Gouvernement Mollet

gouvernement de la République française

Le gouvernement Guy Mollet est le gouvernement de la République française du au . Formé par le socialiste Guy Mollet après les élections législatives du , il est orienté à gauche et dominé par la SFIO et les radicaux alors emmenés par Pierre Mendès France (coalition dite « Front républicain »).

Gouvernement Mollet

Quatrième République

Description de cette image, également commentée ci-après
Le président du Conseil Guy Mollet en 1956.
Président de la République René Coty
Président du Conseil Guy Mollet
Législature IIIe (Quatrième République)
Formation
Fin
Durée 1 an, 4 mois et 11 jours
Composition initiale
Coalition Front républicain
(SFIO - RAD - RS - UDSR - RDA)
Soutien sans participation du PCF
Représentation
Assemblée nationale
192  /  595
Drapeau de la France

Plus long gouvernement de la IVe République avec une longévité de presque 16 mois, il marque le pays par des mesures sociales (vote de la troisième semaine de congés payés). Sur la scène internationale, il négocie le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne mais ne parvient pas à défendre les intérêts français face à la pression internationale au cours de la crise de Suez.

En matière de décolonisation, il solde l’indépendance du Maroc et de la Tunisie négociées sous Edgar Faure et accroît l’autonomie interne des colonies d’Afrique noire par la loi-cadre Defferre. Il échoue néanmoins à endiguer la cristallisation de la guerre d'Algérie, qui prend l’ampleur d’une véritable guerre et emportera la IVe République moins d’un an après.

Le gouvernement chute en après avoir engagé sa responsabilité sur son programme économique et fiscal.

Chronologie

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  •  : fin du second gouvernement Faure.
  •  : le gouvernement Guy Mollet obtient l'investiture de l'Assemblée nationale par 420 voix pour, 72 contre (poujadistes et indépendants) et 83 abstentions[1].
  •  : début du gouvernement Guy Mollet (fin au ). Il est le plus long gouvernement (16 mois) de la Quatrième République.
  •  : une violente manifestation des opposants à la nomination du général Catroux comme ministre-résident accueille le chef du gouvernement à son arrivée à Alger ; le général qui devait rejoindre Alger le renonce et remet sa démission au Président Coty[2].
  •  : Troisième semaine de congés payés.
  • En mars :
    • Une directive du ministère des Finances énonce : « La loi fiscale doit être appliquée. Nous ne pouvons envisager de mesure de clémence tant que se poursuivent les mouvements d'opposition fiscale » alors que les fonctionnaires s'attendent à une recrudescence des incidents lors des contrôles fiscaux ; les petits commerçants de l'UDCA faisant la chasse aux polyvalents.
    • Du pétrole est trouvé à Parentis et du gaz naturel à Lacq.
    • La Tunisie et le Maroc accèdent à leur indépendance.
    • Création d'un Fonds national de solidarité pour aider les personnes âgées. Son coût, estimé à 135 milliards de francs français, est couvert par une majoration de divers impôts pour 110 milliards et par la création d'une vignette auto, ce qui irrite les automobilistes déjà lourdement taxés par la carte grise et par la taxe sur l'essence d'un montant de 233 %.
    •  : le gouvernement demande les pouvoirs spéciaux et obtient le vote du Parlement : « Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire »[3],[4].
    •  : mise en production du pétrole d'Edjelé en Algérie.
    •  : loi-cadre Defferre sur l'outre-mer.
  •  : décret prolongeant la durée initiale du service militaire de six à neuf mois par le biais du maintien sous les drapeaux ou du rappel.
  •  : début de la crise de Suez jusqu'au .
  •  : mise en place du rationnement de l'essence.

Composition

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Président du Conseil

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Image Fonction Nom Parti
Président du Conseil Guy Mollet SFIO

Ministres d'État

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Ministres

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Ministre délégué

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Secrétaires d'État

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Image Fonction Nom Parti
Secrétaire d'État à la Présidence du Conseil, chargé de la Recherche scientifique et de l'Énergie atomique Georges Guille SFIO
Secrétaire d'État à la Présidence du Conseil, chargé de l'Information Gérard Jaquet SFIO
Secrétaire d'État à la Présidence du Conseil, chargé de la Fonction publique Pierre Métayer SFIO
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères Maurice Faure RAD
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères Pierre de Félice
(à partir du 22 février 1957)
RAD
Secrétaire d'État aux Affaires marocaines et Tunisiennes Alain Savary
(jusqu'au 3 novembre 1956)
SFIO
Secrétaire d'État à l'Intérieur Maurice Pic SFIO
Secrétaire d'État aux Affaires algériennes Marcel Champeix SFIO
Secrétaire d'État aux Forces armées, chargé des Affaires algériennes Max Lejeune SFIO
Secrétaire d'État aux Forces armées (Marine) Paul Anxionnaz RAD
Secrétaire d'État aux Forces armées (Air) Henri Laforest RAD
Secrétaire d'État au Budget Jean Filippi RAD
Secrétaire d'État aux Affaires économiques Jean Masson RAD
Secrétaire d'État aux Travaux publics, aux Transports, et au Tourisme Auguste Pinton RAD
Secrétaire d'État à l'Agriculture André Dulin RAD
Secrétaire d'État à la Reconstruction et au Logement Bernard Chochoy SFIO
Secrétaire d'État l'Industrie et au Commerce Bernard Chochoy
(jusqu'au 21 février 1956)
SFIO
Maurice Lemaire
(à partir du 21 février 1956)
RS
Secrétaire d'État aux PTT Eugène Thomas SFIO
Secrétaire d'État aux Arts et aux Lettres Jacques Bordeneuve RAD
Secrétaire d'État au Travail et à la Sécurité sociale Jean Minjoz SFIO
Secrétaire d'État à la Santé publique et à la Population André Maroselli RAD

Sous-secrétaires d'État

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Notes et références

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  1. Georgette Elgey, Histoire de la IVe République de 1956 à janvier 1959, Robert Laffont, coll. « Bouquins », p. 13
  2. Ibid. pp. 32-33
  3. « Article de presse »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  4. « Enquête sur loi de 1956 relative aux pouvoirs spéciaux en Algérie », sur assemblee-nationale.fr (consulté le ).