Paul Reynaud
Paul Reynaud, né le à Barcelonnette (Basses-Alpes)[1] et mort le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un homme d'État français.
| Paul Reynaud | |
Paul Reynaud en 1940. | |
| Fonctions | |
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| Vice-président du Conseil des ministres | |
| – (11 mois et 15 jours) |
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| Président | Vincent Auriol |
| Gouvernement | Laniel I et II |
| Ministre d'État Ministre des Affaires étrangères Chargé des Relations avec les Etats associés et des Affaires d'Extrême-Orient | |
| – (2 jours) |
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| Président | Vincent Auriol |
| Gouvernement | Queuille II |
| Prédécesseur | Robert Schuman |
| Successeur | Jean Letourneau |
| Ministre des Finances et des Affaires économiques | |
| – (1 mois et 2 jours) |
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| Président | Vincent Auriol |
| Gouvernement | Marie |
| Prédécesseur | René Mayer |
| Successeur | Christian Pineau |
| Président du Conseil des ministres français Ministre des Affaires étrangères | |
| – (2 mois et 27 jours) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Gouvernement | Reynaud |
| Législature | XVIe |
| Coalition | Union nationale |
| Prédécesseur | Édouard Daladier |
| Successeur | Philippe Pétain (président du Conseil) Paul Baudouin (Affaires étrangères) |
| Ministre des Finances | |
| – (1 an et 4 mois) |
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| Président | Albert Lebrun |
| Gouvernement | Daladier III, IV et V |
| Prédécesseur | Léon Blum (Ministre du Trésor) |
| Successeur | Lucien Lamoureux |
| Vice-président du Conseil des ministres Ministre de la Justice | |
| – (2 mois et 20 jours) |
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| Président | Paul Doumer |
| Gouvernement | Tardieu |
| Prédécesseur | Léon Bérard |
| Successeur | René Renoult |
| Ministre des Colonies | |
| – (1 an et 10 jours) |
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| Président | Gaston Doumergue Paul Doumer |
| Gouvernement | Laval I, II et III |
| Prédécesseur | Auguste Brunet (Sous-secrétaire d'Etat aux Colonies) |
| Successeur | Louis de Chappedelaine |
| Ministre des Finances | |
| – (9 mois et 2 jours) |
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| Président | Gaston Doumergue |
| Gouvernement | Tardieu II |
| Prédécesseur | Charles Dumont |
| Successeur | Louis Germain-Martin |
| Député français | |
| – (3 ans et 10 mois) |
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| Élection | 30 novembre 1958 |
| Circonscription | 12e du Nord |
| Législature | Ire (Cinquième République) |
| Groupe politique | IPAS |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Jules Houcke |
| – (12 ans, 5 mois et 24 jours) |
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| Élection | 2 juin 1946 |
| Réélection | 10 novembre 1946 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
| Circonscription | 1re du Nord |
| Législature | IIe Constituante Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) |
| Groupe politique | RI (1946-1956) IPAS (1956-1958) |
| – (13 ans, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | 29 avril 1928 |
| Réélection | 3 mai 1936 |
| Circonscription | Seine |
| Législature | XIVe, XVe et XVIe (Troisième République) |
| Groupe politique | ADS (1928-1932) CR (1932-1936) RRRS (1936-1940) |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| – (4 ans, 5 mois et 13 jours) |
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| Élection | 16 novembre 1919 |
| Circonscription | Basses-Alpes |
| Législature | XIIe (Troisième République) |
| Groupe politique | ADS |
| Conseiller général des Basses-Alpes | |
| – (6 ans, 3 mois et 20 jours) |
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| Élection | |
| Circonscription | Canton de Barcelonnette |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Jean Paul Reynaud |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Barcelonnette (France) |
| Date de décès | (à 87 ans) |
| Lieu de décès | Neuilly-sur-Seine (France) |
| Sépulture | Cimetière du Montparnasse |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | AD CNIP |
| Conjoint | Jeanne Henri-Robert |
| Entourage | Hippolyte Gassier (oncle) |
| Diplômé de | Lycée Louis-le-Grand HEC Paris Faculté de droit de Paris |
| Profession | Avocat |
| modifier |
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Député des Basses-Alpes (aujourd'hui Alpes-de-Haute-Provence) puis de Paris, il est plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment ministre des Finances en 1938 dans le gouvernement Daladier.
Il est président du Conseil du au , fonction qu'il cumule avec celle de ministre des Affaires étrangères puis de ministre de la Guerre. Au début de la Seconde Guerre mondiale, après la débâcle de juin, Paul Reynaud, alors en désaccord avec les principaux membres du gouvernement et responsables militaires quant à la conduite à tenir (mais disposant de la majorité de son gouvernement), démissionne et se voit remplacé par le maréchal Pétain, qu'il a conseillé au président Lebrun pour lui succéder, lequel signe l’armistice. Durant l'occupation, il est d'abord emprisonné en France par le régime de Vichy, puis, à partir de 1942, en Allemagne par le IIIe Reich.
Après la guerre, élu dans le Nord, il retrouve un mandat de député ainsi que plusieurs courtes responsabilités ministérielles entre 1948 et 1954.
Biographie
modifierOrigines
modifierLa famille Reynaud est originaire du village de Saint-Paul, bourgade distante de 23 kilomètres de Barcelonnette.
Paul Reynaud, de son nom complet Jean Paul Reynaud, est le petit-fils de Jean-Baptiste Reynaud (né en 1800), qui fut maire de sa commune, et le fils cadet d'Alexandre Reynaud (1840–1913) et d'Amélie Gassier (1848-1948). Son oncle maternel, Hippolyte Gassier (1834–1907), fut conseiller général, député puis sénateur des Basses-Alpes.
Jean-Baptiste Reynaud part chercher fortune au Mexique, où il reste de 1857 à 1875. Outre leur fils aîné Albert (né en 1876 et mort pour la France en 1914), le couple Reynaud-Gassier a également deux filles : Marthe Reynaud (née en 1879) et Léontine Reynaud (née en 1881)[2].
Ses débuts en politique
modifierDiplômé de l'École des hautes études commerciales (HEC), il suit également des études de droit et devient avocat. Il s’inscrit au barreau de Paris. Il est élu en 1910 premier Secrétaire de la Conférence[3]. Paul Reynaud épouse Jeanne Henri-Robert, la fille du bâtonnier Henri-Robert puis se tourne assez vite vers le monde de la politique. Conseiller général puis député des Basses-Alpes à la Chambre des députés avec le Bloc national d'abord en 1919, il est battu en 1924. Tentant de se représenter dans la Seine lors d'une élection partielle, il est de nouveau battu, cette fois par le communiste Jacques Duclos en 1926, puis est réélu de 1928 à 1940 comme député de Paris.
Membre du parti de droite modérée Alliance démocratique (en 1934, il relance et prend la présidence de la Ligue républicaine nationale, fondée par Alexandre Millerand dix ans plus tôt)[4],[5], il se spécialise vers trois domaines très différents, l'économie, les colonies, et la défense, pour lesquels il adopte souvent des positions hétérodoxes. Ainsi, à partir de 1934, il préconise une dévaluation du franc pour affronter la crise de 1929, qui atteint la France en 1931 alors que l'opinion reste très attachée au mythe du franc Poincaré depuis 1926. L'originalité de sa réflexion le marginalise au parlement. En dépit de cet isolement relatif, son talent d'orateur parlementaire ainsi que ses réseaux dans le monde de la finance et de l'industrie le rendent incontournable lors de la formation, toujours délicate, des gouvernements[6]. Il est ainsi plusieurs fois ministre sous la Troisième République et il est chargé des portefeuilles des Finances[7], des Colonies et de la Justice.
La première gestion des Finances par Paul Reynaud (mars – décembre 1930)
modifierAu sein du second gouvernement André Tardieu (2 mars – 4 décembre 1930), la gestion économique de Paul Reynaud, qui occupe pour la première fois le portefeuille des Finances, s'inscrit dans une période de transition. Alors que les effets directs de la crise de 1929 semblent encore contenus en France, l'action du ministère oscille entre soutien à la modernisation industrielle, mesures d'urgence sectorielles et strict maintien de l'orthodoxie budgétaire[8].
Une politique d'équipement et d'allègement fiscal
modifierAu printemps 1930, l'action de Paul Reynaud s'aligne sur la doctrine de « l'Outillage national » et de rationalisation économique portée par le président du Conseil. Dans ce cadre, Reynaud intervient en financier orthodoxe en veillant à ce que les investissements de modernisation ne déséquilibrent pas les comptes de l'État[9].
Cette orientation se traduit principalement par l'adoption de la loi du 26 avril 1930 portant dégrèvements d'impôts, un texte clef visant à relancer l'économie par l'allègement de la pression fiscale[10] :
- Soutien à la consommation et au pouvoir d'achat : baisse des taxes frappant les produits alimentaires de base, notamment la viande, le poisson, les fruits et les légumes.
- Allègement des charges foncières et des transports : réduction de la taxe foncière (passant de 18 % à 16 %) et baisse de la taxe sur les vélos (de 18 % à 12 %).
- Dynamisation des transactions : diminution des droits de timbre et réduction des taxes de transmission.
- Encadrement des entreprises : interdiction de la création de nouvelles actions à droit de vote plural, mesure destinée à moraliser la gouvernance des sociétés anonymes en évitant qu'un propriétaire minoritaire puisse avoir la majorité des voix, ce qui favorisait la corruption et le bricolage financier
Cette loi s'accompagne de la création, le 24 avril 1930, du Comité supérieur de la normalisation, ainsi que de l'élaboration du Collectif de Juin le 29 juin 1930 [11]. Élaboré dans le sillage des projets de grands travaux de Tardieu, ce plan met en place un vaste programme d'équipement national destiné à moderniser les infrastructures (notamment le secteur aéronautique au Bourget et le réseau routier) tout en accordant des exonérations d'impôt aux immeubles communaux affectés à un service public.
Gestion de la crise agricole et encadrement du secteur financier
modifierL'été 1930 met en relief les fragilités du secteur agricole, structurellement confronté à une crise de surproduction. Si les épisodes météorologiques violents de la période détruisent ponctuellement des récoltes, réduisant temporairement certains surplus, ils accentuent la vulnérabilité des exploitants. Lors du Conseil des ministres de Rambouillet du 12 août 1930[12], Paul Reynaud fait valider des mesures financières d'urgence pour faciliter l'accès au crédit agricole, tout en ordonnant une révision rigoureuse des dépenses des différents départements ministériels pour préserver l'équilibre budgétaire.
Sur le plan réglementaire, le ministère cherche à assainir la place financière. La loi du 19 juin 1930 interdit l'exercice de la profession de banquier aux faillis non réhabilités et aux personnes frappées de condamnations pénales, fixant un cadre légal plus strict face aux risques de spéculation et de faillites frauduleuses[13].
Défense de l’orthodoxie monétaire et déni de la crise
modifierÀ cette époque, la stratégie de Paul Reynaud s'inscrit pleinement dans la défense du Franc Poincaré et des principes d'orthodoxie financière alors dominants, contrastant avec son positionnement futur à partir de 1934, lorsqu'il deviendra le principal avocat de la dévaluation. Le ministre reste alors convaincu que l'économie française conserve une relative étanchéité face aux perturbations internationales. À titre d'exemple, il affirme le 8 novembre 1930, devant la Chambre des députés, que les difficultés financières du pays restent indépendantes du krach américain. Ce discours de confiance provoque un redressement temporaire des cours à la Bourse de Paris[14].
Toutefois, la stabilité du ministère est compromise par les répercussions de l'affaire Oustric, faillite frauduleuse d'un groupe bancaire révélée au cours du mois de novembre. La mise en cause du garde des Sceaux Raoul Péret entraîne le retrait du soutien des républicains de gauche. Le cabinet Tardieu chute le 4 décembre 1930, mettant fin au mandat de Paul Reynaud aux Finances alors que les effets de la dépression mondiale commencent à frapper plus durement l'économie française[15].
Paul Reynaud ministre des Colonies (janvier 1931-février 1932)
modifierNommé ministre des Colonies le 27 janvier 1931 dans le gouvernement de Pierre Laval, Paul Reynaud se retrouve face à un empire colonial touché par la crise mondiale[16]. Pour y faire face, il déploie une politique interventionniste, mêlant urgence économique, réformes administratives et gestion ferme des tensions en outre-mer.
Une politique interventionniste
modifierCette politique interventionniste est tout d'abord marquée économiquement. Dès le mois de février 1931, il tente d'injecter des liquidités dans l'économie ultramarine en faisant voter une loi sur le crédit colonial. Celle-ci permet à l'État de garantir des prêts aux entreprises françaises dans les colonies afin d'y encourager l'investissement, quitte à aggraver le problème de spéculation en raison du manque de contrôle financier dans les colonies[17]. Pour soutenir les filières en détresse, Reynaud ne s'arrête pas là : en mars 1931, il met en place des caisses de compensation pour sauver de la faillite les producteurs de caoutchouc [18]et augmente les droits de douane dans les colonies pour les protéger de la concurrence internationale. Il débloque également de nouvelles subventions publiques pour achever le chantier très coûteux et meurtrier du chemin de fer Congo-Océan, avant de valider, en janvier 1932, la création de l'Office du Niger, chargé de mettre en valeur la vallée du fleuve.
Cet interventionnisme est également marqué structurellement. Il se prononce pour l'homogénéisation à terme de la politique française en Afrique en prônant l'unification à terme des normes des mandats africains de la SDN avec celles des colonies et en prenant des mesures en ce sens, notamment en autorisant les indigènes des mandats africains à devenir Français s'ils le demandent, sous les mêmes conditions que pour les Africains des colonies, et en faisant appliquer de nombreuses législations des colonies sur ces territoires[19].
En outre, Paul Reynaud rend l'École coloniale gratuite pour ceux qui s'engagent à servir dans les colonies pendant 5 ans, afin d'augmenter le nombre et la motivation des fonctionnaires coloniaux dans l'Empire[20], et crée des bibliothèques dans les casernes de l'armée indigène, afin d'une part, attirer des soldats de la métropole et d'autre part être un vecteur de propagande pour les soldats indigènes.

Enfin, c'est sous son ministère qu'est inaugurée en mai 1931, Porte de Vincennes, l'Exposition coloniale internationale, un événement d'envergure destiné à exalter la puissance de l'Empire et à sensibiliser le grand public français à la mise en valeur des colonies. Il y prononce un discours où il déclare que la colonisation est le plus grand fait de l'histoire et affirme que les colonies sont le rempart contre la crise économique en France en étant un lieu de débouchés garantis. Néanmoins, ce discours n'est pas accepté par toute la population française. Ainsi,pour protester contre la colonisation et le mythe civilisationnel défendu par Reynaud, le Parti communiste français et les surréalistes organisent plusieurs contre-expositions anti-colonialistes[21].
Le dossier indochinois
modifierCependant, c'est bien le dossier indochinois qui a le plus occupé le ministre durant ses fonctions. En effet, depuis la mutinerie de Yên Bai et la révolte de Nghệ-Tĩnh, la présence française en Indochine est grandement contestée. Il se montre alors partisan d'une répression ferme. Il confirme la création des bagnes annamites décidée par Auguste Brunet quelques jours avant sa nomination[22], renforce le contrôle des militaires et administrateurs français sur la Garde civile de Cochinchine, accusée d'être peu loyale[23], décrète que certaines zones sensibles ne peuvent être survolées, et décide que le port d'un appareil photographique dans un aéronef doit être soumis à autorisation[24].
En parallèle, il tente plusieurs réformes pour améliorer la situation de la colonie afin de calmer la crise. Il y autorise un grand plan de travaux publics en février[25], proroge les avantages de la banque de l'Indochine et créé une école de droit à Hanoï. Surtout, il régule le droit de concession sur l'électricité, l'eau et les mines pour stimuler le développement de la colonie via le secteur privé, tout en permettant à l'administration coloniale de garder le contrôle et d'en profiter financièrement. En effet, il est décidé que le concessionnaire aura le monopole sur la concession, mais qu'en contrepartie, la colonie peut l'imposer comme elle le souhaite, et peut en devenir actionnaire[26].
Néanmoins, ces mesures ne suffisent pas à réduire la révolte. De plus Reynaud accentue la crise en acceptant, en février, une réforme du gouverneur général Pierre Pasquier visant à libéraliser partiellement le marché du sel contre de fortes taxes sur les sauniers, augmentant grandement le prix de cette denrée pour les indigènes[27]. En Annam, une manifestation communiste du 1er mai pour la baisse des taxes et la fin du travail forcé est lourdement réprimée par les le résident-supérieur de l'Annam, faisant environ 250 morts annamites[28]. Reynaud décide alors d'y faire une tournée d'inspection du 11 septembre au 4 décembre pour mettre définitivement fin à ces révoltes. Après des escales à Djibouti, où il fustige le manque d'hygiène, et à Singapour, où il discute avec les Britanniques du « péril communiste », il arrive à Saïgon le 16 octobre[29].
Face à cette poudrière, l'attitude de Reynaud est profondément ambivalente. En public, il joue la carte de l'intransigeance. Il rappelle aux prisonniers politiques qu'« aucun soulèvement n'a réussi contre la grande France » et balaie par l'humour les revendications d'autonomie du Tonkin. Il écarte d'ailleurs nettement la proposition de Bùi Quang Chiêu d'ériger l'Indochine en dominion, jugeant la classe moyenne locale trop mince. Ainsi, en public, il préfère montrer les grandes réalisations françaises en Indochine, comme l'Institut bouddhique de Pnom-Penh, les lignes de chemins de fer ou les barrages, afin de montrer la France comme puissance civilisationnelle. En privé, pourtant, il se montre sensible à la brutalité de la répression. Bien que, le 5 novembre, les administrateurs locaux bloquent sa visite du camp d'internement de Vinh pour lui cacher la mort de plusieurs milliers de détenus par maltraitance et négligence, Reynaud ne peut ignorer le drame humanitaire et confie son profond dégoût à la journaliste Andrée Viollis qui l'accompagnait[30].
Malgré son refus de céder sur l'autonomie politique, il concède d'importantes réformes le 17 novembre 1931 : parité de représentation entre Français et indigènes dans les conseils locaux, entrée de représentants indochinois au Conseil supérieur des colonies à Paris, et prêts d'équipement à taux réduit. Il déclare enfin que les administrateurs stagiaires devront accompagner au minimum pendant un an un gouverneur indigène ou mandarin pour apprendre la langue, même si cette mesure ne sera que peu appliquée[31].

De retour à Paris en décembre 1931, Reynaud poursuit sur sa lancée en décrétant l'égalité du montant minimal des pensions entre soldats indigènes et français, et en créant une pension pour les veuves de soldats indigènes naturalisés[32], tentant ainsi de faire correspondre les intérêts des soldats indigènes avec les intérêts des colons, et ainsi s'assurer d'une plus grande loyauté dans l'Armée coloniale. Il renforce également les contrôles et les sanctions contre le trafic d'opium en Indochine. Enfin, constatant que la masse salariale des fonctionnaires grève 60 % du budget indochinois, il tente de tailler dans les dépenses de l'administration pour soulager économiquement les Indigènes qui menacent de se révolter à nouveau. S'il parvient à baisser les salaires de la majorité des fonctionnaires et trésoriers coloniaux, il augmente paradoxalement la solde des magistrats en février 1932, quelques jours à peine avant la chute du gouvernement Laval.
Il termine ses fonctions en tentant de répondre aux effets de l'ouragan du 4 février 1932 à la Réunion, qui a fait plus de 90 morts. Il devient notamment membre du comité de secours en vue de venir en aide aux victimes françaises du cyclone de la Réunion après la fin de ses fonctions[33].
Fin de la Troisième République
modifierEn , il rencontre le colonel de Gaulle qui cherche à faire valoir son point de vue sur l'utilisation des divisions blindées. Reynaud devient alors l'un des rares hommes politiques à se rallier à la stratégie de de Gaulle et propose de refondre la stratégie militaire en fonction d'une utilisation systématique des chars[6]. En politique étrangère, il fait partie avec Georges Mandel des « bellicistes » qui refusent toute concession à l'Allemagne nazie qu'il perçoit comme le retour du pangermanisme anti-français[6]. Dans l'opposition en 1936, il voyage en Europe pour mesurer la menace allemande.

En opposition avec Pierre-Étienne Flandin, qui plaide un accommodement avec l'Italie et même l'Allemagne, Reynaud refuse tout compromis affirmant : « La politique de paix à tout prix, c'est la politique de guerre »[6]. Les accords de Munich sont une défaite pour lui, même s'il vote la confiance au Parlement pour les ratifier[6]. Il est encore en rupture avec la ligne directrice de son parti et celle du parti radical-socialiste d'Édouard Daladier sur ce sujet.
Nommé ministre des Finances en [7], il applique une énergique politique rigoriste par décrets-lois : dévaluation du franc, hausse des impôts, réarmement, économies drastiques sur d'autres postes, majoration du plafond des heures supplémentaires (+15 %).
Un des points phares de sa politique est la fin de la semaine de 40 heures, qui est une provocation à l’égard des syndicats. En remontant la durée légale du travail hebdomadaire à 41,5 heures, il espérait remporter un affrontement avec la CGT, et se légitimer face au PCF qui avait voté contre les accords de Munich. La rupture au sein du Front populaire - déjà très fragilisé - est patente. La CGT n’évite pas le piège, et appelle à une grève générale pour le . Paul Reynaud gagne la bataille en licenciant les grévistes et en faisant évacuer par la force les usines occupées. Cette politique permet de financer le réarmement, grâce au retour des capitaux, et cette activité permet de relancer la croissance du PIB[34]. Il déclare alors : « Croyez-vous que la France puisse à la fois maintenir son train de vie, dépenser 25 milliards d'armement et se reposer deux jours par semaine ? ».
Seconde Guerre mondiale
modifierEn , il déclare : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Interrogé après la fin de la guerre sur cette phrase, Paul Reynaud affirma avoir toujours eu en tête qu'il s'agirait d'une guerre mondiale, continuation de la première.
Paul Reynaud rencontre en Winston Churchill à Versailles, en présence de quelques journalistes dont Lucien Romier. Ils évoquent la ligne à suivre pendant la guerre. Deux auteurs isolés prétendant qu'ils signent alors un pacte secret selon lequel si l'armée française capitule, le gouvernement français s'exilera à Londres, comme ceux de Tchécoslovaquie et de Pologne : aucune source ne confirme ces allégations[35].
Le colonel de Villelume, un conseiller écouté et très sceptique sur les capacités du général Gamelin, convainc Paul Reynaud que le plan Dyle-Breda est une erreur, les forces alliées étant inférieures aux troupes allemandes. Cependant, Reynaud change d’avis après avoir vu le colonel de Gaulle le .
Reynaud est nommé, le 22 mars 1940, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères par le président Albert Lebrun. L'expédition militaire en Norvège était dans les cartons depuis le début de la guerre russo-finlandaise. Il s'agit d'aider la Finlande agressée par l'Union soviétique. Les Franco-Britanniques décident de mouiller des mines dans les eaux territoriales norvégiennes, puis les Allemands envahissent le Danemark et la Norvège ; après la défaite de l'armée norvégienne, le roi et le gouvernement se réfugient en Grande-Bretagne pour continuer la lutte. Le but de l'opération franco-britannique de Narvik était d'interrompre l'approvisionnement de minerai de fer suédois vers l'Allemagne. Au Parlement, Reynaud proclame alors : « la route du fer est coupée ! ». Le 9 mai 1940, devant la tournure que prennent les événements, et surtout en signe de protestation contre le maintien à la tête des armées du général Gamelin, qu'il considère comme incompétent, Paul Reynaud remet sa démission mais se rétracte devant l'insistance du président Lebrun et le début de l'offensive allemande aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, le .
Le gouvernement français, présidé par Reynaud a signé le 28 mars 1940 avec la Grande-Bretagne une convention selon laquelle aucun des deux pays ne signerait de paix séparée avec l'Allemagne. Daladier s'était toujours opposé à une telle convention, or Reynaud la signe sans faire préciser quelle serait la contribution britannique à la guerre, notamment du point de vue de l'aviation. Cette convention n'est même pas discutée au sein du Conseil des ministres ou présentée au Parlement alors qu'elle engage la France sur le plan international. Elle pèsera beaucoup sur les relations franco-britanniques.

Après la percée de Sedan du , qui voit les Panzerdivisionen prendre à revers les armées franco-belgo-britanniques en Belgique, il apprend avec stupeur, de la bouche du commandant en chef français Gamelin, qu'il n'y a pas de réserve pour contre-attaquer, et cela en présence de Winston Churchill stupéfait comme lui. Il reprend alors le portefeuille de la Guerre à Édouard Daladier et, le , s'adjoint le maréchal Pétain comme vice-président, Georges Mandel, l'ancien chef de cabinet de Clemenceau, comme ministre de l'Intérieur, et le général de Gaulle, pour lequel il a une grande estime, comme sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale, le . Celui-ci, devenu président de la République, lui écrira en 1963 au bas d'une photo officielle dédicacée « Vous êtes celui qui, naguère, me donna le départ »[36].
Sur le front, les Britanniques de lord Gort reçoivent l'ordre de retraiter de Belgique vers le port de Dunkerque en vue d'un rembarquement et le Roi Léopold III signe une reddition de ses troupes. L'amiral français Abrial, commandant la place de Dunkerque, mis au courant de la décision de Londres le , reçoit à son tour l'ordre d'évacuer les Français le 28 : malgré une certaine mauvaise grâce de lord Gort et d'autres militaires britanniques[37], 340 000 soldats alliés sont transportés lors de l'évacuation de Dunkerque, dont 130 000 à 140 000 Français, selon les sources[38],[39], notamment grâce à l'engagement personnel de Churchill.
Justifiant ce repli, le , Reynaud condamne dans un discours radiophonique la reddition de l'armée belge et accuse le roi des Belges Léopold III de l'avoir signée sans prévenir les Alliés. Reynaud ignorait probablement que le roi avait envoyé des messages radios au général Blanchard[40] chef des armées françaises du nord, pour le prévenir de l'effondrement imminent de son armée : après dix-huit jours de combat, dont la bataille d'arrêt de la Lys, elle commençait à manquer de munitions et était exposée sur son flanc Sud par la retraite de l'armée britannique qui n'avait rien prévu pour l'embarquer ; lord Gort dit alors à l'attaché militaire britannique en Belgique, à savoir l'amiral Sir Roger Keyes : « J'espère que les Belges ne nous prennent pas pour des salauds »[41]. Le roi avait fait signer la reddition par le sous-chef d'état-major pour montrer qu'il ne s'agissait que d'un acte limité au théâtre des opérations et non d'un armistice à portée politique. En effet, les principaux membres du gouvernement belge réfugié à Paris voulaient poursuivre la lutte avec les soldats belges (ce qui fut le cas, jusqu'en 1945, pour les aviateurs, les marins et les troupes coloniales, non impliqués dans la reddition). Paul-Henri Spaak et Hubert Pierlot se rangent derrière la condamnation de Reynaud d'une part, par déception que le roi ne se soit pas soustrait à la captivité pour continuer la lutte avec eux (base de la question royale, qui divise l'opinion publique jusqu'à l'abdication du roi en 1950), mais aussi pour dédouaner la Belgique de l'accusation de trahison, ce qui d'après Reynaud, menaçait les centaines de milliers de Belges (on a avancé qu'ils étaient des millions) réfugiés en France d'être pris à partie et tenus comme responsables des événements. Même les jeunes recrues de l'armée belge (les CRABS), arrivées dans des conditions difficiles en train ou à vélo, furent menacées.
Après le rembarquement de Dunkerque, l'armée française se trouve dans une situation désespérée pour poursuivre la lutte en métropole. Paris doit être déclarée ville ouverte, aucune ligne de front ne peut être envisagée (échec du plan du « réduit breton »). Commence alors l'affrontement entre les partisans de la continuation des combats, comme Reynaud, Mandel et de Gaulle, et les tenants d'un armistice groupés autour de Pétain et Weygand, tandis que le , en prévision de l'entrée des Allemands à Paris, les pouvoirs publics se réfugient à Tours, puis à Bordeaux.
Conférences de Briare les 11 et 12 juin et de Tours le 13 juin 1940
modifierAprès l’évacuation de 340 000 Franco-Britanniques lors de la bataille de Dunkerque (–), la Wehrmacht lance une offensive le contre une armée française considérablement affaiblie, car un important matériel a été perdu en Belgique et dans les Flandres. Le , le gouvernement français abandonne la capitale, déclarée ville ouverte et se réfugie sur les bords de Loire.
Winston Churchill et Anthony Eden arrivent à Briare (Loiret) pour conforter Paul Reynaud, le maréchal Pétain et le général Weygand, ces deux derniers partisans d’un armistice rapide pour éviter l’anéantissement. Churchill estime immédiatement qu'un seul membre du gouvernement français n'a pas sombré dans le pessimisme total, le général de Gaulle, tout récemment nommé sous-secrétaire d’État à la Guerre. Comme Churchill, celui-ci raisonne en termes planétaires et ne limite pas ce conflit, désormais mondial, à un simple enjeu franco-allemand.
D’emblée, le général Weygand demande l’intervention massive de la RAF, seule susceptible de changer le cours de la bataille. Devant le refus de Churchill qui a un besoin absolu de ces 25 escadrilles de chasse pour la défense du Royaume-Uni, l’alliance franco-britannique se brise. En effet, au nom de la parole donnée, Churchill exigeait de Paul Reynaud le maintien de la France dans la guerre, mais au nom de l’intérêt suprême du Royaume-Uni, refusait de mettre tous ses moyens militaires dans la bataille de France, comme il les avait déjà refusés lors de la campagne des 18 jours au cours de la bataille de Belgique.
Le , le dernier conseil allié a lieu à Tours. Reynaud demande à Churchill quelle serait l'attitude de l'Angleterre si la France en venait à demander une cessation séparée des combats. Churchill conseille d'attendre la réponse à la demande d'aide adressée à Roosevelt, tandis qu'il écrit lui-même le soir au président américain : « Les Français sont à peu près fichus. Weygand a préconisé un armistice pendant qu'il a assez de troupes pour empêcher la France de sombrer dans l'anarchie. Reynaud nous a demandé si, en raison des sacrifices et des souffrances de la France, nous la délierions de son obligation de ne pas conclure une paix séparée. Je n'ai pas hésité au nom du gouvernement britannique à refuser de consentir à un armistice ou une paix séparée[42] ».
Un conseil des ministres a lieu dans la soirée, où Weygand a été invité. Les ministres reprochent à Reynaud de ne pas avoir fait venir Churchill. Weygand fait état de la situation militaire, encore aggravée. Il indique que le devoir du gouvernement est de rester en France métropolitaine et que lui-même, « dût-on lui mettre les fers aux pieds » ne quitterait pas le sol national. Pétain fait une déclaration dans laquelle il demande l'armistice le plus rapidement possible et dénie le droit au gouvernement de quitter le territoire. Reynaud rappelle les engagements de la France vis-à-vis de l'Angleterre et refuse l'idée d'armistice. Devant les pressions de Weygand, il compare Hitler à Gengis Kahn, aucune transaction digne n'étant possible avec lui. Reynaud dispose d'une majorité de ministres favorables à la poursuite des combats, mais pourtant il n'en profite pas pour mettre un terme à la campagne défaitiste de Pétain et Weygand, en les renvoyant[43]. Il avait tenté de sonder Charles Huntziger par De Gaulle pour remplacer Weygand, mais sans succès[44].
Armistice de 1940
modifierPaul Reynaud tente alors de persuader Weygand de faire capituler ce qui reste de l'armée en métropole et de transférer la Flotte et l'Aviation en Afrique du Nord pour continuer la guerre.
Weygand s'y oppose absolument au nom de « l'honneur de l'armée » et avance plusieurs arguments :
- Arguments militaires : il n'existe aucune installation industrielle quelconque en Afrique du Nord pour continuer la guerre et une capitulation entraînerait l'occupation de tout le territoire, la reddition de toutes les troupes et la saisie de toutes les armes, y compris de la flotte. De plus, les troupes françaises présentes en Afrique du Nord sont très peu nombreuses et très mal équipées (elles ne seront réarmées qu'en 1943 par les Américains).
- Arguments politiques : c'est le gouvernement qui a pris la décision de la guerre, c'est lui qui doit prendre la décision de l'arrêter. De plus, depuis le , un accord avec l’Angleterre exclut toute paix séparée ; comme argument supplémentaire, Weygand ajoute que tout le monde aura oublié Paul Reynaud dans les six mois à venir s'il quitte la France, à cause de l'instabilité ministérielle qui caractérise le régime. Bien que disposant d'une majorité de ministres contre l'armistice, Paul Reynaud ne se sent pas soutenu et n'a pas voulu trancher ce débat dans le vif en révoquant Weygand.
La démission de Paul Reynaud et son remplacement par le maréchal Pétain, pour demander un armistice au Reich, deviennent donc inévitables (–), d'autant plus que comme Reynaud, le président de la République française Albert Lebrun et le président de la Chambre des députés Édouard Herriot pensent faire un coup politique en laissant Pétain faire la démonstration de l’impossibilité de négocier avec Hitler, puis revenir au pouvoir en fin de semaine[45].
Jean Monnet, depuis Londres où le général de Gaulle est en mission, imagine et propose à Reynaud le projet d'Union franco-britannique, qui fusionnerait les nations et institutions françaises et britanniques pour continuer la guerre. Weygand, quand il apprend la nouvelle, met en œuvre une campagne d'opposition, refusant une "dominion britannique," et a 17 h le 16 juin le conseil des ministres opposent la proposition à l'unanimité à la "surprise extrême" de Reynaud qui recommandait une "acceptation avec enthousiasme")[46].
Après l'échec le 16 juin 1940 de ce projet défendu par Winston Churchill et Charles de Gaulle, mais à vrai dire quasiment impossible à mettre en place dans une telle conjoncture, et face au ralliement progressif des membres de son gouvernement au souhait du maréchal Pétain de demander les conditions d'armistice, Paul Reynaud présente sa démission au président Lebrun qui l'accepte.
Concernant la possibilité d'une poursuite des combats depuis l'Afrique du Nord, le général Noguès adresse un télégramme à Weygand avant la signature de l'armistice au sujet de l'état d'esprit qui y règne : « L'Afrique du Nord tout entière est consternée. Les troupes de terre, air, mer, demandent à continuer la lutte pour sauver l'honneur et conserver l'Afrique du Nord à la France. En admettant même qu'elle nous soit laissée, nous perdrions la confiance des indigènes à jamais si nous ne faisions pas un geste de ce genre ». Le député Pierre Dhers, au moment de la commission parlementaire sur les événements survenus entre 1933 et 1945, a résumé la position de Weygand et celle de Reynaud - à l'égard d'une poursuite des combats depuis l'Afrique du Nord : « Le tout était de le vouloir, ce qui ne fut pas le cas du général Weygand, et de le vouloir en temps utile, ce qui ne fut pas le cas de M. Paul Reynaud[47] ».
Reynaud n'est en effet pas parvenu à former un "cabinet de guerre" sur le modèle du gouvernement britannique d'alors, et n'a eu d'autres choix que de céder le pouvoir à Pétain en constatant son échec politique, malgré que la plupart de ses ministres étaient en réalité favorables à la poursuite des hostilités. Ainsi, George Mandel (Intérieur), Louis Marin (ministre d'État), de Gaulle (assumant dans les faits la charge de ministre de la Guerre), Louis Rollin, (Colonies), et César Campinchi (Marine) étaient favorables à la poursuite de la guerre.
Le , alors qu'il a quitté Bordeaux, il est à l'origine d'un accident de voiture à la Peyrade[48], entre Frontignan et Sète. Sa compagne, la comtesse Hélène de Portes (1902-1940) (qui exerçait sur lui une forte influence, y compris dans les négociations franco-anglaises avant le cessez-le-feu franco-allemand[49]) y trouve la mort. Reynaud et elle projetaient de se marier. L'enquête a démontré la non-responsabilité de Paul Reynaud[réf. nécessaire][50].
Emprisonnement pendant la guerre
modifierLe maréchal Pétain, nommé chef du gouvernement, propose à Reynaud le poste d'ambassadeur auprès des États-Unis, mais il décline l'offre. Il se retire dans sa résidence du Plan, à Barcelonnette, mais est mis, dès le , sous surveillance de la gendarmerie. Pétain craignait qu'il ne quitte la France, voire rejoigne de Gaulle à Londres. La zone étant démilitarisée, et Barcelonnette à 15 km seulement de la ligne de démarcation de la zone d'occupation italienne, la fuite aurait été aisée pour Reynaud. Le dispositif de surveillance est rapidement renforcé : renforts de la Sûreté, barrages routiers, et Reynaud est arrêté de nuit, le , pour être emprisonné au château de Chazeron (Puy-de-Dôme)[51].
Il est ensuite transféré à Vals-les-Bains en Ardèche où il retrouve Mandel puis le , au fort du Portalet dans les Basses-Pyrénées (actuelles Pyrénées-Atlantiques), accusé d'être l'un des responsables de la défaite.
Après l'occupation de la zone libre en , il est pris par les Allemands et emprisonné au camp de Sachsenhausen, à une trentaine de kilomètres de Berlin. Le , il est transféré au château d'Itter, dans le Tyrol, où il retrouve Daladier, Gamelin et Jouhaux. En juillet, Christiane Mabire, collaboratrice et future femme de Reynaud, le rejoint à Itter. Les conditions de détention sont totalement différentes ; journaux et radio sont à disposition. Selon Reynaud, « les maîtres se conduisent tout de même mieux que leurs valets de Vichy ».
Il est libéré le par les troupes américaines après la brève bataille du château d'Itter. Le , il est le premier témoin entendu au procès du Maréchal Pétain ; pendant près de trois heures, il cherche à justifier ses décisions de jusqu'à sa démission[52].
Après-guerre
modifier
Au sortir des années Vichy, Paul Reynaud doit, en dépit de sa déportation, faire face à l'hostilité que lui manifeste la droite[53].
Par la suite, il siège de à 1962 à l'Assemblée nationale en tant que député du Nord. Il devient ministre de l'Économie nationale et des Finances durant le bref gouvernement Marie de l'été . Au cours de la IVe République, il se joint au Centre national des indépendants et paysans puis le quitte au cours de la guerre d'Algérie à cause de la veine nationaliste qui domine les débats au sein du parti à l'époque[54]. Il siège dès 1952 à l'Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Avec Albert Denvers, il obtient en 1956 la localisation définitive à Dunkerque du complexe Usinor de sidérurgie sur l'eau, de préférence au Havre[55].
Il appuie la formation de Fraternité mondiale (World brotherhood), un mouvement civique transnational initié par des Américains et fondé par des chrétiens et des juifs luttant notamment contre l'antisémitisme, dès sa formation à Paris en 1950 ; il est le président d'honneur de sa section parisienne et a participé à ses congrès et à ses rencontres, y tenant des discours[56]. Il donne des conférences aux États-Unis en 1951, à l'invitation des dirigeants américains de World brotherhood[57]. Il préside le Comité français pour l'Europe libre (CFEL), fondé en 1952 et qui fédère des anticommunistes (hommes et femmes politiques, journalistes, entrepreneurs, intellectuels). Henri Frenay est son délégué général. Reynaud quitte sa présidence lorsqu'il est nommé à la vice-présidence du Conseil des ministres en [58],[59].
Rallié aux conceptions institutionnelles de Charles de Gaulle en , il préside le Comité consultatif constitutionnel. Cette même année, intéressé par la présidence de l'Assemblée nationale et soutenu officieusement par le Général, il est cependant battu par le gaulliste Jacques Chaban-Delmas.
Il rompt avec le général de Gaulle en et s'oppose à l'élection du président de la République au suffrage universel direct proposée par de Gaulle, en étant le premier signataire de la motion de censure[60] du (référendum du 28 octobre 1962). Ainsi, jouant un rôle essentiel dans cette motion de censure qui renverse le gouvernement Pompidou, il préside ensuite le « cartel des non », lors du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République, ce qui lui vaut sa défaite électorale : il est battu par Jules Houcke (UNR) lors des législatives de . Il soutient ensuite Jean Lecanuet au premier tour puis François Mitterrand au second lors de l'élection présidentielle de 1965.

Il meurt le à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine des suites d'une opération de l'appendicite[61], à près de 88 ans. Les obsèques nationales ne lui sont pas accordées. Il est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse (chapelle de la famille Alexandre Reynaud, 22e section)[62].
Descendance
modifierPaul Reynaud a eu quatre enfants :
- Colette [Paul-Reynaud] (1914–2010), issue de son premier mariage avec Jeanne Henri-Robert (1893–1983)
Et de son second mariage, célébré en à Versailles, avec Christiane Mabire (1913–2002)[63], sa plus proche collaboratrice, rescapée du camp de Ravensbrück[64] :
- Serge [Paul-Reynaud] (né le ), vice-président de la Citicorp-Citibank à Paris, marié en premières noces en 1970 avec Helen Currie Stetson, de nationalité américaine[65], et en secondes noces le avec Marie-France Champagne, avec laquelle il a trois enfants : Charlotte (de Sambucy de Sorgue), François et Camille[66].
- Evelyne [Paul-Reynaud] (née en 1949), épouse de Dominique Demey, dont postérité.
- Alexandre [Paul-Reynaud] (né en 1954), dont alliance et postérité.
Ses quatre enfants prennent ensuite le patronyme « Paul-Reynaud »[67].
Depuis 1930 et jusqu'à la mort accidentelle de cette dernière en 1940, il avait pour compagne Hélène de Portes, divorcée du marquis Henri de Portes.
Détail des mandats et fonctions
modifierAu gouvernement
modifier| Fonction | Gouvernement | Période |
|---|---|---|
| Ministre des Finances | Tardieu II | du au |
| Ministre des Colonies | Laval I, II et III | du au |
| Vice-président du Conseil, ministre de la Justice et du Contrôle des administrations publiques | Tardieu III | du au |
| Ministre de la Justice | Daladier III | du au |
| Ministre des Finances | Daladier III, IV et V | du au |
| Président du Conseil | Reynaud | du au |
| Ministre des Affaires étrangères | Paul Reynaud | du au |
| Ministre de la Défense nationale et de la Guerre | Paul Reynaud | du au |
| Ministre de la Défense nationale et de la Guerre, et des Affaires étrangères | Paul Reynaud | du au |
| Ministre des Finances et des affaires économiques | Marie | du au |
| Ministre d'État, chargé des relations avec les États associés et des affaires d'Extrême-Orient | Queuille II | du 3 au |
| Vice-président du Conseil, chargé des relations avec les États associés | Laniel I et II | du au |
Au Parlement
modifierÉcrits
modifierPaul Reynaud est l'auteur de différents essais, dont :
- Waldeck-Rousseau (préf. A. Millerand), Paris, Grasset, , 231 p. (OCLC 461792330).
- L'Angleterre avant et pendant la guerre. Librairie Bernard Grasset, 1919, 146 p.[68]
- Les trois glorieuses : 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, Hachette, coll. « Récits d'autrefois », , 126 p. (OCLC 420060092).
- Jeunesse, quelle France veux-tu ?, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Récits d'autrefois », , 96 p. (OCLC 716638320, BNF 33153532).
- Le problème militaire français, Paris, Flammarion, (OCLC 922200321, BNF 31205268).
- Courage de la France, Paris, Flammarion, , 210 p. (OCLC 906436834).
- Finances de guerre, Paris, Flammarion, , 225 p. (OCLC 44120751).
- Le destin hésite, Paris, Flammarion, , 114 p. (OCLC 489574635, BNF 32567603).
- La France a sauvé l'Europe, t. I et II, Paris, Flammarion, , 626 et 622 p. (OCLC 1906394, BNF 32567610). Édition entièrement revue : Au cœur de la mêlée (1930-1945), Paris, Flammarion, (OCLC 876528198).
- S'unir ou périr, Paris, Flammarion, , 300 p. (OCLC 603737531).
- Mémoires, vol. I : Venu de ma montagne, Paris, Flammarion, , 509 p. (OCLC 80228283, BNF 33153537).
- Mémoires, vol. II : Envers et contre tous ; 7 mars 1936 - 16 juin 1940, Paris, Flammarion, , 538 p. (OCLC 81812445, BNF 33153535).
- Carnets de captivité. 1941-1945. Fayard, 1997, (ISBN 978-2213597980).
Distinctions et hommage
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Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire (décret du )[69]
Croix de guerre -, étoile de bronze (1 citation à l'ordre du régiment en 1919)[69]
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (1 citation à l'ordre de la Mission française en Sibérie en 1919)[69]
Chevalier grand-croix de l'ordre royal de Victoria (1931)[70],[71]
À Paris, la place Paul-Reynaud lui rend hommage.
Héritage
modifierSelon Raymond Aron, Paul Reynaud fut « le plus intelligent de nos hommes politiques de l'entre-deux-guerres » au vu de ses différentes prises de position parfois novatrices et à contre-courant sur la crise des années 1930 en France et les conceptions du général de Gaulle dans le domaine de la stratégie. Homme de convictions, il n'hésita pas à se marginaliser, voire à mettre sa carrière en péril, notamment lors du référendum du 28 octobre 1962.
Les papiers personnels de Paul Reynaud et d’Yves Bouthillier, son secrétaire général au ministère des Finances, puis son ministre des Finances et du Commerce dans son cabinet[72], sont conservés aux Archives nationales sous la cote 74AP[73].
Notes et références
modifier- ↑ « Acte de naissance n°51 avec mentions de mariages et décès », Archives départementales des Alpes de Haute Provence (consulté le ), p. 93/171
- ↑ cf - supra réf. 5.
- ↑ « Paul Reynaud »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur dossier-pedagogique.le64.fr (consulté le ).
- ↑ « À la salle Wagram : la Ligue républicaine nationale a fait hier sa rentrée », La Liberté, no 25826, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Nouvelles politiques », Journal des débats, no 64 (147e année), , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Pascal Cauchy, « Paul Reynaud et la fin de la IIIe République », La Nouvelle Revue d'histoire, no 86 de septembre-octobre 2016, p. 26-29.
- 1 2 « Les Ministres des Finances de 1870 à nos jours, Paul Reynaud », Site du ministère des Finances.
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- ↑ Thibault Tellier 2005, p. 620.
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- ↑ Eric Roussel, 16 juin 1940 : Le naufrage, Gallimard, , 249 p. (ISBN 978-2-07-073494-8).
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- ↑ William Shirer, La Chute de la Troisième République
- ↑ La Renault Juvaquatre que conduisait Paul Reynaud aurait obliqué à droite pour éviter une camionnette arrivant en face, percuté un platane et fini renversée contre un mur. Paul Reynaud est blessé à la tête et hospitalisé à Montpellier, sa maîtresse est tuée sur le coup.
- ↑ « L'arrestation de Paul Reynaud », Conseil général, Alpes-de-Haute-Provence, octobre 2013, p. 18.
- ↑ Julian Jackson (trad. de l'anglais par Marie-Anne de Béru), Le procès Pétain : Vichy face à ses juges [« France on trial : the case of Marshal Pétain »], Paris, Éditions du Seuil, , 464 p. (ISBN 978-2-021-46265-4, OCLC 1420462490), p. 162-164
- ↑ René. Rémond, Les droites en France, Paris, Aubier Montaigne, coll. « Collection historique », , 544 p. (ISBN 978-2-700-70260-6, OCLC 19059130), p. 239.
- ↑ René Rémond 1987, p. 254.
- ↑ Olivier Ratouis, « "L’autonomisation de l’expertise dans l’urbanisme français d’après-guerre. Dunkerque et la Flandre maritime à l’épreuve du fordisme ?" », Histoires urbaines.
- ↑ En 1951, il préside une rencontre de dirigeants français de l'association avec l'Italien Ivan Matteo Lombardo (it), ancien ministre, chef de la délégation italienne à la conférence pour l'organisation de l'armée européenne et membre « promoteur » de la section italienne de Fraternité mondiale (« L'Information financière, économique et politique », ). En 1952, il tient un discours évoquant notamment le rapprochement franco-allemand lors de rencontres de l'association au Cercle interallié, en présence des Américains Everett Clinchy et Thomas Braniff, de Monick, Bloch-Lainé, Albert-Buisson, René Cassin (« L'Information financière, économique et politique », ).
- ↑ Paul Reynaud, « 17 500 kilomètres à travers les USA », L'Information financière, économique et politique, (lire en ligne),
« discours à Washington évoquant l'Indochine française et la guerre d'Indochine devant les dirigeants de World brotherhood », Ibid., (lire en ligne),
« Paris-presse, L’Intransigeant », . - ↑ Veronika Durin-Hornyik, « Free Europe dans la France de la IVe République », dans Collectif, L'anticommunisme en France et en Europe, 1917-1991, Presses universitaires de Rennes, .
- ↑ « M. Paul Reynaud présente le Comité français pour l'Europe libre », L'Information financière, économique et politique, , p. 8 (lire en ligne)
- ↑ « Paul Reynaud et Georges Pompidou (4 octobre 1962) », Assemblée nationale.
- ↑ L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 22 septembre 1966 : "Des complications pulmonaires et une défaillance cardiaque consécutives à l'opération (de l'appendicite) devaient ce matin, vers 7 h, entraîner la mort du malade."
- ↑ « "310 célébrités du cimetière Montparnasse" », sur le site de Bertrand Beyern.
- ↑ Raymond Krakovitch, Paul Reynaud dans la tragédie de l'histoire, Paris, Tallandier, coll. « Figures de proue », , 502 p. (ISBN 978-2-235-02201-9, OCLC 468157211)
- ↑ Paris Match no 912, , p. 56.
- ↑ L'Écho républicain de la Beauce et du Perche du 23 novembre 1970 : "Mariage œcuménique à Cherisy où le fils du président Paul Reynaud a épousé une jeune américaine"
- ↑ Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992
- ↑ Décret du 9 juin 1967
- ↑ « en ligne », sur Archive.org.
- 1 2 3 « Cote 19800035/706/80585 », base Léonore, ministère français de la Culture
- ↑ Assemblée Nationale, « Biographie de Paul Reynaud », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
- ↑ Thibault Tellier, Paul Reynaud. Un indépendant en politique, Fayard, , 888 p. (ISBN 978-2213623146), p. 155
- ↑ Secrétaire général du ministère des Finances sous l'autorité de Paul Reynaud, puis ministre des Finances et du Commerce dans le cabinet Paul Reynaud.
- ↑ « Archives nationales ».
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Félix de Bujadoux, « Tardieu, Flandin, Reynaud, Mandel : un quadrille modéré dans les années 1930 », Parlement(s) : revue d'histoire politique, no 15, , p. 144-161 (lire en ligne).
- Évelyne Demey Paul-Reynaud, Paul Reynaud, mon père, Paris, Plon, , 331 p. (ISBN 2-259-00577-2).
- Jean-Pierre Guichard, Paul Reynaud : un homme d'État dans la tourmente, septembre 1939-juin 1940, Paris, Éditions L'Harmattan, , 463 p. (ISBN 978-2-296-05838-5, présentation en ligne).
- (en) Talbot C. Imlay, « Paul Reynaud and France's Response to Nazi Germany, 1938-1940 », French Historical Studies, vol. 26, no 3, , p. 497-538 (DOI 10.1215/00161071-26-3-497).
- Raymond Krakovitch, Paul Reynaud : dans la tragédie de l'histoire, Paris, Tallandier, , 502 p. (ISBN 978-2-235-02201-9).
- Barbara Lambauer-Trimbur, « Trois personnalités de l'entre-deux-guerres vues par des historiens allemands : Paul Reynaud, Fernand de Brinon et Otto Abetz », Francia, Munich, Artemis-Verlag, nos 29/3, , p. 143-149 (lire en ligne).
- Thibault Tellier, Paul Reynaud : un indépendant en politique (1878-1966), Paris, Fayard, coll. « Pour une histoire du XXe siècle », , 887 p. (ISBN 2-213-62314-7, présentation en ligne), [présentation en ligne].
- Thibault Tellier, « La contribution politique de Paul Reynaud aux grands débats nationaux de 1945 à 1966 », Francia, Munich, Artemis-Verlag, nos 23/3, , p. 93-111 (lire en ligne).
- Thibault Tellier, « Paul Reynaud et la réforme de l'État en 1933-1934 », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po (PFNSP), no 78, , p. 59-73 (lire en ligne).
- Thibault Tellier, « Dire la guerre, faire la guerre, Paul Reynaud face au drame de 1940 », dans Jean-Claude Caron et Nathalie Ponsard (dir.), La France en guerre : cinq « années terribles », Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 415 p. (ISBN 978-2-7535-7555-4, lire en ligne), p. 125-138.
- Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
Filmographie
modifier- Olivier Broche, Paul Reynaud, un indépendant politique, 1 h 00, France, 2003.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Archives nationales (74AP, p-3ket86ccs-38d99g4dw5is)
- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- « Dernier discours de Paul Reynaud en tant que président du Conseil, radiodiffusé le jeudi 13 juin 1940 ».