Georges Dekanos
Georges Dékanos (en grec : Γεώργιος Δεκανός) est un aristocrate et officier militaire byzantin actif à la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle, principalement sous le règne de l'empereur Alexis Ier Comnène. D'abord disgracié pour son implication dans une tentative de fuite de Grégoire Gabras, il retrouve par la suite la faveur impériale et participe à la répression de la révolte de Michel d'Amastris. Plusieurs sceaux permettent de compléter les informations fournies par les sources narratives et attestent qu'il atteint les dignités de curopalate puis de protonobélissime.
| Georges Dekanos | |
| Nom de naissance | Γεώργιος Δεκανός |
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| Allégeance | |
| Grade | Curopalate Protonobelissimos |
| Autres fonctions | Aristocrate |
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Biographie
modifierDisgrâce et séjour dans le Paristrion
modifierGeorges appartient à la famille des Dékanos, dont plusieurs membres occupent des fonctions militaires et administratives à la fin du XIe siècle. Anne Comnène le désigne dans l’Alexiade comme Georges, « fils de Dékanos » (Γεώργιος ὁ τοῦ Δεκανοῦ). Un autre membre de la famille, Nicéphore Dékanos, est attesté à la même époque comme curopalate, doux et anagrapheus de Nisos[1].
Georges apparaît dans les sources à l'occasion de la tentative de fuite de Grégoire Gabras, fils du gouverneur de Trébizonde Théodore Gabras. Retenu auprès de la cour impériale, Grégoire souhaite rejoindre son père et associe à son projet plusieurs proches de l'empereur, dont Georges Dékanos, Eustathe Kamytzès et l'échanson Michel. Le complot est cependant révélé à Alexis Ier. Grégoire est emprisonné tandis que les personnes qui l'ont aidé sont dispersées et placées sous surveillance[2].
Alexis envoie alors Georges auprès de Léon Nikéritès, qui exerce le gouvernement du Paristrion, sur le bas Danube. Officiellement, Dékanos doit assister Nikéritès dans la défense de la province, mais Anne Comnène précise que sa véritable mission consiste à y demeurer sous la surveillance du gouverneur[2]. La datation de cet épisode demeure incertaine. Placé traditionnellement en 1091, il doit plus prudemment être situé entre 1091 et la mort de Théodore Gabras en 1098[2].
La présence de Georges dans cette région pourrait également être documentée par la sigillographie. Plusieurs sceaux appartenant aux Dékanos ont été découverts dans les Balkans et sur le littoral occidental de la mer Noire. Un sceau découvert à Isaccea, sur le bas Danube, appartient notamment à un Georges qualifié de « stratège des Valaques ». Ion Barnea a proposé d'identifier ce personnage à Georges Dékanos en raison de son séjour dans le Paristrion. Cette identification demeure néanmoins hypothétique[3].
Retour en grâce
modifierLa disgrâce de Georges n'est pas définitive. Il retrouve par la suite la confiance d'Alexis Ier et apparaît de nouveau comme commandant militaire au début du XIIe siècle[4].
Vers 1111-1112, Michel d'Amastris, responsable de la défense d'Akroïnon en Phrygie, se révolte contre l'autorité impériale. Il prend le contrôle de la forteresse et mène des raids dans les territoires environnants. Alexis Ier confie à Georges Dékanos la répression de la révolte. Celui-ci reprend rapidement Akroïnon, capture Michel et l'envoie prisonnier à Constantinople. Condamné à mort par l'empereur, Michel est finalement gracié[4].
Les sceaux conservés permettent de préciser sa progression dans la hiérarchie byzantine. Au moins trois matrices différentes lui sont attribuées alors qu'il porte la dignité de curopalate. Sur l'un de ces sceaux figure l'inscription Κύριε βοήθει τῷ σῷ δούλῳ Γεωργίῳ κουροπαλάτι τῷ Δεκανῷ (« Seigneur, viens en aide à ton serviteur Georges Dékanos, kouropalate »). Un autre sceau, daté du XIIe siècle, lui attribue la dignité plus élevée de protonobélissime, indiquant une nouvelle promotion au cours de sa carrière[4].
Un de ses sceaux de curopalate a été découvert à Sozopol, sur la côte occidentale de la mer Noire. Un sceau de Nicéphore Dékanos ayant également été découvert dans cette ville, Ivan Jordanov et Andreas Gkoutzioukostas envisagent l'existence de liens particuliers entre la famille Dékanos et cette région, sans que leur nature puisse être établie avec certitude[1],[5].
Sous Jean II Comnène
modifierLa date de la mort de Georges est inconnue. Il figure toutefois parmi les dignitaires défunts commémorés dans le typikon du monastère du Christ Pantocrator, fondé par l'empereur Jean II Comnène. Sa présence aux côtés d'autres serviteurs de la dynastie, dont Eustathe Kamytzès, témoigne du rang qu'il avait atteint au service des Comnène[4].
Un personnage uniquement appelé « Dékanos » apparaît par ailleurs dans le récit de Jean Kinnamos relatif à la campagne de Jean II contre les Seldjoukides et à la prise de Sozopolis en 1120. Il participe à la manœuvre par laquelle les Byzantins attirent une partie des défenseurs turcs hors de la forteresse avant de s'emparer de celle-ci. Son identification avec Georges Dékanos a été envisagée, mais ne peut être démontrée ; il pourrait également s'agir de Nicéphore Dékanos ou d'un autre membre de la famille[6].
Sigillographie
modifierLa documentation sigillographique relative à Georges Dékanos est particulièrement abondante au regard des informations limitées fournies par les sources narratives. Au moins cinq exemplaires provenant de trois boullôtèria différents sont connus pour la période durant laquelle il porte le titre de curopalate. Plusieurs représentent saint Georges, son saint homonyme, tandis que le revers donne le nom et la dignité du propriétaire[4].
Un autre sceau le désigne comme protonobélissime et doit être placé au XIIe siècle. L'évolution des titres inscrits sur ces sceaux confirme ainsi la progression de Dékanos au sein de l'aristocratie impériale après son retour en grâce[5].
Notes et références
modifier- 1 2 Jordanov 2010, p. 180.
- 1 2 3 Gautier 1971, p. 259-260.
- ↑ Madgearu 2013, p. 31.
- 1 2 3 4 5 Gkoutzioukostas 2013, p. 79-80.
- 1 2 Gkoutzioukostas 2013, p. 80.
- ↑ Macrides 2026, p. 70.
Bibliographie
modifier- Paul Gautier, « Le synode des Blachernes (fin 1094). Étude prosopographique », Revue des études byzantines, vol. 29, , p. 213-284 (DOI 10.3406/rebyz.1971.1445)
- (en) Andreas Gkoutzioukostas, « Byzantine Officials in the Typikon of the Monastery of Christ Pantokrator », dans Sofia Kotzabassi, The Pantokrator Monastery in Constantinople, Boston/Berlin, De Gruyter, , 73-88 p. (ISBN 978-1-61451-599-9)
- (en) Ivan Jordanov, « The Byzantine Administration in the Theme of Nisos and its Officials (End of the 10th – Beginning of the 12th Century) », Niš and Byzantium, vol. VIII, , p. 173-182
- (ro) Alexandru Madgearu, « Românii şi armata bizantină » [« Les Roumains et l'armée byzantine »], Revista de Istorie Militară, nos 1-2 (135-136), , p. 29-35
- (en) Paul Stephenson, Byzantium's Balkan Frontier. A Political Study of the Northern Balkans, 900–1204, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-77017-0)