Jean Bass
Jean Bass (1913-2007[1]) est un enseignant de mathématiques français.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 93 ans) Clamart |
| Nom de naissance |
Jean Michel Bass |
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Enseignant (- |
| Fratrie |
| A travaillé pour | |
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| Directeur de thèse |
Élie Cartan () |
Biographie
modifierJean Bass naît en 1913 d'un ingénieur chimiste et d'une enseignante agrégée d'histoire et géographie. Son arrière-grand-père, Michel ALCAN est député à l'Assemblée constituante de 1848 et professeur au conservatoire des arts et métiers, et deux de ses tantes, sœurs de son père, sont artistes : Anna Bass est sculptrice et graveuse, proche de Gustave KAHN, et Hélène Esther BASS est professeur de piano et chanteuse. Avec sa sœur cadette Geneviève Bass, élève à Normale Sup (reçue en 1939) et future professeure de mathématique elle-même, ce futur ingénieur et mathématicien reçoit de son père une éducation « à dominante scientifique »[2].
À sa sortie de l'École polytechnique (promotion 1932), il fait une année à l'École de l'air de Versailles, puis suit les stages de pilotage et devient pour deux ans élève ingénieur à l'École nationale supérieure de l'aéronautique[3] (promotion 1937).
En 1937, il passe en licence de mathématiques à l'université de Paris le certificat de géométrie supérieure sous la direction d'Élie Cartan.
En 1940 il est ingénieur divisionnaire de l'air à Châteauroux avec un grade de lieutenant. Il est chargé de l'inspection des usines d'aviation dans tout le sud-ouest de la France.
Fin 1940 il est en relation avec des polytechniciens, dans un groupe auquel il semble avoir appartenu à Supaéro : le Groupe de Recherche Aéronautique (GRA) intégré à l'Office National de la Météorologie replié à Vichy, dirigé par P. Wehrlé, enseignant à supaéro, Georges Dedebant, chef du service scientifique et Kampé de Feriet. Le GRA lui propose une collaboration, en particulier pour l'écriture d'un livre dont une parution était prévue aux éditions Gautier Villars.
Jean BASS déménage à Vichy début 1941 (il habitera Bellerive sur Allier) pour travailler à l'ONM et y fait venir femme et enfants quelques mois plus tard, après avoir trouvé un minuscule logement.
Comme juif, son recrutement par l'ONM n'a jamais été clair (il disait être payé sur des factures et des taches, mais pas comme "employé" de l'ONM). Il espérait passer le concours de la météorologie à Lyon mais "pour diverses raisons" dit-il dans un courrier, cela n'a pas été possible.
D'après un de ses anciens collègues (Jean Dhombres) qui "a longuement discuté avec le Pr Hennequin" (mail personnel), "Jean Bass n'avait eu aucune difficulté, et notamment il n'avait pas été discriminé comme juif". Résidant en zone sud, c'est possible mais finalement assez peu plausible.
D'une part parce que sa famille parisienne (ses parents, sa sœur) ont clairement subi les discriminations des mesures anti-juives successives : interdiction de passer l'agrégation pour Geneniève (cependant finalement autorisée à poursuivre sa scolarité à Ulm en auditrice libre), mise à la retraite d'office de ses parents (sa mère de son poste de professeur d'histoire au lycée, son père de son poste d'ingénieur chimiste dans une usine de colorants à Saint Denis), arrestation de proches (un cousin Robert Mendel, sa sœur Micheline Mendel épouse Ehrlich avec son mari et leur fille Claude de 7 ans, un ami de la famille Ben Schatzman (père d'Evry), Léon Zadock-Kahn, médecin à l'hôpital Rotschild), recensement et port de l'étoile jaune, confiscations variées[4].
D'autre part parce qu'en juin 1942 Jean Bass est "désautorisé" (comme il l'écrit dans un courrier à sa sœur) à résider à Vichy et plus généralement dans l'Allier et le Puy de Dôme, malgré les démarches répétées de Wehrlé pour faire annuler cette interdiction. De ce fait, il déménage avec sa famille à Villerest dans la Loire (7 km de Roanne), début août 1942 dans une maison que "des camarades du service technique" l'ont aidé à trouver. Cette nouvelle résidence lui permet de continuer à travailler pour l'ONM.
Il soutient sa thèse en devant un jury composé de Louis de Broglie, Henri Villat, et Georges Darmois. En 1951, il succède à Paul Lévy comme professeur de mathématiques à l'École nationale supérieure des mines de Paris. En 1953, sur l'invitation de Michel Loève, il enseigne comme professeur invité au laboratoire de statistiques de Berkeley[3] (bénéficiaire d'une bourse Fulbright).
Durant l'année universitaire 1953-1954, il enseigne les mathématiques à l'École nationale supérieure de mécanique de Nantes à la demande de Christian Pauc, mais il est rapidement rappelé à Paris où il va enseigner les mathématiques à l'École supérieure d'aéronautique jusqu'en 1968[3].
Il est de 1955 à 1957 maître de conférences à l'École polytechnique, et examinateur pour les mathématiques dans cette école de 1958 à 1970. En 1971, il est professeur à l'université de Paris VI[3].
Devenu aveugle à la fin de sa vie, il reste cependant actif et productif. En dehors des mathématiques, il avait une passion pour la montagne qu'il a su transmettre à ses enfants et petits-enfants, ainsi que pour la musique, et des qualités d'organiste[3].
Il demeurait à la Résidence Athénée au 24, rue Ferdinand-Jamin à Bourg-la-Reine.
Publications
modifier- Cours de mathématiques , Masson, 1956, 4è éditions, 1967, 1971 (ISBN 2-225-45375-6 et 978-2-225-45375-5)
- Mémorial des sciences mathématiques, 1962
- Exercices corrigés de mathématiques, Masson, 1965
- Éléments de calcul des probabilités théorique et pratique, 1965
- Introduction aux mathématiques, Ellipses, 1985 (ISBN 2-7298-8550-1 et 978-2-7298-8550-2)
- Fonctions de corrélation, fonctions pseudo-aléatoires et applications, Masson, 1984, 1987 (ISBN 2-225-80140-1 et 978-2-225-80140-2)
- Les principes mathématiques de la mécanique quantique, Matapli, 2000.
Notes et références
modifier- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ Jean-Marie Delarue, « Geneviève Bass », L'Archicube, no 17 bis, , p. 132-136 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 J. Dhombres, « In Memoriam Jean Bass (1913-2007) », Annales de la Fondation Louis de Broglie, , p. 547-550 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Les ajouts par Michel BASS proviennent de 3 sources : une communication par mail avec Jean Dhombres du 26 juin 2026, un corpus important de courriers échangés entre Jean BASS, sa famille, ses collègues retrouvés dans ses archives personnelles, et bien sûr ce que je savais par lui ou sa sœur.
Liens externes
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