Gratianopolis (Henri Ding)

sculpture en marbre

Gratianopolis est une sculpture en marbre réalisée en 1884 par le sculpteur français Henri Ding. Elle est conservée au musée de Grenoble[1].

Gratianopolis (Henri Ding)
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MG 1047Voir et modifier les données sur Wikidata
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Henri Ding présente le modèle en plâtre de Gratianopolis au Salon de Grenoble en 1883, avant d'en achever la version en marbre l'année suivante pour son commanditaire, Jules Biron.

Cette œuvre, remarquable par ses qualités esthétiques et la complexité de son exécution, constitue une allégorie de la ville de Grenoble, désignée sous le nom de Gratianopolis en hommage à l'empereur romain Gratien. Ce toponyme, adopté sous son règne, évolue progressivement pour devenir le nom actuel de Grenoble.

Ding représente la ville sous les traits d'une jeune femme à l'allure conquérante, au regard profond et aux lèvres serrées, la tête tournée vers la droite. La composition est enrichie de nombreux attributs symboliques. Son casque ailé, surmonté d'un coq bicéphale, symbole de fierté et de bravoure. Il est orné des armoiries de Grenoble (d'or aux trois roses de gueules). Les deux pans de son vêtement, recouverts d'écailles, sont retenus par un motif de gorgone évoquant l'iconographie d'Athéna, tandis que des serpents ornent les contours. Ses oreilles sont percées afin d'accueillir des boucles d'oreilles. Par cette synthèse de références mythologiques et pseudo-historiques, Henri Ding compose une allégorie particulièrement élaborée. Le buste présente des similitudes avec le haut-relief en bronze Gallia (1873) d'Émile Soldi, exposé au musée du Luxembourg. Le casque de la sculpture est partiellement endommagé : les ailes ainsi que le blason de la ville ont disparu, comme en témoignent des photographies anciennes.

Le buste mesure 84 × 48 × 28 cm. Il porte, sur l'épaule gauche, l'inscription : « H. Ding 1884 ».

En 1896, l'industriel Jules Biron propose à la Ville de Grenoble de lui céder deux sculptures en marbre d'Henri Ding, Gratianopolis et la Muse de Berlioz réalisé en 1890, pour la somme de 9 000 francs. La commission consultative du musée estime alors que ces deux œuvres « constituent des objets d’art d’une incontestable valeur artistique, que ce sont là des œuvres d’une conception et d’une exécution d’ordre supérieur ». La Société des amis des arts participe à leur acquisition à hauteur de 2 000 francs. Déjà représenté dans les collections du musée par Ecce Homo réalisé en 1878 et par la maquette d'un monument non réalisé aux défenseurs de la patrie réalisé deux an après, Henri Ding se réjouit de voir ces deux sculptures intégrer les collections du musée de sa ville natale.

Notes et références

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