Geoffroy Chodron de Courcel
Geoffroy Chodron de Courcel est un diplomate français, né le à Tours et mort le à Paris 6e.
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(à 80 ans) 6e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Louis Geoffroy Chodron de Courcel |
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Christian Chodron de Courcel (d) |
| Parentèle |
Alphonse Chodron de Courcel (grand-père) |
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| Distinctions |
Compagnon de la Libération, il est principalement connu pour avoir été l'aide de camp du général de Gaulle lors de l'appel du 18 Juin.
Biographie
modifierFamille
modifierGeoffroy Chodron de Courcel appartient à la famille Chodron de Courcel, originaire des Trois-Évêchés en Lorraine[1], d'ancienne bourgeoisie, titrée sous le Second Empire, comptant plusieurs industriels, militaires et diplomates.
Il est un descendant direct de Gaspard Monge et le petit-fils d'Alphonse Chodron de Courcel. C'est un oncle de Bernadette Chirac (née Chodron de Courcel).
Jeunesse et études
modifierIl effectue son service militaire par devancement d'appel (), au 12e cuirs (2e cuirs dissous en 1918) puis au 1er bataillon de dragons portés[2]. Élève officier de réserve, il commence des études supérieures. Il obtient une licence de lettres, étudie à l'École libre des sciences politiques et obtient, en 1933, un doctorat en droit[3],[4].
Diplomate
modifierIl passe en 1937 le concours du quai d'Orsay, et est immédiatement nommé attaché d’ambassade à Varsovie. Il conserve ce poste jusqu'en 1938, date à laquelle il est nommé secrétaire d’ambassade à Athènes.
Seconde Guerre mondiale
modifierEn , il est mobilisé comme lieutenant de cavalerie et affecté dans une unité stationnée à Beyrouth, le Liban étant encore un mandat français de la SDN. Au début du mois de , il se trouve en permission à Paris alors que débute la bataille de France.
Le , il est affecté comme officier d'ordonnance du général de Gaulle, qui vient d'être nommé sous-secrétaire d'État à la guerre dans le nouveau gouvernement de Paul Reynaud. De Gaulle souhaitait être assisté par « un diplomate parlant anglais » ; par ailleurs, Geoffroy de Courcel est, comme de Gaulle, un partisan de la poursuite des combats[5].
Il l'accompagne lors de ses deux voyages à Londres ( et ) ; la nuit du 16, Paul Reynaud ayant démissionné et Pétain étant devenu chef du gouvernement, il envisage de repartir pour Beyrouth mais, le matin du 17, accepte de suivre de Gaulle à Londres dans l'avion du général britannique Edward Spears, chargé des liaisons entre les deux gouvernements[6],[7]: il est alors le premier Français à s’engager dans les Forces françaises libres (FFL)[8].
À Londres, il poursuit son travail d'aide de camp. C'est lui en particulier qui sollicite Élisabeth de Miribel pour effectuer les premiers travaux de secrétariat pour le général de Gaulle[9], en premier lieu la dactylographie du texte de l'appel.
En , il cesse d’être chef de cabinet du général de Gaulle (il est remplacé par François Coulet) et est affecté dès décembre au 3e escadron d’auto-canons, unité combattante faisant partie d'un groupe de reconnaissance de corps d'armée qui deviendra l'année suivante le 1er régiment de spahis. Se déplaçant au gré des progressions alliées en Afrique du Nord, Chodron de Courcel s’illustre dans le désert libyen en 1942, puis lors de la bataille d’El Alamein, avant de s'illustrer de nouveau en Tunisie où il est blessé.
Après-guerre : administration et diplomatie
modifierEn , il devient pour un temps le directeur adjoint du cabinet du général de Gaulle qu’il accompagne lors de ses visites le à Bayeux puis à Isigny, juste après le débarquement du 6 juin[10]. À partir d' et jusqu’à la fin de la guerre, il exerce différentes fonctions administratives pour le gouvernement provisoire de la République française.
Après la guerre, il revient au ministère des Affaires étrangères. Membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis janvier 1944, Geoffroy de Courcel sera par la suite Premier Conseiller à Rome (1947-1950) puis chef de service puis directeur des accords bilatéraux en 1951 et, en 1953, directeur d'Afrique-Levant. En 1954, il est directeur général des Affaires politiques et économiques au Ministère des Affaires marocaines et tunisiennes.
Détaché du quai d'Orsay de 1955 à 1958, il assure les fonctions de secrétaire général permanent de la Défense nationale (SGPDN). Il reprend ensuite sa carrière diplomatique au poste de représentant permanent de la France au conseil de l’OTAN avant d’être rappelé par le général de Gaulle pour exercer la fonction de secrétaire général de la présidence de la République en 1959.
Membre de différents comités et conseils, comme celui de l’Énergie atomique, il est élevé au titre d’ambassadeur de France au Royaume-Uni le . Il conserve cette charge jusqu'au , avant que Jacques Delarüe-Caron de Beaumarchais ne prenne la relève.
Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères en 1973 et membre de droit du Comité de l'Energie atomique (CEA), il est Membre de la délégation française à la 29e session de l'AG des Nations Unies en 1974[11].
En 1977 Geofroy de Courcel est le représentant de l'État au Conseil d'Administration de la Compagnie française des Pétroles (mandat renouvelé en 1980) et, en 1978, il est également Président de l'Association France-Grande-Bretagne.
Il prend sa retraite en septembre 1978. il est ensuite président de la section française du Conseil franco-britannique puis membre et vice-président de la Commission des archives diplomatiques.
Dernières années
modifierÉlu en 1984 président de l’Institut Charles-de-Gaulle, il occupe le poste jusqu'en 1991. Il meurt le 9 décembre 1992 à Paris et a été inhumé à Fontaines en Sologne dans le Loir et Cher[3],[12].
Son épouse, née Martine Hallade, est décédée le .
Décorations
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Grand-croix de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération par décret du [2]
Croix de guerre - (4 citations)
Croix militaire (Royaume-Uni) (Grande-Bretagne)
Membre de l'ordre royal de Victoria (Grande-Bretagne)
À la télévision et au cinéma
modifier- L'Appel du 18 Juin (téléfilm, 2010), épisode de la série Ce jour-là, tout a changé[13],[14] de Jacques Malaterre et Arnaud Sélignac : Clément Roussier
- De Gaulle, l'éclat et le secret (mini-série, 2020) de François Velle : Cyril Descours
- La Bataille de Gaulle : L'Âge de ferÉ (2026), film d'Antonin Baudry : Kacey Mottet-Klein
Notes et références
modifier- ↑ Metz, Toul et Verdun : ces trois principautés ecclésiastiques du Saint-Empire passent sous contrôle de facto de la France dès 1552 et sont annexées en 1648, alors que le duché de Lorraine devient français seulement en 1766.
- 1 2 Ordre de la Liberation 2004, p. Chodron de Courcel.
- 1 2 « Mort de Geoffroy Chodron de Courcel », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ) :
« L'un des plus anciens collaborateurs du général de Gaulle, il fut notamment secrétaire général de la présidence de la République. »
- ↑ « L'influence de la Conférence de Berlin de 1885 sur le droit colonial international », thèse pour le doctorat à l'université de Paris, faculté de droit ; publiée par les Éditions internationales (1935).
Notice bibliographique du catalogue général de la BnF. - ↑ Lacouture, page 327.
- ↑ Lacouture, page 352.
- ↑ Olivier Germain-Thomas, « Épisode 1/10 - L'épopée de la France libre - Les nuits de France culture »,
- ↑ Daniel Rondeau et Roger Stéphane, Des hommes libres, Grasset, (ISBN 978-2-246-79868-2, lire en ligne).
- ↑ Lacouture, page 367.
- ↑ Lacouture, p. 778.
- ↑ ordre de la libération, « Geoffroy CHODRON DE COURCEL | L'Ordre de la Libération et son Musée », sur www.ordredelaliberation.fr (consulté le )
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee.
- ↑ « Geoffroy Chodron de Courcel » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database.
- ↑ « Geoffroy Chodron de Courcel » (fiche série), sur Allociné.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean Lacouture, De Gaulle. 1. Le Rebelle, Éditions du Seuil, coll. « Points-Seuil », Paris, 1984 (notamm. p. 327).
- Geoffroy Chodron de Courcel, L'influence de la Conférence de Berlin de 1885 sur le droit colonial international, (thèse de doctorat), les Éditions internationales, Paris 1935.
Filmographie
modifier- Une Europe tricolore de Jean Labib ; commentaires de Jean Lacouture ; scénario de Jean Lacouture, Jean Labib, Roland Mehl ; avec Geoffroy de Courcel, Philippe Serre, Jean Laloy et al. ; production INA, TF1, Kuiv Productions (1987) ; 56 min 21 s ; présentation sur catalogue.bnf.fr.
Articles connexes
modifierLien externe
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 16 P 129062)
- Ressources relatives aux militaires :
- Ressource relative à la vie publique :
- « Geoffroy Chodron de Courcel », sur ordredelaliberation.fr, Ordre de la Liberation, (consulté le ).