Élections législatives françaises de 1936
Les élections législatives françaises de 1936 ont lieu les et . Elles élisent la XVIe législature, qui sera la dernière de la Troisième République.
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| Élections législatives françaises de 1936 | ||||||||||||||
| 612 députés à la Chambre des députés | ||||||||||||||
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| et | ||||||||||||||
| Type d’élection | Élections législatives | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 11 768 491 | |||||||||||||
| Votants | 9 937 958 | |||||||||||||
| 84,45 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 9 847 266 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 90 692 | |||||||||||||
| Front populaire – Léon Blum | ||||||||||||||
| Voix | 5 628 921 | |||||||||||||
| 57,16 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 388 | |||||||||||||
| Fédération républicaine – Joseph Denais | ||||||||||||||
| Voix | 1 695 000 | |||||||||||||
| 17,21 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 90 | |||||||||||||
| Alliance démocratique – Pierre-Étienne Flandin | ||||||||||||||
| Voix | 1 554 000 | |||||||||||||
| 15,67 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 82 | |||||||||||||
| Parti démocrate populaire – Auguste Champetier de Ribes | ||||||||||||||
| Voix | 546 200 | |||||||||||||
| 5,54 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 29 | |||||||||||||
| Conservateurs – Jean d'Orléans | ||||||||||||||
| Voix | 433 100 | |||||||||||||
| 4,39 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 23 | |||||||||||||
| Composition de la Chambre des députés | ||||||||||||||
| Gouvernement | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Albert Sarraut Majorité parlementaire (Radical, AD, USR, FR, RI) |
Léon Blum Front populaire (SFIO, PC, PRRRS, USR) | |||||||||||||
| Législature élue | ||||||||||||||
| Seizième de la IIIe République | ||||||||||||||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | ||||||||||||||
Le Front populaire, coalition politique qui regroupe l'ensemble des formations de gauche, remporte largement, ce qui conduit au premier gouvernement dirigé par un socialiste, celui de Léon Blum, chef de file du Front populaire. De même, le Parti communiste (PC-SFIC), intégré au front, gagne en poids politique et en influence. Cependant, du fait des divisions internes et à la désapprobation de Moscou, les communistes décident de soutenir sans participer au gouvernement socialiste. De leur côté, les radicaux perdent en influence au profit des deux autres grands partis du Front populaire.
Elles se déroulent au scrutin uninominal masculin à deux tours par arrondissements, selon la loi de juillet 1927. Le , la volonté belliciste de l'Allemagne pousse le gouvernement à augmenter la durée de la législature de deux ans. Ce sont les dernières élections législatives de la Troisième République.
Contexte
modifierLe paysage des années 1930 est marqué par la montée du fascisme. Des intellectuels de gauche se réunissent en comités pour combattre le fascisme, comme le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou le Mouvement Amsterdam-Pleyel dans lequel on retrouve les écrivains Romain Rolland et Henri Barbusse qui sont proches des communistes. Ce qui précipite le déclenchement en France d’une lutte intense contre le fascisme, c'est l'évènement du 6 février 1934 où plusieurs ligues d’extrême-droite essaient de rentrer dans le palais Bourbon. La gauche voit en cette journée une tentative de renversement de la république. C’est pour cela que dans un premier temps, la gauche organise une contre-manifestation le . C’est à partir de ce moment-là que les divers courants de gauche vont s’unir.
Après le rapprochement dans la rue, il y a une alliance entre les partis : dès juillet 1934, la SFIO et le parti communiste mettent de côté leurs querelles pour gagner les élections de 1936. Le , les socialistes et les communistes font un pacte d’unité et d’action. Cependant, les radicaux n’acceptent de s’allier avec les communistes qu’en mai 1935, la France signant un accord avec l’URSS. Le , les radicaux signent le « ralliement populaire », celui-ci est célébré comme un événement national.
En 1935 également, la CGTU, qui avait fait scission avec la CGT peu après le congrès de Tours, est réintégrée à la CGT. En 1935 s’effacent alors quelques-uns des dommages créés par la scission de . On assiste donc à un rapprochement des socialistes et des communistes, mais qui ne se justifie pas seulement, pour les communistes en tous cas, par la menace de l’extrême droite. En effet, il y a à partir de 1933 et 1934, un changement de la ligne politique de la IIIe Internationale, face à l’arrivée de Hitler au pouvoir, mais aussi face à Mussolini. Le parti communiste doit alors sortir de son isolement et de la logique de révolution, afin de rallier à lui le plus de sympathisants possible, et barrer la route aux mouvements d’extrême droite. Servi par la crise de 1929, qui touche la France à partir de 1931 et 1932, le PCF se fait le défenseur des « petites gens », victimes de la crise et de la paupérisation ambiante. De plus, Thorez, premier secrétaire du PCF, opère un tournant nationaliste, et exalte désormais la Marseillaise.
Désormais, socialistes et communistes marchent ensemble. Mais ce rapprochement se vit essentiellement au niveau des dirigeants de la gauche. Les militants, eux, se trouvent solidaires, socialistes, communistes, trotskistes ou anarchistes, face à la matérialisation de la lutte contre le fascisme, la guerre d'Espagne. Des sympathisants de toutes les mouvances de gauche, des sociaux-démocrates aux anarchistes, rejoignent les rangs des milices du POUM, de la CNT ou plus tard des Brigades internationales. La guerre civile espagnole a de lourdes conséquences psychologiques sur les militants, qui prennent alors conscience des dangers réels du fascisme, mais aussi de l’espoir que suscite une possible victoire.
En janvier 1936, les différents partis se mettent d’accord sur le fameux programme « pain, paix, liberté », autour de Léon Blum, chef de la SFIO, constituant ainsi le Front populaire. Ce dernier regroupe principalement la SFIO, les différentes forces communistes (PCF et PUP), le Parti républicain radical, l'Union socialiste-républicaine ainsi que plusieurs formations divers gauche.
Résultats
modifierLe nombre d'électeurs inscrits, 11 971 923, est supérieur de 231 030 à celui des inscrits des précédentes élections législatives de 1932[1]. Le nombre de suffrages exprimés, 9 847 266, a lui progressé de 267 784. Le taux d'abstention est passé de 16,62 % en 1932 à 15,63 % en 1936, grâce à la mobilisation et la crainte de la « montée des périls »[2]. Le nombre de candidats au premier tour est de 4815. 185 députés ont été élus au premier tour.
Les élections envoient 110 avocats et huit professeurs de droit à la Chambre des députés (ils étaient 140 avocats et neuf professeurs de droit en 1924, lors du Cartel des gauches)[3].
| Parti ou groupe politique[4] | Voix | % | Sièges | |
|---|---|---|---|---|
| Front populaire (FP) | 5 628 921 | 57,16 | 388 | |
| Fédération républicaine (FR) | 1 695 000 | 17,21 | 90 | |
| Alliance démocratique (AD) | 1 544 000 | 15,67 | 82 | |
| Parti démocrate populaire (PDP) | 546 200 | 5,54 | 29 | |
| Conservateurs | 433 100 | 4,39 | 23 | |
| Total | 9 847 266 | 100 | 612 | |
| Votes valides | 9 847 266 | 99,09 | ||
| Votes invalides | 90 692 | 0,91 | ||
| Total des votes | 9 937 958 | 100 | ||
| Électeurs inscrits / participation | 11 768 491 | 84,45 | ||
XVIe législature
modifierPrésident de la République : Albert Lebrun
Président de la Chambre des députés : Édouard Herriot
| Président du Conseil | Parti ou coalition | Dates (Durée) | Gouvernement | Composition initiale | Sièges | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Léon Blum | Front populaire (SFIO-PRR-PC-SFIC-USR) |
- (1 an et 17 jours) |
Blum I | 3 ministres d'État 17 ministres 13 sous-secrétaires d'État |
||
| 2 | Camille Chautemps | Front populaire (SFIO-PRR-PC-SFIC-USR-JR) |
- (6 mois et 16 jours) |
Chautemps III | 3 ministres d'État 16 ministres 14 sous-secrétaires d'État | ||
| - (1 mois et 20 jours) |
Chautemps IV | 2 ministres d'État 17 ministres 13 sous-secrétaires d'État | |||||
| 3 | Léon Blum | Front populaire (SFIO-PRR-PC-SFIC-USR-JR) |
- (26 jours) |
Blum II | 4 ministres d'État 18 ministres 12 sous-secrétaires d'État | ||
| 4 | Édouard Daladier | Concentration républicaine (PRR-USR-RI-DVG) |
- (1 an et 29 jours) |
Daladier III | 18 ministres 1 sous-secrétaire d'État |
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| - (4 mois et 2 jours) |
Daladier IV | 18 ministres 1 sous-secrétaire d'État | |||||
| - (6 mois et 7 jours) |
Daladier V | 20 ministres 2 sous-secrétaires d'État | |||||
| 5 | Paul Reynaud | DVD | - (2 mois et 25 jours) |
Reynaud (Union nationale) | 2 ministres d'État 18 ministres 1 sous-secrétaire d'État |
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| 6 | Philippe Pétain | Indépendant | - (24 jours) |
Pétain | 1 ministre d'État 16 ministres 2 sous-secrétaire d'État |
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Notes et références
modifier- ↑ Georges Lachapelle,, Élections législatives, 26 avril et 3 mai 1936. Résultats officiels, Le Temps, , 342 p., p. IX
- ↑ René Rémond, La République souveraine (1878-1939), Fayard, , p. 53
- ↑ Jean-Michel Guieu, Les juristes au regard de l’historien. Le cas de l’engagement des professeurs de droit pour l’Union de l’Europe dans l’entre-deux-guerres, Institut Pierre Renouvin, 7 avril 2001.
- ↑ Georges Lachapelle, « Élections législatives, 26 avril et 3 mai 1936. Résultats officiels / Georges Lachapelle »
, sur Gallica, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- F. Salmon, Atlas Electoral de la France : 1848-2001, Seuil,
- Carte contemporaine : Léon Bobovnikoff, La France électorale. Élections législatives, 1936 (Gallica, BnF)