Gilbert de Cantobre
Gilbert de Cantobre, né vers 1295 et mort le à Chaudes-Aigues, est un ecclésiastique français, abbé de San Juan de la Peña, de Saint-Gilles puis de Saint-Victor de Marseille et évêque de Rodez de 1339 à sa mort.
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Raimond d’Aigrefeuille (d) |
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Biographie
modifierBénédictin
modifierGilbert de Cantobre, né vers 1295, est originaire du village de Cantobre, dans la commune de Nant, en Aveyron, où son père possède une part de seigneurie. Sa mère est la sœur de Bernard de Latour, dernier abbé puis premier évêque de Saint-Papoul, qui reçoit Gilbert comme profès[1].
Docteur en droit, Gilbert est camérier de l'évêque de Saint-Papoul Raymond de Mostuéjouls, qu'il assiste lors du procès de Bernard Délicieux en 1319[1]. En 1324, il est titulaire d'une chaire de droit canonique à l'université de Toulouse[2].
En 1325, Gilbert de Cantobre devient abbé de San Juan de la Peña en Aragon. Il y reste sept ans, avant d'être nommé abbé de Saint-Gilles par le pape Jean XXII le . Dès le , il est nommé abbé de Saint-Victor de Marseille. Il organise alors des visites des abbayes bénédictines des provinces ecclésiastiques de Vienne, Arles, Aix et Embrun[1], au cours desquelles il fait dresser des inventaires des biens des monastères, notamment de leurs bibliothèques[3]. IL offre plusieurs livres à la bibliothèque de l'abbaye Saint-Victor[4].
Évêque
modifierLe , le pape Benoît XII choisit Gilbert de Cantobre pour succéder sur le siège de Rodez à Bernard d'Albi, promu cardinal[1]. Il organise des visites pastorales des paroisses de son diocèse[5],[1],[6] et révise les statuts synodaux[1]. Au synode qu'il réunit en 1341, il supprime toutes les autorisations de non-résidence accordées par ses prédécesseurs et annonce que tout futur prêtre devra fournir un certificat de bonnes mœurs signés par des hommes de sa paroisse d'origine[7].
Il entre en conflit avec les officiers du roi de France, qui saisissent son temporel. Il participe ensuite, avec le cardinal Pierre des Prés, aux négociations qui aboutissent à la trêve de Malestroit, signée le entre la France et l'Angleterre[1]. Il refuse de verser au roi de France Philippe VI de Valois le subside de 1346 s'il doit servir à financer la guerre. Son temporel est alors encore une fois saisi et il est cité à comparaître devant le Parlement de Paris. Il meurt en y allant, à Chaudes-Aigues, le [1].
Chapelle de Cantobre
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Le corps de Gilbert de Cantobre est ramené à Rodez et enterré dans le tombeau qu'il a fait construire de son vivant[1]. Il se trouve dans la chapelle d'axe de la cathédrale[8], contre le mur nord de la chapelle. C'est une cuve sculptée d'arcatures, sur laquelle est posée une dalle[9]. Celle-ci porte un gisant revêtu des habits épiscopaux[8],[9], reproduisant les traits du visage de Gilbert de Cantobre[1]. Il a les yeux fermés, les bras repliés et les mains croisées sur la poitrine[9]. Le lion à ses pieds, symbole de force et d'immortalité, portant les armoiries de l'évêque, a été particulièrement mutilé[9]. Le tombeau porte aussi son prénom et la date de sa mort[8],[9]. Il est classé monument historique en 1875[10].

Dans son testament[11], daté du , Gilbert de Cantobre a fondé deux chapellenies dans cette chapelle, dite chapelle de Cantobre, où, sur la voûte, ont été redécouvertes en 1985, sous des couches de badigeon, les peintures murales qu'il a fait exécuter. Elles portent ses armoiries et représentent le Christ en majesté et les quatre évangélistes[12],[13],[8]. Le Christ, habillé de rouge, est peint sur le quartier central de la voûte. Chaque évangéliste est dans un quartier latéral, avec ses attributs, représenté en train d'écrire un livre[8].
Dans son testament, Gilbert de Cantobre fait de nombreux legs, ordonnant la fondation d'un grand hôpital, mais, ses biens étants saisis, ce projet n'aboutit pas[14].
Armoiries
modifierÉcartelé au 1 et 4 d'azur au lion d'or, qui est de Cantobre ; au 2 et 3, de gueules à la tour d'argent maçonnée de sable et sommée de trois petites tours du même, qui est de la Tour[8].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Debat 1984, col. 1317.
- ↑ Henri Gilles, « Les professeurs de droit canonique à l'Université de Toulouse au XIVe siècle », Cahiers de Fanjeaux, vol. 29, no 1, , p. 267–277 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Nebbiai-Dalla Guarda 2005, p. 27.
- ↑ Nebbiai-Dalla Guarda 2005, p. 89.
- ↑ Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre, évêque de Rodez, 1339-1349, et la réforme du clergé », Revue du Rouergue, vol. 38, , p. 31-53, 128-137.
- ↑ Nicole Lemaître, « L'évêque et le décor du culte en Rouergue (XIVe – XVe siècle) », Cahiers de Fanjeaux, vol. 28, no 1, , p. 19–38 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Fabrice Ryckebusch, « Le contrôle du clergé rural dans le Sud-Ouest de la France au Bas Moyen Âge », dans Pierre Bonnassie (dir.), Le Clergé rural dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, coll. « Flaran », (ISBN 978-2-8107-0917-5, DOI 10.4000/books.pumi.23196, lire en ligne), p. 205–227.
- 1 2 3 4 5 6 Claire Delmas et Marie-Anne Sire, « Aveyron. Rodez, Découverte de peintures murales du XIVe siècle dans la chapelle d'axe de la cathédrale », Bulletin monumental, vol. 146, no 2, , p. 123–126 (DOI 10.3406/bulmo.1988.3095, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 5 Caroline de Barrau-Agudo, « La sculpture funéraire de la cathédrale de Rodez (XIIIe – XVIe siècle) : présentation d'un corpus méconnu », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, vol. 69, , p. 173-206 (lire en ligne).
- ↑ « tombeau (gisant) de Gilbert de Cantobre - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Nebbiai-Dalla Guarda 2005, p. 158-159.
- ↑ Nicole Fayel, « Le décor peint de la chapelle de Cantobre à la cathédrale de Rodez », Revue du Rouergue, no 9, , p. 83-86.
- ↑ Nicole Fayel, « Le décor peint du XIVe siècle dans le chœur de la cathédrale de Rodez », Histoire de l'art, vol. 4, no 1, , p. 17–30 (DOI 10.3406/hista.1988.2290, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Debat 1984, col. 1318.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre avant son épiscopat », Revue du Rouergue, vol. 28, , p. 127-143 et 251-271.
- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre et ses ultimes fondations », Revue du Rouergue, vol. 28 et 29, 1974 et 1975, p. 375-402 et 65-77.
- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre et le pouvoir royal », Revue du Rouergue, vol. 34 et 35, 1980 et 1981, p. 281-303 et 11-22.
- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre, évêque de Rodez, 1339-1349, et la réforme du clergé », Revue du Rouergue, vol. 38, , p. 31-53, 128-137.
- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre », dans Roger Aubert (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 20 : Gatien-Giry, Paris, Letouzey et Ané, , col. 1317-1318.
- Antoine Debat, « Gilbert de Cantobre, évêque de Rodez (1339-1349) en conflit avec les religieux de Sainte-Eulalie et d'Aubrac », Revue du Rouergue, vol. 39, , p. 15-36.
- Matthieu Desachy, « Une bibliothèque dans les archives. Le legs de Gilbert de Cantobre, évêque de Rodez (1339-1349) pour les archives de l’évêché », Usages des bibliothèques. Sources et travaux historiques, nos 41-42, , p. 45-56.
- Donatella Nebbiai-Dalla Guarda, La bibliothèque de l'abbaye Saint-Victor de Marseille (XIe – XVe siècle), Paris, CNRS éditions, coll. « Documents, études et répertoires de l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes » (no 74), , 341 p. (lire en ligne).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :