Grenade (arme)

petite bombe dont la mise à feu est déclenchée volontairement par un dispositif pyrotechnique

Une grenade est une petite bombe dont la mise à feu est, contrairement à une mine, déclenchée volontairement par un dispositif pyrotechnique. C'est une arme particulièrement efficace contre un groupe d'ennemis dans un milieu relativement clos et qui ne peut pas être atteint directement par un tir d'arme à feu. Elle est aussi utilisée dans les feux d'artifice.

Grenades F1 françaises.

Historiquement, elles sont apparues avec les explosifs (et donc la poudre), mais leurs conditions d'emploi difficiles les ont réservées à des situations particulières comme la bataille de Culloden. La plus grande production de poudre et les guerres de tranchées ont rendu son emploi fréquent pendant la Première Guerre mondiale jusqu'à créer des unités spécialisées.

Histoire

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Le précurseur de la grenade apparaît au plus tard au VIIIe siècle dans l’empire byzantin : il s’agit de récipients en céramique ou en verre remplis de feu grégeois, qui sont enflammés avant d’être lancés sur l’ennemi. De là, l’arme se diffuse à travers le monde arabe puis, via la route de la soie, en Chine, où elle évolue en un récipient métallique contenant de la poudre à canon[1].

À l’époque moderne, la grenade se diffuse en Europe sous la forme d’une sphère creuse en fer percée d’un trou permettant de la remplir de poudre et par lequel passe une mèche permettant la mise à feu[2]. Ce modèle évolue peu jusqu’à l’invention en 1903 de la grenade à détonateur à percussion par l’officier serbe Miloš Vasić, qui deviendra la grenade M12, utilisée pendant les guerres balkaniques et lors de l’attentat de Sarajevo[3].

Typologie par mode de lancement

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Grenade à main

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Depuis l'invention du concept de la grenade en 1044 et son utilisation massive dans les conflits, notamment durant les deux guerres mondiales, la grenade à main s'est imposée comme une arme incontournable des unités militaires. De forme sphérique ou ovoïde, pesant quelques centaines de grammes, la grenade à main existe aujourd'hui en une multitude de variantes.

Les grenades à main se classent en trois catégories : « défensive », « offensive », et « spéciale ». La grenade défensive a pour objectif de saturer en éclats métalliques une zone assez large, tandis que la grenade offensive - conçue afin de produire moins d'éclats - contient une charge explosive plus élevée, générant ainsi un effet de souffle plus important (ce qui la rend destructrice dans un environnement confiné, tel une pièce d'un bâtiment). La troisième catégorie rassemble toutes les grenades qui ont un objectif prédéfini : la destruction de matériel pour la grenade incendiaire, le marquage de cibles pour la fumigène, la destruction de véhicules avec l'antichar et la neutralisation des ennemis ou des émeutes avec les grenades « flash bang » et lacrymogènes, etc.

Le principe de fonctionnement reste le même depuis la Mills bomb pour la majorité des grenades à main : une goupille maintient en position de sécurité le levier surnommé cuillère qui empêche le dispositif de s'armer. Une fois la goupille retirée, la main de l'opérateur peut encore retenir la cuillère, mais une fois libérée au moment du lancer, un ressort éjecte la cuillère et propulse un percuteur sur une amorce, qui allume une mèche lente, qui au bout de quelques secondes fait exploser la grenade.

Les grenades à main explosives sont également utilisées dans le civil pour déclencher les avalanches artificiellement[réf. nécessaire].

Grenade à fusil

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Entre les deux guerres mondiales, des grenades à fusil ont été développées. Elles s'adaptent au bout du canon de l'arme et utilisent l'énergie du tir d'une cartouche sans balle pour être propulsées plus loin que ne le ferait un lanceur humain.

Les grenades à fusil, contrairement aux grenades à main, sont des projectiles stabilisés munis d'un détonateur déclenchant la munition à l'impact. Cela permit d'en développer des versions antichar, dotées d'une charge creuse.

Elle est encore utilisée dans l'armée française (tirée avec un FAMAS).

Les grenades lacrymogènes peuvent également être lancées à l'aide d'un fusil.

Typologie par usage

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Antipersonnel

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La grenade à fragmentation, qui prend la forme d’un corps métallique rempli d’un mélange explosif, est la principale grenade à usage antipersonnel. Lors de l’explosion, le corps éclate en de nombreux fragments qui sont dispersés à haute vitesse de manière concentrique. Ces fragments causent généralement des blessures graves ou létales dans un rayon de cinq à vingt mètres et peuvent être dangereux jusqu’à environ deux-cent mètres. Du fait de la portée des fragments, les grenades de ce type se lancent généralement depuis un couvert, afin d’éviter que le lanceur soit blessé par son propre projectile ; pour cette raison, elle est parfois appelée « grenade défensive ». La Mk II et la RGD-5 sont des exemples de grenades à fragmentation. Les grenades dites « à fragmentation contrôlée » ont un corps en plastique plutôt qu’en métal, le rôle des fragments étant joué par des billes d’acier de quelques millimètres de diamètre. Bien que le corps soit en plastique, ces grenades, parmi lesquelles figure par exemple la DM-51 (de), sont assimilées aux grenades à fragmentation[4].

La grenade à concussion, parfois appelée « grenade offensive » a un corps léger, souvent en plastique, qui génère peu ou pas de fragments, mais contient une charge explosive plus importante que la grenade à fragmentation. Elle s’appuie ainsi principalement sur l’effet de souffle, l’effet thermique et l’éclair lumineux pour blesser et désorienter l’adversaire. Ces effets sont démultipliés en milieu confiné, d’où l’intérêt de ce type de grenade dans l’attaque de fortifications[5].

Antichar

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Les grenades conçues pour la lutte antichar comprennent le plus souvent une charge creuse permettant de pénétrer le blindage. L’amélioration des blindages fait que les grenades de ce type sont largement obsolètes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[6]. D’autres types de grenades ont également été utilisés de manière plus ou moins improvisée pour attaquer des blindés, par exemple en regroupant plusieurs grenades à fragmentation pour constituer une petite charge de démolition[7]. Les Britanniques ont de leur côté privilégié entre 1940 et 1943 l’utilisation des grenades à concussion, comme la sticky bomb ou la grenade gammon, pour l’attaque des blindés[8].

Antiémeute

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La grenade assourdissante, par exemple la M84, est un type particulier de grenade à concussion qui est spécialement conçu pour réduire sa létalité tout en augmentant l’intensité sonore et lumineuse de la détonation, ce qui permet de désorienter avec un risque réduit de blessure. À ce titre, ces grenades sont souvent employées lorsque des civils sont impliqués, par exemple lors de prise d’otage ou lors d’opération de maintien de l’ordre. Bien que moins létales, elles peuvent néanmoins se révéler dangereuses du fait de la chaleur et du souffle générés, qui peuvent provoquer des incendies, causer un mouvement de panique ou affecter plus fortement des personnes vulnérables, comme les personnes âgées, les enfants ou les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires[9].

La grenade lacrymogène contient un agent irritant, par exemple du gaz poivre ou du gaz CS, et sert généralement à disperser les foules lors des opérations de maintien de l’ordre[10]. Il existe également des dérivés moins létaux de la grenade à fragmentation dans lesquels les fragments sont remplacés par des billes en plastique ou en caoutchouc[7].

Depuis le début du XXIe siècle, les modèles de grenades à usage de maintien de l’ordre cumulant plusieurs effets se multiplient. Par exemple la GLI-F4 est à la fois assourdissante, à effet de souffle et irritante. Elles incorporent également de plus en plus souvent des dispositifs pour empêcher de les relancer, par exemple en se séparant en plusieurs éléments ou en devenant brûlantes au toucher[11].

Fumigène

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Le mélange contenu dans la grenade fumigène est destiné à générer une épaisse fumée lorsque la grenade est mise à feu ou le contenant brisé. Cette fumée peut être blanche ou colorée et peut servir à aveugler l’adversaire, à se dissimuler ou à marquer un point, par exemple une cible pour des aéronefs. Bien que cela ne soit généralement pas un effet souhaité, la fumée générée est souvent toxique et peut être létale en milieu confiné du fait qu’elle déplace l’oxygène[12].

Insignes de grenades

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Des insignes représentant les premières grenades à main, surmontées d'une flamme, sont présents sur des uniformes militaires :

Les Grenadier Guards reçurent leur nom et leur badge de grenade enflammée lorsqu'ils repoussèrent une attaque de grenadiers français à Waterloo.

Fabricants

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Notes et références

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  1. Rottman 2015, p. 7.
  2. Rottman 2015, p. 7-8.
  3. Rottman 2015, p. 9.
  4. Rottman 2015, p. 5, 77.
  5. Rottman 2015, p. 5,8, 77.
  6. Rottman 2015, p. 71, 77.
  7. 1 2 Rottman 2015, p. 72.
  8. Rottman 2015, p. 58-60.
  9. Rottman 2015, p. 74.
  10. Rottman 2015, p. 71-72, 74.
  11. Rottman 2015, p. 71-72.
  12. Rottman 2015, p. 73-74, 77-78.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Gordon L. Rottman, The Hand Grenade, vol. 38, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Weapon », (ISBN 9781472807342).

Articles connexes

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Liens externes

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