Ça (personnage)
Ça (anglais : It), également appelé Grippe-Sou, le Clown dansant (Pennywise, the Dancing Clown) ou Robert « Bob » Gray, est un personnage fictif du roman Ça (1986) écrit par Stephen King.
| Ça | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Ça. |
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Cosplay du personnage de Ça dans la version de 2017. | |
| Nom original | It |
|---|---|
| Alias | Grippe-Sou, le Clown dansant Robert « Bob » Gray La Dévoreuse de Mondes Le Galloo (Ça : Bienvenue à Derry) Mme Kersh Hobo le Lépreux |
| Origine | Macroverse |
| Décès | supposé mort le 31 mai 1985 (roman) mort en 1990 (« Il » est revenu) mort le (Ça : Chapitre 2) |
| Sexe | Féminin Masculin (sous la forme du clown) |
| Espèce | Démon Croque-mitaine Extraterrestre |
| Cheveux | Roux |
| Yeux | Bleu et jaune |
| Arme favorite | Peur |
| Pouvoirs spéciaux | Télépathie Télékinésie Métamorphose Téléportation Possession |
| Adresse | Égouts de Derry (Maine) |
| Véritable forme | Lumières-Mortes |
| Ennemi de | Maturin (La Tortue) Le Club des Ratés |
| Créé par | Stephen King |
| Interprété par | Tim Curry (1990) Bill Skarsgård (2017, 2019, 2025) |
| Films | Ça : Chapitre 1 Ça : Chapitre 2 |
| Romans | Ça |
| Séries | « Il » est revenu (1990) Ça : Bienvenue à Derry (2025) |
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Ça est présenté comme une entité cosmique extraterrestre et métamorphe ayant atterri sur Terre avant l'arrivée des premiers humains sous la future ville de Derry (Maine). Incarnation du Mal dans le texte de King, la créature se nourrit de la peur de ses victimes, et cible plus particulièrement celle des enfants.
Les références au personnage sont nombreuses dans de multiples autres œuvres de King, telles que Les Tommyknockers (1987) ou encore Dreamcatcher (2001). Ce clown maléfique est une forme archétypale, librement inspiré de figures comme Bozo le clown, John Wayne Gacy, Ronald McDonald ou encore des folklores liés aux trolls.
Le personnage apparaît à l'écran dans deux adaptations : le téléfilm de 1990 réalisé par Tommy Lee Wallace « Il » est revenu, où il est interprété par Tim Curry, puis la franchise au cinéma et à la télévision d'Andy Muschietti (2017-2025), où cette fois-ci, le personnage est incarné par Bill Skarsgård.
Plusieurs médias tels que The Guardian classent ce personnage comme l'un des clowns les plus effrayants dans la culture cinématographique ou populaire.
Inspiration
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Stephen King raconte qu'il a eu l'idée de la conception de Grippe-Sou peu après avoir commencé à réfléchir sur le roman Ça, à la fin des années 1970, en pensant que les clowns étaient ce qui effrayait le plus les enfants[1]. Une rencontre dans un avion, lors de la tournée promotionnelle du roman Dead Zone (1979), avec un homme grimé comme Ronald McDonald ou encore Bozo le clown, l'a également influencé[2],[3].
Dans un essai sur les incarnations du mal dans la culture, il est émis l'idée que Grippe-Sou et d'autres clowns créés dans les années 1980 ont tous été doublement influencés à la fois par le tueur en série John Wayne Gacy, qui avait l'habitude de se déguiser en clown[4], ainsi que par l'image d'un capitalisme agressif incarné par la figure de Ronald McDonald[5].
Histoire
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Dans le roman, Ça est une entité extraterrestre métamorphe qui prend généralement la forme de Grippe-Sou le Clown dansant, originaire d'un vide contenant et entourant l'univers, un lieu appelé dans le roman le « macrovers »[N 1]. Bill Denbrough pense qu'elle, avec la Maturin Tortue (son équivalent bienveillant), a été créée par une entité connue sous le nom de « l'Autre » (une force mystérieuse et bienveillante au-delà de Ça et de la Tortue)[a]. Ça est arrivé sur Terre lors d'un crash d'astéroïde et s'est installé sous la zone qui deviendra des millénaires plus tard la ville de Derry[b], dans l'État du Maine. Il a dormi pendant des millions d'années, puis s'est réveillé lors de l'arrivée des premiers humains dans la région : dès lors, la créature entame un cycle d'éveil d'un ou deux ans, durant lesquels elle se nourrit de la peur de ses victimes en prenant la forme de ce qu'ils redoutent le plus. Ces périodes d'éveil sont suivies de périodes d'hibernation durant environ 27 ans. Ça préfère s'attaquer aux enfants, car leurs peurs sont plus simples à comprendre et à manifester physiquement, à contrario des adultes. De la même façon, il peut contrôler les personnes faibles d'esprit, soit en les faisant ignorer les horreurs qui les entourent, soit en les transformant en complices[b]. Lorsqu'il se présente aux humains, il utilise le nom de Robert « Bob » Gray[c],[6].
Ses périodes d'hibernation commencent et s'achèvent par des événements violents, tels que la disparition des 340 colons du Derry Township entre 1740 et 1743 (au cours de laquelle les colons disparurent mystérieusement sans laisser de trace) ou l'explosion de la fonderie de Kitchener en 1906, tuant 108 personnes, dont 88 enfants lors d'une chasse aux œufs de Pâques[7].
Lorsque le roman débute, en , le réveil de Ça entraîne une importante tempête de saison qui inonde une partie de la ville. Le frère cadet de Bill Denbrough, Georgie, devient alors la première d'une longue série de victimes de ce cycle[8]. Bill et ses amis, connus sous le nom de Club des Ratés, enquêtent sur les disparitions et notent qu'elles ont toutes un lien avec le système d'égouts de Derry ; grâce à ces informations, ils déduisent correctement qu'il utilise une maison de puits comme repaire. Grâce à une cérémonie de trou de fumée inspirée des rites amérindiens, ils découvrent que la créature vient de l'espace[d]. Les enfants se rendent à la maison et sont attaqués par Ça sous la forme d'un loup-garou. Beverly Marsh tire une balle d'une fronde sur la créature, blessant Ça et le forçant à fuir dans les égouts[e]. Le récit bascule alors brièvement vers son point de vue, où il se considère comme supérieur et considère la Tortue comme un égal et les humains comme de simples « jouets ». Il confirme aussi qu'il choisit de s'en prendre aux enfants parce qu'ils sont plus faciles à tromper et à effrayer. Il pense que leurs peurs sont plus faciles à interpréter physiquement, ce qu'il affirme être similaire à « saler la viande », car la chair effrayée lui semble meilleure[f]. Bill établit une connexion télépathique avec Ça à travers le Rituel de Chüd. Le Rituel de Chüd est une bataille psychique et spirituelle entre Bill et Ça où il « mord » métaphoriquement la langue de l'entité avec de l'humour et des croyances enfantines comme le Père Noël, et les deux s'engagent dans une sorte de duel mental à esprit à travers le macrovers[g],[9].
Ça se réveille à nouveau en 1984 après qu'Adrian Mellon, un homme gay, a été assassiné par un groupe d'homophobes lors des fêtes du Canal de la ville[10]. Il provoque ensuite une série de meurtres d'enfants à Derry, poussant Mike Hanlon, devenu adulte et bibliothécaire de la ville, à rappeler ses amis en ville pour vaincre à nouveau Ça. Stan Uris, l'un des Ratés ayant participé à la bataille contre Ça , se suicide, craignant de le retrouver[10]. Ça manipule le mari de Beverly Marsh, Tom Rogan, pour capturer Audra Phillips, l'épouse de Bil, et l'emmener dans sa tanière dans le but de l'utiliser comme appât pour les Ratés[h]. Les Ratés adultes, atteignent la tanière de Ça et découvrent qu'il a pris la forme d'une araignée géante[N 2]. Bill et Richie Tozier entrent dans son esprit par le Rituel de Chüd, mais s'y perdent après que Bill n'arrive pas à « mordre » la langue de Ça. Pour distraire ce dernier et ramener Bill et Richie, Eddie Kaspbrak court vers l'araignée et utilise un aspirateur pour lui asperger des médicaments. Bien qu'il réussisse à blesser l'araignée, celle-ci lui arrache son bras[11]. Elle s'enfuit pour soigner ses blessures, mais Bill, Richie et Ben Hanscom la poursuivent et découvrent qu'elle a pondu des œufs[f]. Ben reste en arrière pour détruire les œufs, tandis que Bill et Richie se dirigent vers leur confrontation finale avec Ça. Bill se fraye un chemin à l'intérieur du corps de l'araignée, localise son cœur et l'écrase entre ses mains, tuant l'entité. Le groupe se retrouve pour quitter la tanière et, bien qu'ils essaient d'emmener les corps d'Audra et d'Eddie avec eux, ils sont contraints de laisser Eddie derrière eux. Ils remontent à la surface et réalisent que les cicatrices sur leurs mains datant de leur enfance ont disparu, signe que leur épreuve est terminée. Au même moment où Ça est tué, une énorme tempête déferle sur Derry[i].
Films
modifierÇa ressurgit tous les 27 ans à Derry (Maine). Il se nourrit principalement d'enfants et retourne hiberner[12]. Le moment où Ça retourne en hibernation coïncide la plupart du temps avec un événement « atroce » majeur[N 3].
Le premier film débute en octobre 1988, Ça rencontre un enfant du nom de Georgie Denbrough qu'il capture après lui avoir arraché un bras[13]. Le frère de l'enfant, Bill Denbrough, et son groupe d'ami, connu sous le nom de « Club des Ratés », se réunit pour tuer Ça et mettre fin à son règne meurtrier. Cependant, après leur combat, Ça retourne en hibernation et se décompose[14],[15].
Durant le second film, qui se déroule 27 ans plus tard, Ça sort de son hibernation et revient traquer et tuer les habitants de Derry et les membres de Ratés devenus adultes depuis. Cela incite le Club des Ratés à se reformer et à combattre Ça à nouveau pour le tuer une bonne fois pour toutes. À la fin du second film, les Ratés utilise le Rituel de Chüd[N 4], qui rate[17]. En dépit de cet échec, les Ratés battent Ça en le moquant et l'insultant ce qui le fait rapetisser et s'affaiblir, permettant à Ben, Bill, Richie, Beverly et Mike de lui arracher son cœur[16]. Le corps de Ça se décompose alors, provoquant un tremblement de terre et l'effondrement de la caverne. Les membres du Club des Ratés survivants parviennent à sortir à temps de la maison du 29, Neibolt Street, avant de voir celle-ci s'écrouler sur elle-même[18].
Mort supposée
modifierGrippe-Sou serait mort le [j], après que le Club des Ratés (avec l'aide de Maturin la Tortue) est revenu une fois ses membres devenus adultes et l'a vaincu dans sa tanière située dans les égouts de Derry. Après un affrontement mental dans les « Lumières Mortes »[N 5] ils parviennent finalement à le tuer en extrayant son cœur de sa forme arachnoïde et à écraser les œufs qu'il a pondus. Sa mort provoque une gigantesque tempête qui ravage la ville de Derry à l'état de pourriture avancée[N 6],[16].
Dans le téléfilm, Ça meurt en 1990[19] et dans Ça : Chapitre 2, Ça meurt en 2016[20].
Si dans le roman Ça est considéré comme mort, plusieurs autres œuvres de Stephen King sous-entendent à l'inverse que la créature cosmique a survécu. Par exemple, dans le roman Dreamcatcher (2001), le personnage de Mr. Gray se rend à Derry et y découvre une plaque commémorative de la tempête de 1985 vandalisée sur laquelle on a écrit PENNYWISE LIVES (« Grippe-sou vit »)[21]. Dans le roman Les Tommyknockers (1987), un personnage croit voir dans les rues de Derry un clown émergeant d'une bouche d'égout avec des dollars brillants à la place des yeux et tenant dans sa main toute une grappe de ballons de couleurs[21]. Une dernière référence à l'entité métamorphe est faite dans le roman Insomnie (1994), où Ralph Roberts, personnage principal, aperçoit dans le ciel de Derry ce qui s'apparente aux Lumières Mortes :
« Il comprit également que s'il regardait trop longtemps cette lumière, ces tourbillons de couleur mortelle, la mort, loin d'être la pire chose qui pourrait lui arriver, serait au contraire la meilleure. Il ne se contenta pas de fermer fortement les yeux, il ferma aussi son esprit »[22].
Série
modifierÇa : Bienvenue à Derry est une préquelle aux films Ça et Ça : Chapitre 2. Ses origines déjà brièvement abordées dans le second film sont mises en lumière et diffèrent peu du roman. Il s'agit d'une entité cosmique arrivée sur Terre il y a des millions d'années[23]. Les premiers natifs baptisaient l'entité « Galloo », connu de tous comme étant la créature prenant la forme de leur plus grande peur. Malgré les mise en garde des différentes tribus, les premiers colons furent massacrés par le Galloo. Afin de se protéger et de protéger les générations futures, ils découvrirent la caverne abritant le lieu d'atterrissage de la météorite portant en son sein la créature, et en prélevèrent des fragments, dont ils constituèrent 13 artefacts protecteur nommés « Piliers », qu'ils enfouirent autour de la forêt où le Galloo semblait avoir élu domicile afin de l'y emprisonner. Cette prison deviendrait plus tard la ville de Derry[24],[25]. Lors du dernier épisode, la série révèle que Ça ne perçoit pas le temps de manière linéaire et peut traverser les époques à sa guise[26],[27]. Ainsi, on comprend que son objectif est de tuer les parents des futurs membres du Club des Ratés pour empêcher sa mort[28].
Le personnage de Robert « Bob » Gray, étant un des noms inventés par Ça dans le roman, est ici pleinement exploité. Autrefois humain et père de famille, Bob Gray était un clown itinérant qui avait pour nom de scène « Grippe-Sou le clown dansant ». Au cours de l'année 1908, lors de la foire de Derry, ce dernier est enlevé par Ça[29] après avoir constaté que son apparence lui permettait d'attirer plus aisément les enfants. Dès lors, Ça adoptera principalement cette forme lors de ses cycles d'éveil[30]. La fille de Bob, Ingrid, profondément affectée par cette disparition, décidera de ne pas quitter la ville dans l'espoir que son père revienne un jour. Lorsque Ça sort à nouveau d'hibernation, Ingrid lui apporte des victimes en espérant pouvoir le revoir[31]. Lors de la fin du cycle de 1962, marqué par l'incendie du Black Spot, elle se libère finalement de son influence en réalisant qu'il n'a jamais été son vrai père. Grippe-Sou utilise alors les Lumières-Mortes pour la happer, l'entraînant dans un état catatonique[32].
La série révèle qu'Ingrid est la future Mrs. Kersh, la vieille femme qui apparaîtra à Beverly alors adulte lors de sa visite dans son vieil appartement. Pure invention de Ça dans le roman, ce personnage lève le voile sur la prétendue paternité sous-entendue par la créature dans le second film[33].
Concept
modifierCaractérisation
modifierDans une interview de 2013, Stephen King a déclaré avoir conçu Ça après avoir déterminé que ce que les enfants craignent « plus que tout au monde » sont les clowns[k]. Après avoir terminé Le Fléau, King traverse un pont au Colorado lorsqu'il imagine un troll comme celui du conte pour enfants Les Trois Boucs bourrus[34],[35],[N 7], bien qu'il l'ait imaginé vivant dans un égout plutôt que sous un pont. Il a déclaré que toute l'histoire lui « revenait en tête » ; en particulier le fait que le personnage peut changer de forme[35],[m]. En 1985, lors de la publication de Brume, un recueil de nouvelles, King a conçoit le personnage comme un « examen final d'horreur » mettant en scène divers monstres d'enfance, donnant naissance à une créature métamorphe incarnant la peur[36]. Il a dit qu'il pensait avoir fini d'écrire sur les monstres, et voulait « faire venir tous les monstres une dernière fois... et l'appeler 'Ça'. »[37] Dans le roman, les Ratés croient que « Ça » est un taelus, une créature himalayenne qui lit dans les pensées et prend la forme de ce que sa cible craint le plus, semblable à un boggart. Ça effraie d'abord ses victimes parce qu'il se nourrit de leur peur, surtout celle des enfants[b]. Les commentateurs ont ainsi soutenu que le personnage est un film d'horreur lovecraftien vivant sous Derry[38].
Pouvoirs
modifierGrippe-Sou dispose d'une variété de pouvoirs comme la capacité de se métamorphoser[39], de manipuler et de posséder les personnes, la télékinésie, la téléportation, le contrôle météorologique et la télépathie. Il peut lire dans les esprits de ses victimes et utilise ce pouvoir pour se transformer en leur pire peur, et même les rendre hallucinés. Il peut aussi envahir les gens dans leurs rêves et les tuer[40].
Ayant atterri sur le territoire de Derry il y a des millions d'années, Grippe-Sou dégage une attraction malsaine sur la ville, comme s'il en était la personnification même. Les actes barbares ou forcenés des gens de Derry ont pour origine la puissance néfaste et destructrice qu'il émet depuis son arrivée sur Terre[39] ; lorsqu'il meurt, la ville est grandement endommagée par la tempête de 1985, puis se met à dépérir et mourir à son tour, comme si l'attraction sur elle qu'avait Ça était telle que Derry en était devenue dépendante[16]. Malgré ses vastes pouvoirs, sa faiblesse est qu'il peut être vaincu si ses adversaires utilisent leur imagination pour le combattre[40].
Formes
modifierLe personnage peut se métamorphoser et prend de nombreuses formes tout au long du roman, bien que sa forme la plus emblématique soit Grippe-sou le Clown dansant, décrit comme portant un costume ample argenté blanc avec des boutons orange à pompons sur le devant, de grands gants blancs, une grande cravate bleu électrique (parfois un gros nœud papillon jaune)[n], des yeux qui passent du jaune au bleu puis à l'argent, deux grandes touffes de cheveux roux de chaque côté de sa tête chauve, un maquillage de clown blanc et un grand sourire de clown rouge peint sur la bouche[o],[37]. D'autres formes que prend le personnage incluent Georgie (ainsi que son cadavre en décomposition)[p], un lépreux[41], une momie[37], et une sorcière[37],[q],[N 8]. On voit aussi Ça se faire passer pour divers enfants et adultes (vivants et morts) de Derry afin d'effrayer, de provoquer ou de manipuler ses proies, en particulier les Ratés[37],[f],[43].
La véritable forme du personnage, cependant, est inconnue. Dans l'univers, la perception la plus proche que l'esprit humain puisse avoir de la percevoir, ce sont les « Lumières Mortes », capables d'hypnotiser ou de tuer quiconque les regarde[s]. Dans le roman, Ça capture Beverly Marsh et lui montre les lumières mortes, la faisant flotter et lui fait perdre connaissance temporairement. Dans Ça : Chapitre 2, il est révélé que cette expérience a conduit Beverly à avoir des visions du futur[44]. Ben Hanscom, membre du club des Ratés voit, derrière ces dernières, une créature infinie, rampante, poilue, faite de lumière orange. La dernière forme physique dans laquelle le personnage apparaît lors du combat final des Ratés est celle d'une araignée géante monstrueuse qui pond des œufs[t].
Tout au long du roman, Ça est désigné comme masculin, se faisant appeler « Bob Gray » et prenant une forme masculine en Grippe-Sou. Cependant, en affrontant la forme d'araignée du personnage, les personnages découvrent que la créature est très probablement une femelle, car la forme finale du personnage dans le domaine physique est celle d'une araignée géante femelle également enceinte[45],[46].
Adaptations
modifier« Il » est revenu
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Lors de la première adaptation du roman en mini-série en 1990, le personnage de Grippe-Sous est interprété par l'acteur et chanteur Tim Curry[47]. À l'époque, connu pour avoir interprété le travesti et bisexuel Frank-N-Furter dans The Rocky Horror Picture Show, adaptation de la comédie musicale The Rocky Horror Show[48]. Originalement, Malcolm McDowell, Roddy McDowall et Alice Cooper étaient prévus pour jouer le rôle du clown[49]. Cependant, le scénariste Lawrence D. Cohen a insisté quant au fait que Curry obtienne le rôle[50]. L'équipe technique a originalement douté de la capacité de Curry quant au rôle de Ça dû à son rôle dans The Rocky Horror Picture Show et Cluedo[50]. Curry a fait une improvisation à la Robin Williams et a donné au personnage un accent du bronx afin de sonner comme « un vieux comique des Catskills »[49]. La version française est assurée par Jacques Ciron[51]. Le personnage utilise aussi plusieurs formes telles que Mme Kersh (Florence Paterson), que Beverly Marsh rencontre dans son ancienne maison, le Capitaine Hanscom (Steve Makaj), père décédé de Ben Hanscom ainsi qu'un loup-garou qui terrifie Richie Tozier après qu'il ait vu I Was a Teenage Werewolf dont l'acteur est non-crédité[52]. Ça apparait aussi sous la forme de Al Marsh (Frank C. Turner), le père de Beverly, Stanley Uris (Richard Masur) et Georgie Denbrough (Tony Dakota), petit-frère de Bill Denbrough et première victime du massacre ainsi que l'araignée (Brent Baker)[53]. Le Grippe-Sou de Curry a été conçu pour incarner un clown de cirque ordinaire. L'artiste des effets spéciaux Bart Mixon a évité de faire passer Ça pour un monstre au premier abord, disant que « 90 % du temps, il essaie d'avoir des enfants. »[54] Il a commencé à dessiner des concepts pour l'apparence de Grippe-Sou avant que Curry ne soit choisi, recherchant l'apparence générale des clowns pour s'inspirer[55]. Les storyboards originaux de Grippe-Sou présentent des pommettes exagérées, un menton acéré et un front bombé[56]. Il n'y a pas de traits ouvertement inhumains apparents dans le Grippe-Sou de Curry avant qu'il n'attaque. Curry et son équipe ont trouvé plus efficace de laisser les expressions faciales de Curry porter l'horreur à la place[54].
Ça : Chapitre 1 et 2 et Ça Bienvenue à Derry
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Le scénariste David Kajganich, à l'origine du projet d'une nouvelle adaptation du personnage au cinéma, a affirmé qu'il aurait pris Buster Keaton pour le rôle si ce dernier n'était pas mort[57]. En 2015, Cary Joji Fukunaga (qui a repris le projet en 2012) a affirmé que Will Poulter prendrait le rôle de Ça[58],[59]. Cependant, le , Poulter quitte le projet dû à un conflit d'horaire[60] et Bill Skarsgård le remplace[61],[62],[63]. Le doublage du personnage pour la voix française est celle de Antoine Schoumsky[64] et la voix québéquoise est celle de Thiéry Dubé[65]. Le personnage possède moins de scènes dans la deuxième adaptation par rapport à la première et utilise plus d'effets spéciaux comparé au téléfilm[66]. La deuxième principale forme de Ça, présente dans les deux films, est Hobbo le Lépreux (Javier Botet), un lépreux qui terrifie Eddie Kaspbrak, atteint d'hypocondrie[67]. Grippe-Sou prend d'autres formes telles qu'un enfant décapité, la maison où les parents de Mike Hanlon ont brûlé, le tableau d'une femme difforme inspiré des portraits d'Amedeo Modigliani[68]. Le film reprend aussi certaines formes présentes dans la mini-série comme Mme Kersh (Joan Gregson)[69], Georgie (Jackson Robert Scott)[70], Stanley (Wyatt Oleff) et l'araignée géante[70]. En 2023, il a été annoncé que Skarsgård ne participerait pas à Ça : Bienvenue à Derry car il voulait laisser le personnage derrière lui et se concentrer sur d'autres rôles[71],[72] mais en 2024, il change d'avis[73].
Dans les films, le réalisateur Andrés Muschietti a choisi une nouvelle interprétation de l'apparence et de l'ambiance du personnage. Il dit vouloir rester fidèle à l'essence du personnage, et que Skarsgård a attiré son attention[74]. Le Grippe-Sou de Skarsgård est plus ouvertement inquiétant, moins humoristique et se démarquant davantage[75]. Muschietti a dit qu'il voulait que Grippe-Sou ait l'air plus vieux qu'un clown typique du XXe siècle, puisque la créature existe depuis des milliers d'années. Il trouve que les clowns modernes paraissent « bon marché » et sont trop liés aux événements sociaux et aux cirques, disant qu'il préfère l'apparence des clowns du XIXe siècle[76]. Ainsi, lui et sa sœur Barbara (la productrice du film) décidèrent de s'inspirer des années 1800 et des périodes antérieures[77],[78]. Dans une interview accordée à Entertainment Weekly, la costumière Janie Bryant a expliqué que le costume de Grippe-Sou s'inspire de diverses époques historiques, notamment les périodes médiévale, Renaissance, élisabéthaine et victorienne[79]. Bryant a dit qu'elle voulait que Grippe-Sou ait une apparence plus organique, s'inspirant de la description de King portant un costume de clown gris argenté[80].
Une analyse de la série télévisée Ça : Bienvenue à Derry décrit la créature comme un « bébé démoniaque, mangeur de foie ». Le personnage est décrit comme se transformant en une famille de personnes qui se transforment progressivement en créatures ressemblant à des démons[81]. Lors d'une interview d'Entertainment Weekly, Muschietti a comparé la première apparition et révélation de la créature à celle vue dans Les Dents de la mer. Il a souligné que la série offre plus d'espace pour explorer les différentes formes du personnage que celle de Grippe-Sou, dont la forme de clown n'est montrée que plusieurs épisodes plus tard[82],[83].
- Les deux interprètes de Grippe-Sou le Clown.
- Tim Curry interprète le personnage dans le téléfilm « Il » est revenu de 1990
- Bill Skarsgard interprète le personnage dans la franchise au cinéma et à la télévision Ça
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modifierAccueil critique
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De nombreux médias tels que le journal The Guardian ont évoqué le personnage, le plaçant au premier rangs des clowns les plus effrayants au cinéma ou dans la culture populaire[84],[85],[86]. Le magazine The Atlantic à écrit sur personnage : « la chose la plus effrayante avec Grippe-Sou, cependant, est la manière dont il se nourrit des peurs les plus profondes des enfants, manifestant les monstres par lesquels ils sont le plus terrifiés (quelque chose que J. K. Rowling émulera plus tard avec les Épouvantards)[87],[u] ». La chercheuse et psychanalyste Mikita Brottman a également décrit Grippe-Sou comme « Un des clowns les plus maléfiques à être apparu sur le petit écran » et qu'il « reflétait toutes les horreurs sociales familiales connues de l'Amérique contemporaine[u] »
Une enquête menée par l'université du pays de Galles du Sud a indiqué que des clowns de cinéma comme Ça ou le Joker contribuent en partie à la coulrophobie de certaines personnes[88]. Bien que la créature prenne de nombreuses formes, des critiques comme Keith Currie notent que Grippe-sous est la plus mémorable[v]. Certains chercheurs suggèrent que la métamorphose de Ça reflète de profondes angoisses psychologiques[w],[x],[89] subvertissant ainsi le rôle traditionnel du clown en tant que figure de moquerie[y]. Le scénariste James Smythe a écrit que la performance de Tim Curry dans le rôle de Ça a largement contribué à la célébrité durable du personnage[90]. Sophie Gilbert de The Atlantic a écrit que « le contraste entre ses salopettes jaunes comique et son penchant pour arracher les membres des enfants est assez frappant. »[87] Kristy Strouse a qualifié l'interprétation de Curry de « déjantée » mais troublante, soulignant également la qualité du maquillage, des costumes et des effets pratiques du personnage[91].
David Fear de Rolling Stone a salué la performance de Bill Skarsgård en 2019 comme un « chef-d'œuvre phobique », ajoutant que « à l'écran, il a l'impression de s'enfoncer dans votre psyché »[92]. Le critique de Rolling Stone, Peter Travers, a décrit le Ça de Skarsgård comme « toutes les peurs des Ratés réunies en un seul clown inquiétant et dansant »[93]. Même Skarsgård et Stephen King eux-mêmes ont peur du personnage, Skarsgård racontant à Entertainment Weekly qu'il a commencé à voir le personnage dans ses rêves après le tournage[94],[95]. Et King affirmant dans un post Reddit qu'il ne reviendrait pas sur Ça (et donc, Grippe-Sous) parce qu'il est « trop effrayant, même pour moi »[96]. Il a redit cela dans une interview accordée à Bloody Disgusting[97].
Le public et les critiques ont réagi aux adaptations cinématographiques de 2017 et 2019 avec un mélange de crainte et de fascination ; la critique Katie Kilkenny de Pacific Standard estime que les clowns sont l'une des principales raisons du succès du film de 2017[98]. D'autres critiques ont rédigé des avis plus diversifiés.. Christopher Orr de The Atlantic affirme que le Ça de Skarsgård est moins « ouvertement clownesque » que celui de Curry, et donc « moins mémorable »[99]. Richard Roeper du Chicago Sun-Times a décrit Ça comme « moins effrayant » en 2019 qu'en 2017, mais a également salué la performance de Skarsgård comme étant « troublante d'efficacité »[100]. Tom Russo du Boston Globe a qualifié le personnage de « suprêmement effrayant » dans sa critique de Ça : Chapitre 2[101].
L'examen de Michelle Gompf sur l'attrait de Ça a révélé qu'un sous-ensemble de spectateurs exprimait une attirance ou une affinité pour le Ça de Skarsgård. Elle voit cela soit à cause de l'acteur lui-même, soit d'une tendance plus large de la culture populaire à romantiser des antihéros charismatiques comme Loki ou Hannibal Lecter. Gompf a également noté que les fans débattent entre eux de l'attrait du nouveau design de Ça ; les premières images promotionnelles de Skarsgård en costume divisant les fans sur la question de savoir si le personnage était trop effrayant ou pas assez. Elle a précisé qu'en particulier, l'esthétique visuelle, les expressions faciales et la posture de Ça contribuent à créer un sentiment d'angoisse chez les spectateurs[s].
Chris Evangelista de /Film a critiqué Ça : Bienvenue à Derry, la suite en série du film de 2019 affrimant que la série a été créée pour répondre à tous les mystères présentés sur le personnage, et estime qu'il n'est pas nécessaire de révéler l'origine de Ça puisque « ce genre de choses défie toute explication raisonnable ». Il voit Ça davantage comme une « créature métamorphe » qui « améliore la série » avec une plus grande variété de frayeurs[102]. Chris Hayner de Polygon a déclaré qu'il s'intéressait davantage à l'histoire de Derry et à l'influence de Ça sur la ville qu'aux films[103].
Les meurtres de 2014 / 2016
modifierLe personnage a été suggéré comme un mobile possible pour deux incidents en 2014 où des personnes se déguisaient en clowns à Northampton, en Angleterre, et à Staten Island, dans l'état de New York aux États-Unis[k],[104]. Au cours de 2016, plusieurs rapports ont fait état d'apparitions aléatoires de « clowns maléfiques », dont sept personnes originaires de l'Alabama accusées d'« activités liées aux clowns »[105],[106]. Plusieurs journaux rapportent que Grippe-Sou était l'inspiration de ces incidents, ce qui poussa Stephen King à prendre la parole et à demander aux gens de réduire leur hystérie[107]. Le premier incident enregistré est un à Greenville, Caroline du Sud, où un petit garçon a dit à sa mère qu'il avait vu deux clowns essayer de l'attirer[107]. À la suite de cet incident, des clowns similaires ont été observés dans plusieurs états américains, dont la Floride, New York, le Wisconsin et le Kentucky, puis plus tard dans d'autres États de l'Ouest, à partir d'[108],[109],[110],[111]. En octobre de la même année, au milieu de plus d'une centaine d'incidents aux États-Unis et au Canada, le phénomène s'est propagé de l'Amérique du Nord à l'Europe, en Australie et en Amérique latine[112],[113],[114]. Plusieurs explications possibles pour les incidents de 2016 ont été avancées. L'un d'eux affirme que certains incidents étaient certainement le résultat d'une campagne marketing pour le film 31 de Rob Zombie[115], cependant le chef de la police de Greenville, Ken Miller, a déclaré aux médias qu'il n'était pas sûr que cela concernait le film, des personnes qui voulaient « s'amuser » ou quelque chose de plus insidieux[116]. Un porte-parole de New Line Cinema a publié un communiqué expliquant que la société n'avait rien à voir avec les incidents[116].
Analyse
modifierPlusieurs chercheurs ont interprété Ça comme une métaphore culturelle des angoisses réelles de l'époque où se déroule l'histoire[z]. La chercheuse Whitney S. May écrit que le retour de Ça dans les films reflète une résurgence plus large de la figure du « clown maléfique » dans la culture populaire[aa]. Fernando Gabriel Pagnoni Berns voit de la même manière le personnage comme l'incarnation des paniques morales des années 1980, refaisant surface une fois par génération pour effrayer adultes et enfants[z]. La chercheuse indépendante Erin Giannini écrit dans un essai que Ça incarne la peur du danger des étrangers, une peur qui traverse les générations et n'est pas liée à une époque précise[ab]. L'universitaire Margaret J. Yankovich interprète également Ça comme une représentation d'un traumatisme personnel ou historique à affronter[ac]. Le scénariste Keith Currie décrit la transformation de Ça en méchants emblématiques de l'horreur comme le comte Dracula comme « une sombre lettre d'amour au genre » et considère Ça comme l'une des créations les plus mémorables de Stephen King[v],[N 9].
Les spécialistes de la littérature ont observé que le roman Ça utilise son antagoniste pour représenter le mal collectif de Derry. Le spécialiste de Stephen King, Tony Magistrale, affirme que le roman montre comment Derry « institutionnalise les abus sur enfants » à tel point que « les actions de Ça ne font que refléter l'indifférence générale de la ville envers ses enfants. »[af]. En ce sens, le clown est le reflet des pires impulsions de la ville. Le critique Adrian Daub du Los Angeles Review of Books note que King ne fait pas la distinction entre les horreurs surnaturelles commises par Ça et les maux quotidiens manifestés par les habitants de la ville, tels que le racisme[117]. Ces cruautés banales ne sont pas simplement causées par Ça, mais sont une réplique de sa nature ; le roman établit fréquemment des comparaisons directes entre Derry et la créature[ag],[ah]. Chris Hayner, journaliste de Polygon, a écrit que les maux montrés chez les habitants de Derry sont également présents dans Ça : Bienvenue à Derry, écrivant que « la terreur ici n'est pas directement liée aux actions de Ça, bien qu'il reste très terrifiant ». Il salue le fait que Ça terrorise Derry et contrôle les habitants de la ville indirectement plutôt que directement[103]. La professeure associée Penny Crofts de l'Université de Technologie de Sydney écrit que les habitants de Derry sont quelque peu complices des crimes de Ça par leur inaction et leur incapacité à arrêter la créature. Elle cite le meurtre homophobe d'Adrian Mellon au début du livre comme exemple. Crofts compare le cas de Ça à celui de Larry Nassar, un délinquant sexuel condamné pour pédocriminalité en 2017 , écrivant que Ça et Nassar ont tous deux été protégés par les personnes autour d'eux alors qu'ils commettaient des crimes « avec une apparente impunité »[ai].
Margaret Yankovich interprète également Ça comme à la fois l'origine et l'incarnation du mal récurrent observé à Derry, symbolisant une source primordiale de peur et de mort. Cela, soutient-elle, est renforcé par la vision des Ratés lors de la cérémonie du trou de fumée, où ils assistent à l'écrasement du personnage à Derry[ac],[d]. Yankovich observe que Ça prend naturellement la forme de la pire peur d'un enfant ; par exemple, Ça apparaît à Eddie Kaspbrak (un germophobe et hypocondriaque) sous la forme d'un lépreux, manifestation physique de contamination et de maladie[ac]. Selon le professeur assistant du Falakata College, Diganta Roy, Ça et Derry agissent comme des miroirs de la haine et de la rage psychotique des habitants de la ville[aj].
Hannah Lina Schneeberger et Maria Wiegel de l'Université de Cologne soutiennent que, bien que Stephen King n'ait jamais cité John Wayne Gacy comme influence pour Grippe-Sou, ils reflètent tous deux l'esprit américain des années 1980[ak]. Elles soulignent l'interconnexion entre Grippe-Sou, Gacy et la banlieue blanche de la classe moyenne de Derry comme représentation de la société américaine au sens large. Derry est selon elles un lieu homogène qui réprime ce que ses habitants considèrent comme indésirable en utilisant le racisme et la bigoterie ; ainsi, selon eux, Ça reflète les angoisses auxquelles sont confrontés ses victimes. Les personnages de clown de Grippe-Sou et Gacy donnent tous deux l'illusion d'un clown amical et ordinaire tout en cachant quelque chose de bien plus sinistre. Schneeberger et Wiegel soutiennent que Ça incarne non seulement Derry, mais aussi chacun de ses quartiers et sous-communautés[ak]. Sur une note connexe, Erin Giannini pense que Ça incarne la peur du danger des étrangers[al]. Fernando Gabriel Pagnoni Berns conclut dans son essai que Ça se nourrit des peurs des habitants de Derry, tout comme les paniques morales le font à travers l'histoire[w].
Des chercheurs ont également exploré des thèmes plus profonds derrière la défaite de Ça. Diganta Roy soutient également que la défaite de Ça a une double signification ; il présente les Ratés comme des héros enfants qui remettent en cause les normes sociales mêmes destinées à les protéger, et marque un tournant dans la transition des Ratés vers l'âge adulte. Dans cette optique, Ça est un mécanisme d'adaptation pour aider les Ratés à trouver un sentiment d'appartenance[am]. Dans le chapitre deux, les Ratés affrontent la créature non pas avec des armes physiques mais en tenant tête à Ça et en se moquant de lui, le réduisant d'une silhouette monstrueuse à une coquille flétrie ; Ça puise sa force dans la peur et l'imagination, et est donc faible face à ceux qui ont surmonté leurs peurs[an].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Selon La Tour Sombre
- ↑ Seul Mike est absent du combat final, car blessé grièvement par Henry Bowers
- ↑ Par exemple, l'incendie criminel du Black Spot en 1962.
- ↑ Qui est bien différent de celui du film : ici, les Ratés doivent brûler dans un sac un objet qui leur tient à cœur pendant que Mike invoque les Lumières-Mortes[16].
- ↑ Appelé le « Rituel de Chud »
- ↑ Dans le roman
- ↑ Cela est également mentionné à la fin du livre, lorsque Bill Denbrough et Mike Hanlon discutent de sa tanière. Bill a dit que dans l'embrasure de la porte qui y menait, il avait eu l'image de chèvres marchant sur un pont, et il a mentionné l'histoire des Trois Boucs Gruff par son nom[l].
- ↑ Dans cette forme, Ça s'introduit à Beverly Marsh comme Mme Kersh[r],[42]
- ↑ Dans le roman, Ça se transforme en plusieurs créatures issues d'anciennes histoires d'horreur que les Ratés connaissent, comme le comte Dracula ainsi que la créature éponyme de L'Étrange Créature du lac noir, entre autres[ad],[ae]. Ces scènes ont été en grande partie coupées des films.
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