernière, à l'agrégation d'histoire et géographie[5].

Son frère aîné, Jean Bass, est également enseignant de mathématiques.

Elle compte un arrière-grand-père député à l'Assemblée constituante de 1848[6]. Avec son frère aîné, le futur ingénieur et mathématicien Jean Bass (1913-2007), elle reçoit de son père une éducation « à dominante scientifique »[7].

Élève du lycée Lamartine, où sa mère a enseigné et où elle passe son baccalauréat « brillamment », elle s'intéresse à une grande variété de disciplines comme l'astronomie et la musique, mais choisit de s'orienter vers les mathématiques durant ses deux années de classes préparatoires au lycée Henri-IV, où elle tient son rang avec « audace » parmi ses collègues masculins[7]. Elle réussit en 1939 le concours scientifique d'entrée à l'École normale supérieure[7], un an avant que le concours ne soit définitivement interdit aux femmes : Bass y est de ce fait une des 41 premières élèves féminines, et la dernière, avec sa camarade littéraire Madeleine Herr, avant que la mixité n'y devienne officielle au milieu des années 1980[8].

Durant l'Occupation, Geneviève Ross est frappée par les lois antisémites du régime de Vichy. Le 21 juin 1941, Jérôme Carcopino (ministre de l'Instruction publique) impose un numerus clausus de 3% d'étudiants juifs au sein des établissements d'enseignement supérieur[9] : Geneviève Ross et ses condisciples Gilbert Lazard et Marc Zamansky sont autorisés à poursuivre leurs études[7].

Interdite de passer l'agrégation de mathématiques par un arrêté de Jacques Chevalier[10] de 1941, elle sollicite l'année suivante une dérogation en vertu de l'ancienneté de son ascendance française, mais se voit opposer un refus[7]. Elle se plonge alors dans un doctorat de mathématiques[10], qui n'aboutira pas. Lorsqu'elle quitte l'École en 1943, son statut demeure incertain[11] ; de fait, Carcopino la privera, comme ses camarades, du titre d'ancienne élève de l'ENS[12]. Elle n'aura par ailleurs jamais l'occasion de témoigner sur cette période[7]. Elle réussit finalement le concours féminin en 1944[7], au 6e rang[13]. Devenue enseignante, elle est successivement en poste à Mulhouse, puis Beauvais, avant de retrouver le lycée Lamartine[7]. Avec ses collègues Simone Guillaume et Michèle Savignat, elle porte une attention particulièrement au renouvellement des cours, en participant aux séminaires et rencontres professionnelles dédiés, et s'attache à introduire les mathématiques modernes dans son enseignement[7]. Appréciant cette « proximité pédagogique » et le contact avec ses jeunes élèves, elle reste toute sa carrière dans l'enseignement secondaire[7]. Elle a aussi un engagement syndical[7].

Elle réussit finalement le concours féminin en 1944[7], au 6e rang[13]. Devenue enseignante, elle est successivement en poste à Mulhouse, puis Beauvais, avant de retrouver le lycée Lamartine[7]. Avec ses collègues Simone Guillaume et Michèle Savignat, elle porte une attention particulièrement au renouvellement des cours, en participant aux séminaires et rencontres professionnelles dédiés, et s'attache à introduire les mathématiques modernes dans son enseignement[7]. Appréciant cette « proximité pédagogique » et le contact avec ses jeunes élèves, elle reste toute sa carrière dans l'enseignement secondaire[7]. Elle a aussi un engagement syndical[7].

Elle participe en parallèle à plusieurs sociétés savantes, où elle s'intéresse à la physique et s'adonne à l'astronomie : admise à la Société astronomique de France en 1948[14], elle initie ses visiteurs à l'observation des astres avec une lunette héritée de son père[7].

Elle meurt le à Romans-sur-Isère, à l'âge de 95 ans[7].

Références

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  1. Archives de Paris, « État civil du 10e arrondissement, registre des naissances du 10 au 28 novembre 1918, vue 5 / 31, 10N 445 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil du 17e arrondissement, registre des mariages du 22 juillet au 1er août 1911, vue 30 / 31, 17M 336 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Archives de Paris, « État civil du 17e arrondissement, registre des naissances du 28 juin au 16 juillet 1882, acte n°2036, vue 16 / 31, V4E 4852 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  4. Archives de Paris, « État civil du 9e arrondissement, registre des décès du 10 juin au 5 octobre, acte n°837, vue 19 / 31, 9D 168 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  5. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
  6. Israël 2005, chap. 5, § 18.
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Delarue 2015.
  8. Loukia Efthymiou, « Le genre des concours », Clio, vol. 18, , p. 91-112 (lire en ligne).
  9. Journal officiel de la République françaisen°174, « Loi du 21 juin 1941 réglant les conditions d'admission des étudiants juifs dans les établissements d'enseignement supérieur » Accès libre, sur https://www.legifrance.gouv.fr, (consulté le )
  10. 1 2 Israël 2005, chap. 5, § 13.
  11. Israël 2005, chap. 5, § 20.
  12. Israël 2005, chap. 2, § 92.
  13. 1 2 Recherche nominale dans le répertoire des agrégés de l'enseignement secondaire (1809-1960) d'André Chervel.
  14. « Séance du 5 décembre 1948 », L'Astronomie, vol. 63, , p. 18 (lire en ligne).

Bibliographie

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