Glossaire de la post-croissance

Ce glossaire a pour objectifs de regrouper et de donner des explications sur la post-croissance[1].

Idéalement, il devrait être complété et enrichi.

Sommaire :
  • A-croissance (en) : concept de politique économique selon lequel il est préférable de ne pas tenir compte de la croissance du produit intérieur brut (PIB) lors de l'élaboration de politiques destinées à promouvoir le progrès économique et sociétal.
  • Autolimitation : inspirée de l’existentialisme, les idéaux anarchistes d’autonomie radicale et de l’éthique de la simplicité volontaire, l’autolimitation va à l’encontre de l’illimitation (ou déni des limites) pour faire l’éloge des limites, notamment appliquées aux consommations matérielles et à l’usage des ressources naturelles.
  • Bullshit jobs : expression popularisée par David Graeber pour désigner des emplois dépourvus de sens, socialement inutiles ou dont les salariés eux-mêmes reconnaissent qu’ils n’apportent aucun contribution positive à la société.
  • Capitalisme : archétype de système économique apparu au milieu du XVIIIe siècle fondé sur la propriété privée de moyens de production, la recherche du profit, l’allocation par les marchés et le salariat.
  • Collapsologie : courant de pensée apparu en 2015 qui envisage les risques, causes et conséquences d’un collapsus de la civilisation industrielle et les alternatives qui pourraient lui succéder.
  • Commoning : systèmes sociaux auto-organisés grâce auxquels une communauté gère collectivement des ressources partagées par des règles d’usage communes.
  • Convivialisme : philosophie politique alternative au néolibéralisme qi met l’accent sur la convivance, la capacité de différents groupes humains et non-humains à cohabiter harmonieusement.
  • Coûts de l’éternité (de) : voir Coûts de l'inaction.
  • Coûts de l'inaction : perpétuation des politiques existantes sous leur forme actuelle et à leur niveau de rigueur actuel, sans réviser à la hausse les ambitions des politiques futures en matière d’environnement[2].
  • Coûts irrécupérables : coûts qui ont déjà été payés définitivement ; ils ne sont ni remboursables, ni récupérables par un autre moyen.
  • Croissance anti-économique : expression popularisée par l’économiste Herman Daly pour décrire une croissance économique dont les coûts sociaux et écologiques sont supérieurs à ses bénéfices monétaires.
  • Croissance économique : augmentation du PIB (produit intérieur brut), un indicateur de comptabilité nationale faisant la somme des valeurs ajoutées brutes de toutes les unités productrices d’un territoire pendant une période donnée.
  • Décolonisation de l’imaginaire : chère à Serge Latouche, cette expression décrit une pensée critique visant à se libérer d certaines représentations dominantes (l’argent fait le bonheur, la croissance éradique la pauvreté, la nature humaine est égoïste) afin de concevoir d’autres visions du monde.
  • Découplage/Croissance verte : hypothèse selon laquelle une économie pourrait produire et consommer davantage tout en faisant baisser son empreinte écologique.
  • Décroissance : réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et dans le souci du bien-être.
  • Démantèlement : processus consistant à déconstruire une infrastructure existante, qu’elle soit matérielle (autoroute, aéroport, panneaux publicitaires) ou institutionnelle (comptabilité nationale, législation, cultures de consommation), jugée problématique d’un point de vue socio-écologique.
  • Démarchandisation : phénomène de retrait d’un bien ou d’un service du domaine marchand qui serait dès lors organisé de manière non marchande selon des principes de don, de réciprocité ou de répartition politique.
  • Dépassement écologique : situation où l’empreinte écologique d’une communauté humaine dépasse la biocapacité des écosystèmes qui la supportent. Elle est souvent exprimée en rapport à des limites planétaires.
  • Échange inégal : mécanisme d’exploitation dans lequel les pays riches s’approprient les ressources naturelles et humaines des pays pauvres au travers des échanges commerciaux asymétriques.
  • Économie du bien-être : paradigme d’organisation économique centré sur des objectifs qualitatifs concrets (santé, éducation, inclusion, durabilité, bonheur) plutôt que sur des objectifs quantitatifs abstraits (PIB, compétitivité, plein emploi).
  • Économie du doughnut : cadre conceptuel créé par l’économiste Kate Raworth en 2012, définissant un espace « juste et sûr » situé entre un plancher social (tableau de bors d’indicateurs de privation sociale et matérielle) et un plafond écologique (limites planétaires).
  • Économie sociale et solidaire : ensembles d’initiatives qui placent l’utilité sociale, la gouvernance démocratique et la non-lucrativité individuelle au cœur de leur activité économique.
  • Économie stationnaire : économie dont le métabolisme biophysique (flux d’énergie et de matériaux qui traverse une économie) est stable et à un niveau compatible avec la biocapacité de ses écosystèmes.
  • Écologisme occasionnellement environnementalisme : idéologie ou philosophie dont l'orientation de l'activité politique ou parapolitique vise au respect, à la protection, à la préservation ou à la restauration de l'environnement.
  • Écosocialisme : courant politique articulant critique du capitalisme, justice sociale et soutenabilité écologique, par la planification démocratique et la mise en commun des ressources.
  • Effet rebond : situation où un gain d’efficacité ou de sobriété entraîne une augmentation de l’usage total, réduisant ou annulant les bénéfices écologiques attendus.
  • Empreinte écologique : mesure des ressources consommées (eau, énergie, biomasse, métaux, minerais etc.) et des pollutions (gaz à effet de serre, pollution chimique) et déchets (microplastiques, déchets nucléaires) générés par une communauté.
  • Extractivisme : relation à la nature fondée sur l’extraction massive de ressources naturelles pour soutenir l’activité économique.
  • Garantie de l’emploi : politique publique où l’État fournit un emploi à toute personne ne parvenant pas à en trouver un sur le marché du travail (par exemple, les Territoires zéro chômeur de longue durée en France).
  • Habitabilité : mesure de la capacité de la Terre à développer et accueillir la vie.
  • Hédonisme alternatif : expression propre à Kate Soper pour décrire une vision du bien-être fondée non sur l’accumulation matérielle, mais sur la qualité des relations sociales, le temps libre, la créativité, la lenteur, la sobriété choisie et les plaisirs non marchands.
  • Hégémonie de la croissance/croissancisme : domination culturelle, politique et institutionnelle de l’idée selon laquelle la croissance économique est indispensable au progrès social, à l’emploi et au bien-être, et devrait donc être l’objectif suprême des sociétés.
  • Impératifs de croissance/dépendance à la croissance : ensemble de mécanismes institutionnels rendant la croissance nécessaire ou désirable (financement des services publics, maintien du plein emploi, remboursement d’une dette, financement des retraites, compétition géopolitique, etc.)
  • Indicateurs alternatifs : mesures du progrès fondées sur la qualité de vie, la santé sociale et/ou la soutenabilité qui visent à remplacer le PIB comme boussole du développement.
  • Justice environnementale : principe selon lequel les coûts et les bénéfices de la transition devraient être équitablement partagés en fonction des conditions de chacun ; cela implique, par exemple, que les plus riches, responsables de la majorité des pressions environnementales, assument la majeure partie des efforts de transition.
  • Limitarianisme : théorie politique et morale selon laquelle il est légitime d’imposer une limite supérieure à la richesse individuelle.
  • Limites planétaires : cadre conceptuel élaboré en 2009 qui identifie neuf frontières écologiques à ne pas dépasser pour garantir la stabilité du système Terre.
  • Low-tech : techniques sobres, réparables, locales, robustes et accessibles, destinées à réduire les répercussions écologiques des systèmes techniques
  • Monnaies alternatives : systèmes monétaires complémentaires créés pour répondre à des besoins locaux, renforcer la résilience économique, encourager les échanges de proximité ou orienter la consommation vers des pratiques soutenables.
  • Objection de croissance : critique intellectuelle, sociale ou morale qui remet en question la possibilité et la désirabilité de la poursuite de la croissance économique.
  • Paradoxe d’Easterlin : observation selon laquelle la hausse du PIB n’améliore pas le bien-être à long terme
  • Permaculture : reposant sur trois principe (prendre soin de la terre, prendre soin des humaines et partager équitablement les ressources), approche de conception intégrée visant à créer des systèmes agricoles, sociaux et économiques durables, résilients et régénératifs.
  • Planification écologique : en contrepied d’une stratégie néolibérale qui consisterait à laisser les marchés organiser la transition, stratégie consciente de transformation coordonnée visant à réduire l’empreinte écologique d’une économie.
  • Plurivers : concept désignant la coexistence de multiples visions du monde et façons de définir la prospérité, contrairement à l’universalisme d’un modèle occidental fondé sur le capitalisme et la croissance.
  • Post-capitalisme : terme générique pour décrire une famille de systèmes économiques dont les éléments et les logiques sont radicalement différents de l’archétype capitaliste.
  • Post-croissance : concept utilisé pour décrire des sociétés qui ne poursuivent pas la croissance du PIB comme objectif et qui sont capables de répondre aux besoins humains de manière équitable, sans croissance et dans le juste respect des limites planétaires.
  • Post-développement : ensemble de critiques du modèle de développement occidental fondé sur une relation extractiviste à la nature, une vision productiviste et consumériste de l’économie, et une certaine conception de la nature humaine.
  • Post-travail : courant anarchiste proposant une nouvelle vision du travail, non plus fondée sur le salariat et la domination mais sur une conception autodéterminée des fins et des moyens des activités humaines.
  • Publicité : forme de communication de masse, dont le but est de fixer l'attention d'une audience cible (consommateur, utilisateur, usager, électeur, etc.) afin de l'inciter à adopter un comportement souhaité (achat d'un produit, élection d'une personnalité politique etc.).
  • Recherche-action participative : approche méthodologique collaborative qui associe des chercheurs professionnels et des acteurs de terrain (citoyens, professionnels, usagers) pour produire des connaissances scientifiques tout en transformant concomitamment une réalité sociale.
  • Redirection écologique : processus de transformation des systèmes économiques et sociaux pour répondre aux problématiques environnementales et climatiques, en particulier dans le cadre des organisations publiques et privées.
  • Revenu universel : somme d'argent versée par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur une base individuelle, de façon inconditionnelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie.
  • Services universels de base (en) : politique publique instaurant la gratuité de certains services publics considérés comme essentiels.
  • Simplicité volontaire : mode de vie fondé sur la réduction intentionnelle de la consommation, le recentrement sur l’essentiel, la sobriété matérielle et la recherche de la qualité de vie.
  • Sobriété occasionnellement sufficiency : ensemble des mesures et pratiques quotidiennes qui permettent d’éviter l’utilisation d’énergie, de matériaux, de terre et d’eau tout en garantissant le bien-être de tous dans le cadre des limites planétaires.
  • Soutenabilité/durabilité : capacité d’un système à durer dans le temps sans dépasser les capacités écologiques et tout en garantissant le bien-être humain.
  • Sumak kawsay ou encore buen vivir ou bem viver : cosmologie originaire d’Amérique du Sud fondée sur l’harmonie avec la nature, la communauté et la suffisance plutôt que sur l’extraction et la croissance économique.
  • Stagnation séculaire (en) : phénomène de ralentissement des taux de croissance sur le temps long.
  • Théorie monétaire moderne : théorie selon laquelle les États souverains dans leur monnaie ne sont pas contraints financièrement.
  • Transition écologique : ensemble de démarches visant à adapter les sociétés humaines aux limites environnementales, notamment par la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la dépendance aux énergies fossiles, par le développement d'une économie circulaire et le renforcement de la résilience des territoires.
  • Ubuntu : philosophie africaine fondée sur l’interdépendance, la coopération et la dignité partagée selon l’adage « Je suis parce que nous sommes ».

Références

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  1. Timothée Parrique, La science de la post-croissance, Actes Sud, (ISBN 978-2330223007), p. 81-87.
  2. « Coûts de l’inaction sur des défis environnementaux importants » [PDF], sur OCDE, , p. 23.

Articles connexes

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