Grand écuyer de France

Le grand écuyer de France était l'un des grands officiers de la couronne de France sous l'Ancien Régime. Il appartenait aux principaux officiers de la Maison du roi et exerçait une autorité particulière sur les écuries royales, les chevaux, les haras et certains services liés aux cérémonies de cour.

Le titulaire de la charge était couramment appelé « monsieur le Grand ». À Versailles, il commandait la Grande Écurie, tandis que le premier écuyer, appelé « monsieur le Premier », avait la direction de la Petite Écurie.

Histoire

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La fonction procède de celle de maître de l'écurie du roi, attestée dès le Moyen Âge. L’Encyclopédie rattache cette évolution aux anciens officiers chargés de l'écurie royale et indique qu'un Roger est qualifié de maître de l'écurie du roi sous Philippe IV le Bel, en 1294. En 1316, Guillaume Pisdoë est présenté comme premier écuyer du corps et maître de l'écurie du roi[1].

Le titre de grand écuyer apparaît progressivement au XVe siècle. Tanneguy du Chastel est parfois qualifié de grand écuyer sous Charles VII, Jean de Garguesalle prend cette qualité en 1470, puis Alain Goyon, seigneur de Villiers, de Thieuville et du Mesnilgarnier, reçoit sous Louis XI le titre de grand écuyer de France, qui reste ensuite attaché à ses successeurs dans la charge[1]. La charge est ensuite rangée parmi les grands offices de la Couronne ; le dictionnaire Larousse rattache cette érection en grand office à Henri IV, en 1607[2].

À partir de 1643 et jusqu'à la Révolution française, la charge est réservée à un prince de la maison de Lorraine[3],[4].

Attributions

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La grande écurie de Versailles, dont le grand écuyer de France était responsable.

Le grand écuyer prêtait serment entre les mains du roi. Les officiers dépendant des écuries prêtaient ordinairement serment entre les siennes. Sa charge lui donnait autorité sur les offices de la Grande et de la Petite Écurie, notamment les écuyers, écuyers cavalcadours, gouverneurs, sous-gouverneurs et maîtres chargés de l'instruction des pages[1].

Sous l'Ancien Régime, la Grande Écurie de Versailles était placée sous les ordres du grand écuyer de France. Elle avait notamment la charge des chevaux de main, dressés pour la chasse et la guerre. La Petite Écurie, dirigée par le premier écuyer, s'occupait plus généralement des chevaux d'attelage, des voitures, des carrosses et des véhicules de fantaisie[5],[6].

L'autorité du grand écuyer s'étendait également aux haras royaux et aux académies équestres. Le service des écuries comprenait des écuyers, pages, cochers, postillons, valets de pied, palefreniers, maréchaux de forge, selliers, bourreliers, aumôniers, musiciens et chirurgiens hippiatriques[5]. À Versailles, les Écuries royales comptaient environ 1 500 personnes sous le règne de Louis XIV et plus de 2 000 chevaux au XVIIIe siècle[5].

Le grand écuyer avait aussi un rôle cérémoniel. Il portait l'épée royale dans certaines cérémonies publiques, notamment aux entrées royales, aux lits de justice et aux pompes funèbres[7].

Pages de la Grande Écurie

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La Grande Écurie abritait l'école des pages du roi en sa Grande Écurie. Pour y être admis, il fallait prouver une noblesse ancienne et militaire remontant au moins à 1550[8],[9]. Les pages de la Petite Écurie relevaient du premier écuyer et devaient également fournir des preuves de noblesse, selon des règles particulières[8].

Ornements héraldiques

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Ornements extérieurs de l'écu du grand écuyer de France.

Dans les ornements extérieurs de ses armes, le grand écuyer de France portait de chaque côté de l'écu l'épée du roi dans son fourreau, avec baudrier. La garde de l'épée était d'or ; le fourreau et le baudrier étaient de velours bleu semé de fleurs de lys d'or[7].

Liste des maîtres de l'écurie du roi

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La succession des maîtres, grands maîtres et grands écuyers est principalement établie d'après l'ouvrage d'Édouard de Barthélemy consacré aux grands écuyers et à la Grande Écurie de France[4].

  • 1290-1295 : Roger ;
  • 1285-1298 : Pierre Gentien († 1298) ;
  • 1298-1299 : Denis de Melun († 1299) ;
  • 1299 : Jacques Gentien († 1304) ;
  • 1299 : Guillebaut († 1299) ;
  • 1299-1316 : Gilles Granches ;
  • 1316-1321 : Guillaume Pisdoë ;
  • 1321-1325 : Jean Bataille († 1325) ;
  • 1325-1330 : Gilles de Clamart († 1330) ;
  • 1330-1333 : Philippe des Moustiers ;
  • 1333-1340 : Oudart des Taules ;
  • 1340-1345 : Henri de Lyénas († 1345) ;
  • 1345-1353 : Guillaume de Boncourt († 1353) ;
  • 1353-1364 : Guillaume de Champagne, dit le Maréchal († 1361) ;
  • 1364-1373 : Martelet du Mesnil († 1373) ;
  • 1373-1376 : Trouillart de Caffort ;
  • 1376-1397 : Gollart de Tanques († 1397) ;
  • 1397-1399 : Robert de Montdoucet, dit le Borgne († 1399) ;
  • 1399-1411 puis 1412-1413 : Philippe de Giresme, dit le Cordelier ;
  • 1411-1412 : Jean de Kaernien († 1412) ;
  • 1413-1418 : Jean de Dicy, dit Bureau ;
  • 1417-1419 : Hugues de Noé[n 1] ;
  • 1418-1420 : André de Toulongeon[n 2] ;
  • 1418-1423 : Pierre Frotier ;
  • 1420-? : Huet de Corbie[n 2] ;
  • 1423-? : Jean du Cigne.

Liste des grands maîtres de l'écurie du roi

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Liste des grands écuyers de France

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Ancien Régime

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Armes de Charles de Lorraine, comte d'Armagnac, grand écuyer de 1712 à 1751.

Premier Empire

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Sous le Premier Empire, Napoléon Ier recrée le service des Grandes Écuries. Armand de Caulaincourt est nommé inspecteur général des Écuries en 1803, puis élevé à la dignité de grand écuyer en 1804[11],[12].

Restauration

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En 1814, la charge est rétablie mais n'est pas pourvue comme sous l'Ancien Régime. Les fonctions des écuries royales sont exercées par un écuyer commandant, le marquis de Vernon, chef du service des écuries en l'absence d'un grand écuyer[13].

  • 1814-1824 : marquis de Vernon, écuyer commandant les écuries du roi[13].

Second Empire

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Sous le Second Empire, la fonction est rétablie dans la Maison de l'Empereur.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Édouard de Barthélemy, Les Grands Écuyers et la grande écurie de France avant et depuis 1789, Paris, Librairie de la Société des auteurs dramatiques et de l'Académie des bibliophiles, , 216 p..
  • Nicolas Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, vol. 1, Paris, Chez l'auteur, .
  • François Bluche, Les Pages de la Grande Écurie, vol. 3, Paris, Les Cahiers nobles, .
  • Charles Duplessis, L'équitation en France, Paris, Berger-Levrault, (lire en ligne).

Articles connexes

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Notes et références

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  1. ↑ Nommé dans le contexte de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.
  2. 1 2 Nommé dans le contexte du gouvernement bourguignon pendant la guerre de Cent Ans.

Références

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  1. 1 2 3 4 « Écuyers », Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, vol. 5,‎ , ??? (lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ « Écuyer », sur Larousse (consulté le ).
  3. ↑ « Maison du roi sous l'Ancien Régime », sur Archives nationales, référentiel Garance (consulté le ).
  4. 1 2 Édouard de Barthélemy, Les Grands Écuyers et la grande écurie de France avant et depuis 1789, Paris, Librairie de la Société des auteurs dramatiques et de l'Académie des bibliophiles, , 216 p., ???.
  5. 1 2 3 « La Grande Écurie », sur Château de Versailles (consulté le ).
  6. ↑ « La galerie des Carrosses », sur Château de Versailles (consulté le ).
  7. 1 2 Nicolas Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, vol. 1, Paris, Chez l'auteur, , p. 437-489.
  8. 1 2 Louis-Nicolas-Hyacinthe Chérin, « Preuves de noblesse pour les pages du roi et de la reine », sur Mémodoc, (consulté le ).
  9. ↑ Nicolas Viton de Saint-Allais, Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France, vol. 1, Paris, Chez l'auteur, , p. 488.
  10. ↑ Benoît Florin, La superbe comtesse de Brionne, 1734-1815, Versailles, Mémoire et documents, .
  11. 1 2 Charles-Éloi Vial, « La Vénerie au sein de la Maison du souverain », dans Le grand veneur de Napoléon Ier à Charles X, École nationale des chartes, (lire en ligne).
  12. ↑ Jean Tulard, « Caulaincourt, Armand-Augustin, marquis de, duc de Vicence (1773-1827), ministre », sur Napoleon.org (consulté le ).
  13. 1 2 Charles Duplessis, L'équitation en France, Paris, Berger-Levrault, (lire en ligne), p. 192.
  14. ↑ « Leroy de Saint-Arnaud Armand-Jacques », sur Sénat (consulté le ).
  15. ↑ « Fleury Émile-Félix », sur Sénat (consulté le ).
  16. ↑ Charles Duplessis, L'équitation en France, Paris, Berger-Levrault, (lire en ligne), p. 48-49.