Ghetto de Dąbie

ghetto juif en Pologne occupée par les nazis

Le ghetto de Dąbie est un ghetto juif polonais, créé par les nazis durant l'été 1940 à Dąbie, dans l'arrondissement (kreis) de Warthbrücken, au sein du district de Hohensalza du Reichsgau Wartheland, territoire annexé par le Troisième Reich en . Il abrite environ 1 100 Juifs et est liquidé par le régime nazi en , lorsque ses habitants sont déportés au centre d'extermination de Chełmno, situé non loin, où ils sont assassinés dans des camions à gaz. Seules quelques dizaines de Juifs de Dąbie survivent à la Shoah.

Ghetto de Dąbie
Church in Dąbie in 1945.jpg
Église de Dąbie où sont enfermés les Juifs avant leur déportation, en . Photo de 1945.
Présentation
Nom local Getto w Dąbiu
Type Ghetto juif
Gestion
Date de création Été 1940
Date de fermeture Décembre 1941
Victimes
Type de détenus Juifs polonais
Nombre de détenus Environ 1100
Morts La quasi-totalité
Géographie
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Région Voïvodie de Grande-Pologne
(alors Reichsgau Wartheland)
Localité Dąbie
Coordonnées 52° 05′ 19″ nord, 18° 49′ 32″ est
Géolocalisation sur la carte : Pologne
(Voir situation sur carte : Pologne)
Ghetto de Dąbie

Histoire

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Occupation allemande (1939)

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Dąbie, dans le powiat de Koło, abrite environ 1 100 Juifs avant la Seconde Guerre mondiale[1] et bénéficie d'une vie économique, culturelle et politique juive[2].

Lors de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, les troupes allemandes entrent dans la ville le [2] ou mi-septembre, selon les sources [1]. Administrativement, Dąbie est dès lors renommée Eichstädt et dépend de l'arrondissement (kreis) de Warthbrücken (nom allemand de Koło), au sein du district de Hohensalza du Reichsgau Wartheland, un territoire polonais annexé par le Troisième Reich[1].

Dès le début de l'occupation, la communauté juive de Dąbie est l'objet d'exactions et de discriminations antisémites par les troupes allemandes : les Juifs sont d'emblée exclus de l'administration municipale, certains de leurs commerces sont confisqués, ils sont périodiquement soumis aux travaux forcés, ils sont l'objet d'humiliations en place publique, et à compter de ils ont l'obligation de porter un brassard distinctif, jaune, et l'interdiction d'emprunter les trottoirs[1].

Création du ghetto (1940)

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Un Judenrat, dirigé par Josef Dyament, est mis en place à la demande des autorités allemandes dès avant la création du ghetto à l'été 1940[1],[2]. Celui-ci, situé rue Kilinski, est ouvert mais la circulation en-dehors soumise à autorisation ; la totalité de la population juive de Dąbie, soit environ un millier de personnes, y est regroupée, si bien qu'il est surpeuplé. La synagogue est désacralisée[a] et, de même que le Beth Midrash, est utilisée par l'occupant à des fins de stockage[1],[3].

La vie dans le ghetto est précaire et le Judenrat reçoit à deux reprises, en mai et , une aide de l'American Jewish Joint Distribution Committee, lorsque les autorités occupantes l'y autorisent, utilisée pour aider les familles les plus pauvres[1].

À l'été 1941, environ 200 Juifs, dont cinquante femmes, sont envoyés dans des camps de travail à l'ouest, dans la région de Poznań, dans le district du même nom. La plupart ont ultérieurement été exterminés, mais deux ont survécu et témoigné des camps précis dans lesquels ils avaient été soumis aux travaux forcés, respectivement les camps de Hardt (à Wąsowo) et Buchwerder-Forst (à Bolewice), dans l'actuel powiat de Nowy Tomyśl[1],[4],[5].

Extermination des Juifs (1941)

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Le , les Juifs de Dąbie ont vent de la liquidation du ghetto de Koło, environ 16 kilomètres au nord-est, et le Judenrat envoie un éclaireur pour s'enquérir du sort des Juifs qui y résidaient. Le 14, la police allemande mène une Aktion : elle rafle la population juive de Dąbie, qu'elle malmène, terrorise et enferme dans l'église et le théâtre locaux pour la nuit, prétextant la déporter dans l'est de la Pologne, avant de finalement la libérer le lendemain. Deux jours après, le 17, le même processus a lieu, mais cette fois les 900 Juifs environ que compte le ghetto (certains se sont enfuis lors de la première rafle) sont déportés par camion, le 18 pour les Juifs enfermés dans le théâtre, le 19 pour ceux détenus dans l'église, jusqu'au centre d'extermination de Chełmno, où ils sont assassinés par le régime nazi au moyen de camions à gaz — aucun survivant n'est connu[1],[6],[7]. Six hommes avaient été envoyés dès le 15 dans le « camp de la forêt » (Waldlager) du centre d'extermination, afin de creuser des fosses communes pour les corps des Juifs de Koło[8].

Lors de la liquidation du ghetto, sept Juifs y demeurent sur consigne allemande afin de trier et rassembler les biens de leurs pairs déportés, laissés sur place, qui sont ensuite stockés dans l'église. Les sept travailleurs sont ensuite déportés au ghetto de Łódź en  ; aucun survivant n'est connu[9].

Au total, seuls 35 Juifs de Dąbie auraient survécu à la Shoah, d'après Yad Vashem[4].

Références

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Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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