Tajo de las Figuras

grotte préhistorique espagnole
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Le Tajo de las Figuras le ravin des figures ») est situés près du village de Benalup-Casas Viejas, dans la province de Cadix en Espagne[1]. Ses figures peintes sont dans le style d'art rupestre nommé arte sureño (es)[2] du sud de l'Andalousie[3].

Peintures du Tajo de las Figuras
Image illustrative de l’article Tajo de las Figuras
Panneau principal du Tajo de las Figuras. En noir calque de Breuil et Burkitt (1929), en rouge calque numérique (Lazarich et al., 2019) les oiseaux.
Localisation
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Région Andalousie
Province Cadix
Type Abri sous roche
Coordonnées 36° 19′ 02″ nord, 5° 44′ 04″ ouest
Géolocalisation sur la carte : province de Cadix
(Voir situation sur carte : province de Cadix)
Peintures du Tajo de las Figuras
Peintures du Tajo de las Figuras
Géolocalisation sur la carte : Andalousie
(Voir situation sur carte : Andalousie)
Peintures du Tajo de las Figuras
Peintures du Tajo de las Figuras

Une suite de cavités: le Tajo de las Figuras, del Arco, Cimera (ou Los Cochinos), Negra, Alta, El Tesoro (ou La Paja) et Los Pilones abritent des figures humaines et animales, symboles de différents styles encore visibles parmi lesquels des représentations d'oiseaux dont les espèces ont été identifiées (2019).

Les abris sous roche peints (ronds verts) dominent le site archéologique préhistorique du réservoir de Celemín. Tajo de Las Figuras est le plus méridional.

Historique

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En 1914, Juan Cabré et Eduardo Hernández-Pacheco ont publié Advance to the Study of the Prehistoric Paintings of the Far South of Spain (Laguna de la Janda) qui attire l'attention de la communauté scientifique. Cette première étude de 7 sites d'art rupestre les plus importants qui se caractérise par la grande quantité de peintures rupestres, surtout des représentations d'oiseaux, de mammifères et des figures anthropomorphes. La plupart de ces figures datent du Néolithique et du Chalcolithique. Henri Breuil réalise une étude exhaustive du Tajo de las Figuras à partir de 1914[4].

Sites d'art rupestre du sud de la péninsule Ibérique au sein de l'unité d'Aljibe : Tajo de la Figuras au centre[5]

En 1924, la grotte du Tajo de las Figuras a été déclarée Monument Architectonique Artistique. En 1929, H. Breuil (1877-1961) et Miles Crawford Burkitt (1890-1971) publient Rock Paintings of Southern Andalusia: A Description of a Neolithic and Copper Age Art Group, travail méthodique richement illustré dans lequel l'ensemble de la cavité principale est divisé en 7 séries (blanche, jaune, rouge clair ou pâle, brun rougeâtre, rouge vif, brun violacé et rose)[6].

Entrée de cavité du Tajo de las Figuras (en bas à gauche) et de El Arco (en haut à droite).1929, H. Breuil et Miles Crawford Burkitt[7].

En 1988, U. Topper (Arte Rupestre en la Provincia de Cádiz) publie le recensement de 81 sites d'art rupestre dans la région dont l'importance à l'échelle européenne stimule la recherche. De 1988 à 1993, Martí Mas Cornellá identifie plus de 30 nouveaux sites d'art rupestre et signale l'existence de gravures paléolithiques sur le site de Tajo de las Figuras[5].

Nombre et proportion de différentes familles d'oiseaux de Tajo de las Figuras (Lazarich et al.)[8]

Dans diverses publications (2018 à 2020), María Lazarich (Cadix, 1957-2026[9]), Antonio Ramos-Gil et Juan Luis González-Pérez décrivent les oiseaux représentés[10]. En 2021, María Lazarich et al. dans une communication richement illustrée aux Rencontres archéologiques de Loulé analysent les 968 pictogrammes encore visibles de ce qu'ils supposent un sanctuaire. Les espèces des 208 oiseaux sont identifiées, ainsi que des détails relatifs à l'éthologie et au symbolisme. L'écosystème qui existait dans la région à l'époque de la création des peintures est reconstitué[8].

Description

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Tajo de las Figuras, est un site parmi les abris sous roches décorés regardant au sud du côté de l'ancienne lagune de nombreux monuments mégalithiques dolmens, menhirs et tombes anthropomorphes, et voisin de vestiges témoignant des premiers établissements agricoles néolithiques[11] (les abris sous roches n'étaient pas habités[12]). Les peintures rupestres à l'oxyde de fer couleur oranger, rose à rouge foncé sont faites avec les doigts et des pinceaux pour les aplats[8].

Peintures rupestres (Tajo de las Figuras, Benalup - Casas Viejas).

Datation

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Le site est visité épisodiquement sur une longue période et les dessins s'y superposent. Les styles anciens schématiques avec nombreux quadrupèdes sont datés généralement du début du néolithique[12]. Les travaux récents (2025) sur un site comparable (la Cueva de Atlanterra) de 900 figures d'art rupestre dans un petit abri sous roche à Tarifa ont montré l'existence de brèves phases paléolithiques très anciennes dans le sud de la péninsule et au Maroc. Elle correspondent à des quadrupèdes flous et un supposé motif végétal puis des formes plus simplifiées au début de l'Holocène [13]. Les principaux dessins datent du néolithique au chalcolithique (entre 5000 et 3000 AP).

3 styles sont distincts: le style semi-naturaliste du Paléolithique supérieur et du Mésolithique, un style semi-schématique proche de l’écriture hiéroglyphique du début du Néolithique. Enfin, les peintures blanches du Néolithique final et de l’âge des métaux[12].

en haut population de flamants roses (Phoenicopterus ruber) dans l'eau tournés dans la même sens, au centre gauche un homme avec un chien ? plus bas une Talève sultane (Porphyrio porphyrio)

Oiseaux

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La vaste lagune de La Janda se formait autrefois dans la vallée de la rivière Celemín pendant la saison des pluies qui attirait une grande variété d'oiseaux qu'on retrouve dans les peintures (avec nids, huttes, arcs, soleils, étoiles et même bateaux) et détaillés (mâles et femelles, poussins et des scènes d'accouplement)[5]. Sur les 208 pictogrammes aviaires on dénombre 11 familles d'oiseaux différentes, comprenant 16 espèces distinctes dont certaines disparues, telles que l'ibis chauve qui pourraient figurer parmi les oiseaux représentés mais la précision des dessins est insuffisante pour l'affirmer[14] ou d'espèce devenues rares comme la Foulque macroule (Fulica cristata) à crête frontale dont la population actuelle (2019) n'est plus que de 50 individus. 15 % sont représentés en vol. Maria Lazarich et al. (2018) écrit que singularité du corpus iconographique reflète les conditions uniques des interactions entre humains et oiseaux à cette époque est liée à la situation particulière de la grotte qui favorisait l'observation des oiseaux[15].

Panneau central relevé par Breuil et Burkitt (1929), les flamants roses sont dans le cercle bleu[7]

Conservation

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Pendant des décennies, les peintures ont été à l'humidité et librement accessibles. En conséquence, une couche calcaire a voilé les figures. En 2005, des travaux de restauration ont été réalisés. Le site est propriété privée. La grotte est fermée au public depuis 2008. Sa réouverture est réclamée par Ecologistas en Acción comme le troisième plus important joyaux de l'art rupestre de la péninsule, après Cogul et Altamira[16].

Bibliographie

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  • Acosta, Pilar, La pintura rupestre esquemática en España, Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad de Salamanca, Salamanca, 1968.
  • Bergmann, Lothar, « Tratamiento de imágenes : Aplicaciones en la investigación del Arte Rupestre », COMPUTADORA, Revista de difusión informática, Cádiz, 11 / 1996.
  • [Breuil & Burkitt 1929] (en) Henri Breuil, Miles Crawford Burkitt (en) et la collaboration de Montagu Pollock, Rock paintings of southern Andalusia : a description of a neolithic and copper age art group, Oxford, The Clarendon Press, , 88 p. (lire en ligne [PDF] sur bibliotecadigitaldeandalucia.es), p. 10-34.
ouvrage très complet toujours consultable
  • Henri Breuil, Oiseaux peints à l'époque néolithique sur des roches de la province de Cadix, IPEK. Jahrbuch für prähistorische und ethnographische Kunst, t. 1, 4 pl. h.-t.1925, p. 47-50.
  • Cabré, J., Hernández - Pacheco, E., « Avance al estudio de las pinturas prehistóricas del extremo sur de España », Trabajos de la comisión de investigaciones paleontológicas y prehistóricas, no 3, Museo nacional de ciencias naturales, Madrid, 1914.
  • Pedro, G., E., « Avance al estudio de las pinturas prehistóricas del extremo norte de España », Trabajos de la comisión de investigaciones paleontológicas y prehistóricas, no 3, Museo nacional de ciencias naturales, Madrid, 1914.
  • María Lazarich González, Antonio Ramos-Gil, Juan Luis González-Pérez, Alba Salceda Pino, Daniel Pérez-Romero. Las aves pintadas del Tajo de las Figuras. Testimonios del ecosistema y del mundo simbólico de la prehistoria reciente en la provincia de Cádiz. In Maria João Valente e António Faustino Carvalho eds., XI Encontros de Arqueologia do Sudoeste Peninsular/Encuentros de Arqueología del Suroeste Peninsular. Loulé, 22-23 de Octobre 2021). pp. 117-132[8].

Références

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  1. Tajo de las Figuras (en espagnol)
  2. (es) « Arte sureño », sur arte-sur (consulté en ).
  3. (es) « Espaldarazo internacional a la cueva del Tajo de las Figuras de Benalup », sur diariodejerez.es, Diario de Jerez, (consulté en ).
  4. (en) Henri Breuil et Miles Crawford Burkitt, Rock Paintings of Southern Andalusia: A Description of a Neolithic and Copper Age Art Group, Clarendon Press, (lire en ligne)
  5. 1 2 3 (en) Guadalupe Monge, María Isabel Carretero et Francisco Ruíz, « Southern Iberian Rock Art: The Territory That Holds the Clues to Decipher the Whole Symbolic Path of Humanity », Quaternary, vol. 9, no 1, , p. 5 (ISSN 2571-550X, DOI 10.3390/quat9010005, lire en ligne, consulté le )
  6. Henri Breuil, Rock paintings of southern Andalusia, The Clarendon press, (lire en ligne)
  7. 1 2 https://www.bibliotecadigitaldeandalucia.es/catalogo/es/catalogo_imagenes/grupo.do?path=1009599
  8. 1 2 3 4 María Lazarich González, Antonio Ramos-Gil, Juan Luis González-Pérez et Alba Salceda Pino, « Las aves pintadas del Tajo de las Figuras. Testimonios del ecosistema y del mundo simbólico de la Prehistoria reciente en la Provincia de Cádiz », sapientia.ualg.pt, Universidade do Algarve, (lire en ligne, consulté le )
  9. (es) Maribel Gutiérrez, « Fallece María Lazarich, doctora en Prehistoria de la UCA, quien dirigió numerosas excavaciones en la provincia de Cádiz », sur Diario de Cádiz, (consulté le )
  10. https://ideas.repec.org/a/taf/yenvxx/v24y2019i4p387-399.html
  11. (en) « La Janda » [archive du ], sur www.lagunalajanda.org (consulté le )
  12. 1 2 3 (en-GB) Super User, « Tajo de las Figuras » [archive du ], sur www.benalupcasasviejas.es (consulté le )
  13. (es) Redacción Europa Sur, « El hallazgo que cambia la historia del arte prehistórico en Cádiz: la cueva de Atlanterra es mucho más antigua de lo que se creía », sur Europa Sur, (consulté le )
  14. « Possible ibis chauve au Tajo de las Figuras » (consulté en ).
  15. María Lazarich, Antonio Ramos-Gil et Juan Luis González-Pérez, « Prehistoric Bird Watching in Southern Iberia? The Rock Art of Tajo de las Figuras Reconsidered », Environmental Archaeology, Routledge, vol. 24, no 4, , p. 387–399 (ISSN 1461-4103, DOI 10.1080/14614103.2018.1563372, lire en ligne, consulté le )
  16. (es) Virginia León, « El Tajo de las Figuras suma once años cerrado a las visitas », sur Diario de Cádiz, (consulté le )

Voir aussi

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