Gengoroh Tagame
Gengoroh Tagame (田亀源五郎, Tagame Gengorō[1]) est un artiste et mangaka japonais, né le à Kamakura (Kanagawa).
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
田亀源五郎 |
| Nationalité | |
| Formation | |
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| Genre artistique | |
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| Site web |
(ja + en) www.tagame.org |
| Distinctions |
Japan Media Arts Festival () Prix de l'Association des auteurs de bande dessinée japonais () Prix Sade BD/Manga (The House of the Brutes (d)) () |
Il est connu pour ses illustrations homoérotiques très crues, voire franchement pornographiques, qui reprennent les codes des mangas pour adultes les plus violents. Il est un des rares artistes gays japonais à représenter des scènes aussi crues, avec des rapports sexuels souvent sado-masochistes, barbares ou sanglants, et de récurrentes scènes de viols, dans un contexte militaire ou policier.
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierGengoroh Tagame naît le à Kamakura, dans la préfecture de Kanagawa[2],[3], d'une famille de descendants assez éloignée du samouraï[4],[5]. Enfant, étant le plus jeune de ses deux frères, il lui est interdit de lire des mangas à l'exception des œuvres signées Osamu Tezuka, desquels ses parents estimaient la valeur littérale[5]. Il lisait des shōnen mangas — bande dessinée pour garçon — dans des salons de coiffure, surtout les œuvres des maîtres de l'horreur Kazuo Umezu et Gō Nagai, ayant souvent des thèmes violents et sexuels[5]. Il commençait à dessiner, et, dès le collège, imitaient des comics pour ses camarades et professeurs[6]. Adolescent, il commence à dessiner des mangas pornographiques après avoir lu les œuvres du Marquis de Sade et découvert le magazine Renaissance — étant une reproduction clandestine des fanzines de manga BDSM[7]. Il fait remarquer qu'il avait un grand intérêt pour le BDSM avant de se découvrir homosexuel[8].
Il prend conscience de son homosexualité après avoir assisté aux films mettant « des hommes nus et ligotés » en vedette, tels que Les Travaux d'Hercule (1958) avec Steve Reeves et La Planète des singes (1968) avec Charlton Heston[9], et découvert le magazine gay Sabu (ja) (さぶ). Les histoires romantiques de ce magazine ne l'intéressent pas, et il s'inspire donc des histoires sur le sadomasochisme[9]. Au lycée, il commence à écrire des manga, de façon professionnelle, et, en 1982, contribue au magazine manga June (en) (ジュネ) sous un pseudonyme[5],[6]. Ce magazine est un yaoi — une romance manga sur les relations sentimentales et/ou sexuelles entre personnages masculins ; également appelé boys' love (BL) — qui est prisé par le public féminin, et qui est reconnu pour ses histoires d'avant-garde avec des intrigues parfois complexes et le réalisme social[5],[7]. Sa première histoire imprimée dans June parle d'« un beau garçon qui se transforme », dont le père est assassiné par son petit ami[6]. Se débattant contre sa sexualité et s'intéressant au sadomasochisme jusqu'au lycée, il ne fait pas son coming out avant sa première année à l'université[9].
Après avoir obtenu son diplôme au lycée, il déménage à Tokyo pour s'inscrire à un cours en graphisme à l'université des beaux-arts Tama contre la volonté de ses parents qui le voyaient plutôt à l'université de Tokyo et devenir banquier[5],[10]. Pendant ses études, il envoie ses histoires, ses illustrations et ses mangas homoérotiques au magazine Barazoka (en) (薔薇族), René et d'autres magazines gay et BL sous de différents pseudonymes[9]. Il opte finalement le nom de plume : Gengoroh Tagame[11]. Lors d'une tournée artistique étudiante en Europe, il découvre le magazine cuir américain Drummer (en) dans une librairie londonienne[11]. Ce magazine présentait des illustrations homoérotiques et fétichistes signées des artistes occidentaux, tels que Tom of Finland, Rex (en) et Bill Ward (en), et qui ont fortement influencé l'art[9]. Après avoir obtenu son diplôme à l'université, il commence à travailler dans le graphisme, et, plus tard, dans la direction artistique tout en continuant à écrire des mangas et des fictions en prose[12].
Carrière
modifierAu début des années 1980, il commence sa carrière en tant que directeur artistique après des études de design graphique à l'université des Beaux-Arts Tama (多摩美術大学), puis, en 1986, il réalise ses premiers mangas. Ses travaux sont publiés dans différents magazines gays japonais, dont G-Men et SM-Z. À partir de 1994, il gagne la capacité de vivre de son travail à temps plein.
En 2005, son manga Gunji (軍次) est traduit en français, et publié par la maison d'édition H&O.
En 2015, il réalise Le Mari de mon frère, une œuvre familiale, accessible à tout public et informative, concernant le vécu des homosexuels, au Japon et au Canada.
En 2022, il reçoit le Prix Sade BD/Manga pour House of brutes[13].
Bibliographie
modifier- Shirogane no Hana (2001, inédit)
- Gunji (軍次, H&O, 2005)
- Arena (H&O, 2006)
- The Art of Gengoroh Tagame (H&O, 2007)
- Goku : L'Île aux prisonniers (H&O, 2008)
- Virtus (H&O, 2010)
- Le Mari de mon frère (弟の夫, éd. Akata, 2016)
- Our Colorful Days (僕らの色彩, éd. Akata, col. « Medium », 2020)[14]
- House of Brutes (Ed. La Musardine, collection Dynamite, 2021-2022)
- Nos rendez-vous gourmands (魚と水, , éd. Akata, col. « Large », 2023-2024)
Filmographie
modifier- Berlin Drifters (2017, scénariste)
Récompenses
modifier- 2018 :
Prix Eisner de la meilleure édition américaine d'une œuvre internationale pour Le Mari de mon frère - 2018 : Prix d'Excellence de l'Association des auteurs de bande dessinée japonais pour Le Mari de mon frère[15]
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gengoroh Tagame » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Nom avant le prénom en japonais. Le h final du prénom est un anglicisme : la translittération correcte est o avec un macron. Son nom de famille, Tagame, signifie littéralement « la tortue de la rizière ».
- ↑ Elisabeth Paul-Takeuchi et Nicolas Finet, Dicomanga : Le Dictionnaire encyclopédique de la bande dessinée japonaise, Paris, Fleurus, , 624 p. (ISBN 978-2-215-07931-6).
- ↑ Guilbert 2014.
- ↑ Agnès Giard, « Blog « Les 400 culs » : Le SM est-il transgressif ? », sur Libération, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Chris Randle, « The Erotic Antagonism of Gengoroh Tagame », sur Hazlitt, (consulté le ).
- 1 2 3 "Gengoroh Tagame, the Master of Gay Erotic Manga", entretien, 2013.
- 1 2 (en) Anne Ishii, Chip Kidd et Graham Kolbeins, The Passion of Gengoroh Tagame : The Master of Gay Erotic Manga, Berlin, Bruno Gmünder Verlag, , 288 p. (ISBN 978-3-95985-129-9), p. 273.
- ↑ (en) [vidéo] Graham Kolbeins, "Queer Japan: Gengoroh Tagame Clip", sur Vimeo (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en) Kaz Senju, « Inside the Taboo-Filled Mind of Japan's Best BDSM Manga Artist », sur Vice, (consulté le ).
- ↑ (it) Kotaro, « Abbiamo incontrato alla manifestazione bolognese il maestro dei manga LGBT », sur AnimeClick, (consulté le ).
- 1 2 (en) Louise Wise, « Life Drawing with Erotic Manga Artist Gengorah Tagame », sur 10magazine.com, (consulté le ).
- ↑ (en) « Gengoroh Tagame », sur penguinrandomhouse.com (consulté le ).
- ↑ Élodie Carreira, « Charlotte Bourlard, lauréate du prix Sade 2022 », sur Livre Hebdo (consulté le )
- ↑ « Our Colourful Days, t. 1 », sur Akata (consulté le ).
- ↑ (en) « Daijiro Morohoshi's Manga Book Wins Japan Cartoonists Association Award », sur Anime News Network,
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Sadao Hasegawa, illustrateur japonais aux thèmes proches.
Bibliographie
modifier- (en) Max Freeman, « Gengoroh Tagame, the Master of Gay Erotic Manga » [entretien], sur HuffPost, ;
- Xavier Guilbert, « Tagame Gengoroh » [entretien], sur du9.org, .
Liens externes
modifier- (ja + en) Site officiel
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la bande dessinée :
- Ressources relatives à la musique :