Gorges (Manche)
Gorges est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 350 habitants[Note 1].
| Gorges | |
L'église Notre-Dame. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Coutances |
| Intercommunalité | Communauté de communes Côte Ouest Centre Manche |
| Maire Mandat |
David Cervantes 2020-2026 |
| Code postal | 50190 |
| Code commune | 50210 |
| Démographie | |
| Population municipale |
350 hab. (2023 |
| Densité | 15 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 15′ 26″ nord, 1° 24′ 20″ ouest |
| Altitude | 15 m Min. 1 m Max. 38 m |
| Superficie | 22,67 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton d'Agon-Coutainville |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Géographie
modifierHydrographie
modifierLa commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Sèves, le Mouloir, le cours d'eau 01 de la commune de Gorges[1], un bras de Issue Courte[2], le canal 01 de la commune de Gorges[3], le canal 02 de Gorges[4], le canal 02 de la commune de Nay[5], le canal 03 de la commune de Sainteny[6], le cours d'eau 02 de la commune de Saint-Jores[7], le cours d'eau 04 de la commune de Sainteny[8], le fossé 01 des Planches de Camprond[9], le ruisseau de Briquebost[10] et divers autres petits cours d'eau[11],[Carte 1].
La Sèves, d'une longueur de 33 km, prend sa source dans la commune de Muneville-le-Bingard et se jette dans la Douve en limite de Auvers et de Carentan-les-Marais, après avoir traversé 15 communes[12].
Le Mouloir, d'une longueur de 10 km, prend sa source dans le bois de Lessay de la commune de Vesly et se jette dans la Sèves à Montsenelle, après avoir traversé quatre communes[13].
- Réseau hydrographique de Gorges.
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la tourbière de Baupte (113,5 ha)[Carte 1],[14].
Climat
modifierPlusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[15]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[16]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[17] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[18]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[19],[20].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 889 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[15]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont à 19 km à vol d'oiseau[21], est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 890,0 mm[22],[23]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,3 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
modifierTypologie
modifierOccupation des sols
modifierL'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (72,4 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (31,5 %), zones humides intérieures (29,3 %), zones agricoles hétérogènes (22,2 %), terres arables (13,1 %), zones urbanisées (2,9 %), forêts (1 %)[28].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Toponymie
modifierLe nom de la localité est attesté sous les formes De Gorgie marisco en 1082, Gorgues en 1198, De Gorgiis en 1293[29].
Pluriel de l'oïl gorge dans le sens de « dépression dans le lit d'un ruisseau, pièce d'eau profonde et boueuse, gouffre »[29]. Issu de l'ancien français gorge « gosier », apparemment employé au pluriel au sens de « fossés », « canaux de drainage »[30], en relation avec une importante zone marécageuse.
Gorges a laissé son nom au marais de Gorges, attesté dès le XIe siècle (Gorgie mariscus en 1082), Gorges est sur le ruisseau appelé le Bricqueboscq, en amont de l'immense marais de Gorges, aujourd'hui rebaptisé tourbière de Baupte.
Le gentilé est Gorgions ou Gorgillons.
Histoire
modifierAntiquité
modifierLe village était sur la voie romaine de Valognes à Coutances, dit chemin Perray[31].
Moyen Âge
modifierUn Raoul de Gorges était présent à la bataille d'Hastings. La famille de Gorges devint l'une des plus importantes d'Angleterre. Un descendant fut sheriff du Devon et gouverneur d'Exeter[32].
Au XIIe siècle, la paroisse relevait de l'honneur de La Haye[33].
En 1204, Thomas de Gorges prit le parti de Jean sans Terre et ses terres furent confisquées. Son dernier descendant, Edmund H. Gorges (1868-1949) était en 1945 commandant dans l'Armée du Rhin[32].
Époque contemporaine
modifierVers 1875, les habitants des environs avaient l'autorisation d'extraire et de conserver pour leur usage personnel toute la tourbe qu'ils pouvaient recueillir en douze heures de temps pendant un jour précis du mois de juin[réf. nécessaire].
Politique et administration
modifierDémographie
modifierL'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[38].
En 2023, la commune comptait 350 habitants[Note 3], en évolution de +0,29 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Gorges absorbe Saint-Germain-la-Campagne en 1805 (111 habitants en 1793).
Économie
modifierLa commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[41].
Culture locale et patrimoine
modifierLieux et monuments
modifier- Église Notre-Dame du milieu du XIIIe, XVIe – XXe siècles[42],[43]. L'église de style gothique de plan cruciforme, et un clocher en bâtière, conserve des chapiteaux aux crochets épanouis et une statuaire polychrome représentant la pitié du XVe siècle[44]. Restaurée, l'église possède un vitrail représentant L'Annonciation conçu par Robert Raoul André Guinard (1896-1989)[45]. Elle abrite diverses œuvres : les statuettes christ en croix et saint Jean entouré des douze Apôtres du XVe, et un groupe sculpté la Déposition de croix du XVe, classées au titre objet aux monuments historiques, ainsi que des fonts baptismaux du XIIe, une chaire à prêcher du XVIIe, une Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de Gorges du XVIe, une statue de saint Laurent et son gril du XVIIIe, une verrière du XXe de Mauméjean et Chemin de croix du XXe de Marcelle Guinard.
- Chapelle Sainte-Anne-des-Marais dont l'origine remonte au XIVe siècle ; elle est citée en 1332 dans le livre blanc de Coutances[31]. L'église est située au milieu des marais, sur une plateforme surélevée de 0,50 m par rapport au niveau du sol, et fut restaurée au XIXe siècle. Vitraux et mosaïque murale de la Vierge et saint Joseph en 1947 par Gabriel Loire.
- Croix de chemin du Petit-Saint-Germain, calvaire du XIXe siècle, croix de cimetière du XVIIe siècle.
- Manoir de Camprond ou la Cour de Gorges du XVIIe siècle, inscrit aux monuments historiques[46], avec une cheminée décorative de la Renaissance.
- Château de Méterville du XVIe siècle.
- Traces de voie romaine.
- Anciens moulins.
Pour mémoire : Motte. Le château, qui relevait du fief du Plessis, se trouvait à l'est de la chapelle Sainte-Anne, sur le lieu nommé le Catelet-de-Gorges, butte entamée, située entre deux pièces : Le Gardien Potier et le Clos Guerrier (Gerville C., 1825, 230)[47].
Personnalités liées à la commune
modifierVoir aussi
modifierBibliographie
modifier- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 94.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 224.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : archives départementales de la Manche (8 ED, ead_ir_consult.php?a=4&ref=FRAD050_00363)
- Ressources relatives à la géographie :
- Gorges sur le site de l'Institut géographique national
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Population municipale 2023.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
modifier- 1 2 « Réseau hydrographique de Gorges » sur Géoportail (consulté le 13 avril 2025).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
modifier- ↑ Sandre, « le cours d'eau 01 de la commune de Gorges ».
- ↑ Sandre, « un bras de Issue Courte ».
- ↑ Sandre, « le canal 01 de la commune de Gorges ».
- ↑ Sandre, « le canal 02 de Gorges ».
- ↑ Sandre, « le canal 02 de la commune de Nay ».
- ↑ Sandre, « le canal 03 de la commune de Sainteny ».
- ↑ Sandre, « le cours d'eau 02 de la commune de Saint-Jores ».
- ↑ Sandre, « le cours d'eau 04 de la commune de Sainteny ».
- ↑ Sandre, « le fossé 01 des Planches de Camprond ».
- ↑ Sandre, « le ruisseau de Briquebost ».
- ↑ « Fiche communale de Gorges », sur le système d’information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le ).
- ↑ Sandre, « La Sèves ».
- ↑ Sandre, « Le Mouloir »
- ↑ « Le millésime 2022 de la BD TOPAGE® métropole est disponible », sur eaufrance.fr (consulté le ).
- 1 2 Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
- ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
- ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
- ↑ « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
- ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Orthodromie entre Gorges et Sainte-Marie-du-Mont », sur fr.distance.to (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Ste Marie du Mo », sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Ste Marie du Mo », sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « La grille communale de densité », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ Insee, « Métadonnées de la commune de Gorges ».
- ↑ « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur Insee, (consulté le ).
- ↑ « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole) », sur statistiques.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
- 1 2 Ernest Nègre - 1996 - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1087 - (ISBN 2600001336).
- ↑ François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 124.
- 1 2 Delattre, 2002, p. 94.
- 1 2 Gautier 2014, p. 224.
- ↑ Florence Delacampagne, « Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe – XIIe siècles) : Étude historique et topographique », dans Archéologie médiévale, t. 12, (lire en ligne sur Persée.), p. 185.
- ↑ http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/download/8141PDR1981listepresentateurs.pdf
- ↑ « Gorges (50190) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ « Municipales à Gorges. David Cervantes est le nouveau maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
- ↑ AOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny.
- ↑ Gaétan Guillot, « L'église de Gorges », dans La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc. : Manche 1re partie, Le Havre, Lemale & Cie, imprimeurs éditeurs, (lire en ligne), p. 167-169.
- ↑ Marc Thibout, « L'église de Gorges », dans Congrès archéologique de France. 124e session. Cotentin et Avranchin. 1966, Paris, Société française d'archéologie, (lire en ligne), p. 251-254.
- ↑ Maurice Lecœur (ill. Michel Lemonnier, photogr. Norbert Girard), Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Isoète, , 296 p., 25 × 29 cm, couverture couleur, cartonné (ISBN 978-2-913920-38-5), p. 122.
- ↑ Inventaire du patrimoine de la reconstruction dans la Manche, p.10.
- ↑ « Manoir de Camprond », notice no PA50000068, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Delacampagne 1982, p. 200.
