Gilles Vaillancourt

personnalité politique canadienne

Gilles Vaillancourt, né le à Laval-des-Rapides, est un homme politique et criminel québécois. Après avoir dominé la scène politique de Laval entre 1989 et 2012 en tant que maire, il est reconnu coupable de fraude en 2016[1].

Gilles Vaillancourt
Illustration.
Fonctions
Maire de Laval

(23 ans et 4 jours)
Prédécesseur Claude Ulysse Lefebvre
Successeur Alexandre Duplessis (intérim),
Marc Demers
Biographie
Date de naissance (85 ans)
Lieu de naissance Laval-des-Rapides, Québec, Canada
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti du ralliement officiel des Lavallois
Profession Homme politique

Biographie

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Jeunesse et études

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Aîné d'une famille de 10 enfants, il est le fils de Marcel Vaillancourt et de Denise Saint-Denis. Son père est entrepreneur et commissaire scolaire à Chomedey et Laval-des-Rapides[2],[3]. Il grandit sur les avenues du Pacifique et du Parc à Laval-des-Rapides[4]. Il travaille dans le magasin de meubles familial dans sa jeunesse[5]. Il fait des études universitaires en pharmacie à l'Université de Montréal et en gestion des affaires à l'Université du Québec. Il préside l'entreprise familiale entre 1965 et 1990[6].

Carrière politique

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Conseiller municipal

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Il est élu en 1973 au conseil de la ville de Laval comme échevin du district Laval-des-Rapides. Initialement membre du parti du maire Lucien Paiement, il rejoint en 1980 le Parti du ralliement officiel des Lavallois du maire Claude Ulysse Lefebvre. En 1989, à l'approche des élections municipales, une requête déposée en Cour supérieure vise à le faire déclarer inhabile à siéger en raison de conflit d'intérêts dès 1983. Vaillancourt réussit toutefois à succéder à Lefebvre comme maire et comme dirigeant du parti[5].

Maire de Laval

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La construction de sa maison de l'île Paton dans une zone inondable réglementée suscite des réactions. En 1992, il est accusé d'avoir favorisé l'agrandissement de la carrière Simard-Beaudry[5]. Il préside l'Union des municipalités du Québec de 1995 à 1997. Il est réélu maire en 1997, 2001, 2005 et en 2009 avec une majorité de candidats. Sous ses mandats administratifs commence la construction du métro de Laval.

En 2007, le gouvernement du Québec le nomme membre du conseil d'administration d'Hydro-Québec. Il est remercié en 2010.

Lors des élections du , Gilles Vaillancourt est réélu avec une forte majorité (74,61 % contre 16 % pour sa plus proche opposante, Audrey Boisvert, une jeune étudiante de 18 ans). Boisvert était alliée avec M. Sylvain A. Trottier, candidat de 19 ans au poste de conseiller municipal dans le district de Sainte-Dorothée. Il a reçu 22 % des voix contre M. Pierre Cléroux, candidat de l'équipe de Vaillancourt.

Lors des élections du , Gilles Vaillancourt est réélu avec une majorité de 61,3 %, devant Lydia Aboulian, candidate à la mairie pour le Mouvement lavallois.

Projet Honorer

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Le , l'Unité permanente anticorruption (UPAC) fait des perquisitions à la résidence du maire, à l'hôtel de ville et dans deux autres établissements de la ville de Laval. Ces perquisitions ont lieu dans le cadre d'une vaste enquête sur l'attribution de contrats mêlant des chefs d'entreprises à la mafia, pour lesquels auraient été détourné des dizaines de millions de dollars de fonds publics[7]. Le lendemain, l'UPAC fait une nouvelle perquisition dans un immeuble du chemin des Cageux, à Laval, où Gilles Vaillancourt résiderait aussi. Le , l'escouade Marteau procède à de nouvelles perquisitions visant Vaillancourt. Des policiers de la Sûreté du Québec ont ainsi perquisitionné plus de 10 coffrets de sûreté que louait M. Vaillancourt dans des établissements financiers. Plus tard, en fin de journée, il se retire temporairement de son poste de maire pour des raisons de santé.

Le , il quitte ses fonctions[8].

Arrestation, procès et condamnation

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Le , le maire Vaillancourt est arrêté par l'UPAC, et avec lui un riche entrepreneur soupçonné de connivence avec la mafia[9]. Il fait face à des accusations de gangstérisme, de complot, de fraude et de corruption[10].

Il plaide coupable le . Les procureurs de la Couronne et de la défense proposent qu'il restitue 8,5 millions de dollars et soit incarcéré pendant 6 ans[11]. Envoyé à l'établissement de détention de Saint-Jérôme, il est placé dans une cellule privée, loin des autres détenus[12]. 15 jours plus tard, sa peine est entérinée par le juge James Brunton de la Cour supérieure du Québec[1].

Il est incarcéré au « Centre fédéral de formation », un pénitencier fédéral de Laval. Il obtient le une semi-liberté avec une contrepartie de faire du bénévolat[13]. Il est assigné à la maison de transition Carpe Diem à Laval le [14]. Le , après deux ans derrière les barreaux, il obtient une libération conditionnelle totale de la Commission des libérations conditionnelles du Canada. La Commission souligne toutefois qu'il continue à « banaliser et minimiser » ses gestes[15].

Début , il est révélé que l'Agence du revenu du Canada veut obliger la Ville de Laval à retourner 1,1 million de dollars à Gilles Vaillancourt pour que celui-ci rembourse un impôt fédéral sur des fonds frauduleux[16]. Le , Gilles Vaillancourt met en demeure la Ville de Laval pour payer ses impôts et pour des dommages concernant la divulgation précédente[17]. Le gouvernement fédéral offre à Laval quelques semaines plus tard un « paiement à titre gracieux » pour combler ce remboursement. Le gouvernement québécois avait procédé de la même manière, dix ans plus tôt[18].

Culture populaire

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Il est personnifié par Marcel Leboeuf dans Vitrerie Joyal (2026) sous le nom de Valcourt. Cette série met en scène la corruption dans l'attribution de contrats municipaux à Laval dans les années 1990[19].

Notes et références

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  1. 1 2 Éric Thibault, « Fraude à Laval: l'ex-maire Vaillancourt condamné à 6 ans de pénitencier », Le Journal de Montréal, (lire en ligne).
  2. Jean-Paul Charbonneau, « La Fondation Marcel-Vaillancourt cherche $60,000 pour les jeunes handicapés de Laval », La Presse, , B11 (lire en ligne).
  3. Huguette Roberge, « Personnalités disparues », La Presse - Rive nord, , p. 10 (lire en ligne).
  4. Brian Myles, « Gilles Vaillancourt tient la route », Le Devoir, , A3 (lire en ligne).
  5. 1 2 3 Karim Benessaieh, « Gilles Vaillancourt démissionne », La Presse, (lire en ligne).
  6. « VAILLANCOURT, Gilles », sur Secrétariat aux emplois supérieurs (consulté le ).
  7. La Presse canadienne, « Perquisition chez le maire de Laval », Le Devoir, (lire en ligne).
  8. Brian Myles, « Gilles Vaillancourt quitte son poste », Le Devoir, (lire en ligne).
  9. Fabrice de Pierrebourg et David Santerre, « UPAC: Gilles Vaillancourt et Tony Accurso sont arrêtés », La Presse, (lire en ligne).
  10. Isabelle Richer, « Gilles Vaillancourt pourra aller en vacances », sur Radio-Canada, .
  11. AFP, « L'ex-maire de la 3e ville du Québec coupable de détournements de fonds publics », L'Orient-Le Jour, (lire en ligne).
  12. « Des privilèges pour Gilles Vaillancourt en prison », TVA Nouvelles, (lire en ligne).
  13. « L'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt obtient une semi-liberté », Radio-Canada, (lire en ligne).
  14. Jean-Louis Fortin, « Gilles Vaillancourt est de retour à Laval », Le Journal de Montréal, (lire en ligne).
  15. La Presse canadienne, « Gilles Vaillancourt obtient sa libération conditionnelle », La Presse, (lire en ligne).
  16. Agence QMI, « Laval obligée de payer 1 M$ à l’ex-maire Gilles Vaillancourt: «Je ne peux pas accepter ça», dit Stéphane Boyer », Le Journal de Montréal, (lire en ligne).
  17. « L’ex-maire Vaillancourt poursuit Laval : une autre « couche d’indécence », dit Boyer », Radio-Canada, (lire en ligne).
  18. Thomas Gerbet, « Laval et Ottawa concluent une entente pour les impôts de Gilles Vaillancourt », Radio-Canada, (lire en ligne).
  19. Charles Rioux, « Vitrerie Joyal : replonger dans le Québec des années 1990 avec Martin Matte », Radio-Canada, (lire en ligne).

Voir aussi

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Liens externes

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