Un gohei (御幣?) est, dans les rituels shinto, un objet dédié aux kamis. Il est constitué de deux shide, bandes de papier plié, fixées à un pilier de bambou ou pendues au bout d'une baguette de purification. Ils se trouvent également fixés aux shimenawa mais se présentent aussi sous forme de guirlandes.

Gohei devant un sanctuaire à Uji.

À l'origine, il s'agissait de vêtements de tissu, exposés en offrande aux dieux. Ils sont devenus avec le temps des reliques d'essence divine, vénérées et utilisées pour repousser ou capter les esprits malveillants.

Dans les textes classiques du shintō, plusieurs termes synonymes sont également employés pour désigner le gohei, comme hei, shinpei, ou encore uzu no mitegura, futo no mitegura et toyo no mitegura, ces derniers relevant toutefois d'un usage plus honorifique. La nature des offrandes qualifiées de heihaku a elle-même évolué: le chapitre de l’Engishiki consacré aux norito les décrit d'abord comme des vêtements, des armes, du vin de riz (miki) et des mets sacrés (shinsen), avant qu'une classification postérieure ne les redéfinisse comme des vêtements de type et nigite, puis comme le gohei composé de shide fixés à une branche. Sous cette dernière forme, le gohei est fréquemment considéré comme un yorishiro doté d'un fort pouvoir purificateur, et employé à ce titre dans des rituels destinés à exorciser les maladies épidémiques[1].

La pratique a par la suite fait l'objet d'une codification administrative : en 1876, un règlement de procédure rituelle établit une distinction claire entre heihaku et shinsen, et institue les heihakuryō, des offrandes en numéraire enveloppées de papier s'y substituant. Depuis l'après-guerre, ces heihakuryō sont présentés au directeur de la Jinja Honchō ; les envoyés impériaux (chokushi) chargés de les remettre dans les sanctuaires sont appelés gushinshi ou heihakushi, tandis que ceux mandatés par la Jinja Honchō elle-même portent le titre de kenpeishi[1].

Les croyances shinto étant populaires, il n'est pas rare de voir une guirlande de gohei orner une voiture dont on vient de faire l'acquisition, entourer un terrain à bâtir ou suspendue au-dessus d'un pas de porte.

Les shide sont un lien ou une barrière entre le monde spirituel et notre monde profane. Étymologiquement, on peut supposer que shide est un mot provenant du mot shidesu, « signifier ». Les gohei signifient donc ce lien en question. Plus explicitement, les shide servent à purifier.

On s'interroge toujours sur l'origine de la forme des gohei, mais certaines théories évoquent sa ressemblance avec des éclairs capables de chasser les esprits grâce à leur lumière ; d'autres opposent la forme saccadée du zigzag des shide à celle du cercle qui, lui, évoque le groupe ou le rassemblement.

Quant au frottement du papier, il provoque un son agréable qui, selon les croyances shinto, garderait les dieux en éveil.

Bien que les gohei soient faits généralement de papier blanc, on rencontre occasionnellement des gohei en papier d'autres couleurs, particulièrement dorés ou argentés.

Il est très simple de fabriquer un gohei, mais le papier utilisé nécessite d'être stratégiquement découpé avant d'être plié. La manière de le plier diffère selon les sanctuaires.

Un gohei est aussi appelé onbe (御幣), heisoku (幣束), ou nusa ().

Références

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  1. 1 2 (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 120

Sources

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