Gouvernement Boucher de Boucherville II
| Gouvernement Mercier | Gouvernement Boucher de Boucherville II | Gouvernement Taillon II | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| 7e législature | 8e législature | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1891 | 1892 | 1893 | ||||||||||||||||||||||||||||||||
Le mandat du gouvernement de Charles-Eugène Boucher de Boucherville s'étend du au . Boucherville devient premier ministre du Québec à la suite de la destitution d'Honoré Mercier par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers, en raison du scandale de la Baie des Chaleurs. Il avait déjà formé un premier gouvernement de 1874 à 1878.
| Premier ministre | Charles-Eugène Boucher de Boucherville |
|---|---|
| Élection | 1892 |
| Législature | 7e, 8e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 11 mois et 25 jours |
| Parti politique | Parti conservateur |
|---|---|
| Ministres | 6 |
| Femmes | 0 |
| Hommes | 6 |
| Assemblée législative (1892) |
|
|---|
Caractéristiques
modifierLe gouvernement de Boucherville profite du scandale de la Baie des Chaleurs[1] pour remporter les élections, mais le Parti conservateur est miné par la lutte entre les conservateurs modérés et les ultramontains. Boucherville, qui ne peut siéger à l'Assemblée législative parce qu'il est membre du Conseil législatif, est incapable de gérer la crise et dirige le gouvernement depuis le Salon rouge en laissant à Louis-Olivier Taillon la direction du parti en Chambre[2].
Les élections de 1892
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Au lendemain de la destitution de Mercier, Boucherville déclenche des élections qu'il fixe au . Le Parti conservateur remporte 51 sièges contre 21 pour les libéraux et 1 pour les conservateurs nationaux, formant un gouvernement majoritaire[3].
Le procès de Mercier
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En , le procureur général Thomas Chase-Casgrain poursuit Honoré Mercier pour fraude, l'accusant d'avoir acquis illégalement 60 000 $. Le procès se tient du au ; le jury déclare Mercier non coupable après seulement 13 minutes de délibérations.
Le droit de vote des femmes propriétaires
modifierAvant sa démission, le gouvernement Boucherville fait adopter une réforme accordant le droit de vote aux femmes non mariées propriétaires et aux veuves lors des élections municipales et scolaires[2]. Il s'agit d'un premier élargissement du suffrage féminin au Québec, plus d'un quart de siècle avant l'obtention du droit de vote provincial des femmes en 1940.
La démission de Boucherville
modifierLe , le nouveau premier ministre du Canada John Thompson annonce la nomination de Joseph-Adolphe Chapleau comme nouveau lieutenant-gouverneur du Québec. En désaccord profond avec cette nomination (Boucherville entretient des relations tendues avec Chapleau, son rival politique), Boucherville annonce sa démission le [3]. Chapleau demande alors à Louis-Olivier Taillon de former le prochain gouvernement, qui est assermenté le .
Chronologie
modifier- : assermentation du cabinet Boucherville devant le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers.
- : dissolution de la 7e législature.
- : Boucherville, minoritaire en Chambre, déclenche des élections pour le 8 mars 1892.
- : les conservateurs remportent l'élection avec 51 sièges contre 21 pour les libéraux et 1 pour les conservateurs nationaux[3].
- : le procureur général Thomas Chase-Casgrain poursuit Honoré Mercier pour fraude, l'accusant d'avoir acquis illégalement 60 000 $.
- : début de la première session de la 8e législature. Comme Boucherville est membre du Conseil législatif et non de l'Assemblée législative, Louis-Olivier Taillon agit comme leader du gouvernement à l'Assemblée. Taillon avait déjà occupé la même fonction lors du gouvernement de John Jones Ross de 1884 à 1887. Du côté des libéraux, Mercier ne pouvant pour le moment reprendre son poste, Félix-Gabriel Marchand agit comme chef de l'opposition.
- au : procès de Mercier. Les membres du jury le déclarent non coupable après seulement 13 minutes de délibérations.
- : le nouveau premier ministre du Canada, John Thompson, annonce la nomination de Joseph-Adolphe Chapleau comme nouveau lieutenant-gouverneur du Québec.
- : en désaccord avec cette nomination, Boucherville annonce sa démission[3]. Chapleau demande à Louis-Olivier Taillon de former le prochain gouvernement.
- : assermentation du cabinet Taillon[4].
Composition
modifierBoucherville siège au Conseil législatif et confie la direction de l'Assemblée à Louis-Olivier Taillon, ministre sans portefeuille.
- Premier ministre et président du Conseil exécutif : Charles-Eugène Boucher de Boucherville[Note 1]
- Agriculture et Colonisation : Louis Beaubien
- Travaux publics : Guillaume-Alphonse Nantel
- Terres de la Couronne : Edmund James Flynn
- Procureur général : Thomas Chase Casgrain (1892), Edmund James Flynn (1892)
- Secrétaire provincial : Louis-Philippe Pelletier
- Trésorier : John Smythe Hall (1892), Charles-Eugène Boucher de Boucherville (1892)[Note 1]
- Ministres sans portefeuille : Louis-Olivier Taillon, John McIntosh
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Le scandale de la Baie des Chaleurs », sur Érudit (consulté le )
- 1 2 « Boucher de Boucherville, Charles-Eugène », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le )
- 1 2 3 4 « Charles-Eugène Boucher de Boucherville », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
- ↑ « Louis-Olivier Taillon », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
Bibliographie
modifier- Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, t. III, Septentrion, .
- Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, t. I, Boréal Express, .
- Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec.