Gilet traditionnel breton

Le gilet traditionnel breton, ou plutôt jiletenn (/ʒiˈletːe̞n/ ou /ʃiˈletːe̞n/) en breton est un vêtement de dessus avec ou sans manches, boutonné sur le devant qui se distingue par la richesse de ses broderies artisanales bretonnes. Le costume breton est essentiellement un habit d’apparat.

Jiletenn
Jiletenn à manche longue avec son chupenn
Caractéristiques
Type
Matière
Origine

Le jiletenn connaît de nombreuses variantes régionales, chaque terroir possédant ses propres codes de couleur, motifs brodés et techniques de confection. Il constitue un marqueur identitaire fort, permettant d'identifier à la fois l'origine géographique et la condition sociale de son porteur[1],[2].

Histoire

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Le jiletenn, tel qu'il apparaît dans le costume breton, se développe à partir du XVIIe siècle sous l'influence des modes vestimentaires venues de la cour royale française, adaptées aux usages ruraux armoricains. À l'origine simple pièce fonctionnelle destinée à apporter de la chaleur sous la veste ou le justaucorps, il s'enrichit progressivement de broderies et d'ornements au fil des générations[3].

Au XVIIIe siècle, la prospérité relative de certaines régions agricoles de Basse-Bretagne, permet à la paysannerie d'investir dans des pièces de costume de plus en plus élaborées. Le jiletenn devient alors un véritable objet de prestige, transmis de père en fils ou confectionné à l'occasion d'un mariage[3].

Le XIXe siècle représente l'apogée du costume breton traditionnel. Les expositions universelles, notamment celles de 1867 et de 1900, contribuent à faire connaître et à valoriser les costumes régionaux. Des artistes comme Paul Gauguin et les peintres de l'école de Pont-Aven immortalisent les costumes bretons, dont le jiletenn, dans leurs œuvres.

Description

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Matière et coupe

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Paul Molac, député morbihannais portant un jiletenn du Glazig

Le jiletenn est généralement taillé dans du velours pour les versions les plus précieuses, mais plus souvent dans de un drap de laine de couleur sombre, principalement de noir ou de bleu marine. La coupe est ajustée au buste, à la différence des gilets de travail en toile grossière portés quotidiennement. La longueur varie selon les régions et les époques, couvrant le plus souvent la totalité du torse et s'arrêtant à la ceinture[4].

L'encolure est généralement droite ou légèrement en V, laissant apparaître la chemise blanche. Les emmanchures sont soigneusement finies, parfois bordées d'un passepoil de couleur contrastante.

Broderies et ornements

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La broderie constitue l'élément le plus caractéristique et le plus distinctif du jiletenn. Réalisée au fil de soie ou de coton, elle couvre les devants, les parements et parfois le dos du vêtement. Les motifs les plus fréquents sont floraux, roses, marguerites, trèfles, mais l'on rencontre également des motifs géométriques, des entrelacs d'inspiration celtique et, dans certaines régions, des motifs zoomorphes[4].

Le jiletenn est fermé par une rangée de boutons, le plus souvent en métal doré ou argenté. Ces boutons, qui peuvent être de simples disques gravés ou de véritables œuvres d'orfèvrerie, sont l'un des éléments les plus précieux du vêtement. Dans certaines familles, les boutons étaient conservés d'une génération à l'autre et retaillés pour être montés sur de nouveaux gilets.

Fabrication et artisanat

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La confection d'un jiletenn de cérémonie est un travail de longue haleine, nécessitant plusieurs semaines voire plusieurs mois de travail. Jusqu'au début du XXe siècle, la broderie était le plus souvent réalisée par les femmes de la famille ou par des brodeurs professionnels (breton: kemener) établies dans les bourgs.

Aujourd'hui, des artisans brodeurs perpétuent ce savoir-faire, tant pour les groupes folkloriques que pour les particuliers souhaitant porter le costume lors de grands évènements.

Patrimoine et conservation

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De nombreux jiletenn anciens sont conservés dans les collections des musées de Bretagne, notamment au musée départemental breton de Quimper, au musée de Bretagne de Rennes et au musée bigouden de Pont-l'Abbé. Ces pièces témoignent de l'évolution du costume breton et de la virtuosité des artisans qui les ont confectionnées[5],[6].

En 2017, les savoir-faire de la broderie et de la dentelle en Bretagne ont fait l'objet d'une demande d'inscription à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de France, reconnaissant la valeur de ces techniques artisanales transmises depuis des générations[7].

Notes et références

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  1. ↑ « la représentation des identités bretonnes à travers les costumes depuis le XIXe siècle », dossier de presse,‎ 22 juin – 25 août 2012, Page 3 (lire en ligne)
  2. ↑ Klaus Engelhardt, « Hélias, Pierre-Jakez. Le Cheval d'orgueil. Mémoires d'un breton du pays bigouden. Traduit du breton par l'auteur. Collection Terre Humaine », The Canadian Modern Language Review, vol. 34, no 2,‎ , p. 248–248 (ISSN 0008-4506 et 1710-1131, DOI 10.3138/cmlr.34.2.248, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 Dominique Derrien, « L’apparition de costumes « de l’époque de Louis XIV » dans le Haut Léon à la fin de l’Ancien Régime », dans Les costumes régionaux : Entre mémoire et histoire, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 343–354 p. (ISBN 978-2-7535-6664-4, DOI 10.4000/books.pur.99782, lire en ligne)
  4. 1 2 René-Yves Creston, Le costume breton, FeniXX, (ISBN 978-2-307-55894-1, lire en ligne)
  5. ↑ « Musée Bigouden - Pont l'Abbé - Pays Bigouden | » (consulté le )
  6. ↑ « Accueil », sur musee-breton.finistere.fr, (consulté le )
  7. ↑ bcdadmin, « Broderie et dentelle en Bretagne : des savoir-faire inscrits à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel », sur Bretagne Culture Diversité, (consulté le )

Articles connexes

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