Grenade assourdissante

grenade défensive utilisée par les forces de l'ordre

Une grenade assourdissante (stun grenade ou flashbang en anglais) est une grenade défensive utilisée par les forces de l'ordre dans certains pays pour repousser les manifestants.

Une grenade assourdissante M84.

Son utilisation est généralement régie par des règles précises car elles peuvent blesser très gravement. Elle ne doit pas être confondue avec la grenade de désencerclement, qui projette en plus des galets en caoutchouc.

Description

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Une grenade assourdissante est conçue pour produire un bruit important et un flash de lumière sans causer de blessures permanentes.

Au Canada, la législation permet de l'utiliser en cas de danger. Elles doivent être envoyées en l'air, pour exploser dans le ciel et ainsi disperser la foule sans risquer de blesser les manifestants[1].

En France, l'EF-SON, grenade assourdissante d’une nouvelle génération, arme non létale, émet une forte détonation de plus de 160 décibels visant à disperser les foules[2]. Fabriquée par l’entreprise française Alsetex, elle est tirée avec le lanceur Cobra, à double tube, avec une portée de 80 m. Elle est en dotation depuis 2025 dans les forces de l'ordre[3]. Après qu’un lycéen de 15 ans ait eu la main arrachée lors d'une manifestation à Lens le , l'usage de l'EF-SON est suspendu par le Gouvernement le lendemain, à titre conservatoire, lors des manifestations lycéennes[4].

Un autre modèle de grenade assourdissante, GL-304, fabriqué par l'entreprise brésilienne Condor Tecnologias Não-Letais (en), est déployé aussi en 2025. Ce dernier modèle[5], composée de trois bandeaux, dont un de couleur marron, lancé à la main et à la portée moindre, peut aussi causer des blessures s'il explose à moins de 10 mètres des manifestants[6].

Utilisations non conformes

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Dans divers événements cependant, notamment en France et au Canada, les forces de l'ordre l'ont utilisé en direction des manifestants, provoquant des lésions graves et la pénétration d'éclats des grenades dans la chair ou des organes des manifestants :

  • En , à Montréal, au Canada, lors d'une charge de police sur des manifestants étudiants qui bloquaient le siège social de Loto-Québec, Francis Grenier, un manifestant a été blessé gravement à l'œil droit[1] ;
  • En , dans le Cotentin, en France, divers manifestants pacifiques s'opposant aux lignes à très haute tension « Cotentin-Maine » devant être reliées à la centrale nucléaire de Flamanville, ont été blessés de plusieurs éclats de grenades assourdissantes, notamment au bas ventre. Certains ont dû être emmenés d'urgence à l'hôpital[7],[8] ;
  • En , à Notre-Dame-des-Landes, lors des manifestations d'opposition à la construction de l'aéroport du Grand Ouest, plusieurs personnes ont été blessées au bas-ventre, ont reçu des éclats aux jambes, un autre a été atteint de surdité brutale avec blessure visible au tympan.
  • En , lors des manifestations contre le projet de centre de stockage de déchets radioactifs à Bure (projet Cigéo), un manifestant est gravement blessé au pied lors de plusieurs jets de grenades assourdissantes[9].

Notes et références

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  1. 1 2 Philippe Teisceira-Lessard, « Grenades assourdissantes : une vidéo soulève des questions », sur www.lapresse.ca,
  2. ↑ « L’usage des grenades assourdissantes suspendu pour le mouvement des lycéens », sur 20 Minutes, (consulté le )
  3. ↑ Arthur Carpentier, « Qu’est-ce que l’EF-SON, la grenade assourdissante à l’origine de la mutilation d’un lycéen et dont l’usage a été suspendu par le gouvernement ? », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ Arthur Carpentier, « L’EF-SON, cette grenade assourdissante dont l’usage a été suspendu par le gouvernement après la mutilation d’un lycéen », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ « Grenade assourdissante GL-304 - Condor », sur Maintien de l'ordre (consulté le )
  6. ↑ Arthur Carpentier, Liselotte Mas et Poline Tchoubar, « Au lendemain de l’interdiction d’une grenade assourdissante, un autre modèle, utilisé à Paris, a également causé des blessures », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ « La police de François Hollande est aussi violente que celle de Sarkozy », sur Reporterre,
  8. ↑ « Ligne THT : ce petit village normand qui résiste encore à l’autoroute de l’électricité », sur Bastamag,
  9. ↑ « Grièvement blessé au pied par les gendarmes à Bure, Robin témoigne », Reporterre, le quotidien de l 'écologie,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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