Élections législatives françaises de 1932

élections des députés de la République française

Les élections législatives françaises de 1932 ont lieu les et afin d'élire les députés de la XVe législature de la Troisième République. Elles se déroulent au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements, selon la loi de juillet 1927.

Élections législatives françaises de 1932
607 députés à la Chambre des députés
et
Type d’élection Élections législatives
Corps électoral et résultats
Inscrits 11 561 751
Votants 9 652 194
 
83,48 % en augmentation 1,5
Votes exprimés 9 576 422
Blancs et nuls 75 772
Alliance démocratique – André Tardieu
Voix 2 255 926
23,55 %
 
en stagnation
Députés élus 121 en diminution 25
SFIO – Léon Blum
Voix 1 964 384
20,51 %
 
en augmentation 2,5
Députés élus 132 en augmentation 32
Parti républicain radical – Édouard Herriot
Voix 1 065 000
11,12 %
 
en diminution 6,7
Députés élus 113 en diminution 12
Fédération républicaine – Louis Marin
Voix 1 024 900
10,70 %
 
en diminution 11,3
Députés élus 41 en diminution 61
Parti républicain-socialiste – Fernand Bouisson
Voix 905 000
9,45 %
 
en augmentation 4,3
Députés élus 96 en augmentation 66
Union communiste – Maurice Thorez
Voix 875 042
9,14 %
 
en diminution 2,1
Députés élus 19 en diminution 27
Conservateurs[réf. nécessaire] – Jean d'Orléans[réf. nécessaire]
Voix 575 000
6,00 %
 
en augmentation 5,2
Députés élus 23 en augmentation 5
Parti démocrate populaire – Emmanuel Desgrées du Loû
Voix 524 900
5,48 %
 
en augmentation 4
Députés élus 21 en augmentation 2
Radicaux indépendants – Henri Guernut
Voix 386 300
4,03 %
 
en augmentation 3,7
Députés élus 41 en augmentation 23
Composition de la Chambre des députés
Diagramme
  • Communistes : 19 sièges
  • SFIO : 132 sièges
  • Parti républicain-socialiste : 96 sièges
  • Parti républicain radical : 113 sièges
  • Radicaux indépendants : 41 sièges
  • Alliance démocratique : 121 sièges
  • Parti démocrate populaire : 21 sièges
  • Fédération républicaine : 41 sièges
  • Conservateurs : 23 sièges
Gouvernement
Sortant Élu
André Tardieu
Alliance démocratique
Édouard Herriot
Parti radical
Législature élue
Quinzième de la IIIe République

Durant l'entre-deux-tours, le , soit deux jours avant le second tour, le président de la République Paul Doumer, est assassiné à l'hôtel Salomon de Rothschild, à Paris. Le chef de l’État meurt le lendemain matin des suites de ses blessures. Son assassin, Paul Gorgulov, un immigré russe, est ensuite condamné à mort et exécuté.

Le deuxième cartel des gauches remporte les élections, qui aboutissent à la formation du troisième gouvernement d'Édouard Herriot, mais la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) refuse de participer. La majorité parlementaire, constituée par les radicaux, alliés à des « modérés » de centre droit, s'avère instable. La crise du 6 février 1934 a lieu durant la législature élue et provoque la chute de ce deuxième cartel représenté par le second gouvernement d'Édouard Daladier.

Résultats électoraux

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Résultats des législatives françaises de 1932
Parti politique Voix[1] % Sièges[2]
Alliance démocratique (AD) 2 255 926 23,56 121
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) 1 964 384 20,51 132
Parti républicain radical (PRR) 1 065 000 11,12 113
Fédération républicaine (FR) 1 024 900 10,70 41
Parti républicain-socialiste (PRS) 905 000 9,45 96
Union communiste (PCF et PUP) 875 042 9,14 19
Conservateurs 575 000 6,00 23
Parti démocrate populaire (PDP) 524 900 5,48 21
Radicaux indépendants (RI) 386 300 4,03 41
Total 9 576 422 100 607
Votes valides 9 576 422 99,21
Votes invalides/votes blancs 75 772 0,79
Total des votes 9 652 194 100
Inscrits / participation 11 561 751 83,48

Nombre de députés par circonscription

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Analyse des résultats

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Le retour en force de la gauche, non par les voix communistes, pour un parti plus isolationniste que jamais, mais bien plus par celles des candidats socialistes SFIO et dans une moindre mesure par celles des radicaux du grand Parti de 1901, est spectaculaire sur la carte électorale de la France. Si les socialistes ne regagnent que peu de circonscriptions en Région parisienne, ils gagnent de nombreuses circonscriptions radicales de province, tandis que les radicaux évincés gagnent de nombreuses anciennes circonscriptions de gauche très modérées, comme en Champagne. L'ensemble socialiste et radical redevient ainsi presque homogène géographiquement parlant, alliant le Bassin parisien au Centre, au Sud-Est et au Sud-Ouest. La gauche élargit mêmes ses terres d'élections en Bretagne, apparues en 1876 puis disparues, réapparues en 1906, dans le Trégorrois et la Cornouaille. S'insèrent dans ce vaste ensemble 29 élus républicains-socialistes, qui ont surmonté leur division entre pro-Poincaré et anti-Union nationale et vont se regrouper dans un groupe parlementaire unique, contrairement à 1928.

La Chambre élue est très divisée avec, en juillet 1932, seize groupes parlementaires, dont huit ont moins de vingt membres et trois moins de dix. Ces derniers sont le groupe d'unité ouvrière (neuf députés), le groupe des indépendants d'action économique, sociale et paysanne (sept députés) et le groupe des républicains du centre (six membres)[5].

XVe législature

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Durée de la législature : - .

Président de la République : Albert Lebrun

Président de la Chambre des députés : Fernand Bouisson

Liste des gouvernements successifs
Gouvernement Dates (Durée) Coalition Président du Conseil Composition initiale
1  Édouard Herriot Gouvernement Herriot III du au (6 mois et 11 jours) Cartel des gauches Édouard Herriot

(Parti radical)

18 ministres

11 sous-secrétaires d'État

2  Joseph Paul-Boncour Gouvernement Paul-Boncour du au (1 mois et 10 jours) Joseph Paul-Boncour

(Républicain-socialiste)

17 ministres

12 sous-secrétaires d'État

3  Édouard Daladier Gouvernement Daladier I du au (8 mois et 23 jours) Édouard Daladier

(Parti radical)

18 ministres

5 sous-secrétaires d'État

4  Albert Sarraut Gouvernement Sarraut I du au (29 jours) Albert Sarraut

(Parti radical)

18 ministres

8 sous-secrétaires d'État

5  Camille Chautemps Gouvernement Chautemps II du au (2 mois et 1 jour) Camille Chautemps

(Parti radical)

18 ministres

8 sous-secrétaires d'État

6  Édouard Daladier Gouvernement Daladier II du au (8 jours) Édouard Daladier

(Parti radical)

17 ministres

9 sous-secrétaires d'État

7  Gaston Doumergue Gouvernement Doumergue II du au (8 mois et 30 jours) Gaston Doumergue

(Parti radical)

2 ministres d’État

17 ministres

8  Pierre-Étienne Flandin Gouvernement Flandin I du au (6 mois et 23 jours) Pierre-Étienne Flandin

(Alliance démocratique)

2 ministres d’État

17 ministres
1 sous-secrétaire d’État

9  Fernand Bouisson Gouvernement Bouisson du au (6 jours) Fernand Bouisson

(Républicain-socialiste)

3 ministres d’État

17 ministres
1 sous-secrétaire d’État

10  Pierre Laval Gouvernement Laval IV du au (7 mois et 15 jours) Pierre Laval

(Divers)

3 ministres d’État

17 ministres
1 sous-secrétaire d’État

11  Albert Sarraut Gouvernement Sarraut II du au (4 mois et 11 jours) Albert Sarraut

(Parti radical)

1 ministre d’État

17 ministres
5 sous-secrétaire d’État

Références

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  1. ↑ Serge Berstein, La France des années 30, Paris, A. Colin, impr. 2010, cop. 1988, 1995, 2001, 2002, 217 p. (ISBN 978-2-200-24889-5 et 2-200-24889-X, OCLC 758363055, lire en ligne), p. 67
  2. ↑ Vincent Adoumié, De la République à l'État français 1918-1944, Paris, Hachette supérieur, dl 2013, ©2013, 255 p. (ISBN 978-2-01-140014-7 et 2-01-140014-7, OCLC 862743948, lire en ligne), p. 55, sauf pour la droite.
  3. ↑ Assemblée nationale, Connaissance de l'Assemblée no 8 : L'Élection des députés, octobre 1997.
  4. ↑ Chambre des députés, Tables analytiques des Annales de la Chambre des députés. Quinzième Législature (1932-1936), p. 618-664.
  5. ↑ Vincent Adoumié, De la République à l'État français 1918-1944, Paris, Hachette supérieur, dl 2013, ©2013, 255 p. (ISBN 978-2-01-140014-7 et 2-01-140014-7, OCLC 862743948, lire en ligne), p. 55

Articles connexes

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